Accueil > Magazine > Compte-rendus

  Les Orages


(1er/09/1999)

<REP|SITE/1999/orage>

En cette période de froids hivernaux qui laissent la campagne enneigée et verglacée,
il nous arrive de penser aux beaux jours et à la douceur de la fin de l’été en
soupirant devant les croûtes de boues collées aux crampons de notre bike. Mais nous
oublions parfois que cette période de l’année présente des risques particuliers
pour les activités de plein air et spécialement en montagne, notre domaine de jeux
favori à tous. En effet, en montagne, les variations de climats sont particulièrement
importantes, à la fois dans le temps et dans l’espace.

Le temps y change plus rapidement qu’en plaine et peut varier fortement en fonction du
relief, d’une vallée à l’autre. Les manifestations climatiques sont aussi plus violentes
et les risques encourus accentués par les nombreux pièges du relief. L’orage, qui en est
la manifestation la plus évidente et la plus dangereuse, constitue un élément que tout
VTTiste un peu conscient (il en existe !) devrait avoir à l’esprit lors de ses sorties.

L’orage peut être caractérisé par de nombreux phénomènes, allant du refroidissement aux éclairs, en passant par les averses, les coups de vents, le brouillard ou la grêle, et engendrant des risques plus ou moins importants. Le premier venant à l’esprit et le plus marquant est certainement la foudre, parce que mortel dans la plupart des cas. En effet, les chances de survie à un impact et à ses conséquences (brûlures, choc...) sont infimes. Il faut savoir qu’en France, il meurt entre 20 et 40 personnes foudroyées par an, dont les trois-quarts au mois d’Août. L’éclair peut frapper jusqu’à 20 kilomètres du cumulonimbus au sein duquel il naît. Il est attiré par toute surface conductrice et dépassant par rapport à son relief environnant. S’il frappe un gars sur un bike a 30KF alors qu’il venait de sortir une vanne bien lourde (par exemple = ;]), les premiers secours doivent être dispensés dans les 4 à 6 minutes : bouche à bouche si le sujet ne respire plus, massage cardiaque si son coeur est arrêté (et pas à coups de pieds dans les côtes...).

Il serait cependant bon de ne pas en arriver à de telles extrémités en adoptant
certains comportements à buts préventifs :

- redescendre autant que possible dans la vallée.

- éviter les endroits dégagés comme les sommets et crêtes.

- ne pas rester statique, mais toujours en mouvement (tant que la foudre ne menace pas
trop et que l’on est relativement abrité).

- éviter tout contact avec des objets conducteurs (arbres, eau ruisselante, vélos !).

- s’isoler du sol, notamment en s’asseyant sur son sac et adopter la position de l’oeuf.

- choisir avec soins ses abris : forêt dense, grotte ou surplomb de taille suffisante.

- maximiser la surface potentielle de contact (sous la pluie, avec un poncho par exemple).

Le problème du choix d’un abris est difficile : si l’on sait tous qu’il faut éviter
d’être sous un arbre isolé, on sait moins que le problème est en fait d’éviter d’une
part le foudroiement direct mais aussi d’éviter d’être sur le chemin de propagation de
l’éclair. Ainsi mieux vaut être accroupi relativement proche d’un arbre (avec toutefois
une distance de sécurité d’au moins 1m50) qu’un peu plus éloigné et susceptible de
recevoir l’impact à sa place. On peut donc se considérer (relativement) protéger dans
une zone plus basse qu’un élément proéminent, assez proche pour être " masqué
" par celui-ci, mais toutefois sans risque de propagation de l’éclair depuis cet
élément (rocher, grotte, surplomb, arbre...).

Cependant, les dangers liés à la foudre ne sont pas les seuls. En effet, l’orage
s’accompagne souvent de rafales de vents, de brouillard, d’averses violentes ou de grele.
Le premier des riques est celui lié à l’importante diminution de visibilité. Elle
aggrave les dangers due à une mauvaise orientation dans un milieu au relief difficile. De
meme, les coups de vents ou la pluie peuvent rendre périlleux un passage un peu expose
qui n’aurait pas pose probleme par temps calme. Il est donc prudent de prendre certaines
précautions, en fait applicables lors de toute randonnée :

- avoir un velo impeccable et du matériel de réparation,

- disposer de matériel d’orientation (carte au minimum, voire boussole et altimètre),

- suffisamment préparer son étape : en connaitre l’itinéraire, les points de repère,
ainsi que les difficultés et les échappatoires possibles,

- avoir conscience de ses propres limites (physiques et psychologiques) et de celles de
ses compagnons et savoir renoncer,

- emporter des vetements chauds ainsi que de la nourriture, de la boisson, mais aussi une
lampe au cas ou,

- prévenir parents ou amis à la fois de l’itinéraire et des horaires prévus,

- et enfin consulter la météo,

Quand vous partez en randonnée en montagne avec des potes, pensez donc à toutes ces
"petites" précautions qui évitent de se retrouver un jour, pneu crevé,
épuisé, en t-shirt, perdu à la nuit tombante, copains morts de trouille, sur une crête
en plein brouillard avec les éclairs qui crépitent autour...


08.36.68.02.xx prévisions départementales (avec xx numéro de département)
08.36.68.04.04 météo montagne à 5 jours
3615 meteo
3617 meteorage

Thomas Lissajoux





Auteur - Thomas Lissajoux




Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013