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  Ma première compet’ de descente


(31/10/2003)

<REP|SITE/2003/dhguido>

Ma première compet’ de descente

Nicolas Verdier dit Guidoline (Guido pour les intimes) est un nouveau
venu dans le VTT. En quelques mois il a découvert la randonnée, le XC et plus récemment la descente
lors d’un séjour VTTnet organisé dans les Alpes. Son talent inné à avaler les obstacles à VTT et
son grand enthousiasme l’ont naturellement poussé à répondre présent à l’appel lorsqu’une manche
de la coupe de descente de Belgique s’est tenue près de chez lui à Namur. Ils nous raconte ici sa
première fois’

La préparation

"C’est en milieu de semaine que j’ai appris la nouvelle. Un courriel a été posté sur la liste
belge : "Coupe de DH à Namur ce week-end. Il y a 2 catégories : suspendu et hardtail. Entraînement
samedi de 13h à 18 heures et le dimanche matin de 8h à 9h30. Dimanche : 2 manches, une à 10h,
l’autre à 14h. La finale est à 16h. Inscription 12 Eur et 5 Eur de caution pour la plaque de cadre.
Protection obligatoire : casque intégrale, coudes, genoux. La dorsale est juste vivement
conseillée". Voilà ce qu’il me faut ! Depuis le temps que j’en rêve. Par contre je ne suis pas tout
à fait prêt. Mon vélo n’est pas adapté. Il me faut des pneus, des vrais pneus de descente avec les
chambres adéquates, ma transmission complètement usée est à changer et enfin il me manque un casque
intégral. De plus, je suis indisponible jusqu’au samedi matin 10h20... Ce qui risque de réduire
d’autant le temps d’entraînement du samedi. Bah, on verra bien’

Samedi : Entraînement

J’arrive sur place à 3h, je suis en retard par rapport à l’heure que je m’étais fixé. Il faut dire
que j’ai passé 2h à changer ma transmission sur le parking du magasin. Je faisais ça pour la
première fois et finalement, ça n’est pas si sorcier si on a les bons outils (et un petit coup de
main du vendeur...). Bref, j’essaie de ne pas trop traîner. Je me renseigne auprès de
l’organisation et prend mon inscription. Je reçois en échange une plaque avec mon numéro : le 56.
Point de remontée mécanique à Namur, mais la plaque de cadre me donne le droit de prendre les
navettes pour remonter.

Je stresse pas mal. Je ressens à la fois une grande excitation et une grande appréhension due à
l’inconnu !!! Je finis de m’équiper fébrilement et me lance à la recherche du départ.

L’ambiance qui règne sur le site est particulière. L’esplanade, où je me suis garé, sert à tout. Il
y a les stands de l’organisation, quelques campements et le reste de libre fait office de parking.
L’esprit DH domine. Pas mal de beaux bikes de pur DH, des BigHit, quelques Sintesi, des SantaCruz’
il y a quelques hardtail bien costaux. Dans tout ça, je me sens un peu différent avec mon Commençal
Normal plutôt orienté XC. Même si je lui trouve un super look avec ses gros pneus de 2.35, il fait
pâle figure face à ses voisins.

Premières descentes

Me voilà au départ, prêt. Je me lance sans trop réfléchir. Ma première descente m’annonce la
couleur : le parcours est exigeant. Il me faut beaucoup de vigilance et de concentration pour ne pas
me faire embarquer par toutes les difficultés qui se succèdent. Après à peine 1/4 du circuit que je
suis dèjà à terre. J’ai mal anticipé un virage un peu sec. Une grosse erreur de trajectoire, un
mauvais appui, une glissade de l’avant et paf ! C’est là chute bête. Au moment de repartir, je
réalise que mon pneu a déjanté. N’étant pas loin du parking, je remonte, le spad sur le dos, pour
remettre le tout en place tranquillement. C’est pendant cet intermède mécanique que je retrouve
Pierre-Alexandre, dit Pab, mon compagnon du week-end. Il a déjà fait plusieurs fois la descente. Il
me demande ce que j’en pense d’une drôle de manière : "Il n’y a pas de trop grosses difficultés,
n’est-ce pas ’". Voilà un discours optimiste qui me redonne le moral ! Si il le fait, c’est que
c’est humainement faisable. En fait la première moitié que j’ai reconnu comporte les parties les
plus délicates à passer. Mon deuxième run me le confirme, le reste de la piste est plus "roulant"
mais ponctué de grosses bosses bien taillées pour le décollage où il est très difficile, voir
quasiment impossible, de ne pas décoller. Elles sont faites pour transformer très efficacement la
vitesse horizontale en vitesse verticale. C’est redoutable quand on court après un chrono mais
c’est aussi vraiment impressionnant quand on n’est pas habitué. Je commence à repérer les passages
que je vais devoir passer avec prudence. Je termine mon run. J’arrive en bas de la piste pour la
première fois. Je suis content. J’y suis arrivé ! Je suis content. Aujourd’hui c’est
l’entraînement, il est possible de se faire plaisir sans limite. On verra si je fais la course
demain ou pas’

Je ferais 4 ou 5 descentes je suis rapidement très éprouvé. Je sens que j’ai du mal à tenir
l’effort jusqu’au bout. Cela est assez embettant car la partie basse contient les passages les plus
rapides de la piste. C’est donc là que les chutes font le plus mal. En y réfléchissant, je suis
assez étonné d’avoir si peu d’endurance alors que je suis habitué à faire des épreuves en XC qui
durent plusieurs heures. Décidément XC et DH, ça n’est pas le même monde. Le temps passe vite, je
n’aurai pas le temps de travailler tous les passages techniques comme je le voudrais. Pour
l’instant, j’ai l’impression de subir la piste plus que de la dominer. Je termine quand même la
journée sur un bon enchaînement. Je sens que je progresse, que je suis plus décontracté, plus
confiant, je commence à me faire plaisir. Quant aux autres concurrents, je ne vois que des types de
haut niveau. En les voyant passer les obstacles je réalise que ces gars-là sont de vrais
descendeurs et qu’ils ont une technique que je n’ai pas. Cela me fait un peu douter. Je ne pense
pas avoir d’autres possibilités que d’occuper les dernières places du classement demain.
Qu’importe, cela ne m’enlèvera pas le plaisir de participer.
Ma cession d’entraînement se termine vers 19h00 en même temps que l’arrivée
de la pluie. Demain je reviens. Je verrais bien si je participe.

Dimanche : La course

Le programme : 2 manches suivies d’une finale pour les 30 meilleurs temps. Pour le classement final
l’organisation prendra le meilleur temps sur tous les runs. Notez que la liste des 30 est extraite
des deux catégories mélangées. Les temps pendant lequel la piste ne sera pas utilisée pour la
course, elle sera disponible pour l’entraînement.

J’arrive à 8h30. Je veux m’entraîner un peu avant la course. Je ne me sens pas encore vraiment
capable de descendre cette piste avec le chrono qui tourne. J’ai du mal à mémoriser le tracé, et
l’enchaînement des difficultés. Je sens que j’ai besoin de rouler encore un peu. Pas de bol, je
chute dès le début et en repartant je réalise que mon dérailleur a tourné et la fourchette tordue.
La seule méthode efficace pour la redresser : Un caillou sur la fourchette et le multi-outil
(solide) comme marteau. 5 coups bien placé et le dérailleur revient dans une position plus que
correcte. En testant la transmission je constate un saut de chaîne à l’arrière. J’attrape le
dérailleur et tire un peu dessus : hop, c’est tout bon, ma patte a déjà été tordu, elle n’est plus
très rigide ! Ouf, je repars pour les recos mais je n’ai plus le temps de faire qu’un run.

Première manche

Il est 10h30. On part par ordre d’inscription.
Je découvre que je suis dans les premiers à m’être inscrit hier ! Je pars donc dans les 20
premiers. L’homme au départ m’appelle : "Numéro 56 s’il vous plait". Je m’aligne sur l’appareil de
départ. Depuis le matin je suis très stressé. J’ai une boule dans le ventre, "Départ dans trente
secondes". Je n’ai pas pu prendre de petit déjeuner et maintenant je m’élance sans avoir pu
étancher ma soif. Le tour et demi de reco que j’ai fait et la séance bricolage ont malheureusement
bien entamés mes réserves. C’est trop tard pour y remédier. On verra bien !

"Cinq", "Quatre", "Trois", "Deux", "U N". Ça y est, je suis parti pour ma première descente
officielle. Je ne pense qu’à une seule chose tout le long du parcours : "surtout ne tombe pas ! Tu
peux te lâcher un peu, mais surtout ne tombe pas !". J’enchaîne les difficultés, je fais attention
sur les sauts à ne pas atterrir trop sur l’avant. Je contrôle dans les passages rapides,
compression, saut, virages relevés, marches. Je file à bonne allure sur la ligne d’arrivée, je
relance, pour le chrono. Mince, je dois prendre à droite pour plonger dans le raidillon à gauche
M...., M...., M...., M..... ! ! ! ! Je suis debout sur les freins, ma roue arrière ne touche plus
terre, pas moyen de prendre la trace pour monter sur la bute presque verticale sur la droite. Je
réussi tout juste à monter avec ce qui me reste d’élan, je pose le pied par terre pour pouvoir
basculer de l’autre cote de l’arbre et passe à la ramasse le raidillon caillouteux (pas eu le temps
de clipser). Je franchis la ligne d’arrivée en tirant sur les manivelles comme si je ne savais pas
me servir d’un dérailleur. Pas terrible mon final, mais je suis plutôt satisfait de ma course. Dans
l’ensemble, vu de l’intérieur, c’était assez fluide et contrôlé, un vrai régal quoi ! Et surtout,
je termine la course ! Je suis content. Je l’ai fait. A partir de maintenant, peu importe, ce qui
arrive, j’ai fait un temps. Au fait j’ai « fait » combien’ Je me renseigne : 2min27. Mon temps me
classe dans les 40 premiers (sur 60). C’est beaucoup mieux que ce que j’attendais ! MOn compagnon
du jour, Pab, a encore mieux roulé, il se classe 38éme.

Apres cette manche, la piste est de nouveau libre pour les entraînements. Je pars illico
m’entraîner à passer cette arrivée puis je vais attaquer le déjeuner et de me reposer pour arriver
au mieux pour la deuxième manche. Le repas est simple : pâtes + gruyère + ketchup ! Ca tient au
corps et c’est reconstituant. Apres le repas, je manque de m’assoupir. Je me détends et
confortablement installé, je prends du bon temps avant la deuxième manche.

La deuxième manche.

Je me sens beaucoup mieux que le matin. On part par ordre inverse du temps effectué en première
manche. Je vois donc tous ceux qui ont mis plus de temps que moi à la première manche. Le mélange
est étonnant : Il y a un gros contraste entre ceux qui ont eu un problème (chute, casse mécanique’)
et ceux qui n’ont n’en ont pas eu ... Je me prépare assez rapidement car c’est bientôt mon tour. Je
me sens mieux, Je connais, et je saute de mieux en mieux. Go ! Je pars ! La descente se déroule
bien, je me sens en super forme. Je me fais plaisir, je ne pense presque plus à la chute. Je suis
concentré sur le pilotage, le pédalage, le freinage, l’appel pour sauter, tirer sur le guidon pour
passer les marches’ Tout se passe bien et je passe la ligne d’arrivée épuisé mais entier. Là, c’est
sûr, j’ai fais mieux. Et effectivement, j’améliore mon temps de 4 secondes. On ne traîne pas trop à
l’arrivée pour aller admirer les semi-pros qui passent maintenant. C’est incroyable de les voir
passer sur les mêmes difficultés que nous et de les voir décoller autant. Cela donne envie
d’apprendre à faire pareil. La manche se termine, on attend les résultats.

La finale.

J’ai fait 42 sur 60 et je ne suis donc pas qualifié pour la finale. Cela tombe bien car je suis à
bout de force. C’est incroyable l’énergie qu’on peut dépenser en si peu de temps. Je me sens autant
fatigué qu’après une grande sortie VTT de 2-3h. Mais là, j’ai passé beaucoup moins de temps sur mon
vélo. Si j’ai fais 8 descentes c’est un maximum : 8x3min= 24 min d’effort pour la journée et je suis
vidé ! La DH c’est un autre monde !

Conclusion.

Ce week-end m’a comblé. L’organisation était extrêmement sympathique et conviviale, comme les
belges savent si bien l’être. J’étais très content de pouvoir profiter de l’expérience de mon ami
Pab, d’avoir la chance de participer à une telle épreuve et de m’être autant fait plaisir. Quel
régal de changer un peu de pratique et découvrir de nouvelles sensations. Et aussi quelle plaisir
de voir le top 10 faire le spectacle. C’était un week-end où j’ai pu être à la fois acteur et
spectateur. Le rêve !


Reportage : Nicolas ’Guido’ Verdier Réagir à cet article, encourager Guido : Redaction@vtt.org



Auteur - Nicolas ’Guido’ Verdier




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