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  Chronique Tout Terrain (5) - Cassis 2000


(/04/2000)

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Cassis 2000 : De plus en plus fort !

Il y a une vie en dehors du XC...

Décidément, chaque année le Raid SFR de Cassis se bonifie. Pour cette édition par exemple, deux améliorations notoires : des parcours moins cassants et plus d ?animations sur le site.

Il ne manque en effet plus qu ?une bonne course de DH pour avoir sur place un panorama complet des disciplines de la planète VTT. Cette année, nous avions au choix : Rando, XC, Trial, Dirt et Dual Slalom. De quoi satisfaire la plupart des pratiquants et de permettre aux novices de choisir leur future discipline de prédilection. Il faut dire que de ce cote là, les crosseux ont du souci à se faire. Quand on voit l ?énergie présente sur le site de dual on a l ?impression d ?être dans un autre monde. Musique, bosses, fringues et matos : la panoplie est complète ! En plus, les vélos de dual sont magnifiques. Sobres, efficaces, ludiques. Une analyse sans prétention donne au hit-parade : Aktarus, Planet X et 24 Bicycles. Sans oublier une mention spéciale pour Explosiv, constructeur artisanal mais très présent pendant le week-end (des cadres Explosiv étaient au départ du XC, du Trial et du Dual !). Le bon coté du dual, c ?est également la relative facilité de mettre en place une piste. Pas la peine d ?avoir un terrain gigantesque ou une pente de folie pour avoir un parcours ludique. Quelques obstacles construits à la mini-pelle, le savoir faire des « Mia » pour l ?animation et de quoi envoyer les watts coté sono suffisent. Des mômes de 12 ans enchaînaient les descentes sans aucun complexe et passaient les « doubles » avec une facilite déconcertante. Jalousie !

Dans le genre extreme, les dirters vont encore plus loin (plus haut en tout cas c ?est sur !). Une piste d ?élan, une planche quasi verticale en guise de tremplin et un peu de place pour l ?atterrissage. A partir de ces quelques ingrédients de base, une bande de frappés notoires enchaînent les figures aux noms exotiques mais éloquents : Tchou-tchou (le petit train ?), Superman ? et relativement souvent aussi des retours au sol plus ou moins désordonnés. Ce qui ne semble d ?ailleurs pas les perturber très longtemps, puisque inconscients comme ils le sont, ils y retournent quelques instants plus tard.

Comment ca ? Commencal !

Retour sur la zone de départ du XC. Première constatation, Max a plutôt bien réussi son pari. Pour sa première année d ?une production qu ?il souhaite garder relativement limitée, les vélos Commencal (www.commencal.com) ont commencé à envahir les paddocks. On voit beaucoup de Supernormal et pas mal de Flame. Et encore, je ne compte pas le mien qui pour l ?instant se repose tranquillement dans sa chambre d ?hôtel. En effet, nous ne sommes que samedi (le jour des randos), les courses de XC sont pour demain.

Profitons-en d ?ailleurs pour visiter le salon. Là, c ?est plutôt une deception : peu de marques et pratiquement pas de nouveautés.

Pour demain, tout se présente bien. La préparation du bonhomme comme celle du vélo se sont bien déroulées. Un coup d ??il sur le profil du 60 km (il y a aussi un 35 km) indique que le parcours est différent de celui de l ?an passé pour un kilométrage et un dénivelé identique. Je n ?ai pas eu le temps de reconnaître, j ?improviserai pendant la course.

Comme mentionné plus haut, je dispose pour cette saison 2000 d ?un Commencal Flame. A l ?origine ce n ?était pas prévu, mais quand le staff de VTTnet m ?a propose de courir sous les couleurs du premier team virtuel de VTT au monde, comment refuser ? J ?avais également confiance dans la qualité du matériel fourni et depuis peu j ?apprécie àgalement les contacts très directs et faciles avec les gens de Commencal. En particulier Max et Phil Garcia (le concepteur du vélo).

Mon choix s ?est porté sur le Flame. Même cadre que le Supernormal, mais périphériques typés plus haut de gamme et freins à disques (Magura Louise pour le mien mais le Flame existe aussi en Shimano XT Disks). Apres quelques réglages (fourche RockShox SID XC) et changements (tige de selle plus longue, potence plus relevée, selle Flite) pour assurer une position confortable, j ?ai pu enfin découvrir ce vélo deux semaines avant Cassis. Les premières impressions étaient plutôt bonnes mais la course de demain devraient apporter une réponse définitive à la question fondamentale : « Alors ce bike, c ?est de la bombe ? »

J ?allume le Flame !

Dimanche matin, 8:00, salle de restaurant de l ?hôtel. Petit déjeuner copieux, le départ de la course est à 11:00. Un coup d ??il par la fenêtre, le ciel est d ?humeur maussade mais il ne pleut pas. C ?est déjà ca. 10:00, échauffement entre Cassis et Roquefort la Bédoule. Quelques gouttes commencent à tomber. Tout allait trop bien ! Je regarde le Mosquito monté à l ?arrière et adresse une prière désespérée et conjointe à Albert Simon et Alain Gillot-Pétré. Ca a l ?air de marcher, la pluie s ?arrête. Mon pneu m ?apparaît soudain plus sympathique.

J ?approche alors de la zone de départ et évalue les forces en présence. Plusieurs catégories se bousculent : les intouchables d ?abord (on les reconnaît à leurs maillots recouverts de sponsors), ils roulent pour des teams de constructeurs tels que Lapierre, Bianchi (une armada impressionnante de 25 pilotes), Specialized et Orbea. Viennent ensuite les teams de club : Egobike, Sunn69, Veloroc ? Cela nous donne une soixantaine de pilotes placés en pré-grille. Viennent ensuite les « jambes-rasées ». Coureurs de clubs de niveau national ou régional, plus ou moins ambitieux et agressifs (souvent en fonction de leur âge) et regroupés dans la première vague. C ?est là que je me trouve. Pour l ?âge et les jambes : no comment !

Et puis il y a les autres, tous ceux qui viennent pour se faire plaisir, pour se faire mal, pour se dépasser ou dépasser leurs copains. Bref, ceux qui sont l ?âme des courses de XC. Les purs, les méritants. Ceux qui vont passer cinq ou six heures sur leur vélo. Ils rentreront perclus de crampes, ils finiront à la nuit, alors que le podium sera déjà démonté et les champions seront douchés et repartis chez eux.

11:00 : Départ

Au moment ou je clipse le pied gauche, je sais que c ?est parti à fond pour plus de trois heures. Première surprise, malgré les quelques gouttes du matin, le parcours est très poussiéreux. Les premières descentes se font dans un nuage gris impressionnant. Cinq kilomètres après le départ, j ?ai déjà l ?impression que le Flame est un bon vélo. En effet, je reste dans le rythme (aux alentours de la soixantième place) sans avoir vraiment l ?impression de forcer. Cet excellent rendement va se confirmer tout au long de la course. Je profite des longues cotes assez roulantes pour mettre sur la plaque (grand plateau) alors que la plupart de mes adversaires se contentent de l ?intermédiaire (ceux qui roulent à mon niveau bien sur, à l ?avant, les pros emmènent des développements monstrueux).

Le parcours est moins cassant que l ?an dernier (moins de cailloux), cependant la très grande descente dans le canyon aux environs du 25eme kilomètre est toujours là. Un régal de technique, avec en particulier quelques marches impressionnantes. Tout se passe bien pour l ?instant, je perds quelques places mais conscient de mes limites je n ?insiste pas. Peu après la mi-course, je sens qu ?il est temps de se calmer. Les crampes ne sont pas très loin. Comme le disait Bernard Hinault : « On ne transforme pas un âne en bête de course ? ». Même avec un Commencal ? Dommage.

Tout se passe bien, à part une petite chute de rien du tout pour cause de tentative de passage à l ?intérieur d ?un gars qui était déjà à l ?intérieur ?

14:00 (environ) : Arrivée

Tiens, mais c ?est déjà la ligne d ?arrivée ? 3h17 ? J ?avais mis 4h05 l ?an dernier ? Le vainqueur aussi a été plus rapide : il a mis 20 minutes de moins qu ?en 99. Le parcours était effectivement plus roulant. Ca donne une 77eme place. Pas mal, mais il faut dire que je sentais derriere moi, l ?appui de toute la communauté virtuelle VTT et plus particulièrement celui des gourous de VTTnet (Roudou et Ph. Baumel), c ?est vrai que maintenant je me sens moins seul sur le vélo ?

Pour la suite de la saison : Sésame VTT près de Montélimar (115 km), 2 ou 3 manches de la coupe de France de XC (Ménuires, Roc d ?Azur et peut-être Orcieres-Merlette), le GRC en août et quelques épreuves sur route au milieu de tout ca pour travailler la puissance.

Alors, à bientôt pour de nouvelles aventures ?



Auteur - JP Renaud




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