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  DECATHLON Rockrider 9.3


(/03/2001)

<REP|SITE/2001/dkt93>

Fagnet 2001. C’est le premier rendez-vous de l’année du club VTTnet et pour la circonstance Decathlon nous fournit 7 VTT en test grâce à Alex, concepteur-designer et Luis responsable ligne produits VTT chez le géant français du sport.

On ne peut pas rêver meilleures conditions pour tester du matos dans de bonnes conditions. Ce week-end de printemps nous offre des conditions extrêmes : pluie, boue, rivières à traverser, relief technique et particulièrement valloné des Ardennes du sud.

Et quand le dimanche matin, Alex me propose de prendre en main le 9.3, fleuron de la gamme Decathlon, j’abandonne sans regret mon Specialized FSR-XC qui m’accompagna vaillamment la veille. De toute façon le comportement de ces deux vélos se ressemblent beaucoup. Nous y reviendrons.

Prise en main

Côté statique, le 9.3 est un vélo bien fini. Dans sa parure rouge et blanche le cadre en alu 7005 a beaucoup de gueule, et cela lui donne un air résolument sportif. Personnellement je n’aime guère ces renforts entre le tube oblique et le tube supérieur, qui ont donné d’ailleurs à l’ensemble des modèles de la gamme tout-suspendus Decathlon, le sobriquet de "tour-eiffel". Alex m’indique cependant que la gamme 2002 devrait en être dépourvue.

La géométrie du VTT se rallie à cette génération de tout-suspendu typé XC, notamment ceux adoptant le système de suspension "four-bar linkage". Pas de surprise donc, si le 9.3 ressemble au Specialized FSR-XC, Diamond Back X, Caution Oxyd Team, etc. Les pivots sont montés sur roulements ce qui est un gage de fiabilité sur cette géométrie aux nombreuses articulations. L’amortissement est confié au modèle de la marque, le "Decathlon Comp Air", conçu par Olivier Bossard, une référence dans le domaine. Rappelons que Olivier travailla pour Sunn sur les Obsys entre autres, avant de créer ses propres modèles et d’offrir ses services aujourd’hui au Team Vouilloz.

La suspension avant fait appel à du classique pour un vélo typé XC : la fameuse Rock Shox SID XC. Un choix judicieux et classique pour l’usage auquel est destiné ce VTT. La SID utilise un principe de fonctionnement éprouvé, de type oléo-pneumatique. Sa fiabilité est très bonne, son entretien facile et ses réglages maintenant faciles depuis la série 2000. Rappelons que c’est une des fourches les plus légères du marché. Côté esthétique, personnellement j’aurais mis une rouge, mais bon les goûts et les couleurs... ;-)

Le freinage fait appel à l’ensemble étriers, disques, leviers, Magura Louise. Référence également dans ce domaine, nous verrons sur le terrain que cet ensemble est vraiment de qualité. La transmission est constituée d’un panachage Shimano XT/XTR : XTR pour les dérailleurs, XT pour les commandes, le pédalier, et la cassette. Rien à dire également, on peut difficilement faire mieux en rapport haut-de-gamme/prix, ou alors en tapant ensuite dans des composants de luxe, mais là ce n’est plus la politique de Decathlon.

Le train roulant est constitué par des roues Mavic Crossmax UST, montées en pneus Hutchinson Mosquito 2.10 Tubeless. Rare de trouver sur un vélo de ce prix les roues haut de gamme du constructeur français. Le choix des Mosquito reste en revanche discutable, ces pneus n’étant pas assez polyvalents. Ils avoueront d’ailleurs rapidement leur limite sur le terrain gras des Fagnes. Cependant, celui qui investit dans un tel vélo, s’équipera rapidement d’un ensemble de pneumatiques, adaptés aux différents terrains qu’il rencontrera. Ce n’est pas vraiment un point bloquant.

Du côté des périphériques, le cintre et la potence sont d’origine Neken et Answer. La tige de selle est une très belle Thomson Elite, et les pédales des Time Alium. Bref du très bon. Côté selle, j’aurais préféré une Flite, mais il s’agit là d’un modèle Decathlon.

Ce VTT est proposé à 16000F et pèse 12,5 Kg.

Sur le terrain

Pas de surprise lorsque je monte sur le 9.3. Je retrouve la même position que sur le FSR. Légèrement allongé, assez haut perché, ce VTT est un rail, ce que confirme d’ailleurs la première descente rapide à travers bois sur un chemin défoncé et liquide. Le cintre est trop large à mon goût. Il aurait peut être été judicieux d’en mettre un semi-relevé de façon à donner au VTT un peu plus de maniabilité, car si ce vélo se révèle extrêment stable, il est moins à l’aise dans les zones trialisantes. Normal pour une géométrie typée XC, et le cintre semi-relevé aurait pu compenser cela. Cela impliquerait alors de supprimer les embouts de guidon, qui d’ailleurs m’ont très peu servi tout au long de la rando.

La selle est dure et pas assez longue à mon goût pour varier les positions. Côté points faibles, signalons ces pneus inadaptés au terrain que nous avons ce jour là. Certes les Mosquito sont extrêmement confortables dans cette section 2.1 et gonflés à 2 bars grâce à la tolérance apportée par le tubeless, mais ils sont extrêmement piégeux en terrain technique, surtout à l’avant. Ils se dérobent rapidement en accroche latérale. La motricité est par contre plutôt bonne.

Les roues Mavic sont fidèles à leur réputation : rigides, nerveuses, elles vont à merveille sur ce VTT, et je me prends à relancer souvent, pratiquement comme sur un semi-rigide. Le triangle arrière ne bouge pas latéralement aux coups de pédalage et la suspension absorbe peu d’énergie. J’avoue être bluffé par l’amortisseur Decathlon qui me semble meilleur que le Fox. Il dispose en outre d’un clapet de blocage que j’utiliserai plusieurs fois sur des longues bosses, ce qui est un plus non négligeable. La SID se comporte parfaitement et l’équilibre entre suspension arrière et avant est parfait. Il faut dire que je suis un vététiste plutôt léger, 60Kg, et que je profite pleinement des capacités d’amortissement de la Rock Shox. Un pilote lourd devra durcir la pression et il n’est pas dit que l’ensemble se comporte de la même manière.

Rien à dire sur la transmission : c’est vraiment conforme à la réputation des groupes haut-de-gamme Shimano. Le passage des vitesses est doux, précis, et extrêmement fiable. Pourtant les conditions de roulage sont particulièrement difficiles. Nous avons roulé pendant 40km dans l’eau, la boue, au milieu des branches laissées par les engins de débardage, et jamais le système n’a failli. Idem sur le freinage. Le système Louise de Magura est une référence éprouvée. Les disques permettent un freinage efficace en toute circonstance, notamment dans la boue et l’eau : je peux vous garantir qu’il est agréable de pouvoir s’arrêter avec précision lorsque vous dévalez un sentier envahi par un torrent de boue liquide. Là où les v-brakes avoueraient leur limite, les disques remplissent tout à fait leur rôle. Le freinage est doux, progressif, mais efficace en toute circonstance. Un régal.

Conclusion

Voilà une confirmation pour moi : Decathlon fabrique maintenant des VTT qui n’ont strictement rien à envier aux grandes marques et qui d’ailleurs se posent même en référence, car trouver un VTT tout-suspendu de cette qualité à ce prix est impossible ailleurs. Ce vélo ravira ceux qui veulent un vélo de XC, confortable et très bien équipé. On peut facilement envisager de courir en compet avec lui, tout comme parcourir des raids longue distance, ce qui serait pratiquement sa vocation idéale. 18/20, Monsieur Decathlon.



Auteur - Phil




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