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  Test : Cannondale Gemini


(30/10/2002)

<REP|SITE/2002/gemini>

Le spad

Avec le Scalpel pour le x-country pur et dur et le Jekyll pour le xc marathon, de toute évidence il manquait chez
Cannondale un modèle de Freeride. Pour combler cette lacune, le Gemini est sorti en 2002. Résolument plus typé
descente que le Jekyll, il n’en est pas moins positionné comme un vélo polyvalent, l’Outil adéquat pour rider aux
Portes du Soleil. Bref, nous voilà avec un spad prêt à concourir en catégorie Stock. Comme sur tous les
Cannondale, l’ossature du cadre est basé sur un alu maison 6061-T6 et un gros monopivot assure l’amortissement
arrière nous garantissant fiabilité et rigidité, épaulé en cela par un maousse bras dont la forme ’banane’ évitera
de nombreux chain-sucks !

Les testeurs

- Pilote polyvalent, Stéphane qualifie son niveau de "débrouillé". Il aime autant les petites randos du dimanche
matin en Alsace que des courses longues distances marathon ou encore quelques bonnes journées sur des PPD(*). Son
style de pilotage, quelque peu agressif, ne ménage pas le matériel. Tant mieux, le Gemini est le type de vélo qui
doit pouvoir tout encaisser sans broncher. Il roule habituellement sur un Yeti Arc, un Cyclecraft CSP et tous les
vélos que l’on veut bien lui prêter.

- Ancien crosseur invétéré, Tom2 s’est converti à des pratiques plus ’extrêmes’ depuis son installation en
Haute-Savoie. Ses terrains de jeu habituels sont les chemins techniques qui parcourent les sommets et les pistes
permanentes de descentes des Portes du Soleil. Tombé amoureux de la montagne, il a développé un goût prononcé pour
les longs portages en quête de LA descente mythique (qu’il cherche toujours). Sa monture habituelle est un Scott FX1 2002.

- Tom est un sportif complet. Vététiste, raideur, spécialiste de l’orientation, la nature est son terrain de jeu.
Habitué des sorties entre internautes, il a testé de nombreux VTT et peut ainsi juger pertinemment la qualité d’un vélo. Il roule habituellement avec un Décathlon 640 (hors d’âge, mais équipé d’un magnifique dérailleur EGS Upcage flambant neuf et desormais d’une potence Syntace)

Examen statique

Le premier point qui saute aux yeux pour un connaisseur de la marque, c’est la proue ! Exit la fourche maison
Lefty que l’on voit pourtant équiper les Gemini de dual-slalom d’Anne-Caro et de Cédric Gracia. A la place, nous
découvrons une Rock Shox Psylo SL. Au passage, la douille de direction oversize permet, via des adaptateurs, de
passer à une fourche 1 1/8" et même de supporter le nouveau standard OnePointFive ! L’amortissement arrière est
confié à un Fox Float RLC et offre 3 positions permettant 140, 150 et même 170mm de débattement !

Que l’on aime ou pas le look orange et la déco flaming tape à l’œil, force est de constater que la finition est
magnifique et la peinture très soignée.

Pour un modèle de base (à plus de 4000 euros quand même), l’équipement est correct : transmission LX/XT, freins
Louise FR, luxueux ensemble potence réglable/cintre Syntace made in Germany, jantes Mavic X3.1. Seule l’horrible
manette de blocage de l’amortisseur dénote un peu, tout comme le pédalier Shimano (probablement du Deore) dont la
peinture est très fragile, mais le fonctionnement global reste bon.

Nous avons été étonnés par l’absence de blocage rapide pour la tige de selle. Explicable par le gain de poids sur
un vélo de XC, cette absence est pénalisante sur le Gemini. C’est d’autant plus dommage car les ingénieurs de
Cannnondale ont eut la bonne idée de laisser la possibilité de descendre la selle. Beaucoup de constructeurs de
cadres de freeride auraient avantage à s’en inspirer. A ce sujet, nous avons testé la tige de selle Hurrycat
Freeride sur ce vélo, elle y a tout à fait sa place et a emballé nos testeurs.

Il est à noter que la forme du cadre rend impossible tout portage sur l’epaule : reste à se charger comme un mulet avec le velo sur le dos ou à jouer à l’équilibriste. Dommage pour un vélo principalement destiné à la
montagne, où la marche à pied est fréquente.

Le choix de pneus tubeless sur un vélo de freeride est discutable, d’autant que les Continental vertical 2.3
d’origine sont loin de faire l’unanimité. Les crampons centraux sont vraiment trop peu épais, même si l’accroche
latérale est correcte. Une paire de gros Hutchinson Alligator aurait été unanimement appréciée.

La présence d’un amortisseur à air peut elle aussi étonner, ce vélo à tendance freeride présente en fait presque un équipement de xc.

Certains passages de gaines sont perfectible car ils abîment le cadre. A revoir donc. En revanche, on notera la présence
d’origine, des points de fixation pour un système anti-déraillement.

Enfin, le poids de 14kg est conséquent, mais pour un vélo de ce type cela reste une bonne valeur.

En selle

Pas si vite !!

Avant de chevaucher l’engin, son utilisateur devra choisir entre plusieurs débattements à l’avant et à l’arrière,
deux angles de direction, plusieurs positions du cintre et les multiples réglages des suspensions. Cette grande
adaptabilité ravira sans doute les techniciens qui se retrouveront avec plusieurs vélos en un, mais elle déroutera les pratiquants peu enclins à la mécanique. Une fois le vélo bien réglé en fonction du terrain, on peut enfin rouler.

Dès les premiers tours de roues, on est bluffé par la rigidité de l’ensemble. La construction en X du cadre et le bras oscillant body buildé y sont sans doute pour quelque chose. En durcissant les suspensions (ce qui se fait en un tournemain, grâces à la commande de l’amortisseur sur le cintre et la manette de la Psylo), le rendement est étonnant pour un tout suspendu. En choisissant un angle de direction fermé, on se croirait presque sur un vélo de cross country. Malheureusement, dans les montées, toute tentative de relance est rapidement calmée par le poids conséquent de l’engin.

En terrain technique le vélo fait preuve d’une excellente maniabilité et d’un bon équilibre, mais la position très
haut perché n’est pas faite pour rassurer. C’est dans les descentes plus rapides et cassantes que le Gemini est à
son aise, son excellente rigidité permet de le placer au centimètre près. Les suspensions à grand débattement gomment parfaitement les obstacles. Revers de la médaille : même avec un angle de direction couché, sa grande précision pardonne peu les erreurs de trajectoires. Encore une fois la qualité de la suspension est là pour avaler
les obstacles mal négociés. Il reste cependant un vélo à réserver aux pilotes expérimentés.

Juste un mot sur la fourche Psylo SL qui est très rigide et précise mais n’a pas la douceur de fonctionnement ni
la fiabilité d’une Marzocchi à ressorts.

Les conditions du test

Nous avons testé ce vélo pendant trois semaines dans les montagnes de Haute-Savoie. Des longues ascensions sur
chemins roulants aux pistes de descente, par beau temps ou sous la pluie, tout y est passé. Tom2 l’a promené en
rando pendant 3 semaines, Stéphane à fait le parcours de la Freeraid avec et Tom lui a fait faire le tour des
Portes du soleil ainsi que quelques descentes dans les PPD lors du Dhnet.

Conclusion

On le croyait exclusivement destiné à la descente et au Freeride extrême, le Gemini dans cette configuration est
en fait un vrai vélo à tout faire. Aussi bien capable de s’aligner au départ d’une Mégavalanche que de transporter
son pilote sur de longues randonnées en montagne. Il a juste quelques kilos en trop pour prétendre s’aligner dans
la catégorie des crosseurs à grand débattement. Avec une monte pneumatique plus light, il serait une bonne monture
également pour des courses longue distance en terrain cassant comme la Transmaurienne ou la Transvésubienne. Pas
ridicule en montée, il permet de vraiment se lâcher en descente et de gagner du temps dans les sections où çà
tabasse. C’est le vélo rêvé pour ceux qui roulent souvent en montagne et aiment tâter de la PDD de temps en temps.

Le gros point faible vient de l’équipement qui n’a pas résisté longtemps à une pratique extrême. La fourche qui
perd 50% de son débattement (le réglage de détente à apparemment rendu l’âme), le blocage d’amortisseur
qui ne bloque plus rien, les freins à disque Magura Louise qui prennent l’air et chauffent, les pneus tubeless qui
crèvent souvent et n’accrochent pas tant que çà, la chaîne cassée... Les accessoires ont rapidement montré leurs
limites en usage intensif. Pour plus de fiabilité, voyez plutôt du coté du Gemini 2000, beaucoup mieux équipé
(freins Hayes, Marzocchi Junior T, jantes Mavic D321, etc...) mais à quel prix ! Il faut dire aussi que cette
version se rapproche plutôt d’un vélo de descente. Sinon le Gemini 900, nouveauté 2003, adopte lui aussi un
équipement revu et semble t’il plus costaud : Manitou Shermann, Fox Vanilla, freins Hayes, ...

Vu le prix très élevé et la fiabilité pour le moins perfectible de l’équipement du vélo complet, on aurait aimé que le Gemini
soit disponible en cadre seul, pour que les vététistes au budget limité puissent se monter un excellent vélo à
coût plus raisonnable avec des accessoires éprouvés.

Il est donc indéniable que Cannondale a sorti là un merveilleux vélo dont la polyvalence n’a rien à envier au Jekyll pour une pratique plus "musclée". Taillé pour la pente, il est un choix idéal pour les amateurs de descentes marathon grace au subtil dosage entre débatement, ammortissement et qualité de relance. Un pilote plus sage appréciera d’avoir en mains un remarquable free-rider, apte à l’emmener faire "monter la pression" sur les ppd, et ne dédaignant pas se muer en un honnéte randonneur au besoin.

Caractères marquants

- Points forts : Rigidité, Maniabilité, Polyvalence, Multiples réglages.

- Points faibles : Prix, Accessoires fragiles en usage intensif.

Quelques liens

- Cannondale home page
- Galerie photo du test

*PPD : Piste Permanente de Descente.
(c) PlanetVTT octobre 2002



Auteur - RouelibrE - Steph’




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