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  Chronique tout terrain n° 4


(1er/12/1999)

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Retour sur terre

Courant juillet, après une série de courses sur route, l’envie de revenir sur les chemins devenait chaque jour plus grande. A la fin du mois, j’ai donc rangé le vélo de route et ressorti le VTT. Premier constat : "Ouhaa, ca fait du bien !" Retrouver les pistes, la forêt, sauter, c’est ca la vraie vie.

J’ai tout repris depuis le début, j’ai fais de la technique de base pour essayer de passer plus de temps sur le vélo et moins a coté en le poussant, un peu de descente pour se forcer à rouler vite et propre et du foncier sous forme de fractionné pour tenir compte des efforts spécifiques au X-Country. Avec tout ca, on allait voir ce qu’on allait voir, les perfs devaient tomber et les coupes s’accumuler sur l’étagère (celle au-dessus de la cheminée, juste à coté de la tête de sanglier empaillée).

J’avais juste omis un petit détail : le surentraînement ! Ce truc la n’existe pas que dans les livres, ca tombe même sur les purs amateurs. Vacherie, va ! La recette miracle pour se ruiner la santé en deux temps trois mouvements : une grosse envie de rouler, une alimentation mal équilibrée (l’erreur consiste à prendre son temps d’entraînement sur le temps consacré à se nourrir) et des problèmes chroniques de récupération (les épreuves sur route sont longues, longues, longues...). Les symptômes : une capacité incroyable a chopper toutes les maladies qui passent dans un rayon de 5 bornes, une perte de poids importante (et non contrôlée), et un mauvais caractère chronique. Heu, ca non, je l’avais déjà avant...

On peut ajouter à ca quelques soucis perso (que mes fans se rassurent, réglés depuis) et le tout donne un gros coup de fatigue pour toute la fin de saison.

Grosse fatigue

"Eh, arrête de t’écouter et va rouler !" Ok, ok, c’est ce que j’ai fais, sauf que pour le GRC je suis resté sagement à la maison. Pour une première participation, je me voyais mal me traîner sur 130 bornes et puis il ne faut jamais désobéir à son toubib. Dommage, cette épreuve me faisait vraiment rêver, partie remise pour l’an prochain. Décidément, la saison VTT semblait mal parti !

Au programme il ne restait plus que la Forestière, le Sanglier et le Roc d’Azur. J’ai ajouté au dernier moment le grand parcours (100 bornes) de la rando du Trieves en VTT. Malgré un temps moyen et peu propice à la flânerie, je garderais en mémoire un parcours sympa et varié mais je n’ai pas trop apprécié l’ambiance "ni course - ni rando" voulue par les organisateurs. Pour l’année prochaine, assumer vos choix !

Pour les 3 autres courses, voyons un peu comment ca s’est passé.

Le bien...

La Forestière reste un modèle d’organisation et l’ambiance du petit matin à Lamoura est vraiment particulière. J’aime retrouver ce mélange de stress et d’excitation. Le parcours était la plupart du temps plus sec que l’an dernier et donc les descentes moins piégeuses. C’était tout bon pour moi ! A propos de descente, celle dite du facteur demeure le must de ce parcours, il y a des spectateurs de partout ! Evidemment, certains sont plus proches du vautour que de l’amateur de VTT (ils sont la pour les chutes et sont peu sensibles aux passages techniquement impeccables) mais l’ambiance y est très chaude. D’après le public, au hit parade du spectaculaire, les tandems sont au top.

Autre morceau de bravoure de la Forestière : la portion de circuit située entre le 65eme et le 75eme kilomètre. Une descente dans la forêt de pratiquement 10 bornes avec de superbes enfilades rapides entre les sapins. Trop bon !

On ne peut pas parler de haut-lieux du X-Country en France sans citer la montée après le col du Bougnon sur le grand parcours du roc d’Azur. Ce petit raidillon de 300m a 20% ne possède aucun charme particulier, il est cependant un incontournable du parcours. Beaucoup de monde la aussi, même si le plus souvent ce sont des passeurs de bidons. N’empêche, qu’à cet endroit, le public porte véritablement les coureurs. On a vraiment l’impression de grimper plus facilement. La encore : trop bon !

... et le mal

Coté moins bon, on peut signaler en vrac le manque de renouvellement du parcours de la Forestière et le coté "usine" et impersonnel de l’arrivée a Oyonnax. C’est pas vraiment cool de se voir refuser un second verre d’eau à l’arrivée "sinon il n’y aura rien pour les autres...".

Pas top cool non plus, les modifs de parcours du Roc 99. Au début, rien à dire, la suppression de la grosse bosse après le "ski nautique" était rendu plus ou moins indispensable par la dégradation de la descente qui menait au pont du Fournet. A cet endroit le nouveau tracé était pas mal. Par contre ensuite les modifs sont plus discutables. Apres la Gaillarde notamment, le chemin qui longe les propriétés est vraiment moyen et sans aucun charme. Mais le pire concerne la fin du parcours. Le passage sur les bords du n’apporte rien, bien au contraire, l’endroit est moche et sans aucun intérêt technique. Si l’objectif était de rallonger le parcours, il existe plein de variantes autour de Roquebrune nettement plus intéressantes !

Dans la série des "j’ai testé pour vous", j’ai pu cette année goûter à l’ambiance, au combien particulière, du départ du Roc au milieu de l’élite. En effet, mon numéro de dossard m’autorisait a partir en première vague (600 coureurs par vague, 6 vagues). La désorganisation qui régnait pendant la mise en place des grilles de départ a fait le reste. Je me suis glissé, "à l’insu du plein gré" des organisateurs, sur la première ligne "non pros" du départ. Bref, autour de moi que du beau monde. En terme de performances pas de doute, par contre coté fair-play, ils ont encore des progrès à faire les p’tits gars ! Grosse pression pour se placer sur la grille, manœuvres d’intimidations, agressivité mal contenue. Ca chauffe ! Au coup de canon, heureusement (?) c’est chacun pour soi et le peloton s’étire rapidement. Peu ou pas de problèmes de bouchon en tête de la première vague, seulement un passage à pied superflu dans la première cote. Pour les autres, derrière, il semble que ca a été légèrement moins fluide. J’en profite pour glisser un message perso aux organisateurs : pour l’année prochaine, vous pourriez penser à un ordre de départ tenant compte des résultats des années passées. Cela se fait sur d’autres épreuves et dans d’autres disciplines avec de bons résultats. Alors, pourquoi pas ?

Le Sanglier aime la boue

A une autre échelle, mais avec un bon millier de participants quand même : le Sanglier, épreuve mythique (ou en passe de le devenir) du Nord Isère. Au cœur d’une région oubliée des dieux (de l’urbanisation et de l’immobilier...), le petit village de Montseveroux, s’anime une fois par an, un dimanche de septembre et se rendors ensuite pour un an... Cette année, pour fêter cette 10eme édition, la météo locale avait décidé d’arroser copieusement l’événement. A tel point que les organisateurs ont même pendant un instant envisagé d’annuler l’épreuve. Eh oh, ca va pas, non ? Annuler pour un peu de boue ? Non, non, il suffit simplement d’adapter le matos. Un remplacement express des Pythons par des Alligators et hop le tour est joué. Finalement, ca passait très bien, c’était tellement mouillé que toute la boue qui s’accumulait sur le vélo se rinçait dans la flaque suivante. J’ai fais les 50 bornes vraiment à fond, c’était dur mais plutôt agréable de retrouver des sensations correctes.

Première fin de millénaire

Voilà, il est temps de refermer l’album souvenir de cette saison 99. Une question me taraude : suis-je compatible An 2000 ? Vais-je encore éprouver le même frisson sur la ligne départ ? Ou bien, le temps est-il venu de revendre tous les bikes, de mettre du bois dans la cheminée et se vautrer des jours durant devant TF1 ? Quel dilemme !

En fait, j’ai pas de cheminée, j’ai viré définitivement la télé il y a quelques mois (et clairement annoncé : "ce sera elle ou moi "), et j’ai jamais su vendre quoi que ce soit (déjà à 5 ans, je me faisais avoir en échangeant les images Panini avec les joueurs de l’ASSE en photo dessus).

Bref, j’ai pas le choix : je continue ! 2000 m’attends, ce sera pareil que cette année mais avec encore des trucs en plus. J’ai des idées et des projets plein la tète. J’aurais sûrement pas le temps de tout faire mais c’est pas grave, ce sera pour l’année d’après...



Auteur - JP Renaud




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