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  Happy Halloween trip, le retour.


(14/11/2008)

Cela faisait un moment que cela me turlupinait. Un long moment même. Depuis la précédente édition de 2006 pour tout dire. Mais j’avais eu un tas de trucs idiots à faire - un divorce, changer de boulot...- du coup j’avais un brin enterré le projet. Mais pour 2008 c’était décidé, promis, juré, craché, cochon qui s’en dédit, on le fait !! Et on la refait.
Résultat, en cette fin de journée de Novembre, je me retrouve nuitamment sur la place du petit village de St Victor de Cessieu en Isère, avec mon VTT, ma loupiote sur le casque et mon paquet de piles neuves, parce que de la lumière, je vais en avoir besoin ce soir. Ce soir c’est Happy Halloween Trip. Ce soir on fait une sortie de nuit en VTT.

45mn plus tard, tous les retardataires - je ne dénoncerais pas- sont arrivés. Nous sommes 14 à nous aligner au départ. 14 avec de beaux gilets fluo et des systèmes d’éclairages plus ou moins efficaces ou plus ou moins bricolés. La palme revient à « la Luciole » qui roule avec un véritable réverbère planté dans le sac. Impressionnant.

Notre petite troupe prend le départ. Il y a là des habitués de VTTnet, l’Albatros Team, des membres du club VTTnet mais cette année nous avons des invités. Le club local du SVTT38 est venu en force pour découvrir leurs chemins sous un autre jour...celui de la lune.

5 minutes avant nous ne nous connaissions pas mais déjà cela papote dans les rangs. Les « SVTT » ont la même conception du VTT que nous : un truc ludique et pas sérieux
à consommer pour le fun et entre potes. Ils ont du « savoir-rouler » et cela tombe bien, nous partageons la même philosophie.

Une fois quitté le bout de route qui nous mène à la plaine de Var, il devient urgent d’ouvrir l’œil car ici plus de réverbères. Seule la lune qui joue à cache-cache avec les nuages et les frontales nous éclairent. Le début de la rando est une piste facile et carrossable. Un grupeto se forme autour de « la luciole » . Tels des moustiques autours d’une lampe en été, les participants cherchent sa lumineuse compagnie.

Dés la première montée les « avions » prennent les commandes du groupe et le rythme est plutôt soutenu pour un départ de randonnée. Du moins semble soutenu, car dans le noir on a de la peine à prendre ses marques. On scrute le noir, on suit celui qui précède en espérant que celui-ci ne va pas commettre une erreur de pilotage qui va envoyer les suivants au tas, dans un beau mouvement de panurgisme vététesque.

Le groupe commence à s’étirer. Déjà on retrouve les lueurs du village de Sérézin que l’on contourne pour attaquer une deuxième montée. Regroupement en haut puis un petit bout de route pour attaquer la piste qui va nous mener au départ de l’ascension sur Quinsonas. Et c’est parti pour un beau raidillon sous la lune. Les cartes se redistribuent. Les mollets affutés prennent de l’avance et doublent ceux qui goutent moins aux plaisirs de la dénivelée positive. Le chemin est souvent gras ou recouvert d’un gravier fin dans lequel les pneus sont freinés. Il faut en donner un peu plus pour continuer de monter. Je roule un moment à coté d’un autre avec lequel nous mutualisons notre lumière (il faut économiser les piles) puis finalement je le dépose pour me retrouver seul dans le noir. La lumière rouge de celui qui me précédait n’est plus qu’un point là haut, loin. Je me suis aussi fait sérieusement déposer.

Nous nous rassemblons sous l’unique réverbère qui marque le croisement du chemin et de la route. Les commentaires vont bon train et l’ambiance est « plein soleil ». Nous venons de nous familiariser au pilotage nocturne sur des pistes faciles, il est temps de passer aux choses sérieuses.
Rapidement nous retrouvons les chemins et après un petit « coup de cul » nous parvenons au départ d’un single-track qui longe une belle pente. Là il faut se méfier car le chemin est piégeux à un endroit. Le prendre trop à droite et c’est la chute assuré dans la pente qui est particulièrement raide à cet endroit. « A gauche !!!! ». Celui qui me suit signale la zone. Je viens de la passer sans la voir. Je scrute de plus bel le pinceau de mon spot et je balaye le terrain, tentant d’en lire ses pièges. Tout à coup la trace s’élargie brutalement et oblique à droite. Je suis déjà en bas, moi qui me croyais 50m plus haut. De nuit on perd ses repères ! Gaffe, gaffe !!!

Lorsque nous attaquons la belle descente qui nous conduit à la rivière, l’ambiance est à la rigolade. La Luciole s’élance avec une meute de fans à ses basques. La descente parait encore plus cassante que de jour et les gros galets (spécialité locale) donnent de beaux coups dans la direction sans prévenir. Difficile de les voir de nuit et avec la couche de feuilles mortes qui recouvre le terrain. Je double RVtt qui s’étonne d’entendre des cris plus bas. Normal, plus bas, au sortir d’une courbe minée de galets, c’est une rivière qui se présente devant nos phares. Pas d’hésitation, les autres sont passés donc ça passe. C’est à l’aveugle que l’on franchi l’obstacle en espérant ne pas prendre un bain de minuit.

Sur l’autre rive, le chemin ressemble plus à un ruisseau qu’à un single. Ceux qui ne l’on pas vu à la lueur de leurs frontale s’en aperçoivent à l’humidité de leurs chaussures. Car ici il faut vite poser le pied à terre. L’entrée dans la forêt révèle un beau champs de boue où l’équilibre est précaire. Impossible de monter sur le vtt, qui double son poids avec la boue ramassé sur les pneus. On pousse donc nos machines en tentant de garder l’équilibre.

Enfin se présente le chemin qui traverse la forêt. Il est bien piégé de belles flaques et nous le suivons en tentant de trouver la bonne trajectoire. Quand au bout du chemin apparaissent des phares. Ce sont les « Panoche Girls » qui nous ont préparé un petit ravitaillement spécial nocturne ; cake, fruits secs, riflard et autres friandises, thé...mais la vedette de la soirée reste le vin chaud !! Pas très sportif certes, mais fortement apprécié. Rapidement la table est vidé par des bikers que l’heure tardive rend voraces. Le combat cesse donc faute de combattants et on part à la recherche de sa monture que la boue rend difficile à retrouver parfois dans les herbes hautes où nous les avons posées.

Nous attaquons, ainsi réchauffés, la 2eme partie de notre périple nocturne. La luminosité des lampes commence à baisser et le terrain est très boueux dans cette zone. Nous nous retrouvons parfois littéralement arrêté, planté dans une couche de bouillasse bien collante. Plus loin c’est un chemin transformé en patinoire. Les roues tournent sur place et il est difficile de contrôler sa trajectoire. Finalement, alors que le chemin est quasiment plat, il faut se résoudre à pousser. Et tout cela dans la plus parfaire bonne humeur. Enfin on retrouve du grip et tout le groupe se retrouve à « Charnier », un lieu-dit très dans le ton « halloween », avant de repartir en direction du bois de Valin, dernière étape de notre virée.

A l’entrée du bois nous devons nous résoudre de laisser « la Luciole » et son génial système d’éclairage, suite à un pépin mécanique. Le bois de Valin va tenir ses promesses. Le chemin, majoritairement en single track et habituellement très agréable, se révèle encore plus fun de nuit. Les zones boueuses sont difficiles à détecter sous les feuilles , qui tombent en pluie maintenant à cause du vent qui souffle sur les hauteurs. Ca rigole dans le coup de cul. Qui va y arriver sans poser le pied ?? Glissades en série ...Puis on enchaine par le long single qui serpente dans le bois. Ma lampe est de plus en plus fatiguée et j’ai de la peine à éviter les flaques. Mais le chemin est des plus agréable, propice à la relance et au tirage de bourre. Je me retrouve seul un moment et je goute au plaisir de rouler en solitaire dans la nuit.

Enfin -hélas- nous attaquons la descente sur le village. Nous contournons le bois de sapin, où il y avait auparavant un single track, hélas disparu, puis après un bout de piste, nous nous enfonçons dans le long single qui serpente entre les arbres. Il est difficile à distinguer et on enchaîne les pif-pafs entre les troncs. C’est ludique à souhait. La descente du ruban, glissante et piégeuse, négociée le cul sur l’arrière, puis on remonte dans le bois avant d’attaquer le gros « S » dans lequel je me vautre comme une grosse bouse ! Encore un peu de single avant de descendre vers le « siège du seigneur », un haut lieu druidique et parait-il magique pour entrer, tout croteux dans le village.

Il nous reste à négocier la descente de l’ancienne école. « La plaque d’égout, elle saute ! ». Je m’accorde le droit de faire le kakou à cet endroit, avec une lampe au bord de l’agonie. Effectivement elle saute. Petit jump, j’oublie les freins et tout à coup je m’aperçois que je suis en train de rouler en toute limite du chemin. Encore 50cm et se sera la chute dans le bois, 2m en contre-bas. Correction tout en douceur en priant les dieux du vtt que ce ne soit pas trop tard et je retrouve la terre ferme de la piste. Ouf !!!!

5mn plus tard, tout le monde se sépare. Il est 22h et quelques épouses ont rappelés leurs vététistes de maris à l’ordre. Les locaux rentrent chez eux, tandis que les membres de VTTnet se retrouvent pour une soirée Bike Wash & pasta chez Rouelibre.
Au total la sortie aura totalisée 25 petits kilomètres mais fait voir les chemins de manière totalement différente dans une ambiance amicale et conviviale. Une première expérience pour certains, qui devrait avoir une suite dés le printemps 2009 car de source sure, des recos ont déjà commencées pour une virée qui se terminera à la frontale. Gardez un peu de place dans vos agendas vtt...


Merçi à : Elisabeth, Marie-Hélène, Jean-Marc, Monsieur le Maire, les VTT38-boy’s et leurs épouses pour nous les avoir prêté, à la lune et à la météo.

Plus :

- La précédente édition de 2006
- Le site de Saint Victor VTT
- On a roulé dans un endroit magiiiiique !!!!



Auteur - RouelibrE




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