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  L’avenir sera électrique ou ne sera pas ?


(20/05/2011)

En avril dernier, à l’occasion du jour du poisson, nous nous amusions à imaginer des courses de DH où les compétiteurs remonteraient à l’aide de VTT électriques. Grosse rigolade et papier potache, histoire de coincer un ou deux lecteurs trop rapides ou trop naïfs en ce 1er avril...

Mais voilà t’y pas, qu’en feuilletant d’un doigt distrait un magasine de VTT , je tombe sur le vtt de Batman, ou du moins, un machin digne de l’imagination du décorateur qui a assuré les décors du film. L’engin - qui au passage coute les 2 yeux, les bras, le fondement et les coucougnettes en même temps - semble bien équipé pour affronter les pentes les plus raides et les plus techniques et doit probablement permettre de claquer de beaux chronos sur n’importe quelle épreuve de descente.

Petite particularité, l’engin dispose...d’un moteur électrique ! Et pourquoi pas une I-tablette tant que l’on y est ?? (perso j’aurais préféré une pompe à biére, mais bon, c’est une histoire de goût). Le sidérant de l’affaire est le commentaire qui va avec l’image. Le journaliste qui y fait la pige, indique que le moteur éléctrique c’est ...l’avenir du VTT !

Quand dans les années 90 j’ai décidé de faire du VTT, un autre journal spécialisé avait dans son titre la référence à une couleur, symbole de l’Islam et de Monsieur Hulot (pas lui, l’autre...). Le slogan indiquait qu’en dehors du fait d’être une des composantes de l’arc-en-ciel, cette teinte était le reflet d’un état d’esprit. Une profession de foi que les vététistes font leur, puisque nous avons choisi de pédaler dans la verdure et avec les petits zosieaux. Alors tant qu’à faire nous respectons le terrain de jeux que Dame Nature met à notre disposition. De plus, et autant que je le sache, VTT en « Français de France » ça veut dire Vélo Tout Terrain. Vélo, bicyclette, bref, un truc avec des pédales et un cycliste dessus qui fourni le jus de mollet en échange du mouvement.

Et du jus de mollet il en faut une sacré dose pour grimper en haut des montagnes, histoire de descendre...parce que jouer aux fils illégitime et improbable de Gracia et d’Anne-Caro, ça se mérite !! Et ca tombe bien car la montagne, qui est une petite chose fragile, sélectionne ainsi ceux qui pourront lui jouer sur le dos. Ça limite la casse, même si, ici et là, des remontées mécaniques permettent de dégueuler du rider à grand régime. Mais cela reste limité (et puis il faut avouer que c’est bien pratique...mais écologiquement totalement incorrect. Je plaide coupable...).

Si effectivement demain, on nous colle un moteur électrique sur nos VTT (qui deviendrons de vulgaires Véhicules Tout Terrain) il n’y aura alors plus de sélection et les butors du dérapage, les Atilas du single, les gougniafiers du sentier se déverseront à grand coup de kilowatts, purs produits sortis du pétrole ou de l’atome, le nombre assurant une destruction et une dégradation rapide des lieux de passage, pour le plus grand malheur de lapins, des petites fleurs et des marcheurs. Et le VTT perdra son essence originelle, celle des klunkers du mont Tamalpais, et il prendra petit à petit la même place que le quad dans l’esprit et dans la réalité des autres usagers de la nature.

Alors tant qu’à briller et faire des étincelles sur un VTT, autant le faire au naturel...

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