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  Le Pass’PortesNet 2013


(29/08/2013)

La Pass’Portes c’est un incontournable. Créée il y a 10 ans, cette manifestation est née en plein dans la mode naissante du « free ride ». Loin des mollets rasés des icônes du XC de l’époque, cette mouvance se voulait sans prise de tête, largement inspirée par les vidéos venues du Canada. Le gros problème était que, pour jouer la partie, il était important de disposer du matériel et du talent qui allaient avec. Et c’est là que les créateurs de la Pass’Portes (qui ne s’est pas toujours appelée comme cela) ont eu un coup de génie : donner des airs de Colombie Britannique et de raid de warriors à une grosse randonnée en montagne utilisant largement les remontées mécaniques, en s’appuyant sur l’étonnant domaine des Portes du Soleil qui s’étend entre France et Suisse. Il suffisait de s’inspirer du tour des Portes du Soleil qui existe l’hiver à ski, de déminer les zones « too much » pour rendre le parcours accessible à tous et de communiquer avec un nom bien à la mode qui au départ mélangeait le freeride à la notion de raid vtt. Le succès a été immédiat, et la Pass’Portes est devenu un des plus gros rassemblements VTT de France.

Nous avions décidé cette année de revenir sur cet événement. Prévu au départ pour 10 participants, cette date de notre RandoNet Tour 2013 en a réuni quasiment le double. Le week-end s’organisait donc autours de la Pass’Portes, avec le premier jour un « before » où il était question de tester des vélos, de visiter le salon du VTT, de rouler un peu, puis le dimanche de s’aligner sur les 80km de la randonnée et enfin le lundi, de faire un after sur le très beau bike park de Chatel.

Certain avaient même décidé de s’en taper une petite tranche de plus, en arrivant le vendredi soir. Une pizza en terrasse avant de monter sur les vélos. Ce jour-là était organisée une sortie de nuit, à laquelle nos éclaireurs allaient participer. Le terrain étant (encore) très sec, c’était glisse dans la poussière, idéal pour envoyer un peu avec le grip. Et puis une sortie de nuit ça reste toujours amusant.

Le samedi matin c’est la cata :... il pleut des tonneaux d’eau... ptit déj, préparation des affaires pour aller au salon, voir et tester un vélo ou deux. Et c’est le drame...Koyote se retrouve coincé à l’hôtel, Bizangoo étant parti au salon avec ses clefs de sa voiture ! C’est une spécialité du garçon, puisque dans le WE, il perdra aussi les clefs de sa chambre ! Ne confiez jamais vos clés à Biz’ ;-)

L’après-midi, malgré la météo de merde, Koyote tente des tests de vélo avec Vita. En bon fan de la marque allemande, Vita prend un Nicolaï à boite de vitesses, tandis que Koyote teste un specialized enduro 29". Direction la nouvelle trace enduro expert de Châtel. Vraiment expert vu la quantité de boue liquide ! Est-ce l’état du terrain, mais au final personne ne verra la lumière durant ces tests.

Retour à l’hôtel où les participants commencent à arriver. Nos testeurs s’offrent un sauna, apéro avec les copains en attendant les derniers arrivants. A taaaaable !!!! Il faut prendre des forces, demain y’a du taf’ !! C’est un joyeux brouhaha qui anime nos tables au repas. Heureusement que l’hôtel n’est ouvert que pour des groupes de vététistes, car des touristes en vacances n’auraient pas apprécié notre joie de vivre. Bizangoo tente un briefing, que notre GO avait renoncé à faire dans ce joyeux chahut. Il explique la constitution des groupes, les conditions pour avoir accès aux remontés mécaniques, celles pour les ravitaillements et met en garde les participants de ne pas perdre le bon d’échange - qui se dit aussi voucher - pour le forfait du lundi. A l’écoute du mot « voucher », Fab éclate d’un de ses fou-rires qui est sa marque de fabrique. La table voisine marque son étonnement à une telle manifestation, au point que l’un d’entre eux est prêt à filmer la scène ! Le mot « voucher » sera suffisant tous ces jours pour déclencher le rire de Fab et se sera le mot du WE... C’est finalement tard et de bonne humeur que nous partons pour la plupart nous « voucher » tandis que les plus téméraires partent visiter le bar de l’hôtel.

Dimanche matin. Outch !! C’est tôt... rendez-vous pour le petit déj’ à 7h. Le groupe des cadors espère prendre la 1ere cabine à 7h30. Les nuages se déchirent et on voit le soleil. La journée s’annonce belle et l’on profite du buffet, très bien garni. Il faut prendre des forces, la journée va être longue.

Très vite le groupe des « gros mollets » est prêt. Ils entrainent dans leur sillage Mumu, qui veut être sure de faire tout le parcours, ainsi que Gamin et Denis, les « tic & tac » du Vtt. Une fois le groupe parti, c’est un Koyote totalement à la bourre qui dévale la pente à leur poursuite, avant de les rattraper sur la 1ere crevaison de la journée.

« Au loin, en ombre chinoise, dans la brume qui s’accroche à ce versant, on aperçoit des participants arc-boutés qui poussent leurs vélos »

Ambiance plus calme dans le groupe des « soft power ». Le départ avait été fixé à 9h au départ du télécabine et c’est avec à peine 5mn de retard que le 1er groupe s’engouffre avec le vélo dans la cabine. En haut on décide de faire la boucle optionnelle de Torgon. Koyote nous l’a déconseillée, mais nombre ne veulent rien louper. Qu’à cela ne tienne on prend le télésiège pour se rendre au départ de cette spéciale. Mauvaise décision, qui va impacter tout le groupe pour le reste de la journée.

En haut, il fait beau, la vue est très belle. Mais moins de 100m après le départ, déjà une première mise au tas ! Pas de dégâts c’est dans un névé que se plante le vélo. Mais la suite n’est pas joyeuse. Le terrain est très gras, une boue collante qui alourdi le vélo et le rend difficile à piloter. La pente, associée à un chemin détruit par le cumul des pluies de la veille et les passages de très nombreux vélos, rend la progression difficile voire impossible. Très vite tout le monde est à pied. On avance avec peine dans un dévers glissant, boueux. Au loin, en ombre chinoise, dans la brume qui s’accroche à ce versant, on aperçoit des participants arc-boutés qui poussent leurs vélos, dans une pente très raide. Le passage est difficile, mauvais pour le moral. En haut le chemin reste impraticable, le plus facile étant encore de rouler dans les pâturages tant le chemin est boueux. Déjà un 1er incident mécanique, avec une casse d’un câble de dérailleur. On repart mais la progression restera difficile avant la bifurcation pour Torgon. Enfin une descente.

Là encore, la boue complique tout. On alterne les zones « patinoire » avec des zones « shaker ». En bas les avis sont mitigés. Les organisateurs nous apprennent que le single qui mène à Torgon est fermé par sécurité. Nous avons mis 2 fois le temps prévu pour faire 50% de la boucle. Tant pis pour le ravito, retour sur Châtel par une large piste, où hommes et machines arrivent totalement crottés.

De retour au sommet, nous prenons donc le chemin vers la Suisse. Une piste cassante dans les alpages, suivie d’une progression en sous-bois des plus humides. On double des vélos totalement à la ramasse. Regroupement rapide en haut du col, après une mauvaise liaison par la route, et on plonge sur le village de Morgin.

Là c’est la rué sur le shop de sport qui a le bon goût d’être ouvert ce jour-là. Je rentre le premier dans le magasin et m’arrête sur le seuil, tant je n’ose marcher sur le sol clair. Une équipe sympathique, au bel accent du Valais, se met en quatre pour nous. Car nous sommes maintenant une bonne demi-douzaine de bikers à chercher ici le sésame pour finir la journée : des plaquettes de frein ! Les conditions sont-elles que beaucoup d’entre nous les ont déjà rincées.

A Morgin est organisé un ravitaillement. On profite de notre présence ici pour faire une pause, car il n’est pas loin de midi (déjà !!!). L’accueil est convivial et charmant, surtout une des volontaires, qui en fait craquer plus d’un (je ne dénoncerais pas...). Charcuterie de montagne, soupe de légumes, fromage des alpages et en boisson de la bière pour les téméraires et de Rivela, parce que l’on est en Suisse. On profite des tables et des chaises pour faire notre pause aux sons d’un groupe de rock qui revisite avec énergie des standards bien pêchus. Le soleil est là, et tandis qu’un atelier improvisé de changement de plaquettes s’ouvre pour certains, les autres se lancent dans une petite sieste. Il est rapidement temps de remonter sur les vélos, on a encore beaucoup de route !

« Quel contraste de voir Krole, sur son semi-rigide, doubler avec une déconcertante facilité des pilotes en tenue de descendeur, quasi à l’arrêt avec de gros vélos ! »

Beaucoup de route, et surtout, nous sommes très en retard sur l’horaire. Malgré l’envie que nous en avons, nous squeezons le passage sur la piste de descente de Morgin, qui défile sous le télésiège. En haut nous prenons la direction des Crozets, par une piste dont le seul intérêt est de nous offrir une superbe vue sur la montagne, avant de plonger sur le village, par la trace « expert » qui emprunte la belle piste permanente des Crozet, devenue un poil délicate à cause de la boue.

En bas nous prenons la direction de Champoussin par le télésiège. Mais une fois au sommet nous devons nous rendre à l’évidence : la piste de descente est interdite. De plus le chemin pour aller à Champoussin - et à son ravitaillement à base de tartiflette - serait une grosse pistasse sans intérêt. Il y a bien sur une variante, mais vu les conditions actuelles, est-elle praticable ? L’heure tourne vite et on risque d’être « short coco » au moindre incident mécanique, sans compter que le temps est méchamment couvert. A regret nous décidons donc de rebrousser chemin pour rejoindre le départ de la remontée mécanique qui doit nous amener au point culminant de cette sortie, la pointe de la Mossette. La piste qui y mène, est probablement la pire de toute la sortie ; boueuse, glissante, ravagée et totalement impraticable. Une galère totale !

Au sommet de la Mossette la situation n’est pas plus réjouissante. Brume et vent froid. En prime nous constatons que le parcours a été modifié. Nous ne passerons pas par la très belle zone du lac vert mais par une déviation, mise en place probablement à cause des mauvaises conditions météo ou de l’enneigement tardif, et qui passe par la piste de ski de l’Abricotine. Ce qui va suivre sera surréaliste.

Dans une ambiance lunaire, où se mêle caillasse et névés, une voie est tracée. La neige qui fond en fait une sorte de ruisseau, tantôt boueux, tantôt miné de cailloux, raide dans la pente, sur lequel progresse une troupe hésitante. Nombre de pilote sont en difficultés et on doit faire attention pour ne pas percuter ceux qui ont décidé de finir à pied. Quel contraste de voir Krole, sur son semi-rigide, doubler avec une déconcertante facilité des pilotes en tenue de descendeur, quasi à l’arrêt avec de gros vélos !

Cette partie est longue, désagréable, pénible. Quand on retrouve la piste, c’est pour se faire secouer dans les cailloux, à des vitesses que la morale réprouve. Une chute à cet endroit et c’est l’hélico garanti ! Carbone manque de se payer un piéton, qui a dû avoir la peur de sa vie. Je suis secoué comme rarement et j’ai l’impression que le vélo va entrer en résonance et exploser. A l’arrivée sur le village des Lindarets rien n’est fait pour canaliser les flots de vtt et les séparer des randonneurs. Délicat et dangereux. Et surtout les 2 remontées mécaniques sont affligées d’énormes queues de vététistes ! On décide de se diriger vers le ravitaillement.

« Nous attaquons le bike parc de Châtel, toujours aussi sympa, même avec la fatigue. Enfin une portion avec des bouts de plaisirs dedans !!! »

On pourrait croire que l’endroit a été fréquenté par un troupeau de sanglier. De la boue partout, profonde, collante. Un band de jazz joue du New Orléans au milieu d’une bande de types croteux et fatigués. On se restaure, tandis que les volontaires commencent à ranger leur matériel. Ca sent la fin de partie.

On se dirige vers la remontée mécanique qui doit nous conduire vers notre point de départ. On croise le groupe des gros mollets qui eux tournent sur les pistes de DH du secteur. Ils sont à fond ! Au sommet on recolle avec un groupetto conduit par Koyote en route pour l’arrivée. La fatigue commence à se faire sentir pour tous. Direction la plaine Dranse par la piste de DH. Juste une galère ! Une partie du groupe se trompe de chemin. Je dois remonter pour les retrouver. Je recolle au groupe. Le single est boueux, collant, abimé, on commence à faire des erreurs de pilotage. Carole subitement est victime d’une forte douleur au genou qui la cloue au sol de longues minutes au bord des larmes. Elle décide de rentrer par la route, tandis que nous, nous attaquons le bike parc de Châtel, toujours aussi sympa, même avec la fatigue. Enfin une portion avec des bouts de plaisirs dedans !!!

En bas, surprise ! Tom2, un ancien de VTTnet, qui habite pas loin, est venu nous rendre visite avec sa famille. On se regroupe et finalement une bonne partie des « survivants » décident de rentrer par la route ou par les navettes. Nous restons trois irréductibles, Jeanphi, Jipé et Ma Pomme, à vouloir finir absolument. Une dernière remontée et on s’élance pour l’ultime descente. Encore une piste. Pire ! Le chemin qui suit a été élargi pour laisser passer des engins de chantier. C’est dans une sorte de carrière que, déboulant dans la roue de Jean-Phi, j’explose ma chambre à air, pil-poil à côté d’un type qui terminait justement de réparer une crevaison !!

Réparation sous un soleil enfin revenu. On a soif et on parle bière. On repart juste au moment où...un participant vient à son tour exploser sa chambre à air à côté de moi ! Le single qui suit est toujours aussi sympa mais il est totalement miné. Les pluies et les passages ont laissé le terrain à nu , et il faut soulager le vélo et piloter fin, sinon c’est la « pincette ». Je vais compter près de 5 bikers en rade sur le bord du chemin pour cette même raison. Il faut sans cesse relancer, avec la fatigue de la journée dans les pattes, rester attentif, surtout aux abords de zones aériennes. Enfin la pente vire au négatif. Gaaaazzz !!! Le single est agréable mais très cassant. On se tire la bourre et on joue à celui qui a la plus grosse, en sales gosses que nous sommes restés. A ce jeux là Jipé, qui nous atomise dans les montés, exprime sa belgitude et se fait distancer. Jean-Phi lui ne fait rien que de m’embêter ! On évite les chutes, mais pas une dernière crevaison. Réparation express, une dernière piste et enfin ce sont les « lumières de la ville ». Encore une montée sur le bitume pour rejoindre l’hôtel, la douche pour les VTT et les bonhommes, et une terrasse remplie de potes, de bonne humeur et arrosée par la bière locale. Repas puis un passage au bar pour permettre à Bizangoo de fêter une année de plus... enfin dodo !!!

« Les petits zizis, les blessés et les malades regardent donc finalement le reste du groupe, sapé en warriors, partir pour cette dernière journée... »

Le lendemain il y a du dégât. Visages marqués, mines pâlichonnes. Francky débarque avec une tête de zombie ; il a été malade toute la nuit. On trainasse et on compte ceux qui vont rouler et ceux qui vont bâcher. Les petits zizis, les blessés et les malades regardent donc finalement le reste du groupe, sapé en warriors, partir pour cette dernière journée. Au programme quelques runs pour découvrir le bike parc de Châtel. Les casques intégraux sont de sorties et on a mis une couche de protection en plus.

Nous allons tester avec plus ou moins de bonheur les différentes pistes. Les runs vont se succéder et tout le monde s’amuse beaucoup, ormis peut être lorsque l’on va rouler sur la piste coté Lindarets, qui reste très humide, une boue collante avec un bas de piste détruit par les pluies.

La montre tourne trop vite et il est temps de rejoindre tout le monde au point de rassemblement, sur la terrasse de la Perdrix Blanche afin de partager un dernier repas. Le soleil est de la partie, on s’abrite sous les parasols, les bières arrivent, de bonnes assiettes circulent, servies par un personnel toujours aussi sympa et diligent. Dernières déconnades, on se refait le match, et déjà il faut se dire au revoir.

Au final cette édition nous aura laissé un gout mitigé : la météo y est pour beaucoup. L’hiver tardif, le printemps pourri, les pluies des semaines précédentes ont rendu le terrain difficile voire impossible. Mais le tracé aussi, trop édulcoré peut être, faisant la part trop belle aux pistes. Il ne faut pas venir à la Pass’Portes pour le plaisir du pilotage mais pour celui de rouler en groupe, de voir de magnifiques paysages. Reste l’ambiance, toujours fort sympathique et - plus que tout pour nous - la bonne humeur, les franches rigolades et le plaisir que chez VTTnet nous avons toujours à partager une bonne tartine de VTT ensemble !

Remerciements

- Merci tout plein à Elodie et Bertrand de l’hôtel Arc en Ciel pour leur accueil chaleureux et sympathique et pour leur patience sans limite.

- Casque bas à Benoit, du Bureau des Portes du Soleil, pour son aide dans la préparation de ce rendez-vous.

- Viele Danke à Psylo pour les photos.



Auteur - RouelibrE




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