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  24h en équipe


(4/09/1999)

<REP|SITE/1999/24h>


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Une course de 24 h par équipe ne s’improvise pas sous peine de renier à jamais son
vtt, ses équipiers, les petits oiseaux et les petites fleurs.

Ce type de course se déroule sur un circuit avec une ligne de stand où chaque équipe
peut se relayer. Selon les réglements, les équipes peuvent être constituées de 3 à 4
personnes.

L’auteur vous fait part ici de son expérience personnelle (TABANA VTT en septembre 97
à Chevannes dans l’Essonne) et des conseils collectés auprès des autres équipes car en
général dans ce genre de course, il existe une bonne ambiance, du fait que pendant les
phases de repos, on peut discuter avec les autres équipes.

On peut distinguer 4 domaines qui méritent une attention particulière pour ce type de
course : logistique, matériel, stratégie de course et entraînement préalable.

Logistique

Un maître mot : le confort.

Plus vous serez installé confortablement, plus vous vous reposerez et plus vous
décontracterez entre 2 relais.

Il faut bien sûr prévoir tout ce qui touche à l’hébergement (tente, table, chaise,
cuisine, couchage, etc...), mais aussi par exemple, des chaises longues, qui sont
parfaites pour bien se décontracter les jambes après son relais et des couvertures pour
ne pas prendre froid.

Prévoir de nombreux tshirt de rechange, se mettre au sec après un relais est très
agréable, on se sent comme neuf.

Pour la nuit, prévoir des vêtements chauds (cuissard long, collant, polaire), même
en été, les nuits peuvent être très fraîches.

Prévoir des cuissards de rechange pour mettre ses petites fesses au sec et la pommade
pour les fesses de bébé, ne riez pas, on y est tous passé, c’est au milieu de la nuit
froide et humide que les fesses commencent à gercer.

Prévoir les bananes pour le magnésium (anti-crampes).

Personnellement j’ai bouffé plein de bananes, mais j’ai eu quand même des crampes,
pendant mes phases de repos heureusement.

Matériel

Pour le matos en général, rien à dire, c’est comme pour une épreuve classique.

Néanmoins, si le terrain est très cassant, une suspension av soulagera bien les
avants bras (en moyenne, vous ferez 120 Km environ, en VTT ca commence à faire). Lors de
la TABANA, une portion du circuit traversait un champ de labour perpendiculairement aux
sillons sur environ 10 m, et bien tous ceux qui ont roulé en tout rigide ont vraiment
haïs cette portion et passaient au bout de quelques heures très lentement à cet
endroit. Les suspendus avaient bien sûr un net avantage.

Bon venons en au plus important évidemment : l’éclairage, car je l’ai peut être pas
dis mais c’est 24h d’affilé et alors là je le dis bien fort : IL FAUT ECLAIRER UN MAX.

La nuit, les écarts se resserrent et entre 2 niveaux identiques, celui qui éclaire le
mieux passe bien plus vite (quasiment aussi vite qu’en plein jour).

Je conseille donc, ou bien le gros phare de moto avec une batterie de moto (de
récupération, c’est moins cher) ; ou bien 2 phares type vélo, mais très puissant, gros
voltage, gros ampérage.

L’avantage avec 2 phares, c’est que tu peux régler un phare pour voir à 3-4m et
l’autre pour voir à15-20m (sur les sections rapides, il est important de voir de loin le
prochain virage).

En outre, je conseille aussi fortement l’éclairage sur le casque, une bonne frontale, c’est très pratique pour éclairer dans les virages serrés.

Pour la batterie, faire des essais de tenue en
durée auparavant (au moins 2 heures).
Si on utilise des piles, ne pas acheter des piles carrefour ou autres, c’est de la
"merde en tube" selon l’expression consacrée sur la liste, elles tiennent 15
mn, puis progressivement l’intensité baisse.
Personnellement, j’ai utilisé 2 lampes halogènes, sur lesquelles j’avais remplacé
l’ampoule par une plus puissante (il me semble que je suis passe de 0,4A à 0,6 A).

Un des tout bons de la course avait un éclairage assez médiocre, je me souviens que
de nuit je le suivais sans problème.

Enfin, prévoir le lubrifiant et le nettoyage de la chaine de temps en temps.

Encore un dernier point sur l’éclairage, il serait bon de faire une ou 2 randos de
nuit avant l’épreuve pour se rendre compte que même avec un bon éclairage, si tu
identifies bien les creux et les bosses perpendiculaires à ta trajectoire, un sillon
parallèle à ton eclairage et à ta trajectoire est difficile à percevoir (genre
ornière de tracteur) et le pneu Av a vite fait de riper. Donc choisir un bon pneu bien
directionnel, si le terrain est sec, je conseille le michelin wildgripper.

Strategie de course

Notre parcours était assez roulant, les meilleurs (des purs routiers, je sais c’est
navrant) tournaient en 10mn30 et nous de 11 à 14 mn (la nuit).

Les 10 premières équipes (des jeunes) avait une stratégie très simple, passage de
relais à chaque tour, donc 10mn d’effort, 30mn de repos. Attention, selon la topologie du
circuit , le passage par les stands peut rallonger ou raccourcir la distance (c’est un peu
comme en F1, l’arrêt au stand coûte un certain temps différent selon les circuits).
Normalement le passage de relais, matérialisé par un simple brassard nécessitait
l’arrêt complet selon le règlement, mais beaucoup d’équipes transmettaient le relais à
la volée sans s’arrêter donc gain de temps).
Certains avaient même des home-trainer et continuaient à mouliner tranquillement pendant
leur phase de repos pour rester chaud.

Nous, équipe de vétérans (160 ans à 4), perso j’ai 39 ans, nous avions choisi de
faire 3 ou 4 tours (soit 33 à 44 mn au mieux), voir plus si on se sentait bien. La
principale raison est qu’à notre age, on se met en action plus lentement, on faisait donc
nos 3 ou 4 tours de course, on moulinait encore 15 mn sur le vélo après avoir passé le
relais et on s’echauffait 15 mn avant notre relais.

Pendant nos phases de repos, on effectuait aussi beaucoup d’étirement.

Cette stratégie nous a fait perdre des places au début, mais dès la nuit tombée,
nous avons repris régulièrement des places. D’autant que la nuit, quand chaque
coéquipier fait 4 ou 5 tours, les autres peuvent dormir avec des cycles de sommeil d’au
moins 1h30 (c’est quand même important le sommeil).

Néanmoins pour jouer la gagne, je pense qu’il faut changer à tour et avoir quelques
années de moins, pour ce dernier point je n’ai pas de recette, mais tout est dans la
tête.

Sinon, un plus réside dans une cinquième personne qui fasse office d’homme (ou de
femme) à tout faire (en tout bien tout honneur) : coach, bouffe, chronométrage,
entretien du matos, cadencement des relais la nuit, massage, etc.

Enfin, prévoir toujours un équipier prêt à partir en cas de panne de matos
(notamment éclairage la nuit, une gamelle est si vite arrivée).

Entraînement préalable

J’aurais pu commencer par développer ce thème afin que vous ne perdiez pas de temps
pour votre préparation, mais bon ce n’est pas 5 mn de lecture qui vont vous faire perdre
votre future course.

Je ne suis pas un pro de la préparation physique, aussi je me contenterai de rappeler
quelques règles essentielles et du bon sens :

Prendre beaucoup de sucres lents une semaine avant l’épreuve, le but n’est pas de
prendre du poids, mais de refaire ses réserves en glycogène.

Travailler énormément l’endurance pendant les 2 mois précédents, par exemple
s’habituer à rouler 6 heures sur 24 heures.

Moi pour des raisons de disponibilité, je faisais 3 heures le samedi après-midi et 3
heures le dimanche matin.

Encore une fois, ce type d’épreuve est très dure, on en sort pas indemne, mes
équipiers ont mis 1 semaine à s’en remettre vraiment, moi j’ai mis environ 2 jours à
récupérer, là je dois dire que j’ai un peu culpabilisé, me serais-je pas donné a fond
 ?

Bon courage à tous ceux qui se lanceront, j’espère pour eux qu’il ne pleuvra pas lors
de l’épreuve, parce qu’en pleine nuit sous la pluie froide, on ne pense qu’à une chose :
abandonner pour retrouver son lit au chaud et au sec (et éventuellement sa compagne).

Christophe Billot





Auteur - Christophe Billot




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