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  La Buiscyclette 2005


(15/05/2005)

Quand l’hiver a décidé de prendre son temps pour se retirer, quoi de mieux qu’un week-end en Provence pour faire le plein de soleil et se regonfler le moral ?
C’est justement l’invitation que proposait la Buiscyclette en ce dimanche 1° mai.
Pour Vttnet, Stéphane, Franck, Philippe et Thomas nous rapportent un compte-rendu gorgé de soleil.

La Buiscyclette est un évènement à part ; de ceux qui ont su réaliser l’alchimie entre convivialité, solide organisation, implication de tout un village, animations autour de l’évenement, le tout dans des paysages dont tout vttiste rêve.

Pour cette 10° Buiscyclette, 5 parcours vtt étaient proposés, du 10 kms de découverte au 80 kms avec 3000 m de dénivelée positive avec rien de moins que le Mont Ventoux à franchir…. Ajoutez à cela 2 parcours sur route, deux randonnées pédestres organisées par le club des marcheurs locaux, une garderie ouverte spécialement pour l’occasion et vous obtiendrez tous les ingrédients pour satisfaire un très large public.

Et c’est précisément ce qui s’est une nouvelle fois produit, avec pas moins de 1400 participants cette année dont 350 sur le parcours des 80 kms. Il faut pourtant être motivé pour se rendre à Buis les Baronnies. Située à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, il faut tabler sur une heure de trajet depuis la sortie Montélimar sud. C’est peut-être cet éloignement qui fait que la Buiscyclette n’a pas encore atteint les records de participations d’une Forestière ou d’un Roc d’Azur. Mais tous les plaisirs savent se faire attendre. Il faut savoir patienter le long des petites routes pour découvrir Nyons et ses productions d’olives, les champs de lavande, Pierrelongue et son église perchée.

Pour celui qui veut profiter de l’occasion pour jouer les touristes, Vaison offre également une possibilité de flâner dans la vieille ville, découvrir les sites archéologiques en offrant déjà quelques panoramas bien alléchants sur les alentours et, bien évidemment le Mont Ventoux

Cyprès, toits de tuiles romaines, couleur ocre sur les murs, pas de doute, nous sommes bien en provence. La chaleur aussi est là qui contraste franchement avec la météo de ces dernières semaines. Adieu la neige sur les sommets, adieu la boue dans les chemins, adieu la pluie qui contrarie nos projets de sortie. A vrai dire, l’acclimatation si soudaine à un mercure qui flirte avec les 30° est presque difficile et on se met à redouter à juste titre des souffrances pour le lendemain, comme si les belles grimpettes qui nous attendent ne suffisaient pas

Dimanche 1° mai, donc, au diable le muguet, ce matin, c’est une cueillette de sentiers qui nous attend. Le départ nous fait emprunter une large piste forestière bien roulante.
Cette option a l’avantage d’étirer le peloton parti en départ groupé sans trop solliciter nos gambettes pas encore tout à fait réveillées. Fort heureusement car ce parcours commence par un échauffement de 12 kilomètres de montée continue pendant lesquels nous grimperons 800 mètres de dénivelé. Heureusement, au bout de ce premier morceau de bravoure nous attend le premier ravitaillement. On en profite pour observer des panoramas grandioses. Comme pendant tout au long de la journée, le Ventoux sera notre toile de fond. On a une pensée pour les forçats du 80 kms qui en feront l’ascension tout à l’heure.

Le pays des baronnies n’est jamais plat. C’est donc après quelques nouveaux kilomètres d’alternance de descentes et remontées bien casse-pattes que nous arrivons vers une nouvelle portion si raide que la poussette ne suffit plus ; c’est le portage obligatoire pour tout le monde. Après déjà 20 kilomètres le morceau est difficile à avaler, d’autant plus que la garrigue bien dégagée à cet endroit nous laisse progressivement entrevoir le long serpent des bikers qui nous devancent. Heureusement nous arrivons progressivement au col de Villevieille, point haut de cette première partie de randonnée et nos efforts sont largement récompensés par une nouvelle vision somptueuse avec, d’un côté le Ventoux omniprésent et les Alpes et les montagnes de l’Ardèche de l’autre.

Quelques monotraces ludiques en sous-bois nous permettent de patienter avant la première grosse descente de la journée. Technique sans être trop raide, selle bien baissée c’est un pur moment de bonheur. Rapide pour Franck et Stéphane, je la prendrai à mon petit rythme pour ma part avec la satisfaction de la passer intégralement sur le vélo.

Encore une fois l’organisation a tout prévu puisque nous arrivons au 2° ravitaillement juste pour nous remettre de nos émotions. Nous nous abritons à l’ombre du château d’Aulan en profitant d’une table copieusement garnie puisque plusieurs circuits passent à cet endroit.
30 kilomètres en 3 heures 1/4, à ce moment, nous tenons à peu près notre objectif de boucler la rando en 5 heures.

Malheureusement, peu après le départ, Franck explose littéralement sa chambre à air . Nous sommes à ce moment dans un singletrack en légère montée sous les pins. C’est le début d’une succession d’ennuis techniques pour Franck dont le pneu arrière s’est visiblement déformé et déjantera à plusieurs reprises.

C’est ainsi que je rejoindrai mes deux compagnons un peu plus loin sur le parcours après le col de la bohémienne. J’en profite pour photographier les alentours. Cette fois, la garrigue a laissé la place à un paysage beaucoup plus austère, à la limite de l’aride.
Stéphane, qui a des jantes tubeless avec des gorges plus profondes, décide alors d’échanger son pneu avec celui de Franck. Cette idée permettra de limiter les arrêts réparation et à chacun de rallier l’arrivée. Encore faut-il trouver le bon dosage de pression dans la chambre à air : pas assez et le pneu n’est pas tenu, trop et il est délogé de la jante.

Voici le dernier ravito ; j’en profite pour recharger ma poche à eau car le soleil tape fort (on verra de nombreux coups de soleil sur les coudes et les avants-bras à l’arrivée). Encore une fois, les tables sont grandement fournies de sucré et de salé. Le plus gourmands peuvent même engloutir quelques sandwiches au saucisson. Côté boissons, nous avons droit à une spécialité locale sous la forme d’un sirop de lavande peu habituel.

Il est bientôt 14 heures, nous reprenons la route sous un chemin caillouteux pour une dernière montée jusqu’au col de la Nible ; Après un nouveau passage de singletracks à couvert s’ouvre à nos yeux la descente finale vers Buis : 800 mètres de D6 en un peu moins de 6 kms, miam !!
Encore une fois, le panorama est magnifique avec une vue sur des roches dentelées qui forment un des plus beaux spots d’escalade du coin.
On profite à plein de cette dernière descente. Pile à mon goût, elle alterne passages techniques et ludiques, le tout sans être trop raide ni comporter de marches infranchissables.

Enfin, nous arrivons à Buis après 6h30, dont 4h45 passés sur le vélo. Compte tenu des ravitaillements, nous avons du perdre une bonne heure en arrêts techniques, mais peu importe. Après tout, cela n’a fait que prolonger ce grand moment de plaisir dans ces paysages splendides sur des chemins fort agréables à pratiquer.

On patiente pour les plateaux-repas avec un petit verre de rosé, on retrouve Thomas, qui a déjà terminé ses 80 kms ainsi que quelques web-connaissances. On échange nos impressions, sur cette rando. Globalement, la fatigue physique s’efface devant la beauté des paysages et la météo a contribué à faire de cette randonnée un week-end qui restera une référence dans les sorties de ce premier semestre.

Quelques liens utiles :

Le site de l’organisateur pour tout savoir

Le site des randonneurs pédestres

Quelques hébergements testés par nos participants :

Le camping des éphélides, juste à la sortie de Buis propose des chalets et mobil-homes bien équipés et au calme.

Le gite du soustet en plein centre du village.



Auteur - Philippe Rossi




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