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  Retour à la compet’ : une saison en Enduro Series par Francky


(19/10/2009)

Enduro series #1 : Metabief

Après 3 ans sans compétition pour cause d’emploi du temps bien rempli, j’étais très impatient de prendre à nouveau le départ d’une course. La préparation n’est pas idéale, mais l’envie de rouler est énorme !
En ce super WE de fin mai, soleil et chaleur sont au rendez-vous à métabief pour la première manche des enduro-series.
Les inscriptions sont closes depuis déjà un bon moment, et cette année il ne faut pas s’endormir si on veut participer aux épreuves.
C’est en délégation que nous arrivons la veille (avec les 12 bikers d’accrovtt) et je retrouve sur place David et Antonin du CLIC. Récupération des dossards accompagnée d’une bière au miel, fromage et saucisson, ce n’est pas le président de VTTnet qui renierait un tel accueil ! (ça c’est clair ;-) NDP)

Petit rappel sur le principe des Enduro Series (ES pour les intimes) : une spéciale le samedi matin à faire 3 fois, une autre le samedi après-midi 3 fois également, et une troisième plus longue le dimanche à parcourir 4 fois.
Un classement sur le WE, mais pour le classement général (sur les 5 épreuves) le samedi et le dimanche comptent séparément. Ce qui fait un total de 10 épreuves.

Le niveau général est plutôt relevé, et on ne trouve pas trop de "touristes" chez les participants. Nous sommes près de 400 à prendre le départ de cette première manche !
Pas très en avance le samedi matin, je pars à froid sans aucun échauffement. Le parcours de cette première spéciale est vraiment plaisant, avec alternance de parties rapides et de petits singles ludiques. Le souffle lui est un peu court. Je n’arrive pas à prendre le rythme, les jambes font mal et je termine avec la gorge desséchée et brulante. Le 2ème run sera un peu mieux au niveau du rythme mais c’est dans le 3ème où je me sentirais vraiment bien, les jambes ayant tourné 2 fois, les sensations reviennent peu à peu et je suis rassuré de voir que j’arrive à lacher les freins.

La 2ème spéciale est plus typée DH, moins de pédalage, plus de pente, de belles épingles. Un superbe tracé.

Le ravito est un peu pauvre et il est distribué au compte-goutte. La pasta-party du soir sera complétée par un dessert au resto.

Le dimanche, superbe spéciale un peu plus physique avec un bon pédalage avant l’arrivée. Ce genre de profil me réussit mieux car je finis 70ème contre 105ème le samedi.
Petit bémol concernant l’épidémie de gastro qui a touché pas mal de monde à divers degrés après ce premier enduro. Vraisemblablement dûe à l’eau du ravito. Aucune excuse ni explication de la part de l’organisation. Dommage. La musique au sommet du Monrond aurait sans doute plu au « hells angels » mais je n’en ai point vu. Les moments de silence étaient unanimement appréciés ....
Pour tout le reste et c’est bien là le principal, nous avons eu de superbes tracés, un super soleil et une bonne ambiance parmi les participants.

Enduro series #2 : Val d’allos

La tribe 10000 est l’épreuve reine de ces enduro-series. Elle est à l’origine de ce challenge, et est réputée pour être la plus belle épreuve. Les riders le savent et il faut là aussi s’inscrire bien à l’avance. Le plein est fait avec près de 380 concurrents.
Samedi matin, c’est parti pour 3 runs de 1000m négatifs. Le second télésiège asthmatique nous permet d’admirer le paysage et de chercher les marmottes.

La première spéciale emprunte un nouveau tracé avec pas mal de pâturages. La rosée du matin rend le parcours assez glissant. Je fais une première manche plutôt prudente. Ça ne m’empêche pas de m’en coller une et d’exploser ma visière. Le parcours sèche au fur et à mesure. Le 2ème passage permet d’aller plus vite mais lors d’une relance en danseuse, l’arrière glisse dans le dévers, le vélo se met à l’équerre et je passe par-dessus. Je me retrouve sous le vélo sur la trace qui passe 3 mètres plus bas. Je ne ferais pas beaucoup mieux dans le dernier passage...

L’après-midi, 2ème spéciale. Le tracé est à la hauteur de sa réputation. Première descente où je me fais surprendre plusieurs fois. Du coup dans le sous-bois je n’ose pas trop me lâcher, mais il y a moyen d’aller vite. On termine par une grosse relance avant de rejoindre une piste et une légère montée avant l’arrivée.
Le deuxième run se passe très bien, les trajectoires sont bonnes et j’ai de bonnes sensations. On approche de la relance et là, au moment de pédaler, la chaîne qui se barre ! J’enrage !!! Il reste 800m à faire mais sans la chaîne c’est une grosse perte de temps. Je cours à coté du vélo et remonte dessus une fois sur la piste descendante. Je décide de ne pas toucher aux freins avant le petit raidillon, rattrape celui qui vient de me doubler mais il me serre vers le fossé. Ça passe à quelques cms ! Je ne fais que 10sec de plus par rapport au premier passage. Je repars gonflé a bloc pour le dernier run. Manque de bol, l’orage menace et à la 2ème remontée mécanique, on apprend que la dernière spéciale est annulée. Cette fois, les ravitos sont bien garnis mais la paëlla du soir nous laissera hésitants. On terminera la journée devant une assiette de pâtes.

Dimanche, c’est parti pour la longue spéciale. Ça débute par un petit raidillon suivi d’un pierrier d’une vingtaine de mètres... qui commence très mal pour moi car je déchire le pneu sur plusieurs cms. Impossible de réparer :-/ Très énervé je me défoule en terminant la spéciale dans l’état. La jante est bonne pour la poubelle, et le classement à oublier. Ça ne m’empêche pas de rattraper certains concurrents mais au prix d’un gros effort et je termine rincé.
Séance mécanique : on me prête une roue mais avec une K7 9V et je suis en 8. Pas l’outil pour démonter. On fera avec. Je roule bien concentré sur le 2ème run. Il faut dire que je suis dans la roue de max qui m’a doublé et je ne le lâche pas. C’est vraiment un régal. J’arrive dans le dernier km et là, la série noire continue : je crève de l’arrière. Je continue un peu car le pneu reste en place est l’arrivée est proche. Mais peu après, déjantage, la chambre s’enroule autour de la K7 !!! Je termine en courant assez dépité. Le 3ème run sera sans pépin mécanique mais à oublier rapidement. Aucune sensation, des erreurs qui s’enchainent, des pieds qui trainent. Le dernier run sera le bon avec 1mn de moins que le précédent ! Bien concentré, pas de faute et pas de pépin, je termine cet enduro avec le sourire malgré mes ennuis. De toute façon il ne peut en être autrement sur de tels parcours !

Enduro series #3 : Vars

Un sacré plateau sur cet enduro. Avec le trophée des nations, les meilleurs pilotes ricains, suisses et italiens sont venus pour en découdre. Ce sera un enduro vraiment difficile physiquement. La première spéciale est bien longue, très variée, des relances, des devers, du sous-bois, des relances, un pierrier, un raidar,... ça n’arrête pas.
En bas je suis cramé après la première spéciale. Près de 18mn de course. Ça annonce un beau WE !
Le deuxième passage sera un mauvais souvenir. Complètement à côté de la plaque, je chute 4 fois en voulant doubler, à des endroits sans doute piégeux, avant de casser ma chaine juste avant un long pédalage. Aux 2/3 de la spéciale, je perdrais encore plus de temps à essayer de réparer. Je cours à côté du vélo et essaye de limite la casse mais je perds au moins 2mn. Le troisième run se passera bien mais un peu en dedans, je n’améliore quasiment pas mon temps malgré les 2 passages précédents.

L’après-midi 2 runs encore bien physiques sur une superbe spéciale. A chaque fois plus d’un quart d’heure de course avec du technique, des relances, un super single en forêt.
La fin d’après-midi se termine par la 3ème spéciale, plus courte et qui est la spéciale prévue en nocturne. Gros pédalage au départ et encore un super tracé avec un final plutôt étroit et exposé ou l’éclairage fera la différence.
Mon montage maison (Led P7) n’aura pas à rougir et tiendra la comparaison face aux modèles vendus plus de 300 euros...
On craignait le froid pour la nocturne en début de soirée, mais en fait le vent est tombé et la température est plutôt agréable. La soupe excellente et la saucisse au départ se fait apprécier malgré un pourcentage de gras assez impressionnant. Une panne informatique nous empêchera de partir à l’heure. L’attente est longue mais l’ambiance est vraiment sympa. Une petite moitié des participants sont présents. Sous la pression des concurrents, les départs se feront assez groupés et les bouchonnages ne manqueront pas. Ceux ne voyants pas grand-chose profitant de l’éclairage de ceux qui les rattrapent...et les dépassements sont quand même plus délicats. Une spéciale nocturne pour l’année prochaine peut être sympa à la condition d’avoir un départ très aéré.

Le dimanche, une fois n’est pas coutume la spéciale est plus courte, mais aussi très physique. Quasiment tout en relance, avec un départ bien raide et un final sur la PPD. Un parcours ludique où on ne s’ennuie pas. Un chainsuck au pied d’un raidillon me fera perdre quelques précieuses secondes, perdant une place dans ma catégorie pour 2 dixièmes...
Tout au long de cet enduro l’organisation a été au top, les ravitaillements gargantuesques, le balisage impeccable et les parcours magnifiques.

Enduro series #4 : Valloire

Le programme de cet enduro est attendu avec impatience car les organisateurs nous ont préparé une spéciale énorme avec 1900m de dénivelé négatif d’une traite, entre le Crey du Quart et Saint michel de Maurienne.
Avant cette spéciale unique du samedi après-midi, il y a la première spéciale qui part du même endroit mais nous ramène sur la station de Valloire. La première partie est inintéressante. Une large piste, quelques virages à plat puis on emprunte la piste de descente avec ses nombreux virages relevés. Quelques-uns ça va, mais là ça dure et ça n’en finit plus. Heureusement la deuxième partie de la spéciale est bien plus ludique. Une partie en sous-bois superbe, des épingles, des devers, et un goulet super sympa avant de terminer par un pédalage. Un parcours bien physique ou les bras et les cuisses encaissent pas mal. Le deuxième run se passe mieux malgré ces virages relevés que je n’aime pas du tout et où j‘ai vraiment l’impression de me trainer. La partie en sous-bois par contre est un vrai régal. A environ 5mn de l’arrivée, un passager clandestin se glisse dans mon casque. Un bourdonnement me donne une grosse frayeur car si c’est une guêpe, la piqure à la tête n’est pas très recommandée. Je ne m’arrête pas et ne serait pas piqué ça devait donc n’être qu’une mouche. Peu après je trouve le moyen de planter ma roue avant à côté d’une planche pourtant bien large et sans difficulté. Je peste et repart aussitôt. A l’arrivée, je n’ai jamais enlevé mon casque aussi rapidement ! Le 3ème et dernier run, un peu plus vite, un peu trop vite : dans le sous-bois je sors trop large dans un virage et ne peut éviter un devers qui me plonge 2m sous la piste et dans les branches....

L’après-midi, c’est donc LA spéciale. On nous annonce un parcours d’enfer, et ce sera le cas.
Une première partie rapide suivie de la sapinière, super jolie. On est pas là pour regarder le paysage mais le décor est là. Ensuite on plonge dans une partie plus pentue, typée freeride ouverte spécialement pour l’occasion avant d’attaquer le premier coup de cul qui fait mal. Très mal. La suite c’est une partie en sous-bois avec des devers qui s’enchainent. Comme je me suis bien mis dans le rouge, je n’ai pas la lucidité suffisante pour bien négocier ce passage. L’arrière se dérobe, je mets pied à terre plusieurs fois pour relancer. Après avoir rejoint Valmenier, on attaque une longue conduite forcée ou le physique fait la différence. J’ai un peu récupéré et je rattrape pas mal de concurrents qui me laissent passer plus ou moins facilement. On aborde maintenant la dernière partie, une voie romaine tout en pierres, avec des courbes, des virages, des épingles, de la poussière... Ça tabasse vraiment beaucoup et les bras et les mains se tétanisent, les dépassements sont très délicats et il y a beaucoup de monde. La poussière soulevée forme une sorte de brouillard et certaines trajectoires se font à l’aveugle, en espérant qu’il n’y ait pas une pierre anguleuse à cet endroit. Près de l’arrivée, mes mains n’en peuvent plus, je rate un freinage et perd le contrôle avant une épingle. Content d’en avoir fini avec cette spéciale vraiment « énorme ».

Le lendemain, l’orage s’est installé et après une attente sans grand espoir, l’organisation décide sagement d’annuler la spéciale. Dommage car je suis 4ème à 3sec du podium scratch. Je ne pourrai malheureusement pas aller chercher la 3ème place et surtout nous ne pourrons pas rouler sur le parcours du dimanche, qui est lui aussi un superbe tracé.

Enduro series #5 : Les 2 Alpes

Finale des enduros ! Le classement général scratch se joue entre Rémi Absalon et Jérôme Clémentz. Les deux leaders vont nous offrir un superbe spectacle commenté par Eric Davaine.
Niveau tracé, les 2 alpes souffrent d’une mauvaise réputation. Certains ne se sont pas inscrits, pensant que les tracés ne seront pas à la hauteur. Ceux-là se sont trompés ! De côté les pistes permanentes, places à de véritables tracés enduro, certains sentiers pédestres ayant même été réouverts pour la course.

On retrouve le format standard avec samedi, 2 spéciales typées assez DH. De la pente, du technique, des épingles... bref que du bon. Les passages s’enchainent et, malgré quelques erreurs, je terminerai ma journée de course sans une seule chute. On se tire bien la bourre avec mon ami Ben et sans sa crevaison, on se bat à coups de secondes.

Le dimanche, une spéciale bien physique et on nous promet un long pédalage bien casse-pattes : ce sera le cas ! Après un départ sur une crête caillouteuse, on attaque une portion bien technique dans des dalles, avant de rejoindre un petit bout de pistes de descentes avec quelques relevés. C’est là qu’on attaque un long pédalage qui commence par un raidillon, histoire de faire monter le cardio. Je ferai le premier passage sur le vélo, pas les autres. Le gain en temps n’étant pas rentabilisé par le temps que je mettrai à récupérer de cet effort sur le reste de la montée. Ensuite c’est un nouveau passage bien technique avec des passerelles et on rejoint une large piste où il faut bien pédaler. La dernière partie, c’est une succession de virages et d’épingles sur un superbe single. Un peu moins de 20mn pour le premier passage, il va falloir gérer le physique pour tenir. Après le premier passage, j’ai un peu de marge pour garder ma 3ème place en master. Enfin un podium ?
Les 2 runs suivants se feront en tirage de bourre avec Ben, qui m’a repris pas mal de temps sur le pédalage lors de la première manche. Les chronos descendent bien, mais une grosse erreur d’inattention et je vais me perdre dans les dalles rocheuses peu après le départ, m’empêchant de passer sous les 18mns. Pour la dernière spéciale, la fatigue aidant et ne voulant pas perdre bêtement ma 3ème place, je leverai un peu le pied.
L’organisation était exemplaire ici aussi. Ça donne envie de revenir l’année prochaine.....

Niveau classement, très bon résultat pour le CLIC avec David Rimailho 10ème et Antonin Gourgin 2ème junior et 15ème au général. Je termine second en master grâce à une bonne régularité derrière les places d’honneur.
La saison prochaine : objectif podiums !

Classement général :

Séniors :
- 1 Rémy Absalon
- 2 Jérôme Clementz
- 3 Alex Balaud

Juniors :
- 1 Théo Galy
- 2 Antonin Gourgin

Dames :
- 1 PUGIN Mélanie
- 2 DIEFFENTHALER Pauline

Masters :
- 1 Jean-marc Picard
- 2 Franck Plouvier (CLIC/VTTNET)

Le site officiel :
- enduro series

Vidéos et photos :
- enduro-series-1-metabief
- enduro-series-3-vars
- enduro-series-finale-aux-2-alpes



Auteur - Carbone




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