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  Les 24 heures de l’eau d’heure


(23/06/2005)

Cela faisait des mois que l’on en parlait dans le petit monde du VTT. Laurent Meunier, ancienne gloire du VTT Belge avec à son palmares quelques titres de champion de Belgique en cross country et en descente avait comme projet de créer une course d’endurance de 24 heures. Le lieu de la course n’était pas le plus déplaisant puisqu’il s’agissait du splendide site des lacs de l’eau d’Heure. La liste des sponsors de l’événement finissant de convaincre les sceptiques qu’il se construisait là un truc à ne pas rater pour qui est amateur de vélos à gros pneus.

<REP|SITE/2005/24h>

Un problème de calendrier

Seulement il y avait un gros problème. A l’automne 2004, lorsque le calendrier du club VTTnet avait été ébauché pour la prochaine saison, il avait été décidé de retourner sur le trophée de Crapauds. Une course similaire sur laquelle nos équipes s’étaient déjà illustrées. Or les aléas du calendrier font que les deux événements sont organisés durant le même wekk-end.

Vent de panique, tergiversations, et même pression sur les organisateurs pour tenter de décaler les événements. Les Belges du club plaident pour une organisation qui se déroulent à leur porte, les Français pour un Trophée des Crapauds à l’organisation bien rodée et dont l’immense renommée est parfaitement méritée. Rien n’y fait. A défaut de trancher il faudra déchirer. Il y aura des VTTneteux en Belgique et d’autres en France qui chacun dans son coin pédalera pour gagner son double tour d’horloge.

Former les équipes

Vient ensuite le long travail de consultation destiné à recruter les candidats, former les équipes et décider de la catégorie dans laquelles les engager. Cette année en plus de la liste VTT, il faudra compter avec les utilisateurs du forum VTTnet. Une étape il faut le dire assez floue qui verra recruter large et de manière assez désordonnée. Au final on verra circuler des maillots VTTnet dans quatre équipes mais une seule s’engagera sous le nom du club. Et encore ce nom sera écorché en VTTnot par l’oganisateur.

Les équipes en place il reste à préparer la logistique. Sur un peu plus de 24 heures il faudra s’installer pour participer évidemment, mais aussi se nourrir, dormir, et naturellement se divertir. Soit une nouvelle salve de négociations pour décider quoi emporter et qui s’en charge. Tentes, matériel de cuisine, table, chaises, éclairage, barbecue, nourriture, et bien entendu ces indispensables boissons énergétiques et houblonnées qui font la renommée de la Belgique.

Cette fois faut y aller

Sur place cela commence dès le vendredi soir ou deux éclaireurs se rendent sur les bords du lac de la plate-taile pour humer le terrain et surtout réserver un emplacement pour l’installation du camp de base car samedi matin ce sera une autre histoire avec les quelques 700 coureurs attendus qui chercheront à faire de même. Déjà il y a du monde, et quelques équipes sont déjà bien implantées sur le site. Il est vrai que l’endroit est accueillant, et certains n’hésitent pas à combiner la course avec petit week-end au vert pour le même tarif.

Le samedi les tentes sont montées dès 9h00 le matin. Comme prévu il y a de l’animation partout. Pas trop le temps de trainer. La matinée sera vite passée. A ce moment une petite polémique éclate. Pour chaque équipe l’organisateur a monté une tente à proximité de la zone de relais. Faut-il s’en servir comme centre nerveux de l’équipe ou le maintenir au camp comme planifié. Nous décidons de ne rien décider. On verra à l’usage et nous montons notre grande tente par précaution. Une fois le campement sommairement installé, il faut aller retirer les plaques de cadre dans la grande salle polyvalente qui sert de centre nerveux à l’organisation. Nous en revenons les bras chargés de cadeaux sous forme d’un sac à dos, de deux plaques de cadre par équipe, et d’un transpondeur qui servira pour le comptage électronique des tours de circuit. Il est temps de se préparer pour le tour de reconnaissance.

Le circuit

C’était l’objet de nombreuses spéculations. Le lac de la plate taille est essentiellement entouré de forets, gage de sentiers interessants, et si l’on s’éloigne vers Cerfontaine nous savions qu’il y avait moyen d’aller y puiser du dénivellé. Enfin le terrain argileux prométait d’être bien lourd en cas de météo capricieuse. Fort heureusement, la météo incertaine des derniers jours aura le bon goût de se mettre au beau, et a allumer le ventilateur sèchant du même coup un circuit qui ne sera boueux que sur une trentaine de mètres.

Les bruits de couloirs annonçaient un circuit de 8 km avec du vrai VTT dedans, mais avec peu de dénivellé. En effet, impossible de traverser les routes qui ceinturent le lac pour aller chercher le relief sans créer d’important embaras de circulation. Le circuit doit rester dans la proximité immédiate du lac.

Donc point de grosses montées, ni de descentes d’anthologie. En revanche nous avons droit a un circuit très nerveux qui fait la part belle aux relances musclées. Les virages, les inversions de pente, les petits pièges s’accumulent pour composer un circuit ou l’attention doit être constante, et les changements de rythme incessants. Les rares sections roulantes ou lâcher une main du cintre est possible ne représentent qu’une poignée d’hectomètres sur l’ensemble du circuit. Tout cela contribue à construire une piste à la fois ludique et éprouvante.

Pour qui joue le classement, une bonne connaissance du circuit peu s’avérer déterminante car au fil des tours on découvre des coups à faire dans le choix des trajectoires, la façon d’aborder des difficultés et dans le choix du pignon à engager. Bref de quoi s’amuser.

Le départ

Après un rapide briefing, tout le monde se rend sur la ligne de départ. Cela se passe dans un grande prairie située à proximité du circuit. Les coureurs sont placés en ligne a un bout. Tandis que la monture attends son cavalier à l’autre extrémité. A midi pile le départ est donné, et les 130 coureurs se précipitent pour un sprint de cent mètres afin de rejoindre et enfourcher les vélos et s’élancer sur le circuit.

Ca y est, la course est démarrée, c’est parti pour 24 heures.

Stratégie

Selon les équipes la statégie diffère. Un tour par relais. Deux tours, voire plus. C’est une question de goût, d’effectifs, de potentiel. Pour notre part, nous partons sur base de un tour par relais. Long d’un peut moins de 8 km, les meilleurs l’avalent en 18 minutes. Notre prestation sera plus modeste puisque les temps de notre équipe oscilleront entre 20 et 26 minutes. Plus tard dans l’après midi, nous opterons pour deux tours par relais histoire de ménager des périodes de repos de 4 à 5 heures entre chaque prise de témoin. Nous reviendrons à un tour dans la matinée du dimanche.

Sur un tableau de marche, l’organisation des relais est scrupuleusement notée. Qui succède à qui. L’heure de son départ, le nombre de tours prévus, et l’heure estimée de son retour de manière à ce que les suivants puissent se présenter au bon moment dans l’aire de relais ou de mesurer le temps libre qu’il leur reste avant d’entrer dans l’arène.

Le passage de témoin peut se faire au niveau des tentes installées par l’organisateur. Mais histoire de grapiller quelques précieuses secondes la plupart des concurents effectuent le relais en bordure de campement court-circuitant la traversée des rangées de tentes. Cela consiste à faire passer le transpondeur de la cheville de celui qui arrive à celle de celui qui part. Les manips se passent à trois. Celui qui arrive stoppe au plus près de celui qui part tandis qu’un troisième larron se charge de retirer, puis de fixer le transpondeur. Les équipes les plus véloces parviennent à optimiser l’opération en fixant à demeure le transpondeur sur un bidon d’eau. Le passage de témoin consiste alors à s’échanger le bidon. Les plus efficaces arriveront même à réaliser la manip tout en roulant. C’est à chaque fois quelques secondes de grapillées qui au fil des tours se muent en minutes.

Farniente

Pendant que sur la course la bataille fait rage, dans le campement la vie s’organise parmis la petite communauté des coureurs. Définitivement la plupart des équipe ont installé ou déplacé leur PC course dans les tentes montées par l’organisateur. Et la météo favorable aidant la zone des stands devient vite l’endroit à la mode. Cela devient un souck lorsqu’il s’agit de bricoler les vélo. Ou le café du commerce lorsqu’on rend visite aux teams concurrents qui en profitent pour pénaliser pénaliser leurs adversaires à coup de boissons fermentées. En soirée la zone se transforme en barbecue géant histoire de pimenter agréablement la veillée. Mais aussi en plage lorsque le soleil bien présent invite à la sieste sur la pelouse accueillante. Et cette ambiance très spécifique, est pour beaucoup dans ce qui fait l’immense charme de type de compétition

Nuit d’ivresse

Vers 22 heures tout le monde passe au régime nocturne. Les éclairages sont installés sur les vélos. Lampe frontale, projecteur sur le cintre, et feu rouge arrière. Chacun y va de sa solution perso. De notre côté une chose sera vite comprise. Notre équipement se révèlera faiblard, ce qui nous ralentira et nous fera au bas mot perdre un tour sur nos adversaires directs à l’issue de la nuit. Ce sera un élément essentiel à revoir en vue des prochaines éditions.

Nous organisons nos relais sur base de 2 tours par coureur. Avec 6 coureurs et 7 heures de nuit cela représente grosso modo un relais nocturne pour chacun. Pour la facilité, les relais se font à la tente. L’organisation des roles est affichée. Un coureur rentre, son suivant part. Avant d’aller se reposer, il réveille celui qui doit suivre celui qui vient de s’élancer. Le tableau indique qui réveille qui et ou il dort. Cette organisation laisse une offre 3 à 4 heures de sommeil à chacun et une demi-heure à celui qui se lève pour reprendre ses esprits et se préparer. C’est une période de la course assez particulière. A part le ballet des compétiteurs qui passent, rentrent ou partent, il n’y a plus grand chose qui bouge. Seuls quelques rares noctambules se rejoingent vers le panneaux qui affiche le classement comme attiré par sa lueur rougeoyante. C’est le moment ou l’on se demande ce que l’on est venu faire dans cette galère.

Petit matin blème

Avec le retour du jour les idées noires disparaissent. Il reste toutefois un arrière goût de lendemain de veille que le mauvais café soluble ne parvient pas à effacer. Ce n’est qu’avec le lever du soleil, et la rencontre chaleureuse avec des autres bikers au petit déjeuner collectif offert par l’organisateur que s’envolent les derniers lambeaux de torpeur. Il reste néanmoins les jambes qui accusent les efforts des dernières heures. Allez, plus que 4 heures à tenir.

Les dernières forces dans la bataille.

Ces 4 heures nous pensions les passer en roue libre, comme une fin de longue rando paisible. Cela se négociera au contraire le couteau entre les dents, à fond les manettes, pieds au plancher, volle gaz. Même si le classement n’a plus vraiment d’importance on ne lache rien. On joue le jeu. Il faut contenir ceux qui suivent et miser sur une défaillance de ceux qui précèdent. Les relais sont rénégociés en ce sens. Les trois dernières heures sont intenses, et lorsque sonne midi, c’est avec la satisfaction d’avoir rempli le job au mieux de notre potentiel que nous terminons la course. Et ce sera visiblement pareil pour les autres équipes.

A l’approche de la douzieme heure les bikers sont nombreux à se rassembler autour de la ligne d’arrivée, et c’est sous les acclamations méritée de vttistes qui savent ce qu’ils ont enduré que sont accueillis les vainqueurs de la course.

On fait les bagages

Ca y est la messe est dite. Nous avons fini notre tour d’horloge. Bien fatigué mais heureux d’être venus. Il reste à remballer nos petites affaires, réendosser des vêtements civilisés et à se rendre dans la salle pour la grande scène du podium. On écluse quelques mousses en se racontant les dernières péripéties avant les adieux déchirant, mais avec le regard déjà tourné vers l’édition 2006 de cette épreuve hors du commun.

Epilogue

Avant la course on se posait plein de questions. Maintenant nous avons les réponses et quelques certitudes. Parmi ces dernières celle que si la course des 24 heures de l’eau d’Heure est reconduite elle deviendra vite l’événement à ne pas rater dans le calendrier VTT belge des prochaines années.

Tous les bikers qui étaient présent en étaient conscients, et personne n’a raté l’occasion de féliciter et remercier le sympathique et disponible Laurent Meunier de nous avoir offert ce week-end 100% vtt avec plein de morceaux de bonheur dedans.

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Auteur - Roudou




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