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  Mars : Divine surprise ...


(17/03/2004)

<REP|SITE/2004/crisingle>
Ce fut au départ comme une incongruité dans le milieu ambiant. Rien sur ce parking
de supermarché ne pouvait pourtant le capter, ni l’oreille, ni le regard. Dans la nuit tombante
de ce soir d’hiver un va et vient de phares, le bruit tout proche de la route nationale, le
claquement des chariots que l’on encastre dans le précédent pour récupérer sa pièce. Tout cela
formait un salmigondis sans intérêt pour l’esprit. Une course de dernière minute, un soir de
semaine. Une de ces courses dont on se passerait volontiers après une journée de travail.
L’esprit ailleurs, juste à penser à ce pain qui manque, à cette salade à acheter -pour faire avec
le reste de saumon fumé qu’elle avait dit au téléphone- et peut être s’arrêter au marchand de
journaux.

Et puis le subconscient se fait entendre. Lui a capté depuis bien longtemps. Depuis l’instant
même où la porte de la voiture s’est ouverte. D’abord on a l’impression de « quelque chose
qui cloche », un truc « qui fait tache ». Cherchez l’erreur. Et tout à coup, la main encore sur la
portière je l’ai vu ou plutôt entendu. L’oreille s’est faite sélective, occultant les bruits
parasites pour n’entendre que lui. Mon regard s’est porté en direction du son. Alors je l’ai vu.
Ou plutôt aperçu. Perché au sommet du grand cyprès, celui qui occupe le petit jardin d’une
maison voisinant ce supermarché. La nuit était presque tombée. Il était en ombre chinoise, se
détachant en noir du ciel bleu pale qui brûlait ses dernières lumières. Cela faisait des semaines
que je n’en avais plus vu un. Ce devait être un éclaireur. Une sorte d’estafette venue dire « On
arrive ! ». S’égosillant à la pleine force de ses petits poumons dans le début de cette nuit
d’hiver, au bord de ce parking, un rossignol chantait.

Ce jour là, l’oiseau m’a pris par surprise. Il a transpercé la grisaille, la léthargie de l’hiver, de
la pluie, de la neige, de la boue. Ce jour là, alors que je ne m’y attendais pas, je suis rentré
chez moi avec la tête pleine de promesses, celle du bleu et du vert des chemins.

A peine 72H plus tard l’air bruisse de chants d’oiseaux et les 1ers bourgeons apparaissent.

Une nouvelle saison de VTT va commencer. Enjoy !



Auteur - P-à-R




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