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  Un brésilien dans les Vosges


(/11/2000)

<REP|SITE/2000/Savio>

Voici un récit de rando, qui est aussi celui de la découverte du VTT par un novice. En plus de découvrir le VTT, Savio, qui est Brésilien, découvre les Vosges et se révèlera être un vrai spécialiste des épingles.

INTRO

Tout ca avec un velo tout suspendu de énième main, d’origine mysterieuse, équipé d’une vieille fourche RST : de quoi ruiner toute campagne de pub vantant les mérites de tout-suspendus aux tubes aussi surdimensionnés que le prix ! Loins les tenues moulantes et assorties, loins aussi les shorts freeride et casques intégraux : un simple short, un anorak et pas de casque (ce qui je l’avoue est une erreur). 2 versions : celle d’un vttiste transfusé au singletrack vosgien, et celle de Savio.
"Alors, je vous écris pour vous raconter une histoire qui s’est passée le samedi, 4 novembre 2000 quant j’ai decouvert un sport et un endroit que je ne connaissais pas avant et qui vient de devenir ma passion. Comme j’ai toujours aimé faire des sauts et des petits trucs avec mon velo, naturellement j’ai choisi un VTT comme vélo quand je suis arrivé à Mulhouse. Par contre, je n’avais jamais essayé de faire une bonne descente dans un chemin plein de difficultés et complétement inconnu pour moi."

LE LIEU DU CRIME

Où ca ? Dans les Vosges, du côté du Ballon d’Alsace et plus précisement la vallée de Masevaux. Apparté pour ceux qui se demandent d’ailleurs comment appeler cette region : est-ce les Vosges, l’Alsace ? A vrai dire, la zone du Ballon d’Alsace est administrativement répartie entre : à l’Ouest la Haute-Saone et les Vosges Haut-Saonoises, au Sud le Territoire de Belfort, le Haut-Rhin et donc l’Alsace à l’Est et enfin les Vosges au Nord. Géographiquement, pas de doute, ce sont bien les Vosges : les 500m de denivellé entre fond de vallée et crêtes, les singles tapis d’un mélange de feuilles et d’aiguilles, les vues sur les Alpes direction plein Sud sont là pour le confirmer.
En effet, cette vallée étant un repère de belles descentes à épingles, ce qui n’est plutôt pas courant pour cette région qui préfère les sentiers de crêtes ou les longues pistes forestières à flanc, le choix s’est porté sur elle ce matin la. Au menu, l’exploration d’une nouvelle descente prometteuse, conseillée par un local. Pour un premier contact avec le VTT, c’était sans-doute un peu osé d’emmener Savio dans un tel coin sous la pluie, car d’après la carte, le denivellé s’annoncait plutôt rude.

LA MONTEE

Départ sous la pluie au pied de l’Eglise de Sewen à une altitude de 500m, avec l’ambition de monter jusqu’à pres de 1000 sous la Fennematt pour essayer quelques belles epingles. Après 10 minutes sur une route forestière tranquille et chemin large à la pente parfois fort redressée qui fait chauffer les mollets, la fin se transforme en un bourbier et oblige à pousser alors que le temps est toujours aussi execrable : pas grave, l’enthousiasme est là ! "Tout a commence le samedi matin quand notre ami Thomas, m’a invité pour essayer. J’ai mis mon vélo dans le train et suis parti le rencontrer. Nous sommes arrivés dans un petit village qui s’appelle Sewen, on a laissé la voiture et nous avons commencé à monter les Vosges. Il pleuvait et, comme je ne suis pas trop en forme, la montée a été longue et même un peu penible pour moi mais, quand même, j’ai pu profiter du paysage de la montagne qui n’est pas familière pour moi (j’ai oublié de dire que je suis brésilien et que je suis là pour faire une partie de mes études)."

LE SOMMET

Arrivés au col, on remonte quelques épingles en poussant sur 75m de deniv : elle serviront de terraîn d’entraînement avant d’attaquer la vraie descente. Au sommet, on admire vite fait le fond de la vallée en contrebas au travers des nuages, puis qq conseils pour le passage des épingles et on se lance sans attendre, car l’onglée se rappelle à notre souvenir.
"Quand nous sommes arrivés en haut, Thomas m’appris quelques techniques de contrôle pour pouvoir mieux passer les épingles, et aussi quelques normes de sécurité (il faut remarquer que j’avais pas de casque). Pour commencer, nous avons fait une petite descente juste pour me donner une petite idée de ce qui nous attendait. La vraie descente a commencé et malheureusement, Thomas a cassé son derailleur. On a demonté la chaine pour qu’il puisse continuer la descente et là j’ai pu voir vraiment tous de bon que l’assemblage nature, sport et vitesse puissent proportionner."

LA DESCENTE

C’est vrai, j’ai eu de la chance de casser au sommet de la descente plutot qu’en pleine montée. Mon derailleur a du prendre peur en voyant ce qui l’attendait !? En effet, le superbe singletrack, serpentant dans les bois, révèle un premier passage tres raide entre les rochers, que nous n’osons affronter sous la pluie. Pour ma part, c’est à la limite plus facile à negocier que les petits passages de relance ou les cailloux à passer, où je mouline dans le vide : "Mon royaume pour une transmission !". Petit à petit, Savio passe de plus en plus proprement les épingles, dont même certaines franchement raides et parsemées de racines humides : pas d’apprehension, il se lache et ca passe ! Je suis soulagé, j’avais peur que la descente soit trop chaude pour lui et de le degouter : au contraire, j’en ai fais un converti !
"Toutes les courbes, les pierres, la boue associés au paysage et à l’adrenaline de la vitesse ont proportionné une super journée de VTT et à la fin, j’ai realisà que le VTT est mon sport pràfàrà. Voila, c’est mon histoire et j’espère bientôt vous contacter pour envoyer des nouvelles du VTT au Bresil."



Auteur - Thomas Lissajoux - Savio




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