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  La Mégavalanche 2014 : Méga boue ?


(23/07/2014)

La semaine dernière j’étais a l’alpe d’huez pour la semaine de la Mégavalanche qui ne serat pas pour moi comme étant à mettre dans les annales.

Nous arrivons à Allemont le vendredi 4 Juillet, pour y planter la caravane et passer donc les 10 prochains jours là-haut.

Déjà la semaine débute mal avec mon oncle (le beau-frère a mon père qui m’accompagne) qui décède le vendredi soir. Ceci va nous obliger à rentrer lundi après-midi sur Nice pour les obsèques mardi et remonter la haut mardi dans la soirée.
Bref, samedi et dimanche nous roulerons donc quand même, dans des conditions plutôt pas mal, des pistes toutes neuves façon billard, même la piste des chamois de 2700 a été refaite. On se fera le glacier samedi, puis encore un dimanche avec un anglais rencontré sur le forum Pinkbike et des conditions vraiment pas mal.

Hormis les doigts gelés, les conditions pour rouler sur le glacier sont très bonnes. Une petite couche de poudreuse de 5cm sur le dessus et une neige dure en dessous

Sauf que le samedi, j’ai un problème avec mon frein avant. Je le perd complètement a la sortie du glacier et je suis obligé de rentrer sur la station avec juste le frein arrière. Hormis deux ou trois passages à pieds, tout le reste passe sans trop de soucis avec seulement un frein sur la cristalliere. Retour donc à la voiture et je répare en récupérant le frein de mon enduro pour le monter sur le DH.

Enfin lundi matin c’est un petit ride court de 2800m vers Allemont avant de partir.
Retour Mercredi donc. Les conditions météo depuis lundi se sont dégradées et mercredi il fait carrément froid et il pleut / bruine de la neige fondue voire de la neige en l’altitude.

Un autre gars du forum Pinkbike venant d’Australie campe avec nous a Allemont et nous décidons de monter ensemble au glacier avant le rush du jeudi.
Les conditions là-haut sont pas au top. Il neige abondamment, il fait -4°c mais heureusement sans vent. Hormis les doigts gelés, les conditions pour rouler sur le glacier sont très bonnes. Une petite couche de poudreuse de 5cm sur le dessus et une neige dure en dessous ; ça roule de partout en accrochant pas trop mal.
La suite de la cristalliere est toute recouverte de neige, hormis la trace du sentier. On aura de la neige jusqu’a au-dessus de l’Alpe d’Huez, puis de la neige fondue et enfin

Autant sur la partie haute dans les cailloux, nous ne rencontrons pas de problèmes d’adhérence autant dans les alpages, ce n’est plus la même histoire. Les parties dans la foret sur les racines, c’est carrément holliday on ice ! Enfin on mud… Par contre la boue restant assez liquide, ça reste roulable. Mais question fringues et VTT on se met plus que minables.

Même plus besoin de freiner, la boue bloque les roues du vélo, en voyant celà on se dit que si les conditions ne s’améliorent pas, la course va être un enfer...

Mercredi j’en profite pour aller voir Hope pour mon problème de frein. Ils me renvoient chez Rocky Sport qui n’a pas les outils pour le Moto V2. Bref j’ai ma pochette de joint et je décide donc d’aller revoir Hope jeudi.

Jeudi, les conditions sont mauvaises le matin mais un poil mieux dans l’âpres-midi. Mon père décide de se faire une journée sans VTT pour s’économiser avant la qualification du vendredi. Il ira donc à pied reconnaitre la partie haute sur les dalles de 2800m.

Le temps est froid, encore plus froid que la veille, à 2800m il y a un vent terrible avec des température dans les 0°c. On va pour faire la reco du haut de la qualif’ mais on apprend alors que le départ se fera à 2700m et non pas 2800m pour cause de conditions météo. Je vois alors mon père qui erre dans les dalles de 2800m pour bien reconnaitre, pour lui annoncer que finalement il vient de se perler les c*** pour rien. Bref la piste des chamois mêmes détrempée passe presque comme sur le sec. Les passerelles en bois qui sont la partie la plus chaude du parcours ont étés recouvertes d’un matelas anti dérapant qui remplit bien son office même avec de la boue dessus.
Par contre, comme il pleut moins que les autres jours, la boue dans la foret à la fin du sentier du Poutran est devenue immonde. Le passage boue /racine n’est plus qu’un infâme bourbier de terre collante. Même plus besoin de freiner, la boue bloque les roues du vélo et fait office de frein moteur tellement efficace que certaines sections doivent se faire à pied. En voyant celà, on se dit que si les conditions ne s’améliorent pas, la course va être un enfer.

A la fin de la journée le récupère mon frein chez Hope et je redescend par le sentier de la foret de l’ours qui lui est parfaitement rouable vu que personne ne passe dessus.

30s de course, je suis déjà dans le rouge en soufflant comme boeuf. Mon départ semble être pas trop mal mais j’ignore totalement à ce moment là en quelle position je suis.

Vendredi : Allllaaarrmmaaaaaa !!!! C’est le jour des qualifs.

Mon père a le numéro 27 donc seconde ligne de la première vague et moi le 622 donc première ligne de la quatrième vague. Au départ de 2700m ils ont fait quelques chicanes dont la première qui passe direct dans un gros névé (pourquoi, hein, pourquoi ???). Le temps n’est pas trop mal, avec même un peu de soleil par moment. Enfin un peu de répit dans cette semaine pourrie.

Je regarde partir les vagues avant moi et il y a un crash dans presque toutes les vagues dans les 20 premiers mètres...

Bref, arrive ma vague. Vu que je suis le 22ieme sur 25, ils me font donc rentrer presque en dernier et le choix de ma place dans ma ligne est déjà choisi pour moi. C’est tout à droite, dans les rochers... Bref pas terrible pour l’accélération, par contre je vais être à l’extérieur pour la chicane dans la neige ce qui devrait être plutôt bien.
Panneau 1min.... la musique qui commence.... puis 30s, on regarde plus que la rubalise devant nous. Un gars a côté de l’organisation gueule 2 ou 3 fois : "Ne bougez pas !!! Ne bougez pas !!!" …. Le Alaarmma commence, puis la musique repart et les ruralises se lèvent. Et là, c’est la guerre.. On appuie à fond sur les pédales pour faire décoller le DH par rapport aux Enduros, je me retrouve dans les gros cailloux, m’en sort sans trop de soucis, arrive dans ne névé sur l’extérieur. C’est le bordel devant, je coure un peu, je reprend les pédales, et j’appuie comme un taré dessus pour les prochaines grandes courbes... Je passe devant la gare du DMC et j’arrive rapidement dans les premiers virages de la piste des chamois.

30s de course, je suis déjà dans le rouge en soufflant comme boeuf. Mon départ semble être pas trop mal mais j’ignore totalement à ce moment là en quelle position je suis.

La piste des chamois est défoncée avec toute cette pluie et tous ces passages. Plus rien à voir avec cette même piste en début de semaine. Le spad de Dh est clairement à son avantage. Je vais à mon maximum en sachant que la course est longue. Le gars devant moi est pas très loin mais descend grosso modo à mon rythme. J’arrive sur les passerelles, personne devant ni derrière, ça passe nickel. La réception du petit drop à la fin de la passerelle est défoncée et tout dans la boue mais ça passe. Je remercie au passage le mush-guard qui me permet de conserver un masque à peu près propre.

Le rythme dans 2700m est soutenu, vers la fin je commence à sentir de la fatigue dans les mains mais je lâche rien car je sais que la fin est proche. Juste avant 2100m un gars me double au passage du ruisseau, il se sort dans la courbe suivante mais réussi a revenir sur la piste juste avant moi. Je passe à 2100m, légère remontée, un gars me passe, ensuite ce sera les virolos de la piste qui descend jusqu’au col du Poutran. Un gars est plus lent dans ces virages humides, impossible de doubler à cet endroit, je lui met donc la pression. Les virages s’arrêtent et laissent place à un pédalage pour aller vers le col. J’en profite pour libérer les watts dans les jambes et je grille donc au pédalage un gars en Enduro avec un spad de DH ! C’est jouissif et l’entrainement de l’hiver paye.

J’attaque la section le long de la route avec personne devant ni personne derrière. Ensuite c’est le passage dans l’alpe d’huez avec au passage une camionnette qui fait une manœuvre en plein de la piste. Je re-grille un autre gars au pédalage et ensuite c’est enchainement de grandes courbes dans la station. Une rubalise qui se referme que je n’ai pas vu, une petite erreur de trajectoire et le gars me repasse devant tel un avion qui déboule de nul part et il fait l’intérieur au gars de devant dans un dépassement un peu chaud.

J’attaque alors la dernière section de la piste qui descend à Huez village. Un type sur le long du parcours compte et dit alors 18 — 19... Bon ça, vu que les 23 premiers sont en Méga Internationale, je suis dedans et je tiens pour l’instant ma place pour la course. Là je ne vais rien lâcher jusqu’au bout. Je suis un gars dans les dizaines de relevés de cette piste avec d’autre derrière moi. En fait on sera un petit train de 5 riders a une ou deux secondes d’intervalle chacun avec un gros trou de 30s devant nous et 20s derrière avec les autres groupes. Je lâche rien, même dans la dernière partie un peu bouillasse dans laquelle je ne suis pas très à l’aise. Le gars de derrière me met la pression mais je relance comme un bourrin à chaque sortie de courbe. Je suis alors assez frais à ce moment-là pour me le permettre. Arrivée sur la route d’Huez, virage 180° vers le village. Je mets les gaz mais le gars de derrière en a encore plus que moi avec son enduro. bref, il me passe à 20m de ligne d’arrivée.

Verdict : je fais 19 de ma vague donc qualifié pour la Méga du dimanche et à 3’30 environ du premier de ma vague.

Je téléphone à mon père parti dans la vague précédente et que je ne trouve pas sur l’aire d’arrivée. Il s’avère qu’il est au centre médical. Il a chuté sur les passerelles de bois à cause d’un gars qui a mis son vélo sur les passerelles devant lui. Sortie sur la gauche, OTB dans les rochers. Bilan, un petit bout de l’omoplate cassé.
En soit, ce n’est pas très grave, pas d’opération, juste 4 semaines le bras en écharpe, mais c’est plutôt rageant.

De Huez je descends alors jusqu’à Allemont via la foret de l’ours, afin de récupérer la voiture et de remonter récupérer mon père, son bras en écharpe et son vélo. De retour à Allemont finalement je repars rouler un peu en fin de journée et j’en profite pour récupérer mon numéro de ligne le soir. Je susi en avance et je dois poireauter une heure avant de redescendre par le sentier du Poutran puis le Boulangeard. Etonnamment, la fin du Poutran est moins gadouilleuse et ça passe sur le VTT. Sauf que le sentier est détruit....

Nous allons voir les arrivées des participants de la Méga du jour. Tous les vélos sont de la même couleur : marron...

Samedi : temps dégueulasse, et c’est la Méga Ladies et Challenger. Départ a 2800m et non pas au glacier. Pendant le matin, je remonte mon frein qui est sensé être réparé avec comme objectif de le tester dans l’après-midi. Nous allons voir les arrivées des participants de la Méga du jour et ça fait pas envie. Plus aucun a des lunettes car il est impossible de voir, tous sont recouverts de boue de la tête aux pieds et tous les vélos sont de la même couleur : marron. Certain arrivent en bas avec un tas immonde a la place de ce qui était le dérailleur.... Un bout vers le haut, un autre vers le bas et au milieu de la boue bien collante. On voit Suzie qui vient de la terminer et qui nous confirme que toute la partie dans la foret était tout simplement un enfer...

Le temps ne s’améliore pas et du coup, je ne roule pas de la journée (erreur, grave erreur)....

Samedi soir, 20h, je prépare mes affaires, je gonfle mes pneus. A 22h, le pneu avant a perdu toute la pression !!! WTF !!! Bref, je le change, en met un autre avec un chambre à air.

On apprend aussi que la Méga partira à 10h le lendemain au lieu de 9h et que la Méga amateurs et les affinitys stopperons a l’alpe d’huez.

Dimanche matin, réveil à 6h, bus à 7h, DMC à 8h pour une arrive sur le glacier vers 9h30... Et là c’est le drame. Avec le vélo vertical dans toutes les télécabines, une fuite sur la membrane m’a fait perdre toute l’huile du frein..... Je suis donc sur le glacier sans frein avant !!!! Me voyant pas faire toute la descente comme cela, je suis contraint de prendre la décision qui s’impose et de declarer forfait. Je redescend a l’alpe en télécabine absolument dégouté !

Je passe chez Rocky Sport pour laisser le vélo. En fait, c’était la membrane du réservoir la cause. Visuellement tout allait bien. Le vélo horizontal aussi, donc en pression le frein fonctionnait parfaitement. Sauf qu’en mettant le vélo vertical ou bien avec les chocs, l’huile s’est écoulé par le petit trou de la mise à l’air. Bref ma Méga a été ruinée par une membrane a 6€ !!!! On change cette satanée membrane et je peux enfin de nouveau rouler un peu en fin d’après-midi. Cela tiendra plus de 2300m de D- donc problème résolu. Juste un jour trop tard ….

Je n’aurais pas du démonter le frein de mon enduro que j’avais monté en remplacement. Erreur de débutant que j’ai fait.

Lundi, on charge tout dans la caravane et on repart dans le Sud. Evidemment, depuis il fait beau....



Auteur - Cyril Lafont




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