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  La capote du vététiste


(13/04/2005)

Il y a quelques temps, un ami à moi, déacheu à ses heures et ancien du bmx m’envoyait un gros coup de gueule récolté sur la toile. Il s’agissait d’un très long plaidoyer pro-domo d’un dénommé JHC, rédac’ chef du magazine BMX AIR.

Il faut dire qu’il avait de quoi en écrire des tonnes le JHC en question, vu qu’il s’était fait descendre en flamme grave au motif que, responsable de l’édito de son journal, il avait osé émettre une légère critique. Trois fois rien, une broutille…

Il avait juste osé soulever un doute quand à un article paru dans un autre magazine de bmx. Celui-ci était consacré à la gloire d’un rider qui, lors d’un saut d’une quinzaine de marches, avait effectué une très belle réception faciale, lui permettant de visiter les urgences et d’hériter de 16 plaques de titane dans le visage ainsi que de 3 mois de vacances forcées. Tout cela juste pour avoir oublié qu’un casque se conjugue aussi à la mode intégrale pour ce genre d’exercice et que la protection c’est pas fait pour les cochons. Tout ne serait pas très grave (à part pour le récipiendaire…) si l’article critiqué ne faisait pas de cette chute une sorte de titre de gloire, de quartier de noblesse du bmx… « du TF1 mélangé à du Paris Match » dixit JHC.

Et voilà qu’à la publication de cet édito, tout le petit monde du Bmx, du moins celui qui se reconnaît dans les pratiques urbaines ’hardcore’, se lève et cogne à force de forums et autres mailing-listes sur ce pauvre JHC, qui n’en demandait pas tant, le clouant au pilori au motif que le bmx, le seul, le vrai, le pur et dur, c’est celui des p’tits gars qui rident le calcif’ et la toison crânienne au vent…no risk, no fun Man !!!

Bien sur le bmx ce sont ces petits machins sans suspattes avec des petites roues et qui n’ont rien à voir avec ce que le vététiste moyen, fût-il streeteur, a l’habitude de rider. Mais ce serait d’abord oublier que les plus grands du vtt viennent souvent de là. Ce ne sont pas les Deldicke, Chausson et autres Gracia qui vont me dire l’inverse. Et puis surtout, plus le marketing segmente les pratiques, plus le pratiquant tend des passerelles entre celles-ci. Le street n’est t’il pas le fils illégitime entre le bmx, le trial et le vtt ?

Et à tendre des passerelles on mélange les genres, on partage des expériences mais on exporte aussi les mauvaises habitudes. IL y a encore 2 ou 3 ans on ne parlait dans la presse VTT que de compet’ de Xc genre « soit fort, allége ton vélo, tu es un champion ». Aujourd’hui c’est plutôt « soit libre et ride, tu es un rebelle ». C’est ainsi que dans la presse VTT cette fois, on peut voir de plus en plus souvent des reportages sur tel ou tel champion du guidon, roi du bitume version free-ride ou street, qui pose en nose-wheeling ou en superman au-dessus d’une bouche de métro…sans protections, voire parfois même sans casque ! Dans les compétitions internationales certains s’offrent même le luxe de rouler avec comme seul protec’ leur petit corps musclé délicatement recouvert du maillot de l’équipe nationale (encore heureux que l’intégral est obligatoire !). Je ne parle même pas de la route, dont certains pelotons se sont fendu d’une grève (si, si…) pour protester contre le port obligatoire du casque pendant les épreuves !!!

Imagine t’on un magazine automobile faisant l’apologie du petit pastaga au volant ? Et des pilotes de rallyes fonçant dans leurs monstres de plusieurs centaines de chevaux sans harnais et sans casques ? Pourquoi pas des pompiers en tutu savonnés à l’essence tant que l’on y est ???

A une époque où les vtt ont de plus en plus de débattements et permettent de se lâcher même si on est une cyclo-courge, où un enduro millésimé 2005 a les mêmes capacités qu’un vtt de DH d’il y à 4 ans, qu’un vélo de Xc présente un débattement de 100mm, où l’on peut accéder à des bikes park un peu partout, il est temps de faire aussi l’apologie du « sécuritairement correct » et de ne pas se laisser aller au mythe du rider sauvage, les cheveux aux vents et la balafre en bandoulière. Les protections ca existe et un casque intégral se trouve à des prix des plus raisonnables et tant pis pour "les puristes" et les moqueurs. Il vaut mieux avoir un petit niveau, porter des protections et passer pour "con" de frimeur que de se gauffrer à vide et de le prouver...que l’on est con.

La chute, la grosse bien saignante, ne sera jamais un titre de gloire. La gamelle c’est le sida du vtt…alors sortez couverts.



Auteur - P-à-R




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