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  Test : Magura Durin Marathon 120 FCR


(10/02/2010)

Basée sur la Durin Race, la Durin Marathon est apparue en 2009 au catalogue de l’allemand Magura. Après quelques mois de test, un bilan des premières impressions est fait.

Mise à jour : le test de la Durin continue : voir en fin d’article

Présentation générale

La fourche

Le modèle testé est une Durin Marathon FCR qui offre un débattement variable de 120 à 80 mm. Il existe une version 120 à débattement fixe mais elles n’était destinée qu’à certains constructeurs en première monte.

Comme la Menja, la Durin Marathon respire la solidité et la qualité : plongeurs de 32 mm, té en aluminium avec butées de gaines intégrées pour la commande au cintre du Flight Remote Control (FCR) livrée en série, design en double arceau (DAD) propre à la marque à la chaussette rouge. Question finitions, toutes les molettes de réglage sont en aluminium et un guide se visse sur le fourreau gauche pour faire passer proprement la durite de frein. Seule la commande au cintre du FCR en plastique (seul le bouton noir est en alu) est en décalage avec le reste. Par ailleurs, il n’y a pas de protections contre la corrosion sur les pattes de fourche et de fixation d’étrier du frein comme sur la Menja.

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Levier au cintre du FCR

Sur le plan des réglages, précontrainte, détente et la fourche est équipée du système d’amortissement en compression Albert Select+.
La Durin Marathon est uniquement disponible en version disque. La fourche est blanche d’origine mais est également disponible en jaune, rouge et argent dans le programme de customisation. Enfin, la fourche est garantie pour les disques de frein jusqu’à 210mm et est livrée avec une pompe.

Question poids, elle affiche 1585 g poids constructeur. Avec un pivot coupé à 20 cm, notre exemplaire testé a été pesé à 1507 g. La légèreté est au rendez-vous, plus qu’avec une Reba 120 SL (1620 g constructeur) ou une Fox 32 F120 RL (1710 constructeur).

Conditions du test

La Durin Marathon a été montée à la place d’une Magura Menja 100 de 2008 sur un Specialized Rockhopper. Il était donc intéressant de voir les différences de fonctionnement entre deux fourches et de l’influence du passage d’une fourche de 100 à 120 sur la géométrie et le comportement du vélo. Le montage de la fourche se fait sans problèmes. Seul le montage du levier du FCR peut éventuellement poser problèmes selon l’encombrement du cintre. L’étrier de frein Avid Juicy se remonte directement sur les pattes de fixation en Postmount 6" permettant le montage d’un disque 160mm sans adaptateur. Pas besoin donc d’adaptateur IS/PM en 160 comme pour la Menja. Un coup de pompe en gonflant un peu plus que les préconisations Magura (environ + 0.5 bar dans mon cas) et en pensant à bien à actionner le levier du réglage du débattement FCR plusieurs fois pendant le gonflage.

La fourche a été testée pendant environ 300 km autour de la région lyonnaise entre Octobre 2009 et Janvier 2010 dans des conditions variées mais la plupart du temps dans des conditions humides (boue, neige). A noter que durant cette période, la fourche est partie 1 mois en SAV pour une défaillance du système de réglage du débattement. Ce test a donc été également l’occasion de tester l’efficacité du SAV de Magura et des réparations faites sur la fourche.

Premier bilan après 300 km

Bien que le poste de pilotage soit plus relevé, le vélo tombe bien sous la main et la position est presque plus confortable... Avec l’Albert select en position off, la fourche est pleinement active, très réactive et très sensible voire un peu trop. Elle absorbe bien lors de petits chocs, mieux en tout cas que la Menja ce qui est loin d’être désagréable ;-).

Facilement accessible en roulant, un petit tour de molette bleue au-dessus du plongeur droit permet d’enclencher le système d’amortissement en compression Albert Select+. La fourche devient tout de suite plus ferme, pompe très peu au pédalage, mais reste encore relativement sensible lors de chocs moyens. La fourche n’est pas encore assez ferme à mon goût. Il ne reste plus qu’à aligner les km pour jouer avec la mollette dorée de réglage du seuil de déclenchement de l’Albert Select. Egalement facilement accessible, la molette dorée est aisément manipulable même avec des gants longs d’hiver. Un système de crans (21 au total) permet de doser sur une plage très large le seuil de déclenchement et de choisir entre une fourche sensible et une fourche très ferme comme pour la Laurin testée par Koyote. Malgré le faible kilométrage fait, je pense avoir trouvé le réglage qui me correspond (environ 40 % de la compression) et permet de passer presque partout sur mes terrains de jeux. L’accumulation de plusieurs autres km me permettrait certainement d’avoir un réglage plus fin.

Comme avec la Menja, la rigidité est de mise, la fourche ne bronche pas, est directive mais la sensibilité et l’amortissement ne sont pas comparables : les obstacles sont littéralement avalés, du coup ça passe vite, plus vite y compris dans le plus pentu et le plus technique. L’angle de direction plus couché du Spé n’y est pas non plus étranger et me met plus en confiance !! Seul bémol, le vélo perd un peu en maniabilité mais gagne en stabilité. Le même parcours fait quelques temps plus tard avec la Menja confirmera ces impressions.

Dans le sens de la montée, le réglage adopté ne pénalise pas le rendement du vélo (pompage de 5 à 10 mm max en danseuse) bien que la roue avant a parfois tendance à se lever dans les petits raidillons mais finalement pas beaucoup plus qu’avec la Menja alors que la Durin est plus haute (20 mm de plus) et plus légère (178 g de moins). Au contraire même, je trouve que le vélo grimpe un peu mieux (gain en motricité) mais je ne serai pas contre un petit coup de main ;-). Hop, en roulant on maintient pressé le levier d’enclenchement du FCR tout en comprimant la fourche. L’activation du FCR n’est pas forcément aisée si l’on est déjà en plein effort au milieu d’une montée surtout si cette dernière est raide et assez technique. Il faut donc anticiper un minimum et bien penser à enclencher le système quelques mètres avant le début de la montée, ce que j’ai parfois oublié de faire... Le FCR activé, la réduction du débattement est plutôt de l’ordre de 30-35 mm que de 40 mm mais au final le résultat est le même. La fourche ainsi bridée, le gain est appréciable, les montées deviennent plus faciles et plus confortables.

Après les montées, viennent généralement les descentes, moment où il ne faut pas oublier de désactiver le FCR, chose que j’ai parfois oublié de faire... En 80 mm, la fourche reste active mais on sent que ce mode n’est pas optimal et pas fait pour être utilisé trop longuement... Hop, tout en roulant on maintient à nouveau pressé le levier tout en essayant de relâcher la pression sur le cintre en passant par exemple le poids à l’arrière... en tout cas d’après le manuel d’utilisation ;-). En pratique, il faut rajouter 2-3 levers de roue avant et en quelques secondes, la fourche revient seule en débattement maximal. Dans quelques (rares) cas, il a quand même fallu s’arrêter pour grappiller les 5 à 10 mm restants.

Conclusion

Plutôt partisan des fourches au réglage simple et nécessitant peu d’entretien, j’ai vraiment bien apprécié la simplicité de réglage (quelques tours de mollettes moyennant quand même quelques km...) et le comportement de la Durin. Sur le terrain, je l’ai trouvé plus confortable que ma Menja. Elle amorti mieux les petits chocs et encaisse mieux les gros. Elle pourrait donc prétendre au remplacement de ma Menja mais qu’elle n’éclipsera pas encore... du moins pas sur ce vélo...
En près de 300 km, l’entretien s’est limité à un coup de chiffon sur les plongeurs après chaque sortie et à une vérification de la pression d’air.

Concernant la fiabilité, le bilan est mitigé puisque la fourche est partie en SAV suite à une défaillance du FCR et à une prise de jeu des fourreaux. Mais depuis son retour du SAV, le Durin fonctionne bien, même à des températures aux alentours de 0 °C. Par contre lors d’une sortie par plus grand froid (-4 °C), la fourche s’est révélée très dure et donc peu absorbante. Seule une désactivation totale de l’Albet Select+ a permis de retrouver plus de sensibilité et de terminer les descentes plus confortablement. Sinon, pas de perte de pression d’air, ni de fuite d’huile si ce n’est quelques traces normales d’huile de lubrification sur les plongeurs.
Le SAV s’est montré très réactif en répondant très rapidement aux mails, et nous appelant même au téléphone pour nous demander des précisions concernant les problèmes techniques rencontrées sur la fourche. Seul regret, la durée du SAV a été longue, bien trop longue pour tout rider passionné qui aura du mal à rester sans rouler pendant 1 mois parce qu’il n’a pas la possibilité d’avoir une fourche de remplacement.

Les plus :
-  Réglages simples
-  Rigidité
-  Réglage du débattement FCR
-  Entretien minime
-  Poids

Les moins :
-  Fiabilité : défaillance du système de réglage du débattement FCR également rencontré par d’autres utilisateurs
-  Absence d’inserts métalliques de protection contre la corrosion sur les pattes de fourche et de fixation de l’étrier de frein à disque
-  Confort sur les petits chocs
-  Prix : 799 € : plus qu’une Reba SL 120 (549 €) mais moins qu’une Fox F 120 RL (1056 €).

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Durin Marathon 2010

Ce qui change en 2010

En 2010, la Durin Marathon subit quelques changements comparativement au millésime 2009. Au niveau du fonctionnement, la fourche est à présent équipée du système DLO+ qui en théorie devrait apporter un comportement plus dynamique de la fourche garanti par une amélioration de son amortissement (évolution de la clapetterie). A cela, s’ajoute une fonction Blow-off qui permettrait une absorption des impacts rapides et de forte amplitude même lorsque la fourche est bloquée et une nouvelle huile d’amortissement assurerait une meilleure performance en basses températures. Sur le plan esthétique, la Durin Marathon est maintenant disponible en série en 5 couleurs avec apparition d’un té blanc pour la version blanche.


Après 850 kms (mai 2010)

Le disque du test a été passé en 185 mm. Le montage s’est fait sans problème moyennant un adaptateur Avid PM/PM. 

Après un hiver relativement long, les conditions météo sont redevenues plus clémentes notamment durant le mois d’avril, idéal pour solliciter plus fortement la Durin dans de bonnes conditions.

Côté comportement en descente, la fourche est toujours réactive, reste bien rigide et directive, ne plonge pas au freinage (du moins pas à mon goût même avec le 185) et ne talonne pas, même sur des petits sauts (50 cm). L’accès facile à la plateforme de réglage permet de régler très rapidement la sensibilité de la fourche en fonction de la nature du terrain, par exemple en la rendant plus sensible pour certains longs passages avec grosses pierres affleurantes et marches.

Concernant la fiabilité, toujours rien à signaler après le passage au SAV + 850 kms. Le FCR activé, la réduction du débattement reste de l’ordre de 30-35 mm et aucune perte de pression d’air n’est à signaler. Les réparations faites sur notre exemplaire tiennent le coup.

Le seul souci rencontré se réduit une prise de jeu du guide-durite du frein qui avait tendance à tourner si bien que la durite frottait le pneu en mode 80 mm. Un point de colle a réglé définitivement le problème.


Un grand merci à Magura France et à Sylvain Revillet pour la mise à disposition de la fourche.

Photos / illustrations : Magura et David



Auteur - David




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