Accueil > Magazine > Le cri du Single Track

  Mauvais goût quand tu nous tiens...


(5/08/2005)

Les visiteurs du dernier Mondial du VTT on eu une drôle de surprise en flanant dans les allées. En effet sur le stand d’une marque à la mode, qui excelle dans la fabrication de vélos hardcores et dans la communication hard-tout-court version ’punk’s not dead’, on pouvait admirer le prototype d’un nouveau modèle. L’engin portait un drôle de sticker sur la tige de selle. On y déchiffre l’inscription suivante : « Marc Dutrou Promodel ». Tom2 a craqué et il signe un Cri du Single Track genre caresse au papier de verre.

« Bien sûr on peut rire de tout, du racisme, des handicapés, de la shoa...
j’en passe et des pires. Bien sûr on a tous rit ou sourit un jour en
écoutant un jeux de mots vaseux sur les noirs ou en lisant une chronique
au vitriol de feu Pierre Desproges.

Seulement ça ne nous viendrait jamais à l’idée de plaisanter sur les
trisomiques avec les parents de ce jeune handicapé. On n’imaginerait
même pas sortir une blague sur les fours crématoires à cet ancien déporté et il ne nous viendrait pas à l’idée de plaisanter sur Marc Dutroux avec cette gamine victime d’un pédophile.

Pourquoi ? Parce qu’alors, la blague de potache, celle qui nous fait rire
en fin de soirée arrosée entre potes, elle se transformerait alors en
insulte, en mépris et en dénigrement de la douleur de l’autre. Alors
quand on est en public, quand on cotoie des gens dont on ignore tout,
et bien on évite ce genre de boutades. On plaisante poliment et on
avance sur des oeufs. Appelons cela du savoir-vivre, du respect ou de
l’intelligence, mais c’est avant tout du bon sens. Desproges disait, ’Oui on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui’.

Seulement le bon sens n’est pas universel. On connaît tous un copain "lourd" qui ne sait pas se tenir. Celui avec qui on rigole bien pendant les soirées barbecue mais qui nous fait honte
quand on le sort. C’est le beauf de service qu’on a presque honte de montrer à nos gamins.

Ce beauf, le roi des blagues de cul et des histoires vaseuses, il ne devient pas plus malin quand il se retrouve à la tête de son entreprise de vélos. Il continue de jouer dans le graveleux, il affiche haut et fort ses affinités pour le porno jusque dans le nom de ses vélos et sur les
revues hardcore qu’il laisse traîner à la vue de tous les gamins sur ses stands lors des salons.
Et puis un jour il dépasse les bornes. Toujours persuadé d’être entre potes dans un bar, il tourne en dérision une atrocité de plus.

Seulement il le fait au grand jour, au nom de son entreprise, devant les milliers de personnes qui le regardent alors incrédules. Il a franchi le pas, il est allé trop loin. Devant la levée de bouclier il se rend alors compte qu’il a dépassé les bornes, il se cherche des excuses, essaye de jouer sur le registre humoristique, accuse ses détracteurs de n’être que des hypocrites et des faux sensibles qui se réfugient derrière une fausse morale qui l’écoeure.

Serait-ce une stratégie marketing ? Choquer pour faire parler de soit ? On aurait pu le croire chez un génie des affaires comme Luciano Beneton, mais pas ici. Non, non ! Nous avons juste affaire à de la bêtise, tout simplement.

Alors monsieur V (ne poussons pas le vice jusqu’à citer votre nom), vos vélos sont peut-être excellents, votre entreprise parait fort sympathique et animée avec motivation, mais aujourd’hui vous vous êtes auto-catalogué dans la catégorie de ceux qui font sombrer l’image du VTT dans des abysses d’irresponsabilité et de bétise dans lesquelles elle n’a pas besoin d’aller. J’espère juste que des proches d’enfants violés ne verront jamais vos délires sur cadres, je n’ose pas imaginer alors leur peine. »

tom2


Cette rubrique est aussi la votre. Pour réagir ou pousser vous aussi un cri primaire qui défoule ou partager un gros rire, écrivez à la Rédac’ VTTnet



Auteur - Rédaction VttNet




Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013