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  Ma Mégagalère


(1er/12/1999)

<REP|SITE/1999/Megavalanche>Etant en voyage de noce sur l’île de la Réunion au moment où se déroulait la mégavalanche, je ne pouvais pas faire sans y participer. J’avoue avoir reculé quelque peu la date de départ, mais c’est un détail… Préparatifs : Je découvre un site sur internet et je me renseigne pour une location de TS. Une infidélité a mon TR que je vais payer…

Olivier, c’est le loueur, me propose un TREKKING FOX , 12 cm de débattement avec une White Brother 118 DH de 11cm, équipé principalement XT. On ne peut pas rester insensible a une telle proposition. Jeudi 11 Novembre : Je décide de me rendre sur place pour voir la bête. Pas de bol, Olivier est absent. Je dis à son père que je passerais prendre le bike samedi midi pour pouvoir faire une reco dans l’après-midi.

Samedi 13 Novembre : je passe en fin de matinée, mais olivier n’est pas là. Le vélo non plus. Ses parents ne savent pas vraiment où il est. Je me dis que je le trouverais peut être sur le lieu de départ ou d’arrivée. Sur l’aire d’arrivée, je vois quelques gus dont un avec un DBR. Il y a justement un listard réunionnais qui avait un problème de garantie avec son DBR. Je l’interroge et Bingo, c’est lui. On discute un peu et pas d’olivier à l’horizon. On se rend au point de départ pour repérer la route. Presque deux heures de route de montagne et piste forestière en partant de notre gîte. Je n’ai plus d’espoir de trouver mon bonhomme et je suis toujours sans VTT. Je ne pourrais le contacter qu’en soirée, vers 10h30 au téléphone, et il m’annonce une bien mauvaise nouvelle. " Je n’ai plus le VTT que je t’avais promis, on me l’a volé. Je n’ai qu’un Peugeot EXO a te prêter ".

Je devient blême et lui dis :

tu n’as rien d’autres que cette " chose " ?

Non, je n’ai que ça.

Je vous fait grâce des explications et on se fixe un rendez-vous pour le lendemain matin à 6 h 30. Dimanche 14 Novembre : 6 h 30 : j’attends mon loueur qui tarde à venir. 7 h : je commence a m’énerver et à l’injurier de tous les noms. 7 h 15 : je me dis qu’il est trop tard, il ne viendras plus. Je jette un œil sur la carte et je me rend compte qu’il y a une autre route un peu plus loin. Je fais un saut et je vois un attroupement. Je m’étais arrêté 700 m trop tôt. Je récupère le VTT et le casque, pas d’attache rapide à l’arrière et je n’ai pas de porte-vélos. Je lui demande comment je fais si je crève, il me dit " pas de problème je t’ai mis les clés dans la sacoche ". Par miracle, il rentre du premier coup dans la corsa. C’est au centimètre près. Il est 7 h 25 et je doit être sur le lieu de départ a 8 h 30 pour un départ à 9 h. Je n’y crois pas trop. Je m’offre une séance grandeur nature de V-Rallye et 1 h 10 après je suis sur les lieux, hyper excité. Le temps de m’habiller, je rejoins la ligne de départ 5 minutes avant. J’essaye de me calmer en enfilant gants et casque et je fait l’état des lieux du bike :

Peugeot EXO, 18 vitesses, dérailleur Shim SIS, Grip shift, Freins impossible à régler et sans aucun mordant. Je constate que le cadre est ridiculement petit, mes genoux tapent dans le cintre, qui d’ailleurs n’est pas aligné. Je comprends pourquoi il est rentré si facilement dans la voiture. Je me dis que je suis bientôt mort et j’ai soudain une pensée pour le bike de
mon ami Pierrot, qui me redonne le moral.

La course est lancée, à 2080m d’altitude, et c’est un nuage de fumée qui s’élève au dessus de la piste. Une piste poussiéreuse parsemée de cailloux et de pierres qui volent dans tous les sens. Rapidement, la poussière est telle qu’on ne voit que le vététiste juste devant. Tous les autres sont dans un épais brouillard. J’arrive a me faufiler et à doubler quelques places quand ma chaîne déraille et se bloque après des sauts de chaînes intempestifs. Malheureusement, ce sera le premier d’une longue série.

Après à peine 1 kilomètre de course, sur une petite bosse, la selle bascule en arrière. J’essaye de la redresser tout en roulant mais en vain. Je décide de m’arrêter plus loin car la piste permet les dépassements et j’essaye d’en profiter. Ca ne durera pas, la chaîne saute à chaque tour de pédales et se coince à nouveau. Je redresse la selle mais elle retombera 20 mètres après. J’ai compris, je vais devoir faire sans. Je rattrape quelques places perdues mais à la longue, à rester en danseuse, je me met dans le rouge et j’ai du mal à récupérer. On attaque la partie en sous-bois, magnifique ! C’est un singletrack sinueux avec des trous bien creusés, des virages qui s’enchaînent, des souches et racines à éviter, le tout sur un terrain rendu très gras par la pluie de la veille. Un chemin qui permet les dépassements pour les audacieux, mais qui ne permet pas la moindre faute. Le bouchon est inévitable et la progression se fait presque au pas. Je tente quelques relances et dépassements mais l’effort demandé est important et je le paye comptant
juste après par des chutes. En fait, c’est un vrai festival de gamelles. Devant je vois des bikers s’exploser dans tous les sens. Et je ne serais pas en reste. Le terrain est tellement gras que même à terre il est difficile de se relever. Et il faut se battre pour récupérer le vélo. Après ce carnage et un embouteillage certain qui gâche un peu le plaisir, on débouche sur une partie plus roulante et là, après un nième saut de chaîne, ou je manquais à chaque fois de me cogner le genou sur le cintre, elle casse net. Vu la manière donc les vitesses passaient et les sauts de chaîne, je ne m’arrête même pas pour la ramasser et je continue sans. Nous devions être à la mi-course à peu près. De toute façon, je n’avais plus d’outils. Je file donc sur ces chemins bien large et roulant, ou l’on doit prendre un certain plaisir à relancer comme un ouf jusqu’à l’épingle suivante. En ce qui me concerne je replonge dans mon enfance et me met à trottiner du mieux que je peux, et à freiner le moins possible dans les courbes. Vu la puissance des freins ca ne me pose pas trop de problème et je me tiens même prêt a glisser mon pied entre le pneu arrière et le tube vertical en cas d’urgence. Deux petites montées que je ferais en marchant et en courant me permettent de gagner quelques places perdues. Ensuite, c’est la descente entre les champs de canne à sucre jusqu’à Saint-Leu. Je fais un dernier effort à relancer après chaque virage. J’arrive même a faire quelques extérieurs à ceux qui viennent de me doubler dans la relance. Il faut dire que j’ai fière allure sur mon destrier, en position de recherche de vitesse, la selle pointée vers le ciel. L’avantage c’est que j’ai eu le temps d’apprécier le paysage vraiment magnifique. Les spectateurs commencent à être nombreux sur le bord de la piste et à mon passage succède un éclat de rire qui me poursuivra jusqu’à l’arrivée. Je termine par un sprint dans le sable pour doubler un concurrent victime lui aussi d’un bris de chaîne. A l’arrivée, le ravito c’est de l’eau. Pour 200 balles, c’est se foutre du monde. Heureusement, Tom2 (qui s’est dégonflé tout comme manu lui aussi dans les parages) et véro sont là avec leur trousse à pharmacie qui me sera bien utile pour soulager des ampoules sur les mains. Après un petit décrassage dans l’océan, je rends le ½ vélo à son propriétaire. Pas sérieux pour ses locations mais honnête, il ne me fait pas payer (ça c’est normal) et me rembourse l’inscription.

Bref, pour une location à la réunion, allez voir ailleurs…
C’est une course magnifique, mais il ne faut pas croire que c’est plus facile qu’une course de XC. La descente marathon suppose d’être à bloc tout le temps et il vaut mieux être bien entraîné. C’est sans aucun doute le type d’épreuve que je préfère. Mais il est important d’avoir un VTT sur lequel on puisse compter…on ne m’y reprendra pas 2 fois !



Auteur - Frank Plouvier




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