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  Tribe 10000 - 2 et 3 Juillet 05


(23/07/2005)

Chez VTTnet on aime la polyvalence. On y trouve tous les styles de pilotes. Il y a des randonneurs bucoliques et d’autres qui préférent un vtt plus épicé. Francky est de ceux-là, il aime à se frotter au chrono. Avec humilité et générosité. Forcément une organisation comme les Enduro Series, mélant pro-riders et amateurs, organisation sans faille et parcours nickels, single de rêve et chrono, ne pouvaient que l’attirer.

Premier enduro de la série.

"Cette course, je l’attends avec impatience. Le site vantant sans modération la dénivelée et les singles de rêve, j’avais hâte de voir ce qu’ils allaient nous proposer !

Petit préparatif avant de partir car j’ai ma patte de dérailleur cassée et je dois faire une réparation de fortune avec une plaque d’acier soigneusement limée et une vis pour obtenir une patte qui tienne à peu près la route.

1ère étape, environ 5 kms pour 1000m de dénivelée négative. Nous la ferons 3 fois durant la matinée.
La montée se fait par 2 télésièges assez rapides par rapport à ce qu’on avait constaté dans d’autres stations. Là-haut, le panorama est somptueux et on a le temps de l’apprécier en attendant son tour. Le départ se fait par numéro de plaque toutes les 15 secondes.
Mon tour approche et la pression commence à monter. Parcours inconnu, départ à froid, difficile de se mettre dans le rythme surtout que le début est plutôt délicat.
On prend un peu de vitesse sur une piste puis il faut franchir une petite butte sur la droite, qui replonge aussitôt par un virage à 90° à gauche dans de la caillasse. Première surprise, premier virage et première sortie. On continue sur un chemin bien pierreux qui débouche dans un pré avec des petites ruptures qui se succèdent. Ca tabasse pas mal et on se retrouve sur un single étroit en léger devers avec un tronc en travers. Premier OTB. Va falloir que je me calme si je veux finir le WE mais le parcours va s’en charger.
Le single continue, étroit, bien technique, et en légère montée, histoire de faire monter le palpitant. Ca redescend et on enchaîne une belle série d’épingles dans de la terre bien meuble ; un vrai régal.

La deuxième partie est plus rapide. J’en garde un peu car c’est le premier passage. J’arrive quand même à m’en mettre une petite troisième dans une épingle mais rien de méchant. Une glissade un peu trop prolongée…
La fin de la descente serpente dans un pré, avec une butte qui offre un bel appel.
Tout le monde a le sourire après cette première descente, le parcours est vraiment de qualité et très varié.

Dans l’aire d’arrivée, très agréable, les temps de la manche précédente sont affichés.
Ca tourne aux alentours de 10 mn pour les premiers.
On remonte pour la troisième manche de la matinée.
L’ambiance entre concurrents est très sympa. Les visages un peu crispés se détendent en commentant la course et le second tracé qu’on survole en télésiège.
Arrivé en bas, je constate que mon dérailleur se balance pas mal, la vis est légèrement desserrée.
Je sacrifie le grand pignon pour éviter que le dérailleur ne se prenne dans les rayons. Il y a déjà pas mal de casse de matériel et je n’ai pas envie d’en faire partie.
Juste le temps de manger un bout, La quatrième manche s’enchaîne. Pas trop le temps de faire une pause avec le retard pris en début de matinée.

Le début du deuxième parcours est un single à flanc, dans une ornière bien profonde. La vitesse des premiers est assez impressionnante. Le single continue, très étroit, puis on pénètre dans un sous-bois et il s’élargit un peu.
Le chemin vient d’être tracé et de larges virages s’enchaînent dans une terre bien souple. Les appuis sont assez fuyants et tout se passe en glisse. Que du bonheur !

Ce deuxième tracé est un peu plus rapide que le premier ; deux passages délicats à négocier feront la différence entre les premiers et les autres. On rejoint ensuite une large piste avant de se retrouver sur le final dans le pré.
Côté matos, ma réparation tient bon mais souffre et je dois jouer du tournevis entre chaque manche et sacrifier à nouveau un pignon.
5ème manche et déjà pas mal d’abandons. Il y a quelques trous dans l’appel des pilotes.
A mi-parcours, Je relance mais mon pédalier est bloqué. Arrêt en catastrophe pour constater que ma chaîne est coincée sous le petit plateau. Impossible de la remettre. Inutile d’insister je repars, manivelles coincées, pour essayer de limiter les dégâts dans les relances. J’alterne entre : course à coté du vélo et patinette, en soignant les freinages pour garder le maximum de vitesse. Séance réparation et remontée pour la dernière descente de la journée.
Sur le télésiège, j’ apprends quelques détails sur le tracé du lendemain et si les écarts se comptent en seconde aujourd’hui, demain ce sera bien plus conséquent.

Inutile donc de prendre des risques pour gratter quelques secondes. Je pense plutôt à la manière dont je vais fixer mon dérailleur car au bout de 10 minutes, il bouge dans tous les sens et demain les spéciales vont au moins durer 30 minutes. Manque de concentration et petite frayeur. Bien lancé sur la piste, je viens de doubler et me positionne bien à droite pensant attaquer une petite montée sur la gauche, mais j’avais oublié qu’à cet endroit le chemin plongeait sur la droite. Je m’en rends compte au dernier moment et debout sur les freins, je m’engage quand même. Un peu trop vite et je me couche. Je n’aurais pas fait une manche sans mordre la poussière !…

Au classement, les frères Balaud se livrent un duel à coup de secondes.

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Francky à l’entraînement aux Gets

Le lendemain, c’est une autre course qui commence. Avec 4 spéciales d’une durée d’environ 30 minutes, avec du poussage, du portage et de la montée, il va y avoir du changement au classement. Si les gros vélos étaient avantagés hier, aujourd’hui ils risquent de souffrir davantage. Déjà, le départ ne se fait plus à l’arrivée du télésiège mais plus loin, à une vingtaine de minutes, sur la crête. L’approche se termine par un poussage et certains concurrents sont déjà fatigués à l’idée de devoir faire 4 fois la liaison. Les casques intégraux et les Daineses sont mis au placard. Comme la journée d’hier, le temps est superbe et il va faire chaud. Heureusement un vent frais nous rafraîchira toute la journée sur les télésièges. Pour ma part, je garde les protections maximums et tant pis pour les secondes perdues à cause du poids.

Le départ est assez atypique. On descend de la crête pour remonter une butte à peine 100 mètres plus loin, que la plupart des concurrents gravira à pied. De quoi se chauffer d’entrée de jeu. Une descente le long de la crête, très rapide et cassante, puis on plonge en sous-bois sur un petit chemin super ludique. La première partie est bien descendante et les doigts commencent à fatiguer quand on attaque la partie physique du parcours. Une traversée de pierrier suivie d’une montée qui fait bien mal. Ensuite c’est un faux plat montant assez long, suivi d’une courte descente avant de traverser un petit ruisseau et de pousser le vélo sur quelques mètres. Superbe passage en balcon et on bascule du bon coté de la montagne pour rejoindre le final en descente. Single avec de beaux passages, à cet endroit on sait qu’on peut tout donner. On rejoint une large piste avant de se retrouver dans le pré final.
Coté chrono, la deuxième manche sera la plus rapide. La fatigue se faisant sentir dans les 2 dernières spéciales. Le nombre d’abandons étant assez conséquent, ça incite pas mal à piloter avec réserve car la priorité est plus de finir la course que de grignoter quelques secondes.

Petite frayeur rétro-active pour ma part : dernière spéciale, à environ 2 kilomètres de l’arrivée, j’ai le disque arrière qui fait un méchant bruit métallique et je sens de la résistance en relance. Je n’ai rien tapé mais je ne vais pas m’arrêter si près de la ligne. Le saut arrive et je décide de prendre une impulsion plus franche pour le dernier, sans jouer les fous volants. Grosse banane à l’arrivée. Je regarde quand même d’où vient le bruit pour constater que mon serrage rapide arrière était grand ouvert, la roue ne tenant que par les pattes arrières. J’ai eu chaud !...

Le classement final voit la victoire d’Alex Balaud en 2h50’35, Sam Peridy fait une belle remontée à la deuxième place avec un temps de 2h54’35 et Grégory Doucende complète le podium en 2h54’41.

Cette Tribe 10000 était vraiment une très belle course !

Si les autres enduro-series sont du même tonneau, ce sera du grand et du bon VTT…
Certains risquent de pâtir de cette concurrence. Car pour le même prix, aux enduro-series, on a une belle organisation, un balisage irréprochable, une bonne ambiance, un repas le samedi soir, un prize money conséquent, des tops parcours, et pas besoin de prendre sa voiture pour se rendre aux départs des manches…"

- Lien utile :le site de l’organisateur

NDLR : Francky termine à la 31eme place sur 112 classés et plus de 200 inscrits au départ, sous les couleurs du CLIC VTT et du club VTTnet. Il s’alignera sur la manche de VALLOIRE les 6 et 7 août.



Auteur - Frank Plouvier




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