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  Test : Whyte PRST1


(20/09/2002)

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VTTnet n’a pas hésité à envoyer un de ses plus fin limier à l’autre bout de la planète pour vous faire bénéficier d’un test hors du commun. Dépaysement assuré avec le Whyte PRST-1 sur les single tracks d’Arizona !

Alors que les critiques fusent sur certaines marques qui reprennent à leur compte des géométries de cadre
d’autres constructeurs, la société Whyte se distingue par un design novateur qui a pour but déclaré l’efficacité
des suspensions avant toute chose.

Le résultat est pour le moins surprenant et le PRST-1 ne ressemble à aucun
autre vélo.

Si la société anglaise Whyte n’est actuellement pas très connue du grand public, elle n’en est pas moins très
impliquée dans le monde du VTT. En effet, c’est elle qui a développé la suspension monopivot de Marin. Les
ingénieurs de Whyte travaillent également à l’élaboration de suspensions dans le domaine de la F1. Il s’agit donc
là de deux bonnes références qui laissent à penser que le travail réalisé sur le PRST-1 soit de qualité.

Ce vtt a été essayé pendant une semaine sur les sentiers de la région de Tucson dans le sud de l’Arizona. Test courte durée mais intense puisque rien ne lui aura été épargné : désert de sable par 40° ou sentier de
montagne avec épingles et rocaille.

Examen statique

Il y en a des choses à dire rien que sur l’aspect extérieur de ce vélo. Tout est original.
Commençons tout d’abord par le triangle arrière. On pourrait penser qu’il s’agit d’un simple monopivot, mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit que celui-ci entoure le boîtier de pédalier. Ce design est sensé apporter plus de rigidité à cette section qui est souvent le maillon faible des tout suspendus.

Dans la même optique d’une plus grande rigidité, les serrages rapides ont été revus. Il s’agit d’un
mariage entre un axe de 20mm et d’un serrage rapide conventionnel. Un peu à l’instar de ce que Marzocchi avait
réalisé avec son QR20+. N’importe quel moyeux avec un axe normal peut s’y fixer grâce à deux tubes creux
adaptateurs. Une patte vient alors enserrer ces tubes et un rabat articulé ferme le système. Si cela fonctionne
correctement, la forme et très "brute de fonderie" et peu ergonomique.

Mais là ou les ingénieurs de Whyte se sont vraiment libérés, c’est sur la fourche. Baptisée "Plus Four",
il s’agit d’un parallélogramme déformable mais qui comporte de grandes différences par rapport à ce qui existe
ailleurs. Nous connaissons les systèmes Look-Fournales ou Hurrycat Vorace
mais contrairement à ces dernières, la fourche et le cadre ont été conçus comme un tout et il n’est pas possible
de dissocier l’un de l’autre. On se rapproche plus du système Télélever que BMW a adapté avec plus ou moins de
succès de ses motos à ses vtt. Mais, encore une fois, ce dernier système mixe un parallélogramme déformable avec
des fourreaux-plongeurs ce qui n’est pas le cas de la Plus Four. Ici, la douille de direction est percée de part
en part pour accueillir un axe de rotation et le pivot inférieur est monté sur un roulement sphérique puisqu’il a
besoin de deux degrés de libertés.

Si cette fourche a été dessinée c’est pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, les concepteurs ne
trouvaient pas sur le marché une fourche travaillant en harmonie avec la suspension arrière. Ils voulaient
également plus de rigidité et un angle de direction qui ne varie pas lorsque la fourche est enfoncée. Afin de
réagir sur les plus petits chocs, la Plus Four imprime une trajectoire en forme de J à la roue avant, la faisant
d’abord reculer avant de monter.

Deux points négatifs sont cependant à noter : les points de pivot qui sont au nombre de 6 ! Espérons que
les roulements et buselures soient de qualité sans quoi, la prise de jeu risque de devenir un calvaire. Ensuite,
les montants de la fourche peuvent venir toucher et donc endommager le bras inférieur en cas de braquage à plus
de 90°. Cela ne se produit pas lors d’une conduite normale mais pourrait survenir lors d’une perte de
contrôle.

Sachez enfin que l’ossature est presque entièrement réalisée en feuilles d’aluminium 6061 T6 de 1,2 mm
d’épaisseur. Embouties puis soudées pour réaliser des caissons fermés, chaque coque comporte de nombreux cordons
de soudure dont la finition montre le soin apporté à la réalisation de ce vélo. La légèreté est au rendez-vous
avec un vélo entièrement monté à 11.8 kg.

Pour finir, le derme du PRST1 est réalisé par anodisation, procédé beaucoup plus résistant qu’une
peinture classique.

La dynamique

Un simple réglage de la hauteur de selle m’a permis de me sentir complètement à l’aise sur ce vélo. C’est
bien souvent signe d’une géométrie réussie. J’ai trouvé la position très polyvalente. Le guidon relevé redresse
le buste pour ne pas plonger dans une assise trop cross-country, mais l’on reste suffisamment sur l’avant que
pour avoir une bonne efficacité au pédalage. La légèreté se fait bien sentir et c’est un plaisir d’emmener cette
machine dans les côtes.

Vu la nature des terrains rencontrés (rocailleux) et la pratique envisagée (ludique), j’ai réglé les
suspensions assez souples. Avec une précontrainte importante, le vélo ne paraît pas tellement haut lorsque l’on
monte dessus. Bien entendu , dans cette configuration, les suspensions sont très actives sur les petits chocs
mais également au pédalage. on peut les voir s’enfoncer lorsque l’on donne des accélérations. Néanmoins, il n’y
a aucun retour dans la transmission (pedal kick back) ce qui démontre que le point de pivot et judicieusement
placé.

Les joints témoins du travail des amortisseurs m’ont montré qu’à chacune de mes sorties, j’ai été en fin
de butée avec les suspensions tant avant qu’arrière. Cependant, à aucun moment, je n’ai ressenti un choc en fin
de course. Cela témoigne d’une excellente progressivité de l’amortissement ce qui est un très bon point pour ce
vélo.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce vélo est sa maniabilité ! Les épingles se passent avec une
aisance extraordinaire. En descente, maniabilité et stabilité sont très sécurisantes et m’ont donné pleinement
confiance pour passer des sections "délicates". Combiné à l’excellent travail des suspensions, cela donne presque
envie de qualifier ce vélo de free-rider.

Le revers de cette médaille est le comportement en montée où la roue avant à une très forte tendance à se
lever et où le moindre changement de direction est très fortement amplifié. Il est certainement possible de
contre-balancer cette tendance en montant un cintre plat et une potence plus longue mais ce sera au détriment de
la descente. A vous de voir.

Deux points sont malheureusement moins enchanteurs avec cette géométrie de cadre. D’une part, le portage
qui n’est pas des plus aisés vu le peu d’espace disponible dans le triangle avant. D’autre part, le
franchissement d’obstacle où la partie basse du triangle arrière (celle passant sous le boîtier de pédalier)
vient régulièrement buter contre ce qui dépasse. Cela permet sans doute de protéger le grand plateau mais, à la
longue, cela risque d’endommage cette partie qui, heureusement, semble très résistante.

Je n’ai eu aucun problème avec les périphériques. La direction n’a montré aucun jeu. Sans la moindre
présence de boue, les freins se sont comportés d’une manière exemplaire et je n’ai même pas regretté mes disques
hydrauliques (mais quid dans l’humidité ?). Pas de problème non plus avec la transmission ou les vitesses, ni
changement intempestif ni déraillement. J’ai été agréablement surpris par le confort des grips Ritchey en mousse.

Seul le pneu arrière est à proscrire. Un Continental Twister, 1.9 Kevlar dont les pavés ressemblent un
peu à ceux du Mosquito mais en encore plus petits. Déjà entamé lorsque j’ai reçu le vélo, il n’a pas tenu bien
longtemps et j’ai rendu ce pneu aussi lisse qu’une peau de fesse de bébé. Inutile de vous décrire la traction que
j’ai pu avoir avec un tel "machin". Ceci n’est pas un pneu mais une chambre à air renforcée !

Caractères marquants

- Points forts : maniabilité - suspension - poids
- Points faibles : l’avant se soulève trop facilement - nombreux pivots - distribution

Composition

- Manettes : Shimano XT, SL-M750
- Leviers de frein : Shimano XT, BR-M739-S
- Pédalier : Shimano XT, FC-M751
- Chaîne : Shimano XT, CN-HG92
- Dérailleur avant : Shimano XT, FD-M750
- Dérailleur arrière : Shimano XT, RD-M750
- Cassette : Shimano XT, CS-M750
- Moyeux arrière : Shimano XT, FH-M750
- Moyeux avant : Shimano XT, HB-M750
- Boitier de pédalier : Shimano XT, BB-ES70
- Frein Av-Ar : Avid SD 25
- Jantes : X517 noir, 32 trous
- Rayons : DT Swiss Comp d/butted Black, 1.8-1.6, DT Alloy nipples
- Pneus : Ar - Continental Twister, 1.9 Kevlar. Av - Continental Explorer, 2.1 Kevlar
- Jeu de direction : Aheadset DL 1 1/8"
- Tige de selle : Whyte 27mm x 350mm, Sand blast black
- Selle : SDG Comp Bel Air, rail titane
- Cintre : Easton Carbon, Monkey Lite Rise, 8° d’angulation
- Potence : Whyte 7° d’angulation
- Grips : Ritchey Foam
- Protection de base : Auto-cicatrisante
- Amortisseur Av - Ar : Fox Float R
- Poids (taille 17.5") : 11.800 kg (donnée constructeur sans pédales)
- Prix de vente : 3.200 EUR

Quelques liens

- Whyte home page
- Distribution : Bike-sport : 0031/412-65.69.70"
- Arizona Bicycle Experts (où vous pouvez découvrir ce vélo)



Auteur - PAB




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