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  Avalanche Cup Lyon la Sarra


(31/05/2003)

<REP|SITE/2003/sarra>

Avalanche Cup 2003 : Sous le soleil de "La Sarra"


Début des hostilités pour l’Avalanche Cup 2003. C’est à Lyon sur le site de la Sarra
que les 1eres explications entre pilotes ont eu lieu les 3 et 4 mai, sous un soleil digne de
Pagnol. VTTnet y était. Résumé de ces bastons au pays de Guignol.


L’édition lyonnaise de l’Avalanche Cup n’est pas tout à fait comme les autres
rendez-vous de cette épreuve. D’ailleurs on ne parle pas ici de l’Avalanche Cup, mais tout
simplement de la Sarra, du nom même de l’endroit où se déroule la course. La Sarra est une
piste permanente de descente VTT située au c ?ur même de la ville, sur la mythique colline de
Fourvière, berceau de la capitale des gaules.

La piste est elle aussi particulière. Le tracé a été revu cette année par Christophe Mazère qui a
gardé tous les points fort de la piste. D’environ 1Km elle comporte 2 grandes parties. Une 1ere
zone est très typée bmx/dual, une 2eme partie est plus DH. Les obstacles sont parfois typés "grosses boboles" et les protections sont fortement sollicitées lors des courses. Les noms même des
obstacles et difficultés laissent rêveur : "Le looping", "la triple de Kourou", "le
parabolique", "le pendule infernal", "la soucoupe",...

Coté pilotes le plateau des "pros" manque un brin d’épices pour ce millésime, les top- riders ayant préférés chasser le
prize-money sous d’autres cieux. Néanmoins ceux qui ont répondu à l’appel ne laissent pas
indifférent : Karim Amour, Julien Camellini, Romain Saladini, Cyril Lagneau, Anne Caroline
Chausson, Yoann Paccard...que du bon, présage de belles bagarres.

Et puis surtout, et
c’est une des particularités des Avalanches Cup, il y a tous les pilotes "stock". Comme tout le
monde ne peut pas se payer une machine à laquelle il ne manque que le moteur pour ressembler à une
moto, la compétition ouvre ses portes et un classement

aux VTT "standards". Triple plateau, débattement raisonnable, roues et boudins "normaux", un
vélo "stock" c’est le même que celui avec lequel vous roulez peut être tous les week-ends. Par
contre coté neurones et "burnage" tous les compétiteurs roulent dans la même catégorie, seul le
talent fait avant tout la différence.

La situation en centre-ville attire un public très nombreux autours des barrières de la piste. Les
pilotes sont littéralement portés et galvanisés par la foule qui longe le parcours, même si cette
année le long pont du 1er mai a clairsemé un peu le public.

A tout cela ajouté le soleil "provençal" de ce week-end, tous les éléments étaient réunis pour faire de ces 2 jours une vraie
fête du VTT.


#1 samedi. Pilons(*) et combat de fauves


Le samedi c’est le jour des essais et des recos pour la compétition du lendemain. Deux
épreuves se déroulent toutefois ce jour là. La Mom’avalanche, réservée aux enfants, qui permet de
juger que la valeur n’attend pas le nombre des années. Manifestement la relève est là et les "petits gones" font preuve d’une belle dose de talents et de tempérament. Sur que pas mal d’entre
eux pourraient en remontrer aux adultes !

Mais la course que tout le monde attend ce jour là c’est le border-cross, moment de spectacle
intense réservé aux pilotes confirmés ayant un gros coeur. Le tracé se situe sur le haut de la
piste, sur la zone aérienne proprement dite. Les bosses sont plutôt conçues pour le passage d’un
seul pilote, et là il y en a 4 !! Ceci explique l’engouement des spectateurs pour cette épreuve.

La bataille commence dès la ligne de start. 4 pilotes de front ne laissant que peu de
place entre chaque guidon. 8 manches au départ avec élimination directe des 3e et 4e. C’est parti,
que les meilleurs gagnent ! Les courses sont propres, peu de contact, la puissance physique faisant
la différence. Les pilotes nationaux et internationaux marquent l’écart et remportent leurs manches
sans grande difficulté. La bataille fait surtout rage au niveau du dernier virage où certains
pilotes en 3e position essaient le tout pour le tout en voulant faire l’intérieur au 2e, mais
globalement chaque tentative se solde par une belle glissade. Sur les 1/4 de finales, l’écart entre
les pilotes diminue. Mais les futurs finalistes arrivent toujours avec quelques longueurs d’avance.
Les pilotess assurent le spectacle sur la dernière bosse, ils sont là pour gagner mais également
pour se faire plaisir et faire plaisir au public. L’ambiance commence à chauffer, chacun
encourageant son pote, son pilote fétiche ou tout simplement la horde de furieux sur la piste.

5 minutes de repos et c’est reparti pour les 1/2 finales. Ca bataille ferme, l’erreur
n’est plus permise. Première manche, Benoît Colin et Yoann Paccard arrivent 1er et 2e. Deuxième
manche, Carmine Falco arrive 1er suivi d’un jeune suisse de 14 ans. Petite pose de 10 minutes et ça
recommence par la petite finale. Christophe Mazère (traceur de la piste) arrive 1er, décrochant
ainsi une belle 5e place tout en assurant le spectacle avec un beau "table top" sur la dernière
bosse.

C’est le moment de la finale, on sent la tension dans le public, il faut faire une course parfaite
pour espérer gagner. Chaque pilote doit faire et refaire la trace idéale dans sa tête. "Pilots
ready... pedals ready, riders ready goooooooooo !!" C’est parti pour le titre 2003 ! Benoît Colin
part en tête. Sur la première ligne droite (entre la première bosse et le virage relevé) le jeune
suisse perd un peu de terrain par manque de puissance physique, mais Yoann Paccard et Carmine Falco
roulent coude à coude alors que Benoît Colin conserve son avance. Le passage de la première double
est chaud, il faut être le premier dans le virage relevé pour assurer sa place. A ce jeu, c’est
Yoann Paccard qui s’impose. Jusqu’à l’arrivée, l’ordre est respecté donnant au final, 1er Benoît
Colin, 2e Yoann Paccard, 3e Carmine Falco et 4e notre jeune Suisse de 14 ans. Le public est en
ébullition, tout le monde en a pris plein les yeux. Rendez-vous le soir même dans la discothèque
"Le Fish", l’endroit qui-va-bien à Lyon, pour la remise des prix et un after bien dans l’esprit de
la descente, même s’il faut faire la fête il ne faut pas oublier que demain c’est l’Avalanche Cup
proprement dite, avec sa super Cup réservée au meilleurs.

(*) Pilon : enfant en
argot lyonnais


#2 dimanche : le grand cirque


Autre particularité de la piste de Lyon on y accède par le haut, contrairement à la
plupart des courses de descente. Lorsque que nous parvenons aux abords de l’entrée déboule du haut
de la rue un pilote qui descend tranquillement et tourne dans une rue adjacente en...wheeling ! A
peine arrivé vers les paddocks que nous croisons un concurrent entièrement re carrossé par Urgo.
Le rouge est mis. Silence chez les petits mômes qui nous accompagnent ce jour là. Nous longeons la
file des concurrents qui attendent leur tour de se faire satelliser. Au bout de la file la rampe de
départ. 3,2,1,gooooooooo !!!!!

On est dedans et le spectacle commence par le start, rarement accessible sur les compétitions. Les
regards en disent long.

De l’autre coté de l’allée les paddocks. La "Sarra" attire
beaucoup de visiteurs qui ne connaissent rien ou si peu au VTT et au monde de la descente, et cette
entrée en matière, entre le start et les stands, plongeant le visiteur directement dans l’ambiance
" race ", est probablement l’une des clefs du succès de cette épreuve.

On prend place au
bord de la piste. Les 1ers pilotes enroulent raisonnablement la monstrueuse bosse qui engage la
piste puis se lancent à l’assaut du chrono. Double, relevé, double, et les pilotes font monter le
jus sur la triple de Kourou. Les survivants doivent ensuite la jouer fine sur le " parabolique " un
virage qui remonte dans la pente et freine les machines. Relance gaz-gaz sinon on se punaise sur la double qui
arrive très vite, puis un relevé vous projette dans les escaliers du bois. Virage, bosse,
re-virage, double. Relance. Les c ?urs vont vite, il faut pédaler. Encore. Le réservoir, la bosse.
Attention au virage qui suit. Si on envoie trop fort c’est le filet garanti. Dernier effort. Il
faut encore relancer. Double. Fiiniiiish !!!!!!

Les pilotes se succèdent. Quelques chutes,
heureusement sans gravités. Au fur et à mesure des passages le public se chauffe. Sur le bord de la
piste une foule bigarrée se masse. Du passionné aux fringues griffées au parfait "touriste" tout le
monde participe à la fête. Sur la piste aussi c’est un véritable inventaire à la Prévert : machines
de guerre, vtt de free-ride largement up-gradés, mais aussi de simples vélos de Xc démodés et
recyclés dans la descente et équipés de freins V-brakes. Il y a même un antique Décathlon TS tuné
en pur DH et un Sunn en single-speed !

Au fur et mesure des passages on sent que le niveau monte.
Anne-Caroline Chausson est annoncée au départ. Elle assure une descente parfaite et claque un temps
qui scotche pour une paire de minutes la plupart des concurrents. Impossible de décrocher la
demoiselle et il faut attendre les pointures pour enfin faire tomber son temps. L’artillerie lourde
est de sortie avec les top-riders. Le public va en prendre plein les yeux. Les gus se lâchent dans
le plus pur style " no-brain " et sortent des tricks de folie sur les plus grosses difficultés.

A ce petit jeu c’est Karim Amour qui est le plus fort, il se paye le luxe non seulement de mettre
le feu au public mais en prime d’assurer un bon temps.

Le dernier concurrent passé, la
pression retombe un poil sur le bord de la piste. On attend la super-cup, une 2eme manche qui va
voir s’affronter les 30 meilleurs. On en profite pour visiter les stands, et causer matos avec les
marques présente.

Ca repart très fort pour la finale, avec une satellisation genre
pas-glop dés la 1ere bosse et qui se termine directe dans le public. Un autre rider s’en colle une
à la suite. La course doit être interrompue pour laisser le temps aux 2 équipes de la Croix-Rouge
d’intervenir. Casque bas au passage pour ces volontaires qui auront fait un super boulot durant ces
2 jours.

Les pilotes suivants doivent repartir un brin inquiet après ces crashs. Mais rapidement la course
reprend ses droits. Ca va vite. Très vite. On lâche les chiens et si certains pilotes jouent la
course en pros, avalant les difficultés évitant même parfois certains obstacles,

la
plupart font le spectacle. Un "X-up" sur Kourou fait monter la pression dans le public. Et encore
une fois question ambiance c’est Karim Amour qui décalque tout le monde en sortant des trucs de fou
sur toutes les grosses bosses.

On le disait prometteur il y a encore quelques années. Il
le prouve sur cette édition 2003. Julien Camellini, le jeune pilote de l’UC Monaco se déchaîne et
tape la course parfaite, roulant propre et fort. Il termine tellement fort qu’il ira se crasher
dans les boudins gonflables qui limitent la zone d’arrivée. Il se paye le luxe, non seulement de
monter sur la 1ere marche du podium mais surtout de battre le record de la piste détenu jusqu’à
présent par Mister Vouilloz himself. Total respect pour ce jeune pilote dont la modestie et la
gentillesse sont à la mesure de son talent sur un vélo.

Derrière le pilote Monegasque c’est Mister Love qui monte sur la 2eme marche du podium tandis que
Romain Saladini (MSC Maxxis) s’adjuge la 3eme place. Venus en voisin, les Suisses Steffen et
Mermoud échouent au pied du podium malgré une très belle course qui les place devant des pros.

La fête
se termine. Déjà on démonte les filets. En haut on prépare le podium. Et c’est peut être une autre
des particularités de la "Sarra", car tous les pilotes se mêlent à la foule avant la remise des
prix. Ils restent accessibles et les 3 "gones" qui nous accompagnent

font la chasse aux autographes. Carmine Falco (Scott), qui a ramassé pas mal de lauriers dans le
Bmx, encourage nos 3 jeunes dans leur passion pour ce sport. Ils terminent leur chasse à la
signature par Anne-Caroline Chausson qui a décidément un joli sourire.

En quittant le site
ce jour là, nos 3 petits "gones" avaient dans leurs yeux une petite lumière qui brillait ; le père
noël existe peut-être...Dans les nôtres brillait certainement la même. La Sarra c’est une vraie
fête du VTT et en plus elle est populaire.


Quelques Liens



Auteur -
RouelibrE - Fredo




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