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  Soyons des ambassadeurs ...


(6/07/2004)

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Cet été soyons des ambassadeurs


Nous avons tous un jour ou l’autre vécu ce genre de scène : un
beau single descendant, taillé sur le flanc d’une belle pente.
La trace suit les contours et les courbes de la montagne, un
peu comme le ferait la main d’un amant sur les courbes d’une
chute de reins. De toutes façons à ce niveau le ride est du
plaisir presque charnel. Au bout un virage, une épingle que
l’on négocie à toc. Et on repart, plus vite et plus fort.
Autour les buis laissent la place à des arbres. Une forêt
accrochée à la pente, tellement raide que les troncs
paraissent comme plantés de biais. Racines, cailloux, passages
rocheux. A la vitesse vient s’ajouter le pilotage. Etre
concentré, le regard à l’affût comme dans un jeu vidéo. Croix,
triangle, rond...sauf que là c’est cash, pas de 2eme vie ! Et
toujours le copain devant en ligne de mire. Ne pas le lâcher,
ne pas se faire lâcher. Mode full arsouille ON !!!

Et tout à coup un homme au milieu du chemin. Freinage.
Ralentir, laisser passer, saluer. Mais l’homme interpelle,
gesticule, écarte les bras comme pour fixer une dimension. Le
1er passe, on suit, on arrive à la hauteur de l’homme, on
salue, il grogne. Dans le groupe des marcheurs qui montent une
jeune fille enfin nous souri et explique : Nous sommes passé au
dessus et une grosse pierre a dégringolé en direction du
groupe de marcheurs.

Pas de morts, pas de blessés, même pas vraiment de la peur.
Finalement un incident mineur, banal en montagne, qui aurait
pu être provoqué par n’importe qui ou n’importe quoi, d’autres
randonneurs, des cavaliers, un animal sauvage ou le simple
hasard parce que Dame Nature fait ce qu’elle veut. Mais là ce
sont de VTT qui sont passés. L’incident prend alors une autre
dimension...

Le marcheur est la plus ancienne espèce vivante peuplant les
chemins. Et si aujourd’hui on ne chemine souvent que par
loisirs ou pour le sport, la saine fréquentation de soit même
et des bruits de la nature environnante que la marche
implique, supporte de plus en plus mal les machines
bringuebalantes que sont les VTT. Et c’est encore pire en
montagne lorsque le marcheur se retrouve nez-à-casque avec des
vététistes au profils de footballeurs américains et aux faciès
masqués sous le casque intégral. Cela ne suscite pas forcément
la sympathie au 1er abord.

Inutile de se leurrer ni d’ergoter pendant des heures ; dura
lex est, sed lex est, mais le vtt n’a rien à foutre sur un
single !!! Du moins aux yeux de la loi. Cherchez pas, c’est
comme cela et notre sport ne vit que grâce à la tolérance
générale et/ou aux manques de budgets des administrations qui
ne peuvent mettre un flic derrière chaque racines.

Si tout cela n’est pas très grave dans des contrés où
marcheurs et vététistes partagent la même passion de la nature
en tout temps et en toutes saisons et où le nombre conjugué
d’homo érectus pédibus et vététicus ne dépasse que rarement le
chiffre de la température anale au déca-kilométre carré, il
n’en n’est pas de même dans les stations touristiques de
montagne. Là on frise l’incident diplomatique à chaque single
au pourcentage de pente intéressant, les uns y trouvant un
défi à monter, les autres à dévaler.

Cet été bon nombre d’entre nous vont aller user de la gomme en
montagne, dans l’une de ces stations qui offrent remontées
faciles parce que mécanisées et descentes de rêve parce que
longues, pentues, en singles, techniques avec de la vue,
etc...Alors soyons des ambassadeurs de notre sport. Plus que
jamais respectons les autres usagers de la montagne. Passer
lentement, saluer, peut être même discuter un peu, seront
autant d’occasions pour démontrer aux autres randonneurs que
nous ne sommes pas des " rebelles " bons à exclure des
chemins. Plus que jamais respectons les chemins, ne coupons
pas les épingles, ne ravageons pas les singles de coups de
patins inutiles, ne polluons pas de nos emballages.

Déjà aux US les vététistes se sont pris en charge. Ici aussi
prenons nous en mains pour que le VTT reste un espace de
liberté, que jamais notre sport ne soit fliqué et que la
montagne, berceau du VTT nous reste ouverte. Car entre
développement touristique et les lois européennes en
gestation, jamais le risque de confiner le vtt dans de petits
espaces réservés n’a été aussi fort.

Respectons les autres et la nature pour être respectés et
acceptés et cet été soyons responsables, soyons les
ambassadeurs de notre passion.










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