Accueil > Magazine > Compte-rendus

  La Forestière 2005


(30/09/2005)

En 15 années d’existence, La Forestière a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable parmi les grandes randonnées de fin de saison . Labellisée « Rando d’or » par la FFC, elle accueille depuis l’édition 2003 le championnat de France XC Marathon.

Philippe est un fidèle de l’épreuve avec désormais 5 participations ; il raconte pour Planet Vtt

La Forestière, contrairement à bon nombre de randonnées organisées propose un trajet en ligne droite qui emméne les participants à travers le parc naturel du Haut-Jura de Lamoura à Oyonnax. L’organisation commence donc par la gageure de convoyer les 4000 participants d’un point à l’autre à l’aller ou au retour selon les épreuves.
Le millésime 2005 proposait pour les adultes 4 distances de 55, 70, 85 et 100 kms. Les 70 et 100 servant de support aux championnats de France.
Il faut également mentionner les parcours enfants du samedi qui incluent une « première pédalée » de 3 kms pour les pitchouns de 7 ans.

Pour ma part, après une première participation sur le 55 kms lors de l’édition 2001 qui s’était couru sous des conditions météorologiques dantesques et qui avait vu l’abandon de plus de la moitié des inscrits, j’ai depuis opté pour le 85 kms.

Le succès grandissant, l’épreuve est désormais « limitée » à 4000 participants, répartis sur les différentes épreuves. Les départs se faisant par vagues de 200, l’inscription devra se faire dès le mois de mai pour qui souhaite s’élancer en début et avoir une piste dégagée.
Les horaires de départ des différentes distances sont calculés pour que le plus gros des participants soient passés lorsque les parcours inférieurs prennent leur départ.

Le week-end débute par un retrait de son inscription dès le samedi. On y récupère entre autres un sac vestiaire qui permettra de retrouver ses affaires propres à l’arrivée, sa plaque de cadre, un t-shirt, un bidon collector 15° édition ainsi que le système de chronométrage électronique.

JPEG - 12.5 ko
Le nouveau système de chronometrage

D’habitude collé à la plaque de cadre, il est cette année à porter dans un système de velcro qui s’attache autour de la cheville. L’avantage est double pour les collectionneurs de plaques de cadres qui pourront la conserver intacte et pour ceux qui perdront leur plaque dans les cahots du parcours et qui pourront toutefois préserver leur chronométrage.

Le village d’arrivée comporte également quelques stands ; Lapierre y vient régulièrement exposer ses nouveaux modèles ainsi que Polar dans leur motor-home flambant neuf.
Cette année, un bâtiment en contruction a obligé les organisateurs à réaménager le site d’arrivée et a amputé en partie la place réservée précédemment aux stands.

Il reste toutefois celui de météo-France qui prévoit 2° au départ avec des rafales de vent de 70 km/h ce qui correspond à une température ressentie de -5 ° à - 10°...ça promet !

JPEG - 42.2 ko
Le parc de départ

Dimanche matin, au moment du départ, il fait plutôt 7° et les rafales de vent ont épargné Lamoura. Du coup, je laisse les gants d’hiver et la polaire dans la voiture pour ne garder que le coupe-vent et mon bandeau en windstopper.

Le départ se fait en 4eme vitesse, après avoir bouchonné pour entrer dans le parc on nous indique en passant le portique que notre vague est en train de partir. Heureusement que j’ai mis du gel chauffant car l’échauffement sera bref. En fait le parcours commence par une belle bosse, histoire de commencer à étirer le monde et faire une première sélection pour ceux qui font la course des 100 Kms. Pendant les 5 premiers kilomètres, nous serons à découvert et profiterons du soleil qui rend la température presque acceptable. A tel point qu’après ¾ d’heure et 2 portages j’enlève définitivement le coupe-vent.

JPEG - 25.6 ko
Voilà ce qu’on appelle la montagne à vaches !
JPEG - 30.4 ko
Comme les paysages, les ravitos sont au format XXL

Le premier point de passage arrive rapidement à Lajoux , visiblement les féminines de la course des 70 kms sont déjà parties, mais pas les randonneurs. Je zappe le ravitaillement pour ne pas me refroidir. Nous entamons la descente vers Septmoncel par des chemins relativement larges, on peut prendre de la vitesse sans se faire trop peur.

Je m’arrête au 2° ravitaillement ; comme tous les autres, il est copieusement garni des sucreries habituelles avec en bonus les fromages locaux : comté, morbier et bleu. De nombreux bénévoles sont là pour nous accueillir avec un grand sourire, merci à eux !

Il est temps de reprendre des forces car c’est la montée de la Recula qui se profile et ses ¾ h de poussage du vélo.

JPEG - 42.7 ko
La montée de la Recula est particulièrement usante

Après la Recula, nous continuons par une portion majoritairement en sous-bois rendus glissants par les pluies de la veille. Heureusement, le sol n’est pas trop détrempé et le parcours reste roulant.
Aux Moussières, j’arrive a respecter un bon temps qui me permet de passer avant le départ de la rando des 55kms. Cette année, les départs ont été bien étagés, permettant aux participants des parcours les plus longs de prendre les chemins en premier.

Le tronçon suivant entre Les Moussières et La Pesse se passera en grande partie sur des larges pistes avec la dernière grosse montée de la journée, pas vraiment technique, ni trop raide, mais très longue et qui usera énormément les jambes déjà bien entamées après bientôt 40 kms.

Le temps s’est couvert depuis longtemps et le vent commence à se faire sentir, aussi, je m’arrête au strict minimum à La Pesse pour éviter de me refroidir. J’ai un mauvais souvenir des deux dernières années où j’avais eu des crampes peu après. Pour l’instant, tout va bien, je ne cherche pas à trop forcer.

JPEG - 27.8 ko
La combe d’Orvaz

Cela fait 4 heures que je suis parti et je commence à sentir une certaine lassitude ; je la mets sur le compte d’un petit coup de fatigue que je trompe en profitant du paysage comme ce camping original qui propose des nuitées sous un tipi ou une yourte. Puis arrive la combe d’Orvaz, ou nous passons à quelques mètres de la falaise parfaitement signalée et sécurisée.
Le panorama est splendide et annonce la fameuse descente du facteur.

JPEG - 57.7 ko
La descente du facteur

Le relief n’est pas trop technique mais la pente est très raide et en sous-bois avec de nombreuses dalles rendues glissantes par l’humidité. Beaucoup de monde a baissé la selle et certains passent à pied. La lucidité baissant, il devient difficile de garder le contrôle de sa trajectoire. A cet endroit comme à chaque ravito, les bénévoles de la croix rouge sont présents pour secourir les bobos.

Plus qu’un dernier passage technique dans les rochers de Viry où le public est toujours aussi nombreux à nous encourager (et pour certains à guetter la chute !) et on peut se jeter sur le dernier ravitaillement. On a eu doit à quelques gouttes de pluie entre temps mais elles sont déjà oubliées.

Le final de cette édition est nouveau. Fini le passage du gué avec les gerbes d’eau sur les photographes de Maindru, nous repartons par une portion de route qui nous permet de rejoindre la descente finale vers Arbent via 4 kilomètres de singletracks fraîchement débroussaillés à travers les buis.

Le décompte des kilomètres affiché tout le long du parcours nous avait prévenus ; il n’y aura finalement que 75 kms au bout du compte. C’est la plus courte édition que j’aie faite, mais une fois terminé, je ne repartirais pas pour 10 kms de plus.
Un passage au lavage des vélos dont on pourra regretter le faible nombre de jets, une bonne douche et on peut se jeter sur le plateau repas pour se retaper. Je croise l’imposante délégation des frappadingues (*) avec Rodge (**) qui a réussi un temps canon de 5h30 le propulsant dans le top 50 malgré une bronchite.

Pour ma part, je termine avec 5h48 au compteur pour un temps total avec les arrêts de 6h24 qui me classe en 220° position, un peu moins bien que les années précédentes, mais peu importe, ce n’est qu’une rando et le plaisir est toujours là malgré les années.


- Frappadingues : espéce vélocipédique évoluant en région parisienne et ne se prenant surtout pas au sérieux. Les Frappadingues sont les dignes cousins des Vététistes-du-Net et le revendiquent. A découvrir sur leur site

- RODGE : membre des Frappadingues évoluant volontier parmis les Vététistes-du-Net.

- Le site officiel de La Forestière

- Un grand merci à Fifi des Frappadingues pour m’avoir "prété" la photo de la Recula



Auteur - Philippe Rossi




Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013