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  LAPIERRE XRIDE LT


(19/01/2004)

<REP|SITE/2004/xride>

Le Lapierre Xride LT 425

Courant juillet nous vous parlions de la bonne surprise que nous avions
eue sur le Mondial du VTT à Châtel en découvrant le Xride, le nouvel enduro à la sauce Lapierre. Il
fallait aller plus loin et voir ce que ce spad avait dans le ventre. Durant plusieurs semaines
VTTnet a pût passer le Xride à la question, histoire de confirmer les impressions que nous avions
eues dans les Alpes.

Lorsque Lapierre a présenté le Xcontrol celui-ci a fait figure d’épouvantail ou pour le moins
suscité la curiosité. Quelques années plus tard le Xcontrol est un vrai succès commercial. Le
secret ? Le point de pivot virtuel, une cinématique particulière de la suspension arrière,
intégrant une rotation d’une partie du bras oscillant autour d’une plaque de carbone. Le résultat
est une suspension pratiquement insensible aux effets de pompage. Décliné sous de nombreuses formes
en Xc ce vtt a eu aussi une version enduro. Mais ce modèle restait un dérivé d’un vélo de Xc et
limité dans ses prétentions à taquiner la pente et le terrain très technique.

Alors pour 2004 Lapierre a revu entièrement sa copie et créé un vélo reprenant le principe du pivot
virtuel mais dont le cadre est tout d’abord pensé pour une pratique freeride et enduro, offrant un
débattement plus important. Ainsi est né le Xride, un vélo qui se décline en 2004 en 2 niveaux de
finition, LTX et LT, les 2 vélos se distinguant par un équipement différent. C’est le modèle LT que
nous avons pu tester.

Les conditions du test

Le Xride LT est donné par Lapierre comme un enduro. Ce qui veut dire qu’avec un tel vélo on peut se
permettre de jouer au freerider et aller allumer dans la pente, sans pour autant que la montée
d’approche n’eut été un calvaire. Avec un tel vélo il faut aussi pouvoir arsouiller avec ses potes
lors des randos dominicales et le mettre dans ses bagages pour les vacances à la montagne. Bref un
enduro doit répondre présent dans tous les compartiments du jeu.

Afin de mettre ce vtt dans toutes les situations possibles nous avons sélectionné des terrains de
test différents présentant des reliefs les plus divers.

Ainsi le Lapierre a t’il usé ses crampons sur les sentiers du Lac de Paladru, un site FFC proche de
Grenoble, présentant un relief moyen mais parfois abrupt. Sur un sol qui peut être très cassant,
les chemins présentent de belles grimpettes, parfois longues et des descentes bien raides. Entre
les deux, de beaux singles dans lesquels ils faut relancer souvent et propices à l’arsouille. Pour
corser cette partie du test, la neige était là pour éprouver un peu plus le matériel.

Puis nous avons testé le vélo dans un terrain plus calme, afin de vérifier sa polyvalence. C’est
dans le Nord Dauphiné que nous avons roulé, dans un paysage de collines et de bois. Les grimpettes
et les descentes qui les accompagnent sont souvent courtes (100aine de D+ environ) mais elles se
succèdent et sont parfois techniques.

Enfin nous avons emmené le Xride en montagne, dans le massif de la Chartreuse. Singles rapides,
terrains techniques, montées, passages trialisants, marches, escaliers de rondins, épingles...Un
terrain de rêve à la hauteur du programme du spad.

Coté testeurs nous avons aussi joué la diversité, afin de voir si le vélo parvenait à convaincre
des pratiquants très différents. Ainsi le Xride est-il passé entre les mains de 4 testeurs aux
profils très variés :

Aldo Pellegrini - C’est le randonneur de la bande. Il est arrivé
au vtt sur le tard, arrivant du rugby. Il a la même fougue au guidon de son Lapierre Technic Light
que dans une mêlée et il en remontre facilement à des "tout-mous" dans les descentes. Sa pratique
très rando sportive s’oriente vers l’enduro, et il envisage l’achat d’un Scott Gzéro Fx10
d’occasion.

Olivier Dasse - Vététiste d’expérience au profil de crosseur,
Olivier serait à classer dans la catégorie des marathoniens. Son truc à lui c’est les longues
sorties, avec du dénivelé et du technique. Ce Grenoblois aime à s’aligner sur des raids type
Valence- Gap aux commandes de son Gzéro équipé maison. Idéal pour vérifier les capacités du
Lapierre en terme d’endurance.

Frédéric Hardouin - Sa religion c’est la pente. De préférence à
fond. Adepte des pistes permanentes de DH l’été et des parcours freeride, il ne dédaigne cependant
pas randonner dés qu’il est loin des pentes alpines. Il partage son temps entre un Orange Patriot
pour faire monter l’adrénaline et un Cannondale F800 pour les terrains plus sages.

Emmanuel Darlix - Entre lui et la montagne c’est tout une
histoire. L’hiver sur des skis il ressort son Marin dés la neige fondue. Il tutoie le moindre
single du Vercors, de Belledonne ou de la Chartreuse, au pied de laquelle il habite. Longues
montées d’approche, portages, chemins techniques en épingles, descentes "impossibles", il aime
tout. Son credo ? Le beau geste plus que la vitesse, passer partout sans jamais poser le pied.

Le Lapierre Xride LT sur le grill

En statique : Tubes oversize, peinture bicolore mate, tube supérieur slooping, potence courte,
cintre relevé. Au 1er coup d’ ?il l’engin a de l’allure et ne cache pas ce pourquoi il a été créé.
Afin de gagner en débattement l’amortisseur a été placé devant le tube de selle contrairement au
Xcontrol. Le résultat donne un spad au look plus équilibré et harmonieux, l’amortisseur
n’apparaissant pas comme une verrue. En plus ce n’est que meilleur pour le protéger des
projections.

En y regardant de plus prêt on remarque que le Lapierre a les moyens de ses ambitions. Les soudures
sont de très bonne facture et les goussets de renforts sont placés là où il faut. Le jeu de
direction est intégré, et le puit de selle renforcé par une patte. Les ancrages de la plaque de
carbone sur le tube inférieur sont harmonieusement fixés sur le cadre. Une très belle pièce, mais
un vrai nid à m...... quand il faut nettoyer le spad. Le bras oscillant nous a parut costaud et de
la même qualité que le cadre, et il est équipé de roulements étanches.

Coté équipement rien que du très classique et de l’éprouvé. Les
composants sont à mettre au crédit de Ritchey. La potence courte et oversize rappelle la très belle
WCS de la marque Américaine. Tige de selle, cintre relevé et bien maousse, grip, tout est
estampillé Ritchey. Pour le confort du pilote une selle Fizik Plateau rehaussée de rouge avec une
petite poignée pour faciliter les opérations de poussage. Par contre si la selle dispose d’un
serrage rapide confortable à l’usage, le puits de selle coudé ne permet pas de la baisser
complètement, même si l’attitude reste suffisante en usage freeride. Il faudra jouer de la scie
pour l’adapter au pilote.

Pour la transmission on retrouve un panachage XT / LX avec le nouveau dérailleur arrière inversé.
Seul la K7 fait exception puis qu’elle est griffée Sram.

Le freinage lui est signé Formula avec des B4 Pro. On note tout de suite que la marque Dijonnaise
n’est pas tombée dans la facilité comme souvent les constructeurs, en particulier sur le 1er modèle
d’une gamme. Ici on y a mis des disques aptes à la pratique de l’enduro et avec 185mm à l’avant et
160mm à l’arrière on peu prétendre mettre la pression aux copains dans les singles.

Les roues sont les nouvelles Mavic Crossland chaussées du Hutchinson
Spyder UST. Elles nous ont moyennement convaincu, même si nous n’avons pas de gros reproches à leur
faire car elles ont tenu à tous nos assauts. Ces roues sont un produit hybride conçu pour être
utilisées avec des disques ou des Vbrakes. Mais surtout durant notre test elles ont montré un
manque de tenue à la pression, il nous fallait regonfler le vélo à chaque sortie de manière
importante. Interrogé à ce sujet, Lapierre nous a affirmé que le problème avait été résolu par le
fabriquant.

Point crucial pour un spad d’enduro la suspension. A la proue une Marzocchi Bomber Pro Eta
affichant 120mm. Cette fourche ne dispose que du minimum syndical coté réglage, mais elle est
équipée du système de blocage en position basse. Bien vu pour les longues montées bien raides,
surtout avec la géométrie du cadre. A l’arrière on retrouve donc le système de suspension propre à
Lapierre qui demande un amortisseur maison spécifique au vélo. Celui-ci est ajustable en
compression et une petite mollette assure le réglage du rebond. Le débattement est variable sur 3
positions, 110, 125 et 140mm. Il suffit d’une simple clef Allen pour modifier le débattement assez
facilement sans jouer au mécano pendant des heures. Bien vu là encore.

En définitive au premier examen ce vtt pète la santé et on sent là une machine qui a été créée et
développée avec soin. On a qu’une seule envie : faire parler la poudre !

Messieurs, à cheval !!

Avant d’envoyer la purée une petite formalité : le réglage de la suspension. Tout comme le Xcontrol
il faut régler la pression dans l’amortisseur pour que la suspension reste insensible aux effets de
pompage. Sur notre modèle d’essai, un vélo de

présérie, nous avons du faire ce réglage au sag, mais sur les modèles de série il suffit comme sur
les Xcontrol de mettre en correspondance une petite flèche avec un repère.

Une fois en selle nos testeurs ont tous très vite trouvés leur position. On se sent bien sur ce
vélo que l’on soit crosseur ou enduriste. Seul les petits gabarits retoucheront éventuellement le
cintre qui est assez large. Rien de grave donc, on est comme à la maison.

L’un de nos testeurs qui avait pu rouler avec le xcontrol trail, le modèle enduro en 2003, a été
bluffé par les progrès apportés par ce nouveau cadre. Le vélo est très équilibré, stable en
descente et il reste assez nerveux pour un tout suspendu. Le sloping autorise toutes les
audaces car on peut largement se mouvoir autour du vélo. Lors de notre
trip dans le massif de la Chartreuse, le Xride s’est montré aussi bon dans les successions
d’épingles que dans des passages de marches en rondin. Le testeur du jour, habitué du lieu a même
avoué être passé là où d’habitude il cale avec sa propre monture.

Le cadre est parfois pris en défaut par le manque de rigidité de la fourche lorsque l’on va vite
sur terrains cassants. Celle-ci avait un rebond un peu lent. Sans gâcher le comportement général ni
nuire à la qualité de l’ensemble, la Marzocchi a parfois montré qu’elle était un peu à la peine et
en retrait par rapport à la suspension arrière. Rien de grave toutefois, car il faut vraiment
mettre les gaz pour sentir la limite de la proue qui reste très précise dans la plupart des
situations. En relance ou en danseuse elle contraste avec l’arrière, en pompant beaucoup. Il faut
alors sagement rester assis sur la selle et tout va mieux, y compris lors des montées négociées à
bloc au jus de mollet. Par contre le blocage en position basse est un vrai plus en montée, d’autant
que la suspension reste assez efficace pour assurer du confort. Car c’est là son point fort : outre
un excellent amorti sur tous les chocs et en réception, la Marzocchi joue la carte du confort.
Idéal pour les longues sorties.

La suspension arrière, elle, est le point fort de ce vélo, ce qui en fait
toute l’originalité. Elle joue la carte pullman dés les 1ers graviers jusqu’aux derniers rochers.
Quel que soit le terrain c’est total bonheur pour le pilote, qui est bien protégé par une
suspension sensible et onctueuse. Bien réglée, elle est réellement très peu soumise à l’effet de
pompage, que ce soit en pédalage en puissance dans une montée régulière ou en relance en danseuse.
Lorsqu’il s’agit d’envoyer dans les singles nos testeurs reconnaissent que le vélo est nerveux. En
réception, l’amortissement est exceptionnel et même réglé à 125mm on a l’impression d’en avoir
plus. A tel point que même en terrain très cassant nous n’avons jamais éprouvé le besoin de passer
à 140mm. Seul petit bémol, sur des montées très cassantes la roue arrière est parfois ’floue’ et
donne au vélo des réactions de semi-rigide. Mais c’est presque anecdotique et le train arrière de
ce vélo reste de la très belle ouvrage. Cette suspension a réellement fait l’unanimité et marque
totalement de son empreinte le vélo qui en tire tout son caractère. Une vraie réussite à notre
sens.

Enfin pour arrêter l’ensemble, les freins Formula ont démontré leur puissance mais ne sont pas
toujours très progressifs. Un bon point : le diamètre respectable des disques, surtout pour un
enduro, ce qui est idéal pour les longues descentes en montagne.

Alors docteur ?

Au sortir de cette série d’essais le Lapierre Xride LT a convaincu nos essayeurs. Ce vélo est très
homogène, et offre un bon compromis entre maniabilité et stabilité. Très
confortable, il est facilement accessible et très sécurisant, et il ne dédaigne pas envoyer la
sauce dans les passages roulants. Point fort la suspension arrière qui offre un vrai confort, un
excellent amortissement et du rendement en montée. Le système anti-pompage associé à un poids
raisonnable, permet d’aborder les longues montées avec sérénité. Et lorsque la pente s’inverse là
encore la suspension est particulièrement à l’honneur car elle permet de se lâcher et d’envoyer
dans les passages cassants et dans les sauts de marches. Tout cela est au passage très bien servi
par les pneus que nous avons trouvés accrocheurs et précis. On se sent en sécurité au guidon de ce
spad et seule la fourche vient parfois rappeler un peu à l’ordre.

En définitive le Xride nous est apparu comme une bonne interprétation d’un vtt d’enduro. Doté d’un
équipement de bonne facture, l’association du système anti-pompage et d’un cadre rigide donne un
vtt équilibré qui peut jouer la carte de la polyvalence. Plutôt bien équipé avec des composants
fiables, il affiche un poids raisonnable. Il acceptera les longues randos en plaine comme les longs
trails en montagne, et si tant est que le futur démontre que la fiabilité du cadre est à la hauteur
de sa qualité de fabrication, ce vtt devrait avoir un bel avenir, comme son cousin le Xcontrol.

En résumé

Pour qui ? Pour tous ceux qui recherchent un vtt enduro polyvalent, pas trop lourd, offrant
rigidité, débattement et freinage et correctement équipé.

On aime : Le confort, l’efficacité et le rendement de la suspension arrière. La
facilité de réglage de la suspension. Comportement général. Polyvalence.

On aime moins :

La tige de selle qui ne peut pas se baisser complètement.

Le dérailleur inversé. La difficulté de nettoyage du bras oscillant. Les grips un peu "toc"

Fiche technique

Cadre alu 7005 multibutted Amortisseur : Lapierre Fourche : Marzocchi MX PRO ETA 120mm
Roues : Mavic Cross Land Tubeless Tige de selle : Ritchey comp V2 Selle : Fizik Plateau Jeu de
direction : Ritchey Zero Logic Int Potence : Ritchey Widemouth SC Cintre : Ritchey Rizer Comp OS
Pédalier : Shimano LX Cassette : Sram PG970 Dérailleur av. : Shimano LX Dérailleur ar. : Shimano
XT Freins : Formula B4 Pro

Débattement à la roue arrière : 110, 125, 140mm. Poids : 13,2Kg

Tailles : 41, 46, 50.

Prix : 2300 Euro Et aussi : Lapierre Xride LTX 435 (2900 Eur) ou cadre nu LTX 435 (1200
Eur)

Quelques Liens

- Le site du constructeur
- Le Xride sur le site officiel


VTTnet - Janvier 2004 Photos : Aldo, Man’, AL, Lapierre Questions, réactions : redaction@vtt.org







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