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  La Forestière 2007 : Derrière la météo... les paysages !


(8/11/2007)

Mi-septembre dans le Jura, c’est la période de la Forestière, cette épreuve VTT marathon dont tout le monde a entendu parler, mais que finalement peu de VTTistes ont fait.
Pourquoi ? Peut-être parce que la fin de la saison approche, qu’il faut tenir 100km (pour l’épreuve phare, moins pour les autres) ? Parce qu’on n’est pas au Roc d’Azur et son ciel bleu ?
La Forestière, effectivement, on la connait par le biais de comptes rendus épiques... pluie, froid, neige, grêle,... brrrrrrrr

Mais ne faisons nous pas du Vélo Tout Temps ???

Rendez-vous était donc pris pour une 3ème participation consécutive, après une édition 2005 en solo humide et une version 2006 pluvieuse en tandem.

Samedi

Le samedi était jusqu’à l’an dernier réservé aux courses des jeunes, au salon, aux démos de trial,...
Cette année, le comité d’organisation avait rajouté 2 parcours "route" avec départ et arrivée à Arbent.
Les cyclos ouvrent donc le bal dans le brouillard jurassien, qui se fait déchirer par le soleil et le ciel bleu !

Les jeunes (moins de 16 ans) s’attaquent l’après-midi aux différents parcours qui leur sont proposés : entre 1 et 16km suivant les catégories d’age.
La bataille est acharné, chacune et chacun veut montrer à ses parents, à ses amis, à ces anonymes qu’ils sont là pour participer, pour se donner à fond, voir même pour gagner !

En plus, cette année, la Forestière sert de final à la Jur’Alp Cup, une coupe Suisse pour les amateurs.
Si dans certaines catégories le classement final est déjà écrit, il reste néanmoins des places à chercher.
Les jeunes VTTistes français voient de nouveaux concurrents arriver, et les Suisses se retrouvent face à des rivaux méconnus.
Chacun tente le tout pour le tout, et les jeunes montent tour à tour sur le podium richement doté. Je connais quelques Suisses qui reviendront l’an prochain pour repartir avec de jolis cadeaux.

En marge des courses se tenait le petit salon, avec la présence de Scott, Koxx (et ses Air TT), Qbikes, Lapierre (et ses Zesty / Spicy très convoités), KED (et ses casques aux couleurs de la Forestière),...

Au milieu des exposants, Bruno Janin nous a gratifiés de belles démos de trial, en demandant l’appui du public, et en se servant de grè ou de force de quelques cobayes.

Les dirteurs n’étaient pas en reste. Après avoir pelleté une bonne partie de la matinée, ils se sont envoyés en l’air toute l’après-midi !
Le niveau de ces semi pros du team EDG s’est élevé tout au long des shows : sauts, rotations, flips,... les spectateurs en ont eu pour leurs yeux grands ouverts !

Récupérer son packetage coureur (plaque de cadre, puce, bidon, TShirt, sac,...) ne pose pas de problème : les organisateurs et les bénévoles maîtrisent leur sujet !
Les coureurs / randonneurs sont attendus en fonction de leur numéro dans la salle des sports d’Arbent, pour se voir remettre tout le matériel.
C’est fluide, les gens sont souriants,... un exemple !

Dimanche

Dimanche matin, réveil matinal à Lamoura, au Chalet des Adrets des Amis de la Nature.
C’est un petit refuge à la lisière du bois, avec quelques dortoirs. Pas cher, propre, tout équipé, situé à 2/3 km du départ (idéal pour l’échauffement), c’est un endroit tout indiqué pour passer la nuit sur place.

Il fait encore nuit. Au sol, on devine le brouillard matinal jurassien, mais plus haut les étoiles sont visibles : encore une belle journée qui s’annonce !

8h, on est presque sur la ligne de départ... et déjà la course est lancée !
Primus, mon pilote de tandem nous fait zigzaguer au milieu des "solos". C’est sa première Forestière.
Les 100km commencent par une montée dans un pré. Si les premiers montent sans soucis, derrière ça bouchonne, et même si les jambes vont bien, il faut parfois se résoudre à pousser.
On bascule tout de suite de l’autre coté de la pente : le tandem prend de la vitesse, bien plus que les vtt solos. Il faut donc viser entre les autres participants et les bouses de vache qui parsèment le sol. Bon, je n’en ai pas trop souffert, mon pilote me protégeait bien ;)
Le début de l’épreuve est relativement roulant pour que le troupeau de VTTistes se décante un peu. Vu la différence de rythme de chacun, une longue file se dessine dans la campagne.
Ca monte un peu, ça descend un peu, idéal pour se chauffer les jambes sous le soleil matinal.

On repasse à Lamoura pour attaquer le premier passage technique : un chemin en sous bois avec quelques flaques qui obligent bon nombre de VTTistes à mettre pied à terre... pourtant, ces flaques passent sans soucis... nos collègues seraient-ils encore endormis ? Craintifs ? Pas trop bons techniquement ? Hé les gars, vous vous êtes engagés sur une épreuve de VTT, pas de trottinette !
Première descente qui tabasse un peu : un chemin large rempli de caillasses... Primus voit 2 tandems devant nous et n’a qu’une idée en tête... les bouffer dans la descente !
Bon oui on a un tandem tout suspendu, ça aide pour aller vite, très vite. Le pilote ne souffre pas trop dans les bras, et le stocker dans l’arrière train !
Le premier tandem est avalé sans mâcher...
Première descente, ça veut aussi dire premières sentations. A l’arrière d’un tandem, on subit le terrain, le pilote et ses réactions. Et il faut rester souple pour ne pas déstabiliser la monture.
Il faut que je retrouve confiance, que j’aide mon pilote, mais pour l’instant je ne suis pas à l’aise !
Heureusement que ça freine devant nous : ça oblige Primus à ralentir... petit soulagement ;)
Par contre, on n’aura pas rattrapé le deuxième tandem... le pilote maitrise aussi sa monture en descente (surtout qu’il n’a pas de suspension derrière).

Les 15/20 premiers km se déroulent dans des paysages typiquement jurassiens : combes, forêts, chemins en cailloux blancs,... En plus, pas de pluie ou de brouillard cette année pour nous empêcher de voir la nature qui nous entoure.
Le parcours a changé par rapport aux précédentes éditions : après le village vacances de Lamoura, finie la remontée de la combe, dans l’herbe qui nous scotche au sol. On passe maintenant sur des chemins plus roulants. C’est plus facile physiquement, mais je trouve que ça perd un peu de son charme.
Les jambes tournent bien, même si j’ai l’impression que Primus appuye plus fort que moi sur les pédales ! Il est mieux entrainé, mais j’ai peur de payer plus tard cette débauche d’énergie, surtout que ça avance vite.
On aperçoit un tandem devant nous, on accélère et vlan, la chaine intermédiaire saute.
On en profite pour enlever les hauts à manches longues, totalement inutiles par ce beau temps.

Ca repart, du chemin, du sentier, et on revoit le tandem... je ne vais pas faire durer le suspens trop longtemps... quand on passe à coté d’eux, on déraille !
Les kilomètres continuent de s’égrainer, intermittence de montées, de descentes, du roulant, de la caillasse, du sentier, des racines,... du VTT quoi !
Une longue "descente" nous attend : environ 15km pour 500m de D-, même si quelques bosses et coups de cul nous rappellent qu’on est là pour se donner, pour appuyer sur les pédales.

Descente sur un sentier, avec, il me semble, des belles pierres... je sens juste le tandem qui saute de l’arrière, et je croise les regards surpris des "solos" qui se font doubler.
Epingle à gauche, "légèrement" coupée par mon pilote sous les applaudissements des spectateurs.
Et vlan... voilà LA montée de la Recula. Cette montée située après Septmoncel vers le 35ème km du parcours est assez cruciale... si on arrive relativement tôt, ça monte en roulant. Autrement, il faut patienter, et monter à pied comme tout le monde. Les participants de la randonnée de 80km partent 2 heures après le 100km. Il faut donc passer avant la masse.
Après 2 semaines de beau temps, ni le calcaire jurassien poli, ni les rigoles qui parsèment le chemin ne posent soucis. C’est plus la pente et la condition physique qui nous obligeront à poser pied à terre vers la moitié de la montée. Pédaler en danseuse en tandem, c’est délicat.

La pente se radoucit, on remonte sur l’engin, et zou, on rejoint le ravito du sommet.
Les gens sont là pour nous encourager, nous inciter à tout donner pour vaincre cette Recula tant redoutée.
Les copains en VTT "standard" sont fiers d’eux, la Recula est passée sur le vélo, le mythe est démystifié.
On reprend des forces, étirements préventifs, et on continue dans les bois, passages dans les racines et les pierres.
Avec le beau temps, tous les passages sont ludiques... ce ne sont pas des bourbiers après le passage de plusieurs centaines de VTTistes.

Profil descendant vers les Molunes et les Moussières, petits villages jurassiens où nous attendent habitants, ravitaillement, speaker,... La Forestière, c’est bien LA fête populaire du VTT.
Tout au long du parcours, aussi bien dans les villages qu’au détour d’un sentier, les jurassiens sont là avec leurs encouragements, leurs cloches,... voir avec une bouteille, un morceau de saucisson,... pour improviser un ravitaillement !!!

La suite du parcours en direction de la Pesse a un peu changé : fini la (dure) remontée vers la borne au Lion.
Le nouveau tracé est un peu plus facile physiquement, et nous entraine vers de nouveaux paysages et sentiers

Après le départ assez fort, nous commencons (enfin) à sentir les jambes et les crampes.
En tandem, ça ne pardonne pas, surtout avec notre bestiau tout mou !
Le rythme en prend un coup, on profite de plus en plus des ravitaillements et des paysages.
Surtout qu’il ne faudrait pas s’en priver avec ce superbe beau temps.
Je redécouvre la région avec des yeux émerveillés, malgré les nombreuses fois où j’ai pu rouler dans le massif jurassien.

Les ravitaillements sont toujours bien fournis de produits régionaux et d’aliments plus sportifs. Tout le monde trouvera ce qu’il lui faut.
Pour avoir fini plus souvent dans la fin du peloton des coureurs et randonneurs que devant, je peux affirmer qu’il y a à manger pour tout le monde... pas de rationement !
On sent que l’organisation maitrise son sujet.

Dernière grosse montée de la journée, dans une combe. Tout d’abord dans un chemin herbeux qui scotche les roues, avant de terminer dans les cailloux.
Tous les types de terrain sont représentés sur ce parcours.
Les organismes des uns et des autres commencent à fatiguer, et il faut tout doucement songer à pousser les montures. Mais tout ça dans une bonne ambiance, en discutant avec les compagnons du jour.

Hop, on est en haut. Il nous reste une vingtaine de km à parcourir, qui dans mes souvenirs permettent de terminer les 100km en apothéose : sentier, cailloux, pente, zig zag,...
Le passage à Viry dans les espèces de marches naturelles reste mythique, même s’il me semble que la zone a été réduite par rapport aux années précédentes.
Bon, au moins, il y a moins de monde à pied .
S’en suit un passage assez dépaysant au milieu des genêts avec des virages à ne pas louper, de la pierre qui tape,...
Du vrai VTT comme j’aime !
En plus, mon pilote a retrouvé toute sa forme, et je pense que seul je ne serais pas descendu aussi vite. Les sensations sont superbes, merci Primus !

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Dans un sentier à 2 ou 3km de l’arrivée, on commence à entendre du bruit, un speaker qui annonce les arrivées.
Ca fait "seuleument" 7h qu’on a pris le départ, on a plutôt bien roulé par rapport aux années précédentes. Certainement grâce au soleil ;)

Finalement, notre objectif de moins de 7h n’est pas atteint... ça tournicote dans tous les sens à l’arrivée, et pour 2 petites minutes, il faudra revenir l’an prochain !

Au final, 100km, plus de 2000 de D+, plus de 2500 de D-, du beau temps, du plaisir à rouler, à regarder autour de soi, les jambes raides, mais avec le sourire... que du tout bon !

Bon, bien sur, le parcours pourrait être plus technique... les nouveaux passages 2007 ont simplifié le tracé.
Mais est-ce obligatoirement ce que l’on demande à un marathon ?
La Forestière n’est pas desservie tous les ans par une si belle météo... et sous la pluie, le parcours des années précédentes était tout de suite plus redoutable.
Si on osait..... la Forestière, si l’an prochain tu pouvais continuer de modifier le parcours en rajoutant quelques singles tracks et passages inédits ???

Devant nous, Thomas Dietsch et Pia Sunstedt se sont imposés. A noter que ces 2 pilotes sont les numéros 1 UCI en marathon.
La Forestière n’attire donc pas que des VTTistes lambda comme nous.
D’ailleurs, pour la deuxième année consécutive, la Forestière a servi de support au "Challenge National des Sourds".

La Forestière continue de grossir (épreuves VTT, Juralp’Cup, Challenge des Sourds, cyclo,...), mais forte de son expérience, tout se passe à merveille.
Que vont-ils nous réserver pour l’an prochain ???

Encore merci aux organisateurs pour cette belle édition de la Forestière au soleil et pour leur accueil. Un grand bravo également pour le dévouement des 1200 bénévoles qui se sont occupés de nous tout au long du parcours.
Chapeau bas aux talents de cadreur, de soudeur de Yann qui nous a prété son tandem fait maison (et qui aura un peu de soudure à faire pour réparer les dégats...).
Et merci à Primus qui m’a fait confiance pour ces 100km, qui m’a super bien piloté, secoué, fait peur,... mais qui m’a emmené au bout de l’épreuve vivant ;)
Juju, Mika, Toune, je ne vous ai pas oubliés : comme d’habitude bonne ambiance, bon repas, rigolade, mal aux jambes,...

Hop, à l’année prochaine !

Pour l’ensemble des photos et videos, c’est ici



Auteur - Hugo - Koyote




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