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  Paris Roubaix 2003


(8/05/2003)

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Le PARIS-ROUBAIX VTT 2003


Pendant que les singletracks dauphinois accueillaient le gratin de Vttnet, ce sont 420 acharnés qui ont pris part au 15°
Paris-Roubaix VTT. Envoyé spécial au pays des pavés et du p’tit quinquin, Philippe témoigne pour VTTnet.

Janvier 2003, après des fêtes bien arrosées, quelle meilleure
résolution qu’une participation au Paris-Roubaix VTT pour se motiver à reprendre un entraînement régulier et une hygiène
de vie saine ?

Ma participation de l’année dernière me l’a montré, cette épreuve, bien que représentant un monument, est faisable. Certes,
les 220 kilomètres de chemins et de pavés ainsi qu’une météo d’avril toujours incertaine ont de quoi faire hésiter au moment
de l’inscription. Il me faudra donc déployer les bons arguments pour convaincre deux collègues de travail à prendre part cette
épreuve atypique.


1ere étape


La première étape est un circuit en boucle en forêt de Raismes, à l’ouest de Valenciennes. L’endroit, bien connu des bikers
du Nord a déjà accueilli plusieurs rencontres des membres de la liste. Cette fois-ci il ne s’agit plus de sorties freeride, mais
d’une vraie course à fond les manettes avec temps éliminatoire, on ne rigole plus.

L’équipe Rabobank est venue au complet avec de grosses ambitions, puisqu’il ne s’agit pas moins que d’emmener son leader
Bart Brentjens à la victoire finale. Il est vrai qu’après avoir perdu pour une petite seconde l’édition 2002 le Champion
Olympique d’Atlanta peut avoir de belles prétentions en l’absence de Philip Meiraeghe.

A noter également cette année le retour des féminines avec une dizaine d’inscrites dont la championne du monde Laurence
Leboucher.

La mise en grille se fait en fonction du n° de dossard, favorisant les teams professionnels et les inscrits de première heure. Un
départ rapide dans une pâture n’empêche pas un goulot d’étranglement au moment de passer un petit pont . Le circuit de ce
matin emprunte essentiellement des chemins forestiers, parfois en singletracks tortueux au milieu des arbres, parfois faits de
longs boulevards, l’ensemble étant très roulant. On prendrait même un peu de plaisir au passage quand le parcours nous fait
emprunter une petite cuvette dans laquelle on arrive en aveugle.

Ma grande surprise du week-end survient dans la montée du terril ; quelqu’un s’annonce derrière moi et quelques instants
plus tard, je découvre avec stupéfaction que le coureur qui vient de me dépasser est unijambiste. Il s’agit du dunkerquois
Laurent Thirionet, avec son maillot arc-en-ciel de champion du monde handisport.

Après plus de deux heures de course, les dégâts commencent à se faire sentir. Je reprends bientôt mon collègue Fabrice qui a
de gros soucis avec son dos, puis un peu plus loin un coureur kenyan venu découvrir le Nord.
Nous bouclons finalement en 3 heures les 68 kilomètres de cette première étape, au bord des crampes après la troisième
ascension.

Comme prévu, Bart Brentjens s’est imposé en 1h57. Vous avez dit " roulant " ? ? A noter la belle performance de JC Peraud
(Lapierre) qui tient une 3° place au milieu de la vague orange.


2eme étape


La deuxième étape n’est pas chronométrée. Elle consiste en une liaison vers Marchiennes où se tiendra la dernière étape du
jour. Dès le départ, on sent que les rangs sont un peu moins fournis. Le coup d’accélérateur de Brentjens a fait bon nombre
d’éliminés puisqu’une trentaine de coureurs manquent à l’appel.

Nous prenons la route en un petit peloton tranquille qui s’étirera rapidement à l’entrée de la trouée d’Arremberg. L’arrivée
sur cette zone est toujours très impressionnante car il se dégage une poussière phénoménale qui transforme ce bel après-midi
de printemps en un brouillard opaque. On a du mal à concevoir que les vélos de route vont aborder demain ces pavés
complètement disjoints à 40 km/h. Pour cette année, je prends l’option " je ne suis pas un héros " et emprunte rapidement les
bas-côtés derrière les barrières de sécurité.
J’en profite pour échanger quelques mots avec Laurence Leboucher, championne du monde, en tête du classement féminin, et
qui a pris la même option que moi. C’est cela aussi le Paris-Roubaix Vtt, l’occasion de côtoyer des grands champions dans
une ambiance relativement décontractée.

Le reste des 30 kilomètres de cette liaison est parcouru à un rythme très tranquille sur un parcours essentiellement fait de
route et de pavés. On garde ses forces pour le prochain chrono.


3eme étape


La troisième étape partira du camping de Marchiennes ; en attendant le départ, on discute un peu avec les autres coureurs.
On note une importante colonie de suisses venus de Neuchâtel ; je parle également avec deux jurassiens qui possèdent un des
plus beaux terrains de jeux qui soit en France, mais qui ont aussi voulu découvrir cette ambiance.

Cette fois-ci, le peloton s’étire un peu moins rapidement que précédemment. En effet, le début du parcours se fait en forêt
dans des chemins avec bon nombre d’ornières ; ralentissements garantis et gare à celui qui met pied à terre !

Les 40 kilomètres sont avalés rapidement, le terrain très sec se partageant entre des chemins de tracteur et d’assez
nombreuses sections roulantes en forêt, sur bitume ou pavés.

Au terme de cette première journée, c’est le statu quo en tête du classement. En ce qui nous concerne, Manu est 334°, je suis
349°à 6 minutes et Fabrice est 362°. Les 140 kilomètres ont fait du dégât au niveau des inscrits puisqu’il ne reste plus que
378 coureurs sur les 420 du départ. Pour ma part ce sont surtout les pneus qui ont souffert. En rangeant mon vélo, je
remarque que l’avant est tailladé en plusieurs endroits. Il est vrai que le parcours du matin emprunte de nombreux chemins en
schiste qui mettent les gommes à mal.


4eme étape


Pour la quatrième étape, il faut se lever tôt en ce dimanche matin. Le départ étant prévu à 8h30, c’est à 6h00 que le réveil
fait son office. Mon épouse me répète pour la nième fois que je suis un peu cinglé de me lever si tôt un dimanche matin, et je
ne suis pas loin d’être d’accord avec elle, mais quand on a signé, autant aller au bout ...

Après une manip’ de voiture et un échauffement dans les rues d’Orchies encore ensommeillées, on retrouve les collègues de la
veille à qui je décris le menu du jour. Cette fois-ci, il y avait intérêt à être bien chaud au départ car le tracé de cette étape est
très rapide. Les 20 premiers kilomètres sont constitués de pavés et de route. J’arrive à tenir le rythme d’un petit peloton, c’est
effectivement beaucoup plus facile de rouler dans ces conditions que l’année dernière où j’avais passé la plupart du temps
tout seul.

Tout se passe donc plutôt bien jusqu’à ce qu’un bruit de frottement à l’arrière me parvienne. Inquiet, je m’arrête
immédiatement pour constater que ma jante est complètement déformée sur 5 centimètres et vient frotter contre le frein. Pas
le temps de chercher à savoir pourquoi, je fais sauter le v-brake qui ne sert pratiquement pas aujourd’hui, dégonfle un peu et
repars illico en espérant limiter les dégâts et pouvoir trouver une roue de dépannage pour la dernière spéciale.

C’est sans compter sur la malchance car en fait le mal est bien plus grave. Ma jante est tout simplement en train d’expirer et
quelques centaines de mètres plus loin, un nouveau bruit, métallique cette fois, m’arrête de nouveau. Ma jante a continué de
se détériorer et le flanc s’est carrément découpé sur une vingtaine de centimètres de long, du haut jusqu’à la gorge. Le pneu n
’est plus retenu, la chambre à air se montre au grand jour, bref, ça s’annonce mal pour la suite.

Le temps de reprendre mes émotions, je me lance dans un calcul rapide et décide de continuer pédibus, quitte à perdre du
temps. Les chaussures de vtt ne sont pas ce qui se fait de mieux pour un jogging avec le spad sur le dos, mais tant pis ! A la
faveur d’un premier passage à proximité de l’arrivée, je lance un appel au secours aux organisateurs avant de me lancer dans
une dernière boucle de 4 kilomètres.

Un malheur n’étant jamais définitif, j’ai la chance de voir bientôt un coureur belge venir me dépanner ; ouf ! Il a une roue 9v
et je peux repartir. Je finis ventre à terre pour apprendre que je suis hors délais pour 4 petites minutes ? Damned ! Je ne
figurerai pas au classement final mais compte tenu des circonstances, je suis autorisé à poursuivre et après tout c’est bien cela
qui m’intéresse.


5eme étape


La cinquième étape se déroule en boucle autour de la base de loisirs de Willayas, à une dizaine de kilomètres de Roubaix ;
cette étape possède la double particularité de nous faire passer à trois reprises au fameux carrefour de l’arbre, dans une plaine
balayée en permanence par le vent. Cette année respectera la tradition et même si nous avons pu sortir le maillot court, les
remontées de pavés avec la bise dans le nez éprouvent les quelques forces qui nous restent.

Au moins, on goûte à l’ambiance qui monte grâce aux centaines de camping-cars de belges venus prendre position pour
encourager un des leurs cet après-midi. Ca sent le barbecue tout le long du trajet, la bière coule a flot et il faut parfois bien
calculer sa trajectoire dans une foule compacte aux endroits stratégiques.
L’étape se termine par un passage dans un champ un peu gras où je remonte quelques bikers cramés pour finalement terminer
337° sur 370 restants.

Après l’effort le réconfort, nous nous octroyons un pique-nique et une petite sieste au soleil sur la pelouse pendant que
l’animateur du car podium met l’ambiance ( !)


6eme étape. L’arrivée à Roubaix


La sixième et dernière étape emprunte intégralement les derniers kilomètres de la course sur route pour nous amener au
vélodrome. On joue à se cramer sur les derniers pavés avant de rentrer sur les boulevards de Roubaix puis de faire notre tour
de piste. Le soleil a fait venir une foule nombreuse et les tribunes sont déjà remplies alors que l’arrivée des routiers ne se fera
que dans 2 heures.

On applaudit Bart Brentjens qui a bien mené sa barque. Les hollandais ont cadenassé la course et font un triplé. JC Peraud
qui a chuté dans la 4° étape a perdu de précieuses secondes qui le font terminer au pied du podium. A noter également au
final la belle place de JP Chalas, coureur régional amateur qui termine à la 11° place.

Encore une fois, le Paris-Roubaix Vtt nous a offert de bons moments, grâce à une organisation remarquable. L’ambiance
dans le " fond de la classe " a été très sympathique et nous a permis de prendre part à une épreuve mythique. Cette édition

aura peut-être un goût spécial puisque les organisateurs ont annoncé leur intention d’arrêter cette course. J’espère qu’il s’agit
d’un coup de fatigue et que de nombreux vttistes auront de nouveau la possibilité de venir participer à ce grand rendez-vous.



Quelques Liens

Le site de l’organisateur le VCRx VTT


Reportage dans la course : Phil Rossi
Photos : Ph. Rossi et JM Hecquet
Réagir : redaction@vtt.org
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Auteur - Philippe Rossi




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