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  La Transmaurienne 2001


(8/09/2001)

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Du baroudeur

Jusqu’à présent, par les échos que j’en avais eut par des petits camarades VTTistes, à travers la presse spécialisée, la transmaurienne était pour moi une sorte de dinosaure : Une épreuve venue en droite ligne des origines de notre beau sport, dure et conviviale. C’est cette image qui m’avait poussé à accepter l’offre de Roudou, concernant des invitations à venir tâter du chemin montagnard en plein mois d’août.

Par la suite, je dois avouer que j’ai un peu regretté mon enthousiasme premier : Les faces crispées et les commentaires prudents de ceux à qui j’annonçais la nouvelle m’incitèrent à une certaine méfiance ?

Du point de vue infrastructure, tout était pourtant réglé aux petits oignons, maître Roudou se chargeant de l’inscription, et Stéphane de trouver un logement aux cinq valeureux listards qui ne s’étaient bien dégonflés. A mon retour de raid estival, j’apprenais justement que tout avait été réglé pendant mon absence, et qu’un petit appart nous attendait à la Toussuire, épicentre de cet événement VTTistique. Difficile d’imaginer meilleurs préliminaires.

Après une petite toilette du vélo, nécessaire après 900km de sentiers de St Jacques de Compostelle, direction la Maurienne, pour rejoindre Stéphane, Romuald et Laurent (Philippe nous rejoignant Vendredi soir).

J’arrive juste à temps pour récupérer ma plaque de cadre, j’ai bel et bien le statut enviable d’invité. Rapide discussion avec la charmante personne qui était en contact avec notre président webmaster, mais j’ai déjà la tête ailleurs, l’heure du départ approche à grand pas ?

Je fais connaissance avec les trois lascars : Stéphane le benjamin vient de l’est, sous un abord nonchalant se cache un organisateur particulièrement fiable et visiblement un dégringoleur émérite. Laurent et Romuald sont deux potes de longue date, si le premier a émigré vers la capitale, Romu est resté fidèle au plat pays. Comme souvent lors des rencontres réelles entre membres de la
liste VTT, l’ambiance est d’emblée très détendue, il est vrai que d’une certaine façon, nous nous connaissons déjà depuis quelques mois.

Notre petit appart a déjà été chamboulé pour la cause : le balcon est rempli de VTT, trousse à outils, chaussures ? sur la table de la pièce principale les baguettes de pain siègent à coté des bombes de lubrifiant, et les lits, canapés sont déjà décorés de maillots, cuissards, casques ? Sur un des lits, trône même un splendide vélo de route : au cas ou il n’aurait pas sa dose, Romu est également venu avec son outil à petit pneus.

Le temps de grignoter un peu, de fixer sa plaque, de vérifier que le vélo est à peu près en état, il est temps de descendre au départ de la première étape qui a lieux dans la station : à environ 300m de notre appart. L’arrivée se jugeant dans la vallée à St Jean de Maurienne, Laurent, Romuald et Stéphane ont fait la navette ce matin pour descendre deux voitures afin de remonter tranquillement après la course. Encore un bon point pour l’organisation VTTNet !

Sur la ligne, je rencontre également quelques têtes connues : des petits camarades lyonnais de LyonVTT, mes deux familles VTTistes sont représentées.

D’emblée, le discours/briefing de l’organisateur confirme que nous participons à une épreuve à part : avant de lâcher les 350 inscrits, ils nous dorlotent en nous décrivant très précisément le parcours, une bonne chose, car je n’ai pas la moindre idée de ce qui nous attend. Le circuit est donc globalement descendant, mais d’expérience je sais que cela n’a pas grande signification et cela ne veut surtout pas dire que l’étape va être une partie de plaisir. Le terme qui revient le plus souvent est "descente technique". Maintenant il est trop tard pour faire demi tour, la meute est lâchée, et après une mise en jambe routière, nous abordons le premier sentier.

Par prudence, je prends un départ plus que sage, je préfère passer ma course à doubler qu’à m’exploser dans la première difficulté.

Globalement, cette première étape sera moins typée "haute montagne" que les suivantes, mis à part un portage très raide avant d’entamer une descente infernale, interminable, inoubliable, incroyable sur la vallée.

A propos des descentes, c’est la première fois de ma carrière VTTistique que j’ai des courbatures dans les bras au bout de 2 jours de VTT, Stéphane apprend par d’autres concurrents que les descentes de la Free Raid étaient plus faciles que celle de cette épreuve pourtant très typée XC, comme quoi ?

Personnellement, je me félicite de mon choix de pneumatiques qui privilégie l’adhérence au rendement pur. Cette première journée est un régal, surtout cette immense descente très variée sur la vallée de la Maurienne qui est un concentré de VTT : piste rapides, épingles, racines, tout y est, et pendant plus de 30 minutes de bonheur !!!

Comme prévu, profil descendant ne rime pas avec facilité, et avant d’arriver sur St Jean, nous visitons le contrefort opposé de la vallée. L’ultime descente, quoique relativement courte est un régal de technique, j’ai même vu un biker me doubler par le dessus dans un champ en paliers !!!

Arrivé après 45km vraiment très plaisants, mais loin d’être facile, si cela n’est qu’une mise en bouche, les deux étapes suivantes prometent.

Nous nous retrouvons les quatre à l’arrivée, le temps de reprendre nos esprits et d’absorber l’excellent repas montagnard (saucisses, polenta ?) qui attend les concurrents, nous chargeons les événements pour remonter à la station : demain le départ a lieux à 11h à la Toussuire, pour une arrivée à St Sorlin d’Arves.

Tout le monde semble déjà pas mal secoué par cette première étape, voire un peu inquiet sachant que l’étape la plus dure de la lascars (avec plus de 2000 mètres de dénivelés positifs) nous attend demain. Ayant un peu plus l’habitude des périples VTT sur plusieurs jours, je conseille aux autres de ne pas trop penser au lendemain, à chaque jour suffit sa peine, et il faut plutôt consacrer ses ressources à bien récupérer : boire, manger, se reposer plutôt que de stresser inutilement.

Philippe nous rejoint dans la soirée, juste à temps pour aller nous sustenter dans ce qui sera notre base logistique-gastronomique du Week-end : une excellente pizzeria ou travaille notamment Corinne, coureuse à pied de haut vol qui a fait la couverture du magazine Endurance et surtout au palmarès impressionnant.

Philippe semble un peu inquiet en écoutant les commentaires des deux autres nordistes Laurent et Romuald. On est effectivement loin des terrils et de leurs descentes un peu brèves. Le contraste semble avoir un peu surpris Romuald qui compte bien ne pas s’en laisser compter pour autant.

Avant de fermer boutique, il nous faut encore aller à St Sorlin afin de laisser les breaks spacieux de Laurent et Romuald pour le retour : l’opération nous prendra pas loin de deux heures par des routes plutôt tortueuses et sous la pluie ? Pendant la nuit, nous entendrons l’orage gronder, mais miracle, le lendemain la Toussuire est sous un ciel immaculé et un soleil radieux, une longue et chaude journée s’annonce ?

Aujourd’hui encore, briefing de l’organisateur, cette fois-ci j’essaie d’être un peu plus attentif (j’ai même jeté un ?il sur le topo), il y a eut un blessé évacué par hélicoptère la veille, mais si ils sont sérieux, ses bobos ne sont pas graves ? On nous annonce une étape moins technique mais plus physique. Encore une fois ça promet !

Les prédictions était justes : pendant une bonne partie de la journée, nous allons souffrir sous un chaud soleil et dans des paysages incroyables. Mon expérience des palmarès sur route est précieuse, je sais que sur des parcours longs et difficiles, il faut boire et s’alimenter très régulièrement. Certains critiquerons la légèreté des ravitos de l’organisation, personnellement j’aime bien être autonome et emporter à manger, je n’utiliserai que le stock de bouteilles d’eau de 25cl fort pratique : on peut emporter une bouteille dans la poche du maillot et ainsi alterner avec la boisson sucrée du CamelBack.

A propos des ravitos, l’organisateur nous a demander de respecter la montagne en ne semant pas ces petites bouteilles et autre partout. Globalement la consigne est respectée par une immense majorité de VTTistes responsables et respectueux, rares sont les gorets qui souillent les chemins.

La dernière bosse avant l’arrivée n’est pas une rigolade, déjà on la voit de très très loin, en haut de l’avant dernière bosse, un compagnon d’infortune me pointe du doigt le monstre et me dit "on va la haut !". Dans la partie routière au pied de ce dernier morceau de bravoure, je vois même un concurrent poser son vélo et se jeter dans un abreuvoir, il est vrai qu’il fait carrément chaud (nous sommes maintenant en plein après-midi).

La descente sur St Sorlin qui marque l’arrivée est l’occasion d’un bonne bourre au sein d’un petit groupe, la encore, très très belle descente technique avec épingles, dévers, ravins ? ou chacun jette ses dernières forces pour le fun (nous devons évoluer dans les 100emes places).

Comme hier, l’accueil des concurrents est chaleureux et relativement bien organisé malgré la petite taille du village. On trouve un stand de lavage des vélos, des douches, un stand mécanique, médical, un stand massage et le stand bouffe, le tout dans une ambiance musicale parfois un rien trop présente.

Tout le monde arrive finalement à bon port, plus ou moins tôt mais d’une manière générale nous sommes tous fatigués mais contents, à la fois d’en avoir fini avec cette dure étape mais également la tète pleine de souvenirs en technicolor.

Retour sur la Toussuire alors que des concurrents arrivent encore, là encore, l’objectif du reste de la journée est de redonner une fraîcheur au matériel et au bonhomme. Pas d’opération "dépose de voiture" ce soir : nous partons de St Sorlin pour retourner sur la Toussuire, nous ferons donc la liaison demain matin et récupérerons les voiture dans l’après-midi.

Les habitudes sont déjà bien installées, repas dans notre pizzeria fétiche puis dodo, la dernière étape va se faire avec des jambes déjà bien alourdies par les deux premières étapes. Malgré cette relative fatigue, l’ambiance est toujours excellente entre nous, de manière plus générale l’ambiance entre les participants est vraiment agréable.

Après une nuit réparatrice et un réveil relativement matinal et après avoir remis à plus tard une séance de gobage de Flanbys, nous râlions St Sorlin en voiture. Nous écoutons religieusement le briefing, l’apéritif est constitué de la dernière partie de l’ascension du col de la croix de fer par la route, pas si mal pour commencer en douceur, et c’est beaucoup mieux que de commencer par un portage.

Cette dernière étape est celle qui nous offre les plus beaux paysages, avec notamment le tour des lacs des Blancs et Bramants, au pieds du glaciers de l’étendard, à près de 2500m d’altitude. Le tracé ménage globalement nos organismes fatigués. Heureusement la dernière bosse avant d’arriver à la Toussuire, en plein cagnard, au fond d’une combe surchauffée nous fait particulièrement apprécier l’arrivée.

Une dernière fois, nous profitons de l’organisation impeccable pour laver les vélos, manger ? Avant de nous séparer, nous assistons à la remise des prix.

Nous somme unanimes sur le fait que cette Transmaurienne sera un magnifique souvenir. Quant à revenir l’année prochaine (on nous promet quelque chose de gratiné ?) si certains sont déjà prêts à signer, d’autre sont plus circonspects et attendrons le lendemain pour se ranger à cet avis.

La Transmaurienne est bel et bien une épreuve à part dans le petit monde du VTT, certainement pas un "produit" marketing adressée au plus grand nombre, mais une épreuve authentique, conviviale. Sans tomber dans les clichés tout fait, on peut dire que la Transmaurienne a une âme. Si elle exige beaucoup de ses participants, elle les rembourse amplement et leur donne des souvenirs pour une année entière ? Jusqu’à l’édition suivante.



Auteur - Fréderic Vailler - Philippe Rossi




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