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  Mon SavoieNet à moi


(5/03/2005)

Mai 2004. Trois jours de vtt en montagne, goupillés par Francky et dégoupillés par les vététistes du Net. Du trés bon à partager sans modération. Antoine ’RoulibrE’ nous livre son petit carnet de voyage au pays des singles et des Ducs de Savoie.

<REP|SITE/2005/savoinet>

"Nul n’est prophète en son pays. Entre mon garage à vélo et les singles de Francky il y a un bout du grand ruban alpin, deux tunnels et une grosse poignée de quarts d’heure. Presque du gâchis de ne pas y venir plus souvent. Du coup nous ne pouvions pas louper ce SavoiNet organisé en ce mois de mai sur les hauteurs de Chambéry par Francky.

Pas de chance, Frédo et moi, ne pouvons arriver que le vendredi soir, travail oblige et devons louper la 1ere journée. Nous arrivons au gîte et déjà une tête connue apparaît dans l’encadrement de la fenêtre. C’est Phil, un ch’tit, qui est venu récemment faire sa vie dans la région. Dans la salle toute une brochette de joyeux vététeux, les participants de ce 1er jour. Autour d’un ordinateur portable un groupe matte les photos de cette 1ere journée. Sur l’écran je vois un Pierre Alexandre, dit Pab, dans un superbe gap avec le Lapierre Blue que nous testons actuellement. Bonne journée on dirait…

Le SavoieNet comporte une particularité. Nous sommes en autonomie. Pas de service hôtelier. Francky s’active aux fourneaux pour nous préparer une grosse pasta-party. Tout le monde se jette sur le repas, non sans avoir fait honneur à la belle collection de spécialités brassicoles de tous horizons que les participants ont amenés.

Frédo et moi écoutons les commentaires des participants à cette 1ere journée et c’est la tête pleine des promesses du lendemain que nous partons rejoindre le petit chalet qui nous est affecté pour dormir. Je m’endors la tête pleine de singles, en écoutant les bruits de cette belle nuit de printemps et Frédo qui décidément est un as du free-style en ronflements…

Chignin et Mont St Michel dans la même journée (et en vélo !)

Le lendemain, avant que la sonnerie du portable ne sonne, réveillé par l’excitation de cette journée, je me laisse tirer doucement du lit par les rayons du soleil. Une belle journée qui commence. Petit déjeuner copieux et chacun prépare son panier pique-nique en usant du copieux buffet do-it-yourself. Les derniers participants arrivent tandis que nous chargeons les vélos dans les véhicules car notre point de départ est situé à proximité de Challes les Eaux. Francky en GO attentif booste tout le monde, la journée est chargée et il ne faut pas perdre de temps.

Vers 10h c’est au bord d’un petit lac et dans la bonne humeur générale que je remonte mon vélo. Chacun s’équipe et notre groupe s’élance enfin. Très anormalement je me retrouve aux avant-postes. Est-ce l’effet de l’impatience ? Toujours est-il qu’il me faut dépenser pas mal d’énergie pour traverser un bois au relief accidenté. Notre groupe débouche enfin dans une clairière, à coté d’un chalet d’alpage. Car l’environnement a changé et nous sommes bel et bien en montagne. L’endroit est recouvert de cette herbe grasse et fleurie que l’on ne trouve qu’en montagne. Je profite du regroupement pour souffler un peu. Un poussage et quelques centaines de mètres plus loin nous atteignons le sommet et nous arrêtons devant l’orée d’un petit bois. C’est ici que tout commence et à voir le regard gourmand de Francky ça risque d’être bon.

Pour ceux qui ont eu l’occasion de passer par Chambéry pour aller au ski, peut être ont-ils remarqué les vignes qui bordent la route aux abords du péage de Chignin. Des pentes couvertes de vignes qui viennent mourir contre une haute muraille. En fait, il y a longtemps, un pan de la montagne s’est écroulé, créant cette géographie particulière. Qui pourrait croire qu’il existe un chemin qui serpente dans cette muraille ? Pourtant c’est bien au départ de celui-ci que nous nous trouvons à cet instant.

Départ dans les buis, pente, dévers et le vélo de celui qui précède en ligne de mire. Le groupe s’étire sur le single. Voilà le 1er virage en épingle. Il faut freiner, se mettre à l’arrière du vtt et négocier au mieux la courbe, autant que possible sans poser le pied à terre. C’est le jeu. Puis on relance à la poursuite de celui qui est devant et coursé par celui qui suit. De nouveau une épingle. Sur la gauche cette fois-ci. Hop !! On la passe. Relance !!

A un moment une trouée dans la végétation. Mince, il y a du gaz ! Un passage délicat oblige à descendre du vélo et à porter en équilibre dans la pente. Chute interdite. Au sortir de la difficulté on chevauche en vitesse les vtt et la course poursuite reprend.

Zut !!! Je viens de crever…La réparation est faite dans un espace réduit, le single n’est vraiment pas large à cet endroit. Phil me donne un coup de mains. On repart et on rejoint le groupe arrêté plus loin à la queue leu leu. Quelques cris, des exclamations, arrivent d’en bas. Les bikers s’élancent chacun leur tour. Quand arrive le mien. Je roule et découvre l’entrée d’un virage en épingle. Thomas est à la sortie, un appareil de photo à la main. Je comprends mieux les exclamations entendues avant. Si Tom est là pour immortaliser, c’est que c’est du technique. Effectivement le virage est serré, prend de la pente dans son milieu avec des marches en pierres à la sortie. Calme, calme…pas le moment de se gaufrer sinon je suis sur le Net dés lundi, rubrique « les gamelles du week-end ». Surtout ne pas déraper et en douceur sur le frein avant. Le cul sur l’arrière, je tourne la roue avant dans l’axe. Ca passe, ça passe…un peu de gaz sur la pédale, juste un peu, pour sortir du virage. Je sens l’arrière qui suit. Coté photographe on encourage. Voilà la marche mais le cul du vtt est encore dans la courbe. La roue arrière vient de décoller tandis que l’avant plonge dans la marche. Délesté du contact avec le sol, arrière se met dans l’axe du corps. Ca passe nickel !!! Pour un peu j’arriverais presque à me persuader que j’ai du talent même si je n’ai pas trop compris comment j’ai pu éviter la bûche.

Une fois passé cette difficulté le run reprend. D’autant mieux que le single devient moins technique. Je course Frédo qui a l’air aussi à l’aise sur son Rocky Montain semi-rigide que sur son Patriot. A se demander si les suspensions lui sont utiles à ce garçon. Gaz, freinage, virage, relance…Une belle arsouille comme on les aime. Quelques chaleurs dans des sorties de virage. Trop large ce pourrait être le jump mortel.

Après un dernier single tout-droit dans la pente, assorti d’une belle marche que peu passeront, nous arrivons enfin dans les vignes. Combien de temps a duré cette descente ? Plus d’une heure. Il est déjà midi. Au loin Sylvaine me désigne un sommet d’où se détache une chapelle. C’est le Mont St Michel et c’est là que nous allons.

Vu l’heure il est décidé de faire une partie de la montée par la route. Le soleil est au zénith et on cherche l’ombre. Bitume et cagniar. On en profite pour tailler des bavettes chaque fois que la pente le permet. Enfin nous arrivons dans un village. De là la montée se fait par un chemin. C’est avec plaisir que nous arrivons aux ruines d’une ancienne chapelle, annonciatrice du sommet, que nous atteignons quelques centaines de mètres plus tard. Les vélos et leur pilotes se retrouvent vite dans l’herbe, les pique-niques sortent des sacs. On profitera de la vue après. L’endroit est truffé de planeurs qui viennent y chercher les courants ascendants. Ils passent et se croisent très près de nous, à tel point que l’on distingue les pilotes.

Le repas se termine. Pab va chercher de l’ombre vers la Chapelle. Francky téléphone au restaurant pour confirmer notre réservation de ce soir. Les crèmes solaires sont de sortie. Seul Fabrice semble en soucis. Sa tige de selle refuse depuis des semaines de bouger et il appréhende la prochaine descente. Ce matin il a été le seul à ne pas trop apprécier le parcours, ne pouvant pas descendre sa selle. Est-ce la Sainte présence de la Vierge sur ce sommet ? Mais Carbone, tel un archange de la mécanique descendu d’un des planeurs qui nous survole, s’approche du vtt de Fabrice, impose ses mains sur la selle d’un geste royal, puis prononce une formule magique : « Putaindenondedioudebordeldeselledemerde… !!!! » tout en s’échinant dessus. Et la selle, littéralement soudée au cadre depuis des semaines, qui avait résisté aux dégripants de toutes sortes, aux pinces, aux coups de maillets et même à l’étau, cède enfin…Fabrice n’a plus qu’à se prosterner devant Carbone, que depuis il n’interpelle plus que du vocable de « Maître ».

Mais il est l’heure. Francky nous invite à poursuivre notre route. Messieurs, à cheval…"

(A suivre) Prochain épisode : La Quadra Team se déchaîne.

- Images tirées des galeries de Pab et Manu



Auteur - RouelibrE




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