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  Cannondale Jeckyll 4000 SL


(/05/2001)

<REP|SITE/2001/jeckyll>

Sur la toile, la marque Cannondale jouit de l’enviable réputation de fabriquer des vélos de cheminée. Entendez par là que ce constructeur fabrique des vélos si précieux que leur place désignée est de trôner sur la cheminée du salon comme une pièce de collection. Et c’est vrai que Cannondale met énormément de soins dans la finition de ses cadres. Mais un vélo, aussi beau soit-il est aussi fait pour rouler. C’est ainsi que l’espace de quelques semaines, nous avons décroché un jeckyll 4000 SL de son perchoir histoire de vérifier sur le terrain si ce vélo méritait bien les nombreux titres honorifiques dont il a été le lauréat cette année.

Le look

Avec ses tout-suspendus, Cannondale nous avait habitué à produire des cadres au look particulier et avant-gardistes. Avec le Jeckyll, la marque renoue avec une architecture plus classique. Un triangle avant fait de trois tubes d’aluminium. Un puit de selle interrompu pour laisser libre passage à l’amortisseur arrière qui se loge dans un berceau qui fait l’originalité et la spécificité de ce cadre. Inséré dans cette nacelle, l’amortisseur peut être avancé ou reculé modifiant la géométrie du cadre. Opération qui influe sur le comportement dynamique du vélo. En couchant les angles on obtient une géométrie qui accentue la stabilité. En les redressant on favorise la motricité et l’agilité.

Le triangle arrière est à pivot unique. Un gros pivot étanche monté sur roulements industriels placé juste au dessus du pédalier. D’un point de vue dynamique ce n’est pas le choix le plus efficace. Par contre c’est certainement le type d’articulation qui offre les meilleures garanties de fiabilité, de rigidité, et de longévité. Sur le haut du triangle, le passage de roue est très étroit. Il faudra être attentif au bourrage en conditions boueuses ou l’on veillera à monter des pneus de faible section. Inversement il n’est pas possible d’y monter des pneus de très grosse section. C’est bien dommage vu les qualités freeride de ce vélo. Conscient de cet inconvénient, Cannondale à prévu d’y remédier sur les version 2002 du Jeckyll.

A l’avant, nous trouvons la, maintenant célèbre, fourche Lefty Elo (pour Electronic Lock-Out). Une suspension qui ne repose que sur un seul bras au look qui ne laisse personne indifférent. C’est une fourche de type upsd (UP side Down). Son fourreau en carbone vient se fixer dans le double T de fourche tandis que la roue vient se fixer sur un axe de type fusée qui est solidaire du plongeur. En torsion, la rigidité est assurée grâce à une série de roulement à aiguilles longitudinaux qui tapissent l’intérieur de la fourche et qui sont déjà à la base de la réputation de rigidité des fourche de la gamme Fatty du même contructeur. Enfin le sommet de la fourche est munie d’un dispositif électronique commandé par un interrupteur placé sur le cintre qui permet d’en bloquer ou d’en libérer le fonctionnement. Comble du luxe, une led rouge qui au delà de son aspect gadget s’avére bien pratique s’allume sur le sommet du fourreau lorsque la fourche est bloquée.

La transmission est confiée à des composants Shimano XTR avec toutefois des plateux et un pédalier Cannondale. La partie cycle repose sur ges jantes Mavic UST tubeless, et des moyeux Cannondale reliés par des rayons DT. Les pneus Hutchinson Mosquito tubeless qui se sont avéré efficaces tant en conditions boueuses que sèches confirmant la polyvalence de ce pneu qui malheureusement s’use assez vite . Le freins à disques hydrauliques viennent des chez Magura. Le haut de gamme de la famille XC puisqu’il s’agit des Louise. Ces freins offrent une puissance de freinage supérieure à n’importe quel système de freinage sur jante avec en plus une progressivité qui contribue à leur excellente réputation. La selle et sa tige sont de marque Cannondale.

En selle

Régler la tige de selle procure une bonne surprise. La géométrie très peu slooping du tube transversal fait que le puit de selle se révlèle relativement long malgré l’amortisseur qui se fraie un passage en dessous. Cela offre une marge de man ?uvre confortable pour ajuster la hauteur de la selle en fonction du relief. Les freeriders apprécieront. Assis sur la selle on se retrouve loin du sol ce qui a surpris certains de nos testeurs. Le pédalier haut perché est typique des Cannondale tout suspendus. Le cadre est plutôt long et présage d’un vélo conçu pour le cross-country. Une fois les mains posées sur le cintre, on se retrouve dans une positon intermédiaire entre XC et randonnée. Les grips, bien que confortables manquent parfois d’épaisseur et donc de diamètre. Les bikers à grandes paluches devront y remédier. Sur le poste de pilotage, le bouton de commande de la Lefty est à portée d’index. Il est donc possible de l’actionner sans lâcher les grips. Par contre, les amateurs de poignées tournantes auront sans doute plus de mal à positionner cette commande pour l’actionner sans quitter le cintre des mains.

C’est sur les chemins que ce VTT démontre toute l’étendue de son talent. Le cadre d’une rigidité monolithique est servi par des suspensions d’une efficacité redoutable.

A l’arrière, une fois réglé au poids du biker, l’amortisseur Fox s’avère très efficace. Sa course peut être bloquée grâce à un petit levier situé à son sommet. Le man ?uvrer tout en roulant n’est pas toujours aisé si en même temps vous devez être attentif au terrain. Toutefois il ne sera pas nécessaire de le man ?uvrer souvent car il paraît peu sensible au pédalage. Même sur terrain lisse, un biker léger ne constatera pas de différence de rendement que l’amortisseur soit verrouillé ou non. En fait c’est essentiellement en côté et sur terrain roulant que les bikers plus lourds perçoivent un surcroît de puissance si l’on verouille la suspension arrière. Bien pratique lorsque l’on grimpe par la route pour aller chercher les plus beaux sentiers perdus tout la haut au bout d’une longue liaison.

La fourche Lefty Elo est tout simplement magique. Cette suspension influe de manière déterminante sur le comportement du vélo. Elle gomme littéralement le terrain. Les ornières disparaissent, les bosses s’effacent. Le vélo survole le relief. Cette fourche, Grâce à son bras unique et l’usage de carbone et de titane rend l’avant du vélo très léger tout en restant un modèle de rigidité. Dès lors, la direction reste agile et précise dans les zones trialisantes ou lever la roue est très aisé. A l’aise elle l’est aussi dans les successions de bosses prises rapidement. La roue avant reste rivée au sol, et la tenue de cap reste insensible au terrain. C’est bien simple, nous avons atteint les limites des bikers avant celle de la Lefty tant son potentiel semble inépuisable.

En zones roulantes les testeurs n’hésitent pas à abuser du bouton de commande de verrouillage électronique de la lefty. Au bout de quelques heures ce geste devient naturel. Avec ce vélo, vous disposez du luxe suprême de transformez en quelques secondes un confortable vtt tout suspendu en un vélo rigide prêt à bondir au moindre coup de pédale.

La transmission est confiée au groupe Shimano XTR qui ne souffre aucunes critiques. Le pédalier à deux plateaux associés à la cassette neuf vitesses offre une large palette de rapports, mais certains testeurs restent un peu sur leur faim. Parfois il manque une ou deux dents de marge sur les petits développements lorsque la pente se fait raide, et la transition d’un plateau à l’autre se solde par un écart de dévelopement important. Il faut une certaine dextérité de la part du pilote pour man ?uvrer simultanément les deux dérailleurs afin d’obtenir une progression homogène lors des changements de plateaux.

En conclusion

Le Jeckyll est assurément un vélo qui ne laisse personne indifférent. Nos testeurs on tous reconnu l’étendue de ses qualités alors même que leur pratique est très éclectique. Ceci démontre un élément clé qui caractérise ce vélo. Sa très grande polyvalence. Le Jeckyll sera tout aussi à l’aise sur les terrains roulants que sur les pistes cassantes. Efficace en montée il sera tout aussi à son affaire en descente rapide ou technique. Bref un vélo à tout faire qui se plie docilement aux souhaits multiples de ses utilisateurs.

Avec ce VTT, Cannondale démontre qu’il est possible de proposer un vélo qui peut être très bon partout. Toutefois ce florilège de superlatifs à un prix. On ne peut malheureusement pas avoir le beurre et l’argent du beurre. A plus de 5700 Euros l’exemplaire, il sera nécessaire de faire valoir des arguments que cet article ne peut apporter pour emporter la décision.

Pour en savoir plus surfez sur le site de la marque : http://www.cannondale.com
Voir aussi notre album photos : Test Cannondale Jeckyll 4000 SL
Nous adressons nos remerciements à Dominique Montaggioni et aux cycles Gabriël pour leurs conseils et leur assistance technique.



Auteur - Roudou




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