Accueil > Magazine > Tests et essais

  Test : Le COMMENCAL META 5.1


(5/09/2005)

Complètement renouvelée en 2005, la gamme des tout-suspendus Commençal se compose maintenant des Meta et des Supreme. Alors que les Supreme visent les pratiques extrêmes DH et FreeRide, les Meta correspondent à des pratiques plus sages rando XC ou enduro.
Dans la famille Meta ils sont 6 : les Meta 4.10, 4.20 et 4.30 et les Meta 5.10, 5.20 et 5.30, les Meta 4 affichant 4 pouces de débattement arrière et les Meta 5, 5 pouces. Le deuxième nombre (10, 20, 30) indique lui le niveau de gamme en termes d’équipements en partant du plus haut de gamme.

Notre Meta 5 de test est un 5.10 donc haut de gamme, et de pré-série. Nous verrons plus loin que quelques éléments de ce vélo ne correspondent pas à ceux équipant les modèles vendus cette année.

Sur le plan statique, le Meta est basé sur un cadre simple avec une géométrie en triangle comme celle que l’on peut trouver sur beaucoup de semi rigides. Sa seule particularité est d’avoir un tube vertical qui vient s’ancrer en avant du boîtier de pédalier plutôt que sur le boîtier comme à l’habitude. Le but ici est de libérer de la place pour l’axe du bras oscillant.

La suspension elle, est composée d’un bras oscillant généreusement triangulé monté sur deux très gros roulements. Il s’agit donc d’une suspension mono-pivot. Maintenant, l’originalité du Meta vient dans la façon d’agir sur l’amortisseur : une biellette vient pousser un triangle qui lui actionne l’amortisseur. De part la taille du triangle assez réduite, l’angle entre bras de levier et amortisseur varie beaucoup, induisant une certaine progressivité. Le début du débattement sera donc très doux et durcira ensuite de façon importante. A noter que ce fonctionnement est naturellement celui d’un ressort à air. En combinant les deux, il faut s’attendre à une suspension très progressive.
Cette géométrie de suspension est la même que celle d’un Giant VT, mais avec bien plus de simplicité et de logique dans la conception du cadre sur le Commençal.

A noter pour les fans de sorties engagées en montagne : la tige de selle se baisse complètement dans le cadre et le portage sur l’épaule est aisé vu la forme du cadre. Bien peu de tout suspendus peuvent revendiquer ces deux qualités.

Les suspensions proprement dites sont confiées à Fox sur ce modèle : Fox Float 130mm pour la fourche, Fox RP3 (3 positions de réglage du ProPedal) pour l’amortisseur.

Le reste de l’équipement n’est pas en retrait : pédalier et cintre Race Face haut de gamme, tige de selle et potence Thomson Elite, dérailleur avant XT et arrière SRAM X0, manettes SRAM trigger 9. Particularités de notre modèle de pré-série : des XmaxSL à la place des Mavic 321 et freins Formula Extreme 180mm à la place des Formula Oro, ceci pour des raisons de disponibilité de ces équipements lors du montage de ce vélo. Les XmaxSL étant un peu légères à mon goût pour ce vélo, les roues du modèle de série devraient mieux correspondre à la philosophie du vélo et mieux supporter les assauts des pilotes costauds.

D’un plan purement subjectif, le Meta 5.10 est, je trouve, un beau vélo, avec de belles proportions, des lignes simples, des teintes tout en nuances de noir et de gris élégantes. Les biellettes usinées puis anodisées fumé sont magnifiques.

En final l’équipement est haut de gamme, correspondant à ce que l’on trouve plus généralement sur des vélos avec des montages personnalisés. Bref rien à jeter sur le papier, reste à voir ce que cela donne sur le terrain.

Sur le terrain

D’emblée la position sur le vélo est bonne, me plait bien en tous cas : assez haute de l’avant, cintre assez large, on se sent vite bien sur le Meta (notre exemplaire est un taille L et je mesure 1.85m). Tout juste la potence est-elle un poil plus longue que ce dont j’ai l’habitude.

En attaquant par une montée bien raide, légèrement mouillée et très caillouteuse, on sent tout de suite l’excellente adhérence procurée par la suspension arrière : la roue arrière reste collée au sol et ça passe facilement malgré le python arrière déjà pas mal défraîchi. La suite confirmera le point fort de ce vélo, sa suspension arrière : elle offre un excellent comportement en toutes circonstances et le confort est tout bonnement royal.

La selle Fizik Gobi y participe aussi : on est bien sur cette selle dès la première sortie. On peut juste lui reprocher un bec de selle un peu proéminent pas agréable dans les montées raides.

A l’avant la Fox Float remplit bien son rôle sans toutefois atteindre le niveau de la suspension arrière. Un peu haute, il lui manque un réglage de débattement et d’assiette et elle relève un peu trop l’avant du vélo : l’avant a facilement tendance à cabrer en montée et l’adhérence de la roue avant n’est pas toujours facile à trouver en dévers glissant. Par contre en descente rapide et cassante, les suspensions sont très sécurisantes et permettent de se lâcher facilement.

En terme de rendement, le Meta est surprenant : il pompe très peu, bien aidé en ça pour le Fox RP3 et roule plutôt bien. Par contre en relance il paraît quelquefois un peu lourd à emmener sans que cela ne se vérifie par rapport aux petits camarades de sortie. En tous cas, rien à voir avec le Pasta Power qui n’était vraiment pas fait pour pédaler longtemps : là, la position est bonne et le vélo avance bien, très bien même. Il s’agit bien d’un enduro pas d’un vélo typé freeride.

Du côté géométrie, le Meta m’a paru plutôt destiné aux passages rapides et cassants qu’aux petits coins trialisants. Ca n’est pas pour autant un camion, mais il ne faut pas hésiter à le brutaliser un peu, plus que mon vélo habituel en tous cas.

Après tout ça, il faut bien penser à s’arrêter et là, les Formula Extreme sont parfaits : très puissants et en même temps faciles à doser. J’ai aimé. Reste à voir si les Oro équipant le modèle de série arrivent au même résultat. Il faut noter que Formula a corrigé un de ses défauts, à savoir la petite pièce de liaison qui se perdait quand le levier sortait vers l’avant. C’est bien. Par contre, ils ont conservé cette visserie mixte BTR-Torx, qui oblige à avoir deux jeux de clés : c’est idiot. Sur un vélo tout le reste est en BTR, comment peut-on justifier que la fixation du levier de frein ou les vis de son bocal soient en Torx ?
Niveau transmission, rien à dire, c’est parfait, les SRAM Trigger sont très doux et aisés à utiliser et les dérailleurs rapides et précis.

Puisqu’il faut conclure

Le Meta est, à mon goût, un excellent vélo d’enduro, joli, bien conçu, bien équipé. Tout juste pourrait-on espérer pour 2006 une fourche à débattement variable style Fox Talas (si les problèmes de fiabilité des 2005 sont résolus) ou plus rare une Magura Phaon au comportement équivalent et d’une fiabilité sans faille. Pour pinailler un peu, notons que l’amortisseur pourrait être facilement monté sur roulements par une légère modification de sa biellette, on y gagnerait beaucoup en maintenance par rapport à ces satanées bagues d’adaptation fragiles et très chères. Cette remarque vaut évidemment pour une grande majorité de marques de VTT…. à méditer dans les bureaux de design.

Post-scriptum

Au moment où nous mettons en ligne ce test, Commençal présente sa gamme 2006 à l’Eurobike 2005. Le META 5.1 ne subit pas de grosses modifications et sera conforme à la description ci-dessous. A découvrir rapidement dans toutes les bonnes crémeries.

- Cadre : META 2 5’’

- Fourche : Fox float 130 RCL

- Amortisseur : Fox float RP3

- Freins : Formula K24 180/160

- Roues : Shimano Deore XT Tubeless

- Pneus : Maxxis Hight Roller 2.1

- Transmissions : Sram Triger + Sram XO

- Pédalier : Race Face Deus XC

- Pédales : sans

- Potence : Thomson X4 0° / 70mm (S) 90mm (M , L, XL)

- Cintre : Commençal Medium

- Tige de selle : Thomson Elite

- Poids ? 12.7 Kg

-  Tailles dispo : S/M/L/XL

- Prix : N.C.


- le site du constructeur : http://www.commencal.com



Auteur - Carbone




Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013