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  Le systéme NOTUBES


(14/12/2004)

Transformer un pneu standard en tubless celà mérite que l’on s’y attarde. Ils ont été plusieurs testeurs de VTTnet à essayer ce systéme américain qui propose le beurre et l’argent du beurre, les avantages du tubless, le prix et le choix des pneux traditionnels. Dominique Carbone 14 nous livre les résultat de leurs investigations.

<REP|SITE/2004/notubes>

Notubes Kesako ?

Depuis l’apparition du tubeless pour les pneus et jantes, le choix s’est compliqué en ce qui concerne l’équipement pneus de nos vélos : le vttiste a le choix entre les chambres à air connues depuis des années et les arguments avancés par les manufacturiers en faveur du tubeless. Entre les deux, s’est glissé une petite société américaine qui commercialise sur le net depuis plusieurs années une solution intermédiaire censée reprendre des avantages des deux solutions et d’en ajouter un de poids : la résistance absolue à la crevaison ! Sur le site internet de Notubes on trouve d’ailleurs une photo d’un pneu traversé d’une cinquantaine de clous ….

Le système Notubes repose sur un liquide à base de latex qui en cas de crevaison vient boucher le trou. L’efficacité du liquide fait qu’il n’est pas utile de choisir des pneus tubeless, le produit se chargeant de combler les pores du pneu. Reste le problème des trous des rayons sur la jante : un fond de jante spécial étanche intégrant une valve complète l’offre et permet ainsi l’utilisation de jantes normales (le fond de jante doit être choisi en fonction de la largeur de la jante). Le système peut être aussi utilisé avec des jantes tubeless.

Le test

Testé pour ma part sur deux vélos depuis plus d’an, je ne l’ai utilisé qu’avec des jantes tubeless et des pneus normaux (Hutchinson Spyder ou Michelin XLS). En un an, mes terrains de jeu ont été variables : boue, terrain dur, caillasse, Xcountry, piste de descente, montagne, neige.

L’achat

Acheté sur le net directement sur le site de Notubes, le système déjà plutôt coûteux au départ s’est révélé carrément cher après avoir subi les taxes douanières.

Le montage

D’après la documentation en ligne, il est possible de gonfler sa roue avec une pompe. Pourtant équipé d’une bonne pompe à pied, je n’ai jamais réussi de cette façon. Est-ce parce que j’ai utilisé des pneus en tringle souple ou parce qu’il s’agissait de jantes tubeless ? toujours est-il qu’à chaque fois les fuites entre jante et pneu étaient trop importantes. Je me suis donc rabattu sur la première station service, muni d’un adaptateur presta->schrader. Et là pas plus de succès !!! Après plusieurs essais, c’est dans une station de montage de pneus automobiles que j’ai enfin réussi : moralité, cela ne fonctionne qu’avec un système de gonflage à débit élevé.

Procédure conseillée :

-  laisser reposer le pneu à plat déplié pour les tringles souples, quelques jours à l’avance, ainsi le pneu aura une forme plus correcte au moment du gonflage
-  monter un coté du pneu
-  monter l’autre coté à 80 %
-  se rendre à la station de gonflage la efficace du coin (tuyau sans fuites)
-  verser un gobelet (fourni) et demi de Notubes dans le pneu
-  finir le montage du pneu
-  gonfler le pneu à 3 kg en le tournant pour répartir le produit dans le pneu. Les pores et les petites fuites se bouchent alors. Si nécessaire appuyer sur le pneu aux endroits des fuites trop importantes pour faciliter la mise en place du pneu dans les gorges de la jante tubeless.
-  Vérifier que le pneu est bien en place
-  Le faire un peu tourner pour centrifuger le liquide
-  Vérifier le gonflage avant d’aller rouler (à noter le pneu perd bien moins vite son air qu’un tubeless).

Sur le terrain

Le système permet un gain de poids non négligeable sur chaque roue par rapport à l’emploi de pneus tubeless, environ 150 grammes par roue. Le fait d’utiliser des pneus standards augmente le choix de pneus disponibles et diminue le prix de chaque pneu d’une dizaine d’euros.
On retrouve sur le terrain les mêmes avantages qu’un pneu tubeless : souplesse du pneu de part l’absence de chambre à air, rendement, et disparition des crevaisons par pincettes et arrachage de valve. L’effet anticrevaison du liquide est remarquable : soit on entend un petit pschitt, pschitt, pschitt (à chaque tour de roue, ne vous arrêtez pas, continuez à rouler !) qui s’arrête rapidement dès le trou est colmaté par vulcanisation du latex, soit on ne remarque même rien, mais on retrouve des épines restées dans le pneu ou même mobiles à l’intérieur du pneu lors du démontage , preuves de l’efficacité de l’affaire.
Reste quelques ombres au tableau : en cas de déchirure, point de salut, la crevaison a quand même lieu et adieu au précieux liquide. De la même façon, après une crevaison auto réparée, il est utile de contrôler la pression du pneu : en cas de sous gonflage trop important (1kg5 pour un pilote de 80 kg) il arrive de déjanter brutalement. Et là encore, adieu au précieux liquide.
Après quelques mois de roulage, il finit par ne plus rester de liquide dans le pneu (crevaisons, évaporation ?). Comme on ne s’en est pas rendu compte, l’effet anti-crevaison diminue alors progressivement. L’idéal est donc d’en ajouter de temps à autre. Manque de chance, rien n’est fourni pour pouvoir le faire par la valve sans démontage.
Et pour finir dans les critiques, il faut noter que le produit est assez « sale ». Ne pas manipuler avec son costard du dimanche J !!!

Tuyau

Certains ont remplacé le liquide Notubes par du latex liquide acheté en magasin d’art. Nettement moins cher, il semblerait remplir les mêmes offices (et orifices J).

Conclusion

Très efficace par son effet anti-crevaison, Notubes est une solution intéressante et une bonne alternative au tubeless. Sa mise en œuvre, son prix et certaines précautions d’emploi méritent qu’on réfléchisse bien avant de se lancer tête baissée.

Lien utile :Le site de NOTUBES



Auteur - Carbone




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