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  Le DHnet 2003


(2/02/2004)

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Et au début était la DH Rencontre...Quelques allumés qui, pour passer du virtuel du dialogue sur
Internet, au réel du ’ride’ sur une piste de DH, se sont donnés rendez-vous à Morzine pour une
cession ’no prise de tête’.

Il faut croire que l’idée était bonne. En 2000 la formule de la DH Rencontre prenait la forme d’un
séjour complet de 2 jours, le DHnet. Toujours à Morzine. Et toujours avec la même idée : pratiquer
et découvrir le VTT dans ce qui a été son berceau, la montagne.

En juillet 2003 une 20aine de passionnés se retrouvaient une fois encore à Morzine, pour la 4eme
édition du Dhnet. 3 jours pleins, pour découvrir et pratiquer le VTT ’autrement’, dans un des plus
beaux domaines vtt de France, le domaine des Portes du Soleil.

Welcome to Paradise

Morzine, les Gets, Châtel, les Portes du Soleil...Tout vététiste connaît ces noms, synonyme de
compétitions internationales de DH. Et puis il y a la Free Raid Classic et ses 4000 participants,
un rassemblement VTT qui a fait la célébrité de l’endroit et popularisé le vtt en montagne.

Mais ce lieu est bien mieux que cela. Le limiter à la Free Raid et aux pistes permanentes de
descentes c’est comme limiter le Valais Suisse aux vaches mauves !! C’est donc bien décidé à faire
découvrir la potentialité de l’endroit que les GO de cette édition avaient mitonné ces 3 jours. En
prime ils s’étaient attachés la complice connivence d’un allié de poids : le soleil. Après la boue
des années précédentes, cette édition s’écrira donc sous le signe de la poussière.

Alors le jeudi soir, à l’arrivée à notre gîte du Chalet de Combes c’est plutôt de la bonne humeur
qui règne. La montagne est belle et pleine de promesse. Demain ça va ch... !!!!!

Chapitre 1 : Bus, portage, hélico, rien ne nous arrête...

Vendredi matin. La 1ere difficulté de la journée est vaincue, nous sommes tous à l’heure pour la
1ere remontée mécanique. En avance même. Il est 9H et il fait déjà chaud. En haut il nous faut
prendre un bus. Faire tenir une quarantaine de bikers et leurs machines de guerre dans des cars est
un exercice qui demande de la finesse. En effet la 2eme remontée mécanique étant en construction le
sommet sera définitivement rejoint qu’à bord de ces engins.

Enfin au col de la Jou Verte le signal du départ est donné. Il nous faut atteindre le col de
Bassachau pied de la première difficulté du jour, en vtt puis via un télésiège. 750 mètres après le
start on compte déjà la 1ere crevaison. Il y en aura 4 sur les 3 km qui séparent le col du départ
du télésiège. Et toutes par pincement. Ca commence fort !

Du haut de la crête des Rochassons jusqu’au col de Bassachau la piste
offre vitesse et paysage. Une sublime vue sur le lac de Montriond. Enfin le col. De là il faut
quitter la piste pour monter sur un single.

Et oui, on a beau truffer l’endroit de remontées mécaniques il faut parfois monter en vélo, pour
aller chercher le single ’ultime’, la descente ’qui déchenille grave sa mêre’ et autres morceaux de
bravoure.

La progression sur la crête est hachée. Il faut être sur ses gardes dans
un single trialisant et offrant les 1eres boites de la journée (Hugo vs Aldo). Nous devons bientôt
nous rendre à l’évidence : il va falloir porter. Que celui qui a cru que Dhnet signifiait
trukatafioles fasse demi-tour ! Le portage sous un soleil qui plombe déjà pas mal étire le groupe
qui se retrouve à plus de 1800m d’altitude dominant une belle vallée où apparaissent de minuscules
chalets 300m plus bas.

C’est Rouelibre qui ouvre la voie de cette 1ere descente. Le single qui plonge là est piégeux à
souhait. Il faut rouler sur une bande de terre minuscule, ravinée de part et d’autre par l’eau.
Bientôt apparaissent les 1eres difficultés sous la forme de marches. Une petite pause dans un
alpage avant de repartir dans la pente, parmi les sapins. Les marches se disputent aux épingles,
dans une pente bien marquée. Les plus aguerris sont à la fête. Ceux qui découvrent
cet aspect du VTT prennent leur temps pour vaincre la pente sans poser trop
de pieds à terre. Au passage du ruisseau les visages sont concentrés. Il reste alors à franchir un
alpage sur un chemin à vaches très cassant avant d’arriver aux chalets de Lens. L’endroit est calme
et bucolique à souhait. Quelques chalets, une fontaine qui coule dans un arbre creusé, des enfants
qui courent. Pour un peu on s’inviterait tous à la terrasse de ce couple qui dresse la table
devant leur chalet, afin d’y boire une bière fraîche...Mais il nous faut remonter par une méchante
piste à 4x4 pour gagner la cote 1664, point de départ de la prochaine descente.

De là, atteindre Pré la Jou cela veut dire descendre 500m plus bas. Notre groupe suit sagement
un chemin large et propice à l’arsouille, lorsque celui-ci laisse la place
à une trace s’enfonçant dans la forêt. Une petite statue représentant la Vierge marque un
carrefour. Elle donne son nom à la descente qui va suivre et que nos GO désignent par le nom de
’descente de la Madone’. Elle mérite pleinement cette sanctification verbale, car l’endroit offre
un pur plaisir. Un single cassant, où pierres plates instables, et rochers émergeants se disputent
le lieu aux ornières et aux racines. La trace oscille dans la forêt, et les virages en épingles
sont compliqués de marches. Parfois la pente est très raide et il faut plonger dans celle-ci. Cet
étalage de difficultés rend le chemin technique, mais jamais impossible, et tout le monde se
retrouve en bas avec une banane qui en dit très long sur le plaisir qu’ils ont pris. La Madone est
coché comme 4 étoiles VTT dans notre carnet de route et il est grand temps de trouver de l’ombre
pour sortir nos paniers repas des sacs, tandis que Thor nous gratifie d’une de ses leçons de
mécanique, en réparant la roue de Manu à grand coup de barre de fer, sans l’abîmer de la moindre
manière. Après la réparation d’amortisseur à l’Opinel en 2002, notre Helvète nous fait le
dévoilement à la barre à mine !!

Canicule, canicule...Même en montagne on cherche l’ombre. Les casse-croûtes sortent des sacs, on
s’étend dans l’herbe, on commente. Plus bas des vététistes sautent des modules d’un skate park. Pab
s’en va essayer. Il est temps de repartir.

Un télésiège puis une piste à 4x4 qui monte et enfin nous retrouvons le
chemin, une trace large qui suit le flanc de la Tête du Lingat. Ce chemin qui mène à Châtel est
très connu des vététistes qui pratiquent la Free raid. Ludique à souhait, rapide il permet
d’arsouiller, mais présente des passages cassant et très aériens, et il faut être sur ses gardes.
On pourrait continuer comme cela jusqu’à Châtel mais nos guides s’arrêtent subitement. Un petit
panneau en bois indique "sous le Va". Un petit single plonge dans la pente, à peine visible. Ca
sent le technique !

Regroupement. On attend des retardataires. Une partie du groupe attaque la descente. Après la
traversée d’un bel alpage le single plonge dans une forêt. Les épingles succèdent aux virages.
Parfois le chemin plonge dans la pente. D’autres fois il suit le flanc de celle-ci et on voit le
casque de celui qui précède juste en dessous dans l’épingle suivante. Les arbres nous cachent le
paysage mais on sent nettement que la pente est raide. Visages concentrés, jurons, cris de
victoire...Chacun goutte au plaisir de ce chemin. Au regroupement en bas c’est encore une fois
festival de bananes.

Il manque du monde. Les portables sortent des sacs. En haut, au départ du chemin on annonce la
nouvelle. Lorenzo a fait une chute idiote au départ de la piste après le déjeuner. Sans gravité à
1ere vue sur le moment il présente des signes inquiétants : vertiges, troubles de la
mémoire...Impossible pour lui d’aller plus loin. Magicall lui a fait une mauvaise rencontre avec un
rocher et malgré sa protection il a une méchante entaille au genoux. Pour lui, après des 1ers soins
rapides sur place c’est la descente par un chemin plus calme accompagné par quelques-autres. Pour
Lorenzo il faudra au final venir le récupérer en hélico, la zone n’étant pas accessible par des
véhicules terrestre.

C’est un peu refroidi, que finalement tout le monde se regroupe en bas. Seul 3 participants sont
restés avec Lorenzo en attendant l’hélico. Tout le monde remonte sur la crête des Rochassons, et
après une rapide descente jusqu’aux Lindaret le groupe se scinde en 2 sur Avoriaz. Un groupe rentre
tranquillement par la crête de Zorre puis les Bois Venant, tandis que les plus costaux terminent la
journée par un dernier moment de bravoure, commençant par une arsouille dans les Alpages et se
terminant par un chemin équipé de chaînes pour assurer la montée des piétons ce qui en dit long sur
difficulté de l’endroit.

De retour au gîte tout le monde commente cette journée riche en images et
émotions. Thomas revient de l’hôpital avec des nouvelles rassurantes sur l’état de Lorenzo, tandis
que Magicall compte ses points de suture. Ces incidents, heureusement sans conséquences graves au
final, auront un peu terni ce premier jour. Mais ce premier chapitre aura toutefois permis de juger
du potentiel de l’endroit, riche en chemins techniques et en plaisir vététesque, et c’est avec
plaisir que nous goûtons à l’hospitalité de nos hôtes lors d’un sympathique apéritif pris sur la
terrasse au soleil couchant. La vie est belle et demain est un autre jour...

A suivre...

Prochain épisode : A donf’ !!!!




Auteur - RouelibrE




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