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  Barracuda Championship : DH Namur


(13/09/2004)

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The Barracuda Championship : DH Namur septembre 2004


En parallèle du championnat de Belgique de dual, supporté par la fédération, l’association
81 Bikes Progress organise dans notre Royaume le "Barracuda Championship" du nom de son sponsor
principal. Il s’agit de 10 épreuves mêlant 4cross et descente. Le premier week-end de septembre
avait lieu sur les pentes de la Citadelle de Namur une des manches de DH. Compte rendu et petites
histoires.


"L’année dernière déjà , j’avais participé à cette descente. Une première pour moi qui m’y
étais présenté avec mon GT Avalanche légèrement customisé pour la cause, mais qui ne reniait
cependant pas ses origines de XC. J’avais pu y prendre la température : hot hot hot ! Si la
longueur de la piste n’égale pas celle que l’on trouve dans les Alpes, les difficultés techniques
n’ont rien à leur envier. En plus, l’ambiance y est top avec une sono à réveiller les Namurois et
un public aussi enthousiaste que nombreux.


J’avais gardé en souvenir l’image de cette fameuse double bosse (une chaise pour être
précis) au niveau du parking que je contournais bien soigneusement et n’imaginais même pas tenter.
C’est à elle que je pensais, songeur, sur l’autoroute qui me menait vers le site ainsi qu’à un
nouveau drop dont m’avaient parlé quelques bikers ayant repéré la piste les jours précédents.


Entraînement


8:00 je suis sur les lieux, je m’habille en vitesse, les organisateurs font claironner la
sono pour réveiller les dernières marmottes tapies dans les tentes. Faut dire qu’il y a des
plaques hollandaises, allemandes, françaises, ... Les participants ne s’y trompent pas, c’est une
belle épreuve et on vient de loin pour courir à Namur. Je m’échauffe en vitesse et grimpe au départ.


8:30 c’est parti, je fais mes premiers tours de roue. Premier virage, oups, ça a changé, je
me trompe car il n’y pas de rubalise sur cette section. Je m’arrête, remonte et prends le nouveau tracé qui donne droit vers un pierrier artificiel en forme de ... double ! Faudra bien maîtriser en rigide pour pas
éclater bêtement un pneu sur une pointe saillante. On reprend l’ancien tracé, deux relevés enchaînés, une
petite double easy, un tronc et la fameuse chaise du parking. Je descends du vélo et vais repérer
à pied. Bon, ça serre le coeur mais cette année, avec le Mute, ça doit le faire. Prise d’élan (si
tu freines t’es un lâche) et jump. Ca passe ! Facilement même. Comme à mon habitude je la refais
pour me prouver que ce n’était pas de la chance et j’enquille le relevé qui suit ainsi que le
petit drop sur un arbre couché.


8:45 J’arrive sur le nouveau drop. Glup ! Là c’est pas de la figuration, je m’explique :
vous tournez à 90° droit dans la pente, vous prenez un max de vitesse sur quelques racines, l’appel
est relevé pour bien envoyer et vous devez sauter au dessus de l’ancien chemin qui ne fait pas
moins de 2 mètres de large. Pas question de retomber dessus car une bosse en sortie vous
expédierait dans le décor. Donc il faut retomber droit dans la pente soit largement 2 mètres plus
bas avec une vitesse approchant celle du son, pour immédiatement après, entrer dans un relevé monstrueux.
Tu rates ta réception, t’es dans un arbre. Voilà la règle du jeu. Bon, y a bien un évitement mais
c’est pas pour ça que j’ai fait le déplacement. Donc, je repère, je me motive, j’avale deux, trois
fois et ... Banzaï !


9:00 Le drop est passé :-) Je remonte pour le refaire. Comme la réception est un peu
chaude, j’y vais moins franchement et c’est la mon erreur : j’atterris sur une racine bien dure et un
bruit métallique me prévient que quelque chose vient de casser à l’arrière. Je m’arrête en cata, regarde la
roue arrière qui bouge dans tous les sens, merde je dois au moins avoir explosé le cadre.
J’ausculte, non, le cadre n’a rien. Par contre, 7 rayons de pétés et la jante en forme de carré !
Plus possible de rouler. Je remonte sur le parking.


9:15 Je cherche des rayons. Cédric Denis, concurrent mais surtout importateur Woodman,
Mondraker et Nokian me file un coup de main, il a des rayons et ne roulera pas aujourd’hui suite à
une chute le samedi (dommage c’est une fusée en DH). Mais en démontant la jante, on s’aperçoit
bien vite qu’elle est bien trop entamée que pour pouvoir être redressée. Me voilà à la recherche d’une
roue.


9:30 J’ai trouvé une roue d’occase auprès d’un participant (merci John Claeyes). Mais bon,
rien n’est gratuit dans ce bas monde et il me faut du liquide. Je saute dans la Kangoo et descends
au centre de Namur pour trouver un distributeur. Merde, je suis tombé jour de brocante ! Pas de
complexe, je rentre dedans en voiture, il n’y a pas encore trop de monde. Je trouve une banque,
sors du cash et fait demi-tour pour retraverser le marché toujours habillé en robocop à bord de ma
caisse. Pittoresque :-)


10:00 Je remonte ma cassette sur l’autre roue et ... la roue libre bloque. Faut un espaceur.
Cédric fouille dans son brol et en ressort un, juste de la bonne taille. En supprimant un pignon,
ça le fera. Je remonte le tout, mais en fermant le serrage rapide, la cassette ne tourne plus à
nouveau ??? On desserre écrou et contre-écrou mais ça continue à coincer. Pas moyen d’utiliser cette roue.
Ma journée est finie. Snif !


10:30 Je rends la roue à John en lui expliquant le problème. Il ne comprend pas d’où cela
peut provenir. Je rassemble mon matos quand je vois une paire de roues magnifiques sur le stand Da Bomb.
Malheureusement un peu trop chère pour ma bourse, même soldée. Puis, je n’ai pas besoin de
l’avant. Soupir... Quand,5 minutes après, le vendeur me hèle : un autre participant est intéressé par
l’avant, si on se groupe ça le fait ! Je saute sur l’occasion et le vendeur me fait crédit de 20
euro car je n’avais évidemment pas assez de liquide. Super sympa !


11:00 Le vélo est enfin complet et en état de marche. Mais on appelle déjà les participants
au départ pour la première manche. J’ai la plaque 122 donc, je partirai dans les derniers, ce qui
me laisse le temps de sauter sur le parcours pour mon premier (et unique) repérage.


11:10 Je suis à nouveau devant le drop, ma toute nouvelle roue à l’arrière. Je vais prendre la
solution de sécurité en m’engager dans l’évitement mais les jeunes avec lesquels je roule en dual
sont là et ils m’ont reconnu. Ils m’incitent par quelques cris chaleureux à sauter le drop. Que ne
ferait-on pas par vanité ? Je m’élance dans la difficulté et je saute. Réception impeccable dans la pente !


Heureusement le reste de la piste n’a pas trop changé par rapport à l’année dernière mis à part que tous les sauts ont été relevés. Je n’ai donc pas de difficulté à la mémoriser. Au moins, je ne serai pas surpris lors de la course par un virage modifié.


Quelle matinée ! et je n’ai pas encore couru.


La course


1ère manche, je pars dans les 5 derniers. Rien de tel que pour faire monter la pression. 30
secondes, je clipse sur la grille. 20 secondes pas se planter sur la plate-forme étroite située 1 mètre 50
de hauteur. 5, 4, 3, 2, 1 Gooooo dans un bruit de ferraille, la grille tombe, je lève la roue
avant pour la pousser et je file sur le premier virage. Transition bitum/terre à bien négocier, ce
serait trop con de glisser là par excès de confiance. Je maîtrise dans le pierrier, je passe la petite
double nickel fonce vers la chaise. Elle m’envoie haut, loin, trop bon, relevé, saut, second
pierrier glissant à bien prendre sur la droite. 90°, je suis face au drop. Glup, je suis à fond, le
public est présent, il crie, je saute et ... réussis. Relevé à fond, on est comprimé sur le bike.
Racine, double, merde, pas assez de vitesse pour bien atterrir dans la pente. Pédalage, prise de vitesse
relevé à gauche, face à la table de 14 mètres. Je freine à peine, je saute plus de la moitié. Dépression, compression, saut,
section de pédalage avec trois chicanes. Epingle piégeuse car glissante, je sors le pied mais
reclipse facilement. Dernière chicane, je saute la racine en transfert pour bien placer le vélo à
la réception et pédalage comme un fou pour l’arrivée.


Rhaaaaaaaa, je suis vivant ! 2’07", mais je ne sais pas où je me situe dans le classement
avec mon hard-tail. Je reprends mon soufle.


Remontée par la route merveilleuse en camion. Je vais reprendre des forces. Il y aura trois
manches. Ce sera le meilleur temps des trois qui comptera. Une bonne formule qui fait rouler et
qui permet aux pilotes de prendre des risques pour améliorer le chrono précédent.


Je mange un bout, je discute, je regarde les exposants : Woodman, RooX, Hot Wheels qui importe
Santa Cruz mais aussi des mini moto. A ce titre, ils font une démo sur l’esplanade en se tirant la
bourre au delà du raisonnable. Une bonne ambiance quoi. Hot Wheels n’est pas venu les mains vides
puisqu’ils ont aussi installé un trampoline avec un cadre de bmx pour faire des figures.


Des tremplins de dirt ont également été installés par les organisateurs et une session
démarre. No hand, suicide, table top, one foot can-can sont envoyés sous les yeux d’un public
motivé et ... motivant !


Seconde manche pour moi. J’ai fait le 23ième temps. Presque inespéré. Je partirai donc dans
le dernier quart. J’essaye d’aller plus vite je maîtrise bien sur les sauts mais je glisse sur une
racine. Paf à terre. Je ressaute sur le bike avec une petite douleur à la hanche et la main droite. Ouverture des
gaz, mais ça ne suffit pas pour améliorer mon temps : 2’16". Dommage.


Déjà 16:30. On attend les résultats pour la super finale. Tout le monde prendra part, c’est
plus sympa mais les départs seront donnés toutes les 30 secondes pour ceux classés après la
30ième place. Ca accélérera les choses. Il y a eu pas mal de chute, mais, mis à part une mâchoire
et un doigt retourné, rien de bien grave.


Super finale. Je suis descendu d’une ou deux places mais toujours premier en Stock
(semi-rigide). Tout le monde est un peu fatigué mais le public est chauffé à blanc. C’est génial
de voir du monde sur tous les sauts, ça encourage vraiment à se lâcher. Je fais une belle course.
Pas de chute, de belles relances. Je pense avoir amélioré mon temps du matin de quelques secondes mais non, 2’11" ???


Je remonte en vitesse pour voir les meilleurs passer sans oublier l’appareil photo. Je
shoote, je filme et vous trouverez tout ca dans les liens en fin d’article. Ils sont vraiment
impressionnants. Nico Vink se permet un suicide sur la chaise et un table top sur la double
suivante. Trop fort ce Vink !


A la remise des prix, tous les participants sont enchantés : un parcours exceptionnel, une
très bonne organisation des départs ET des remontées, pas de problème de chrono. Tout
cela est à souligner et à féliciter comme il se doit. Seuls couacs, la remise des prix : dans pratiquement tous les
podiums (sauf fille, elle était seule) il y des inversions, des oublis. C’est comme ça que je ne
suis pas appelé sur le podium alors que mon temps me classait premier. Je bondis sur le speaker et lui
montre que mon nom est juste sur la feuille précédente. Mic-mac, échange de coupe, nouveau bouquet
de fleurs et petit cadeau de la part de RooX (poignées ODI). Je n’ai juste pas pu prendre part à la
douche au champagne. Snif :-(


Voilà, je suis à nouveau sur l’autoroute, le vélo dans le coffre a une roue quasi neuve, un bouquet de fleurs pour madame, une coupe pour la cheminée et des poignées ODI qui pourront toujours servir. Mais surtout, plein plein plein d’images et de sensations dans la tête."


Je vous ai mis l’eau à la bouche ? Vous aussi vous voulez passer une super journée à vous
défoncer sur le vélo ? Alors rendez-vous les 25 et 26 septembre pour un replay sur la même piste.


Vive 81 Bikes Progress ! Vive le Barracuda Championship ! Et merci à tous les
sponsors.



Quelques Liens

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<- Hot Wheels.
>
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Auteur : PAB
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