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  Championnats de France VTT 2000


(8/09/2000)

<REP|SITE/2000/CF>

Un rendez-vous plein de surprises

Les Championnats de France se sont tenus du 2 au 6 août à Pra-Loup dans les Alpes de Haute-Provence.
Cette année la surprise est au rendez-vous, quasiment dans toutes les catégories.

Entre le bouleversement du calendrier annuel, la perspective de Sidney et les conditions météo,
toutes les conditions ont été réunies pour écarter les favoris et mettre en bleu-blanc-rouge des outsiders,
qui soit dit en passant ne sont pas moins méritant pour autant.

Un parcours de guerrier

Avant de parler de la course de cross-country, parlons du parcours. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu
un tel parcours de XC. De la technique à l’état pur.

Tout commence par une boucle de départ destinée à créer les
écarts (photo 1). Elle serpente et monte dans la prairie qui
constitue l’arrivée des pistes de ski. Les coureurs montent
une première fois sur 400m, redescendent et repassent
près de la ligne pour remonter à nouveau et quitter
cette herbe grasse et adhérante en entrant dans la station. A
ce moment, sur chaque course le peloton sera déjà fort
étiré, la difficulté du départ ayant
fait les différences.
Le parcours emprunte alors un chemin assez large (photo 2) qui quitte la station par l’ouest et qui
constituera une des rares portions permettant le dépassement.
Il plonge ensuite sur un single-track long (photo 3) avec de belles
parties de relance sur quelques bosses ou des passages de ruisseaux,
avant d’atteindre une passerelle qu’il faut franchir en portage et
passe au dessus du parcours de retour (ce passage critique qui
permettra aux attardés de constater amèrement leur
écart par rapport aux coureurs de tête). Le monotrace
continue sa course (photo 5) vers le bas de la station pour arriver
vers la zone la plus difficile : une succession d’épingles
à cheveux "Gre-approved" (photo 6 - les
afficionnados de VTTnet comprendront), qu’il faut descendre et
enchainer sur une pente abrupte couverte de mousse et de racines,
avant de tout remonter avec les mêmes difficultés
(photos 7 et 8) : les grands gabarits et les vélos à
grand empattement seront à leur peine dans ce type de
Ne parlons même pas des tandems (photo 9),
condamnés à effectuer une bonne partie de l’ascension
en poussage.

En sortie des épingles montantes, le parcours
croise la fameuse passerelle (photo 10), franchie en début de
parcours, et monte par un escalier de rondins, long de quelques 43
marches.

Le retour vers l’arrivée s’effectue par un
monotrace montant et serpentant dans la station (photo 11). Cette
configuration permettra aux spectateurs une excellente
visibilité de la course tout en garantissant aux coureurs un
tracé 100% VTT.

Et c’est enfin l’arrivée (photo 12) au bout d’un tracé de près de 9 km vraiment
éprouvants. 

Vendredi 4 août

Les hostilités démarrent vraiment le 4 août avec en XC, la course Juniors, Masters et Tandems, et la
compétition Elite, Expert et National pour le Trial.

La course Juniors démarre de façon surprenante avec un départ anticipé par quelques coureurs impétueux qui
précipitent le peloton dans la course quelques secondes avant le top du commissaire. Les meilleurs se
trouvent enfermés et émergent difficilement, mais la pente a raison des audacieux qui paieront cher ensuite ce

départ canon. On attendait Jouty et c’est Rémi Pauriol qui prend le large, devant Sevessand, De Waele, Pimenta et Bourly.

Chez les Masters, même départ tonitruant qui aura raison des favoris, notamment Jean Paul Stéphan,
leader de la Coupe de France, qui mène rondement le premier tour avant de capituler devant la hargne de Vallin et Garcin.

En tandem, surprise également. Les Bretons champions en titre cassent la chaîne en haut de la prairie.
Le temps de réparation sera trop important pour leur laisser la possibilité de revenir.

Côté trial, 2 zones sont situées en station : une zone artificielle et une zone semi-naturelle.
Le public en profitera largement. Les 4 autres zones sont situées au coeur des pistes de ski, en milieu naturel.

Malgré son excellente forme Marc Vinco sera éliminé pour "saute d’humeur" lors de son deuxième tour :
en voulant faire le spectacle lors d’un franchissement de touret sur la roue avant (!!),
le savoyard fait malencontreusement pivoter la roue arrière de son Vario au dessus de la flèche de limite de zone Elite.

Le commissaire considère alors une sortie de zone, ce qui se révèlera particulièrement injuste pour le
Champion du Monde qui avait franchit avec aisance ce passage et qui conteste bruyamment la decision appliquée.
L’entraineur national et les commissaires n’apprécient pas, ce qui lui vaudra d’être éliminé.

Pendant ce temps Marc Caisso en profite et s’impose brillamment (9 pts) devant Bruno Arnold (14 pts) et
Thibaut Marriaux (34 pts) qui bénéficie ainsi de la 3ème marche du podium.

Samedi 5 aout

Place aux dames le matin avec la course juniors puis séniors/espoirs.

Chez les séniors, le suspense relatif à la reprise de Laurence
Leboucher sera court. Remise de sa fracture de la clavicule, elle ne
laisse pas de chance à ses rivales, malgré une pugnacité de tous
les instants de Sophie Villeneuve qui s’accrochera à la roue de la
Championne en titre jusqu’au bout.

Sandra Temporelli termine 3ème et perd peut être ainsi sa sélection comme titulaire pour
Sidney. Le Championnat d’Europe en Hollande le 18 août en décidera. Cécile Rode se classe
4ème, et devient Championne de France Espoirs.
Mais le clou de la journée sera la descente et le dual slalom.

Ce début d’après midi est encore clément. Le soleil brille et la piste est sèche. Philippe Keller
parti dans les premiers à cause d’un mauvais temps aux qualifications, bénéficie d’une piste
parfaite et signe un temps étalon. Le leader des Internationaux de France s’installe alors sur
la chaise du premier de course, face à l’arrivée de la piste. Une place qu’il occupera
finalement jusqu’à la fin, certainement à sa grande surprise.
En effet, comme souvent en montagne le temps se métamorphose en l’espace de quelques
minutes.

Des nuages gris montent et la pluie et la grêle s’abattent fortement sur le site. La
piste devient glissante, notamment sur le haut du parcours,
particulièrement cassant avec ses dalles de pierres et ses dévers.
Les leaders se retrouvent donc lancés sur une piste devenue difficile et les temps chutent. Malgré tous leurs efforts et leurs prouesses de pilotage, ils n’arriveront pas à inquiéter le temps établi par Keller. Gracia
fait néanmoins le spectacle dans la boue, Michael Pascal victime d’une crevaison arrière
nous gratifie d’une descente extraordinaire, sans tomber

grâce à un pilotage tout en finesse et contrôle, et Vouilloz parti le dernier, se bat comme un beau diable jusqu’au bout, attaquant le moindre centimètre de piste, mais échouant malgré tout à près de 30 secondes du leader, laissant ainsi partir le 3ème titre qu’il convoitait cette année. Après les
championnats du monde perdus face à Rockwell, les Championnats d’Europe perdus face à Steve Peat une semaine avant à Vars, E.T. se trouve donc privé du maillot arc-en-ciel. C’est la première fois depuis 8 ans que Nicolas Vouilloz subit de
telles défaites successives.

A noter la chute spectaculaire de Fabien Barel qui victime d’un
bris de guidon à la réception d’un saut, aura clavicule fracturée et traumatisme cranien.
Chez les dames, parties sous le soleil, le classement est plus
logique. En l’absence de Anne Caroline Chausson, Sabrina
Jonnier s’impose devant Nolvenn Le Caer et Céline Gros.
Ce podium sera d’ailleurs sensiblement le même en Dual, Nolvenn
Le Caer cédant la 2ème place à Céline Gros, et Sabrina Jonnier trustant imperturbable la plus haute marche.

En Dual, les problèmes de météo ne se posent pas, et le podium
sera également conforme à ce qu’on attendait. Michaël Deldycke
favori, l’emporte au terme d’une finale de toute beauté avec avec
Nicolas Vouilloz qui se sera battu jusqu’au bout pour tenter
d’obtenir un titre de Champion. Car il faut noter que c’est une
première pour l’octuple Champion du Monde de descente,
d’évoluer à ce niveau en dual slalom. Pour une entrée en matière,
on peut dire qu’elle est réussie.

Cédric Gracia prend la 3ème place devant Karim Amour.

Dimanche 6 août

Deux grands moments dans cette journée, la course espoirs et séniors hommes en XC.

En espoirs, ce fut tout simplement la razzia Bianchi. En l’absence de
Julien Absalon, les coureurs du Team italien prirent dès le départ le
de la course pour arriver à 6 coureurs en file indienne au bout des
2 heures de courses ! 6 coureurs du même team se succédant sur la ligne
d’arrivée, c’est un évènement plutôt rare dans le monde du VTT. Ravanel
devient donc Champion de France, devant Philippi, Bombardeau, Lebreton
et Capron.

En séniors, la réserve était de mise dès le début de la course. On voit mal qui peut s’imposer
sur un tel parcours, notamment avec la perspective des Jeux de Sidney et surtout le souvenir
de la course arrangée des Championnats de France 1999, entre Martinez et Chiotti. Ce dernier
est d’ailleurs absent.

La course pars très vite et la prise de commandement va très rapidement évolué. Martinez
victime de crevaison préfère bacher. Dupouey prend alors la tête de course en compagnie de
Arnould. Le rythme est très (trop ?) soutenu et les 2 coureurs victime d’une chute dans une
descente abandonnent. Vollet porté alors en favori, crève malheureusement et rentre à la
maison. Quand à Dubau, il a dès le départ décidé de ne pas faire la course.

Les leaders éliminés, c’est la ténacité et la combativité qui l’emportent avec un Thomas Dietsch
qui se retrouve au commandement de la course et qui se battra jusqu’au bout pour conserver
cette place, devant Gael Perri (Orbea) et Frédéric Frech (Scott).



Auteur - Phil




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