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  La Lyon Free VTT 2009


(24/09/2009)

La Lyon Free VTT est une sorte d’OVNI dans le petit monde du VTT. En effet, VTT voulant dire « Vélo Tout Terrain » c’est sur un terrain inhabituel qu’évoluent les participants à cette randonnée, puisque c’est la ville qui devient terrain de jeu pour une journée. La ville ne veut pas dire la route. Lyon est une très ancienne cité, Gaulois et Romains l’ont façonnée au rythme des collines qui donnent ses formes à la capitale des Gaules. Ce sont alors quais, parcs, jardins, chemins de halage, rues pavées, parkings souterrains, escaliers, vélodrome, tunnel, passerelles, single track et même une piste permanente de descente, qui sont livrés aux vélos à grosses roues.

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Sur les quais du Rhône

Pour cette édition 2009, 3 circuits de 22, 28 et 50km étaient proposés aux participants. Le grand parcours avait une variante chronométrée, qui comptait des spéciales... en montée ! De quoi s’amuser en mélangeant vététistes chevronnés et familles, crosseurs et freeriders.
L’autre particularité de cet événement, c’est son succès. Quelques 10 000 inscrits vont se répartir sur les 3 parcours. La Lyon Free VTT est le 2ème événement en termes de participation en France.

Nous avions, pour notre part, choisi de tester les parcours 50 km randonnée et le relax de 22 km. La météo clémente nous avait apporté du soleil et un temps doux, idéal pour rouler en ce dimanche de septembre.

La LFVTT de l’intérieur

Sur le parcours de 22 km, nous avons trouvé ce que nous y cherchions. Une balade agréable, permettant de découvrir ou redécouvrir Lyon sous un autre angle avec peu - voire pas - de voitures. Idéal pour une sortie en famille des plus ludiques. Le passage au parc de la Tête d’Or, ainsi que dans le vélodrome ont été unanimement appréciés.

Les plus affutés d’entre-nous avaient choisi eux, le 50 km randonnée. Ce parcours partait du parc de Gerland pour longer les quais du Rhône. Entièrement refaites il y a quelques années, les berges gauches du Rhône ont été rendues aux Lyonnais et sont devenues une balade prisée au bord du fleuve. Rapidement nous nous trouvons pris dans un peloton. Lorsque le circuit bascule sur l’autre rive, on peut apercevoir une file quasi ininterrompue de VTT. C’est impressionnant, totalement inhabituel. L’allure reste soutenue. L’autre berge du Rhône est dans un autre style. Le sol est un pavage de galets et on longe des péniches qui sont transformées en habitations, avant de remonter sur la presqu’île. On traverse alors le centre historique de Lyon ; la place Antonin Poncet, puis la place Bellecour, la plus grande place piétonne d’Europe. C’est au taquet que l’on s’engage dans les rues pavées du quartier de l’abbaye d’Ainay, avant de franchir la Saône. On sort du quartier bourgeois de Lyon pour rejoindre les quartiers historiques, jadis très populaires. Le vieux Lyon, dont une grande partie fut sauvée des bulldozers par André Malraux, ministre de la culture de Charles De Gaulle, est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Il est temps d’attaquer la colline de Fourvière et rejoindre la basilique, via la première difficulté de la journée.


La montée des Epies c’est un « droit dans le pentu »
à vous exploser les mollets. Reste qu’aujourd’hui c’est un gigantesque bouchon de vététistes. Impossible d’envisager de la gravir à vélo, même sur un mètre. On prend patience et la bonne humeur est de rigueur. Suit alors la montée du Gourguillon, et ses façades Renaissance, son pavage et... sa pente !! Là, on peut la faire en roulant, mais nul ne parle, dans une montée qui se mérite.

Au sommet, il reste à grimper encore un peu, avant d’avoir le privilège de traverser le théâtre antique de Fourvière, un site datant de - 15 avant JC et normalement interdit aux vélos. Les architectes de ce théatre, qui est encore utilisé de nos jours, n’avaient sûrement pas imaginé de tels acteurs. Sortie de scène sous le soleil.

On grimpe pour atteindre le très beau parc du Rosaire, destiné en temps normal à la méditation et la prière des fidèles de la basilique et qui serpente sur les pentes de la colline. Là aussi, les grimpettes sont bien senties et on n’a guère le temps de profiter de la vue. Enfin, on arrive au sommet, juste au pied de la basilique. Tout Lyon s’offre à nos yeux, une vue superbe, un observatoire d’où l’on peut voir les Alpes par temps clair. Pause régalade des yeux, puis on repart. On passe au pied de la « tour Eiffel », une copie de la vraie, attraction au début du 20ème siècle. De là partait un petit chemin de fer qui fit rapidement faillite. Sur son ancien parcours, on y a construit aujourd’hui un très beau parc, le parc des Hauteurs, par lequel on rejoint le site de la Sarra par une longue passerelle de 72 m. Là nous attend un gros ravitaillement, servi par des volontaires des plus sympathiques et parfois très jeunes.

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"Du haut de ces gradins, 2000 ans d’histoire vous contemplent !"

Bouchons Lyonnais et escaliers

On se restaure avant de repartir faire une boucle qui doit nous emmener sur la voie verte de Champvert, une ancienne voie de chemin de fer aménagée en promenade. Mais très rapidement nous nous trouvons arrêtés. La rue est totalement encombrée de vététistes et on n’avance que pas à pas. Une descente technique ? Un petit goulet ? Il nous faut bien un quart d’heure pour parcourir 100 m. Lorsque nous parvenons en bas de la rue, c’est pour apercevoir, une file quasi ininterrompue de cyclistes, tous pied à terre. « C’est cela un bouchon Lyonnais ? », demande, non sans humour, Eric, mon compagnon de route, authentique Alsacien. Nous questionnons un baliseur et choisissons d’abandonner et de remonter au ravitaillement par les rues, pour rejoindre le départ de la deuxième boucle.

Lyon possède une caractéristique vététesque intéressante : elle dispose d’une vraie piste permanente de descente (PPD) sur laquelle se déroulent des compétitions, dont l’Avalanche Cup. Auparavant, on y trouvait une piste de ski (authentique !). Maintenant, la zone est aménagée en promenade, avec un parcours aventure dans les arbres et une piste VTT. 300 m de long, 10% de pente, quelques beaux obstacles il y a de quoi s’amuser. Mais le nombre, ainsi que la différence de niveaux, empêche de profiter de la trace. Frustrant pour les uns, c’est probablement une belle expérience pour les autres ; rouler là où Gracia, Vouilloz, ou Anne-Caro ont fait parler la poudre !! Sur le bord de la piste, de jeunes riders, le casque intégral à la main, regardent désolés leur terrain de jeu envahi par les randonneurs.

Il est temps d’attaquer un des points forts de la journée. Après la descente de la Sarra, voici la descente de la « Montée ». La Montée des Carmes Deschaussées, un escalier de 327 marches et affichant une belle pente. Tous les styles sont présents pour négocier cette difficulté. Pédibus, ou alors à la timide, droit sur les freins, enroulant marche après marche, le cœur battant. D’autres y vont plus franchement. Pour ceux qui ont un peu de métier, à l’engagée. La rue est un bruit continu, un mitraillage de roues sur cette longue volée de marches, qui se termine dans le plus raide de la pente et en prime en se rétrécissant. Un must.

Un peu de repos pour les mollets. Nous longeons la Saône par les quais. Petit clin d’œil à notre partenaire Loisirs VTT qui a un shop sur le quai Pierre Scize. Les quais à cet endroit sont dégradés et cela devient du vrai VTT. Mais l’endroit est aussi parfois sale et des bris de verres nombreux, ce que ne démentent pas les multiples vététistes qui réparent des crevaisons. Le défilé de vélos ne semble pas trop déranger les pêcheurs qui ont pris place le long du fleuve. Nous sortons des quais et progressons vers le quartier de Saint-Rambert. Nous quittons la route pour emprunter un vrai single noyé de verdure tout au bord du fleuve. Malheureusement la trop grande fréquentation provoque rapidement un bouchon. Cela nous laisse le loisir de regarder les rameurs du club d’aviron « arsouiller » sous les vociférations des barreurs. Enfin, on rejoint le quartier de Saint-Rambert par une grosse montée sous le soleil. Une plongée dans la pente pour retourner le long du fleuve, un petit coucou à la célébrité de Collonges-aux-Mont-d’Or, le célèbre restaurant de Paul Bocuse, que l’on entr’aperçoit au travers des arbres. On traverse la Saône pour s’offrir une grosse grimpette de plus, la montée du Vernay, qui a le bon goût d’être une ligne droite dans la pente. Avec ou sans chrono, le sommet en est le bienvenu.

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Le long de l’ile Barbe

La suite va être un jeu de montagnes russes. Nous piquons de nouveau vers le fleuve, une pause le long des rives, juste le temps d’admirer les bâtiments de l’île Barbe et de traverser des petits chantiers de réparation de bateaux et nous voilà de nouveau en train de mettre nos jambes à contribution. Jusqu’au parc de la Ceriseraie, ce sera une succession de montées et de descentes, dans des terrains variés, alternant route, escaliers, singles et même des épingles, dans lesquelles je trouve le moyen de me mettre une « boîte » en tentant de faire l’intérieur à un participant ; Cela m’apprendra à faire le « jacky »...

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A la sortie du tunnel de la "ficelle"

Après le ravitaillement, on attaque la dernière difficulté, la colline de la Croix-Rousse. La montée sur la place Rouville se négocie facilement. Pause point-de-vue pour admirer Lyon. Reste à monter tout en haut. Et là, c’est une autre paire de manche, puisque on parvient à la place de la Croix-Rousse par la rue Terme. Cette rue est en fait l’ancien tracé du premier funiculaire du monde, inauguré en 1860. Appelés « ficelle » par les Lyonnais, il en reste 3 parmi les 5 qui ont été en activité à Lyon. Et celui de la rue Terme est devenu un tunnel routier, ou plutôt en ce jour, une montée impossible pour vététiste, un tout droit dans la demi obscurité. En haut, nombreux sont ceux qui sortiront en poussant le vélo. Et je dois avouer que... Ensuite on se laisse glisser jusqu’au ravitaillement de la place des Terreaux, et on se délecte du quartier et de ses escaliers, devant un public nombreux.

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"Tout Lyon à nos pieds"

Il est déjà tard lorsque l’on quitte la surveillance de la fontaine Bartoldi pour rejoindre l’arrivée. On traverse le quartier de la presqu’île, avant de retrouver les quais jusqu’au quartier de la Confluence, non sans faire une étape par le très célèbre parking souterrain des Célestins, qui emmène les vététistes au 7ème niveau sous terre par une piste en double hélice, ceux qui dévalent la pente en descente par une hélice, croisant ceux qui en remontent par l’autre. Effet garanti !
On commence à sentir la fatigue, lorsque l’on traverse le pharaonique chantier du quartier de la Confluence, avant justement d’aller à la pointe de la presqu’île, à la confluence de la calme Saône et de l’impérial Rhône.
Il ne nous reste plus qu’à rejoindre rapidement l’arrivée dans le parc de Gerland, où règne une joyeuse animation. Le temps de regarder un peu les shows proposés par des artistes du VTT et il sera temps de clore cette édition 2009.

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Les sociétaires du TAC VTT, un des nombreux clubs venus en force ce dimanche.

La Lyon Free VTT n’aura toutefois à notre sens pas tenu toutes ses promesses. Elle reste la manifestation originale que nous connaissions et les parcours avaient tout pour nous satisfaire. La sécurité et le balisage, la gentillesse des bénévoles ont été exemplaires. Mais ne pas limiter le nombre d’inscrits a provoqué de gigantesques bouchons et a donné parfois des allures de périphérique aux petites routes et quais de Lyon.

De plus, Lyon n’a sûrement pas mérité ce jour-là son titre de capitale de la gastronomie et du bien manger. A plus de 20 € l’inscription, et malgré toute la gentillesse des bénévoles de Lyon VTT, les ravitaillements n’étaient pas à la hauteur du prix demandé et de ce que l’on peut attendre d’un rassemblement tel que celui-là. La pression de la société d’organisation, qui est là pour travailler, et de la ville de Lyon, ont peut être fait oublier ce qui a fait l’esprit et le succès des premières éditions, inventées par l’excellent club local de Lyon VTT.

Enfin, il est difficilement admissible, de continuer à faire passer les participants dans des chemins qui prennent parfois des allures de dépotoirs. Ce n’est certe pas aux organisateurs de faire le ménage mais c’est peut être une bonne occasion pour le Grand Lyon de se lancer dans une campagne de nettoyage. Tant qu’à vouloir soigner son image au travers le la Lyon Free VTT, autant le faire jusqu’au bout. Et c’est finalement un signe de respect pour les participants.

Une petite remise en cause et quelques retouches « gastronomiques » devraient toutefois permettre de garder la Lyon Free VTT comme une classique VTT incontournable, qui réunit les familles comme les sportifs le temps d’une rando « pas comme les autres ». On viendra vérifier l’année prochaine si les pratiquants ont été écoutés.

PLUS :

- Le site de la Lyon Free vtt



Auteur - RouelibrE




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