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  Un jour en vtt...


(27/10/2004)

Thomas est un homme heureux. Les hasards de l’existence l’ont amené à faire sa vie
en haute Savoie. Il y goûte toutes les joies de la montagne, que ce soit à pied, sur des skis, sur des vélos, de route ou tout terrain. Mais au-delà du sport, il y a pour lui quelque chose comme une communion avec la nature. Histoire d’une sortie toute simple ou quand le vtt se fait contemplatif.

<REP|SITE/2004/ride>

"Ce dimanche matin j’ai été rouler sur un chemin hautement symbolique
géographiquement. Il s’agit du GR jesaispascombien dit "Balcons du
Léman" que j’ai emprunté entre le col des Moises et le col de Châtel.
Cette crête est en fait la limite nord des Alpes françaises. D’un coté
du chemin s’étend le bassin Lémanique puis le Jura, de l’autre c’est le
dèbut des Alpes qui s’étendent jusqu’à... Nice.

Outre ces considérations géographiques passionnantes, cet itinéraire
offre l’avantage d’être relativement plat (c’est bien rare dans la
région) et les points de vue y sont fantastiques.

Donc départ matinal (9h00 quand même !) du col des Moises, où je me gare
parmis les voitures des nombreux chasseurs déjà à pied d’oeuvre.
Première déconvenue : j’ai oublié ma bombe d’huile et ma transmission
est tellement sèche que je peux empoigner la chaîne sans me salir. Pas
grave, ça fera scrouich scrouich le temps que je roule dans les
première flaques de boue pour lubrifier le tout...

Après un coup de cul je me retrouve sur la crête que je vais suivre. Le
chemin est au-delà de mes espérances. C’est un single comme on en rêve
tous : le sol siliceux est hyper accrocheur et jonché de petits
obstacles, je navigue dans des forêts de sapins, de hêtre et de
châtaigniers roussis par l’automne et de temps à autre j’apperçois le
lac Léman et le Jura qui s’étendent à mes pieds. C’est du pur bonheur
vététesque, le paradis sur deux roues. Je suis tellement en extase qu’un
instant je crois voir la Lumière, non pas sous forme d’un Cannondale
abandonné, mais une vierge dorée me fait face ! En fait cette statue est à la fin de mon chemin du bonheur et je plonge
vers le col de Cou par une descente dans un champ, courte, abrupte et
peu intéressante.

Passé le col je continue de suivre le GR qui empreinte une piste large
mais suffisament défoncée pour ne pas être ennuyeuse. Cette fois j’ai
des points de vue sur le coté alpins du chemin. La vue sur la vallée
verte est moins spectaculaires que sur le Léman, mais bien agréable tout
de même.

Après quelques kilomètres le GR quitte les chemins large et plonge dans
un minuscule single. Apparemment peu utilisé, le chemin est complètement
défoncé par endroit. Je roule/marche tant bien que mal parmi les mares
de boue quand soudain mon regard est attiré par de petites taches jaunes
vives sous les sapins.

Ce sont des chanterelles qui poussent au bord du
chemin. Comme il y en a peu je décide la mort dans l’âme de les laisser
là, le transport dans la boite tupperware de mon appareil photo les
abîmerait. Mais quelques mètres plus loin j’en trouve encore quelques-
une, puis en descendant du vélo je me rends compte que je marche sur un
parterre de trompettes. Cela en est trop, je ne peux pas laisser passer cette occasion ! Je
ceuille les chanterelles que je place au fond de ma boite et je les
cales avec quelques trompettes moins fragiles. Pas de quoi se faire péter la
panse, mais en les mangeant hier soir, juste revenues dans du beurre
avec une cuillière de crème fraîche, je pouvais encore sentir l’odeur du
chemin.

Outre ma bonbonne d’huile, j’ai également oublié de prendre une montre en
partant ce matin. Mes aventures mycologiques m’ayant pris un certain
temps, j’ignore si je suis en retard pour le sacro-saint repas
dominical. Je décide donc de faire demi-tour avant d’être arrivé au col
de Saxel.

Le chemin de retour est encore plus sympathique qu’à l’aller car il est
globalement descendant. Je recroise les chasseurs, la vierge et le
single d’anthologie. Arrivé à la voiture je constate qu’il me reste au
moins 1h00 pour rouler. Je laisse donc tomber les balcons du Léman pour
me faire la petite boucle en montée/descente qui m’avait paru fort
sympathique lors d’une rando à pied. Au début je roule quelques
hectomètres sur une large piste à flanc de la vallée verte puis le chemin oblique
droit dans la pente directement jusqu’au col d’Encrenaz. La montée est
hyper raide et rapidement je dois marcher à coté du vélo... L’ascension
est annoncée en 40 minutes sur les panneaux, mais comme je suis pressé
je la fais en pratiquement moitié moins de temps (et ce matin j’ai des
courbatures aux cuisses). Tout le long je suis accompagné par deux
chiens de chasse apparemment perdus, aussi sympathiques que dégoûtants
(qu’est ce que ça sent mauvais un chien mouillé !).

Au col d’Encrenaz je profite quelques minutes du panorama sur le lac
Léman avant d’enquiller une descente d’an-tho-lo-gie sur un single hyper étroit. Des épingles, des
racines, de petites marches, tout en déséquilibre permanent pour éviter
les sapins qui traversent. Je prends un pied d’enfer malgré mon
physique qui a du mal à suivre ; avec le vélo de route à haute dose j’ai
perdu l’habitude de bouger autant sur un vélo...

Le chemin se termine face à ma voiture. Je range mon vélo en discutant
avec un groupe de chasseurs qui boivent un canon (de rouge !) Ils sont
bien sympas et ils me saluent de la main en partant.

Voila une bonne matinée un poil teintée de regrets de n’avoir pas pût
aller au bout du chemin prévu. La prochaine fois je prendrai ma montre..."


Article et photos : Thomas Valzer (Tom2)



Auteur - Thomas Valzer




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