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  20 et 21 mai 2000, Manche Coupe du monde Downhill


(25/08/2003)

<REP|SITE/2000/Gets>

20 et 21 mai 2000
Coupe du Monde
Downhill
Dual
Manche d’ouverture

Chaussures de montagne aux pieds, bob Ricard sur la tête, appareil photo autour du cou, le sac à dos avec
le sandwich au pâté et la bouteille de Badoit. Je suis paré pour aller épier une bande de tafioles en TS qui
s’envoient en l’air un doigts dans le nez et l’autre pied dans la tombe. Bref, c’est l’ouverture de la coupe
du monde de descente/dual aux Gets et pour rien au monde je ne voudrais rater cela. Par chance, cette
année le soleil est au rendez-vous et les pistes sont sèches. Ca promet des vitesses enfin déraisonnables
après deux années de pistes boueuses et lente.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit tour des stands me permet de prendre la température du
moment. Pas de grosses nouveautés cette année. Les gros teams sont toujours aussi impressionnants. Le
monstrueux camion Giant attire tout les regards et Cannondale aligne une impressionnante série de
grosses Volvos devant son stand. Je verse une larme émue (mais pas trop) devant le camion Sunn. Caché
derrière le télécabine, avec ses bâches sales et déteintes, et ses 5 vélos exposés qui ne passionnent plus
les foules.

Sous la petite tente du gars Vouilloz, on peut admirer les nouveaux vélos du sextuple (ou octuple ? je ne
compte plus depuis longtemps...) champion du monde. Il ressemble beaucoup à un Sunn, mais on sent
qu’il n’est pas pareil, plus... moins... enfin... diffèrent quoi !

Au rayon des nouveautés, quelques fourches (une superbe inversée de descente chez Manitou et Marzo et
une belle bête de dual pour RS). Beaucoup de coureurs utilisent le système Shimano Airline de passage
de vitesse pneumatique. Cependant, les top pilotes préfèrent courir avec un bon vieux système à câble.
On peut pas prendre de risques sur une coupe du monde...

Bref, pas de grosses innovations. Les nouveautés ne sont que des améliorations du matos des années
précédentes. On sent que le petit monde de la descente est en crise et on est loin de la course à
l’armement de ces dernières années.

Ce qui a changé, c’est l’état d’esprit. Ma tenue fait presque tache au milieu des stands qui sont envahi par
une foule d’adolescents habillés par Oalkleytm, Oxbowtm, Niketm, Peaktm... avec des piercing dans les
narines et des téléphones portables à la ceinture. On est bien loin des vieux baroudeurs en
tongues/caleçon à fleurs que je rencontrais dans les paddocks, aux débuts des années 90. Je doit me faire
vieux...

Je décide que j’ai assez traîné dans la foule et je monte, à pied, la centaine de mètres qui me sépare du
départ du dual slalom. Le piste est courte et très rapide, les meilleurs pilotes mettront environ 22
secondes pour la parcourir. Un gros saut (un gouffre pour moi) suivi d’un virage relevé monstrueux
promettent pas mal de spectacle. Les pilotes sont regroupés au sommet, auquel ils accèdent par leurs
propres moyens. Les mieux dotés se font transporter en pick-up par la route. Les autres poussent leurs
vélos en remontant à pied, le long de la piste. Je reste quelques instant á écouter deux pilotes (Tara
Lanes et Wade Bootes) discuter du meilleur endroit pour envoyer leurs adversaires dans le décors. C’est à
la fois amusant et très technique. Mais déjà l’heure de reconnaissance arrive. Les pilotes vont alors
enchaîner les passages sans discontinuer. Quelques chutes nécessitent l’intervention des secours. Un nez
cassé, un bras en vrac, quelques vertèbres déplacées et des contusions multiples. Le bilan des recos est
lourd mais ne semble pas émouvoir les meilleurs pilotes qui ne jettent même pas un regard aux blessés
qu’on évacue. Je préfère mettre ca sur le compte de la concentration plutôt que l’indifférence.

La course se déroule en deux parties. Tout d’abord les qualifications, où chaque pilote passe seul et est
sélectionné en fonction de son temps, puis le dual où les pilotes partent par deux. Le second á l’arrivée
est éliminé. Surprise chez les filles : elles sont si peu nombreuses aux qualification que certaines feront
leurs premières manche de dual seules. Il y a autant des spectacle pendant les qualifs, où les moins forts
se lâchent pour essayer de se qualifier, que pendant les dual. Je suis d’ailleurs un peu décu par les
courses á deux. Seules quelques manches sont vraiment serrées. La majorité des oppositions son
tranchée dès les premiers mètres. Bref, le spectacle tiens plus dans la vitesse des pilotes que dans la
baston qu’ils se livrent. C’est dommage car l’ambiance s’en ressent, le public est plus spectateur
qu’encourageur.

Au final c’est Brian Lopes qui l’emporte. Je ne suis pas vraiment surpris de voir un champion de BMX
gagner. J’ai entendu quelqu’un dans le public dire : "Le dual c’est du BMX en descente avec une fourche
suspendue". Ca n’est pas vraiment faux mais le spectacle vaut quand même le coup d’être vu, même si
pour moi c’est surtout un apéritif avant la descente du lendemain.

C’est le dimanche que les choses sérieuses se passent. Nous zappons le salon pour rejoindre directement
le sommet du Mont Cherry. Surprise, le départ se fait de beaucoup plus bas que les années précédentes.
La longue partie en terre, dans les rodos a été supprimée. Je ne le regrette pas car je la trouvais moins
spectaculaire que la fin.

Nous arrivons juste au moment où les premiers hommes s’élancent pour les qualifications. Vouilloz part le
premier, un peu en vrac sur les premières petites bosses, je suppose qu’il sera beaucoup plus propre pour
la final. Comme prévu la piste est bien sèche et les pilotes passent à des vitesses impressionnantes en
soulevant des nuages de poussières qui ne tardent pas a ruiner mon appareil photo. Nous rencontrons
Happy le long de la piste, il a vu Mickael Pascal qui semble serein. L’avenir montrera qu’il avait raison.

Ce qui me surprends le plus c’est le silence de fonctionnement des vélos des meilleurs pilotes. J’étais
habitué à un vacarme métallique à chacun de leurs passages, et là, c’est à peine si l’on entends le bruit de
l’huile qui circule dans les amortisseurs. Les ingénieurs semblent avoir résolu les problèmes de sauts de
chaînes et du jeux dans la suspension des vélos.

Alors que la phase de qualification se termine, le soleil du matin fait place à des nuages qui deviennent
de plus en plus menaçants. C’est sûr, il va pleuvoir, mais quand ? Les meilleurs des qualifications partiront
en dernier pour la finale, pourvu que la pluie ne vienne pas fausser les débats.

Apres la pause casse-croûte, nous repartons en direction de l’arrivée en suivant la piste. La foule a grossi.
La progression dans les mini chemins aménagés au bord de la piste devient difficile. Nous pouvons
néanmoins profiter des meilleurs spots pour faire quelques photos (ratées pour moi, comme d’habitude)
et admirer le spectacle. J’essaye au passage d’expliquer à un ami que "non, il ne sont pas tous
complètement givrés du bulbe, ils savent exactement ce qu’ils font, la preuve il y en a très peu qui
tombent" sans succès...

Les 30 femmes et 80 hommes qualifiés pour la final défilent à un rythme régulier. Les chronos tombent
les uns après les autres, de plus en plus rapides, de plus en plus serrés. Vers la fin, les meilleurs
déboulent dans un style parfait, sous les acclamation des spectateurs. Au final Vasquez l’emporte en
moins de 3 minutes, devant Vouilloz et Pascal. Chez les femmes Chausson gagne ... mais de justesse. La
course se termine, la foule descends la montagne en un flot continu. Nous quittons Happy et Aurore qui
doivent rentrer à Grenoble et nous faisons un dernier tour dans les stands où a lieu une démonstration de
trial, interrompue par la remise des prix. La pluie se met alors à tomber, le Dieu de la météo a été
clément pour une fois. L’année prochaine la coupe du monde quitte Les Gets pour s’installer á Vars. C’est
trop loin pour moi, tant pis, il faut bien que chacun puisse profiter du spectacle.




Auteur - Thomas Valzer




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