Accueil > Magazine > Compte-rendus > Randonets

  Derniére DHrencontre de la saison : Balade sur le mont Chauve


(9/11/2005)

<REP|SITE/2005/ventoux>

J’aime bien le Ventoux. Je ne suis pas de là-bas mais il m’accompagne depuis longtemps. J’ai vécu à ses pieds quelques temps. Depuis je retourne le voir souvent. Et de préférence avec un vtt.

Le Ventoux c’est une erreur de casting de dame nature, comme un ¼ d’heure d’intelligence dans un reality show. Dans sa construction du monde, le Grand Barbu a fait une sieste sous un olivier et a oublié de terminer le travail. A un jet de pierre de la vallée du Rhône, le Ventoux se dresse tout seul du haut de ses 1910m. Un grand dôme, au sommet éternellement blanc. L’hiver la faute à la neige - il y a même eu une station de ski - l’été la faute aux cailloux blancs, seul décor au sommet, où les vents permanents ne laissent à rien le droit de pousser.

Le premier groupe de vététistes que j’ai vu, dans les années 80, c’était sur le Ventoux. Forcément le grand chauve était un lieu de pèlerinage dans mon petit famous hall of fame à moi tout seul. Du coup j’ai toujours aimé faire découvrir ce grand tas de cailloux.

Depuis deux saisons, VTTnet a remis au goût du jour les DH-rencontres, une belle idée née il y a quelques années à l’instigation des Savoyards et Grenoblois membres de la « Liste » (ndlr : la liste de diffusion de VTTnet). Le principe est des plus simples : prenez un spot bien typé free-ride, enduro ou descente, un truc où monter sur le vélo n’est pas l’essentiel et pour lequel le port du casque intégral peut être recommandé. Amenez-y des vrais riders en tenue de tortue ninja mais aussi des parfaits Xceux qui ont envie de découvrir, même si personne ne se connaît. Car l’esprit des DH-rencontres c’est bel et bien le mélange et le partage. Secouez bien fort et dégustez sans modération.

Pour 2005, les DH-rencontres ont commencées dés le mois de juin avec des sessions aux Gets pour l’inauguration du Kona Bike Park (Paradis VTT), puis ce fût Châtel et ses shores, Les Arcs, les 7 Laux et ses parcours bien sélectifs. Avec les vététistes du Net sont venus rouler d’autres « crew » de la planète VTT. Potes d’ici et d’ailleurs venus pour le plaisir de la pente à l’initiative de VTTnet. Et bien sur une très bonne occasion pour les membres du club VTTnet de se retrouver autours d’une pratique qui n’est pas forcément habituelle pour eux.

Clôture du programme 2005 en ce mois d’octobre avec deux jours programmés sur le Mont Ventoux.

Pluie et Brouillard

C’est sous un ciel gorgé d’étoiles et face à une piscine que les derniers participants à cette DH-rencontre arrivent. Lor et Doudou débarquent de Toulouse. On partage une bière histoire de faire connaissance. Il y a quelques heures beaucoup ne se connaissaient pas. Le gros des troupes est bien sur constitué de membres du club VTTnet ou des participants à la liste de diffusion ou émargeant au sein de l’Albatros Team, mais on trouve aussi Fabien le Président de l’AS Cagnes VTT et nos deux Toulousains qui appartiennent au groupe des VA ROULER. Nord, sud, est, ouest. Toutes les générations sont là. Lor, avec son joli sourire et son look à la Avril Lavigne doit pointer dans la case des 20ans, tandis que notre ancien est un authentique papy. Une troupe éclectique pour partager la même passion.

Le lendemain notre petit crew monte à l’assaut du Ventoux par sa face sud et...en voiture. On traverse un paysage de vignes et dés que l’on monte la vue laisse apparaître la vallée et le soleil qui pointe sous les nuages. On entre dans la forêt. On ne doit pas la quitter avant quasiment le sommet. Les arbres sont magnifiques avec leurs couleurs d’automne. Malheureusement il y a un invité de dernière minute. On attendait la pluie, on a le brouillard. A mesure que l’on quitte la protection de la forêt la visibilité diminue. Et c’est en n’y voyant pas à 10 mètres que notre voiture parvient au sommet.

6°C. Et un vent ! Le Ventoux justifie une fois de plus pleinement son nom. C’est en cherchant un abri contre les murs du relais construit au sommet que chacun s’équipe. Départ. A cet instant je suis partagé entre deux sentiments ; celui de savoir ce que je fous là et la peur de perdre quelqu’un dans cette purée de pois. Le départ de notre parcours du matin est longé pendant un long moment par des poteaux de plus de 2m plantés à intervalles très réguliers. Je comprends enfin ce matin là leur raison d’être. Ils canalisent notre petit groupe dont le premier est invisible du 3eme...et nous sommes 10.

Comme il fait froid, que le vent souffle et qu’il fait très humide, Tom2 décide de s’octroyer une petite pause crevaison. Nous venons de faire 200m ! La réparation faite, nous repartons, tâtonnons à trouver la suite du chemin et finalement nous nous lançons dans la pente. Et tout aussi rapidement la tête du groupe perd le contact avec l’arrière. Trop de vent, impossible de communiquer avec la radio, ni les portables. Tandis que Fabien part aux nouvelles, chacun se protége du vent et du froid, derrière les rares bouquets d’arbustes qui poussent dans cette mer de caillasses. Finalement le reste du groupe arrive. Tom2 n’avait pas bien compris le principe de la crevaison, il a donc renouvelé l’expérience. Nous n’avons pas 1km au compteur.

Heureusement la suite du chemin se fait sans encombres. Au fur et à mesure que l’on descend le brouillard se fait moins dense. On attaque un petit single avec enfin de la visibilité. Il faut se gaffer des racines, humides à souhait, véritables invitations à de fougueuses embrassades avec notre le sol. On enquille la trace avec un plaisir d’autant plus grand que l’on peut enfin rouler. Trop court. On roule sur
un insipide chemin forestier mazouté par une de ces antédiluviennes camionnettes qu’utilisent les chasseurs pour se transporter sur les lieux de chasse. On évite un couple de champignologues surgis tout droit du brouillard pour enfin après quelques coups de pédales rejoindre la maison forestière du Rat. Pause pipi, dèplumage car il commence à faire chaud sous les coupe-vents, et barres de céréales. Les commentaires sont mitigés. Cette descente qui se voulait être une pastille pour s’échauffer dure par trop et rien de très acidulé à se mettre sous les crampons et même pas la vue pour s’éclater la pupille.

La suite va redonner la banane. Un beau run dans la forêt, en suivant la trace d’un single ludique à souhait. Puis un petit chemin qui suit une combe, dans la forêt en feu sous les couleurs de l’automne. Il faut souvent relancer et soudain au détours du chemin tomber dans une zone minée à mort par de grosses pavasses. On a l’impression de rouler dans le lit d’une rivière morte. C’est probablement dans une telle zone que Brup s’en offre une belle. « Chute à l’arrière !!! » hurle la radio. Un OTB d’anthologie avec vol plané à la clef et un Brup au tapis de longs instants. Pas de bobos finalement. On repart, plus soft. Le temps de se paumer, de retrouver le chemin et de faire une erreur de navigation et louper une combe de rêve top technique. Tant pis... On termine cool, en s’offrant quelques derniers singles bien sympas avant de rejoindre Aldo qui nous attend avec la remorque. Fin du premier épisode.

Que du bonheur

Après le casse-croûte nous repartons au sommet en utilisant au mieux les voitures restées en bas. On jongle avec le moindre cm² pour loger vélos et bikers et on entasse les derniers vtt sur la remorque de manière peu conventionnelle. Un groupe de vététistes rencontrés à la pause nous a donné de meilleures nouvelles du sommet d’où ils arrivent. Toutefois nous décidons de ne pas prendre de risques avec un groupe et de mauvaises conditions météo ; pas de run « dré dans l’pentu » comme dans les magazines. On envisage même un moment de squeezer le départ du sommet et de partir du parking du Chalet.

Arrivé en haut l’amélioration météo tient plus de la nuance que de la franche évidence. Nous rejoignons dans la purée la Chapelle qui marque le départ de notre chemin.

Et c’est parti ! Le single serpente dans une pente de caillasses. C’est comme rouler dans du ballaste miné avec des pavasses. Le brouillard et le vent n’arrangent rien à l’affaire. A peine 5mn après le départ c’est l’avant qui stoppe. Fab’ vient d’exploser son dérailleur. C’est terminé pour lui, il doit bâcher. Après la matinée passée au poste de serre-file, notre Président doit remonter aux voitures le vélo sur l’épaule. Très mauvaise limonade...

Le groupe reprend sa route. La caillasse nous accompagne jusqu’au premières végétations. Un joli single technique à flanc de montagne avant de rejoindre une bergerie où brûle encore un feu laissé par des randonneurs. Regroupement avant de rejoindre le départ de la célébricîme combe Fiole, THE descente à faire ici. Du moins c’est ce que la rumeur publique affirme.

Comment expliquer ce qui va se passer ensuite ?? Impossible de vraiment retranscrire ce que chacun va vivre. Un long single en descente qui à lui tout seul est un vrai résumé de tout ce que l’on peut trouver à rider.

Départ à flanc de pente dans un petit bois. Merci et salut à un groupe de marcheurs qui monte. Sympas ils nous encouragent. Eux savent ce qui nous attend. Debout sur les pédales, bien concentré, cette partie c’est du pilotage pur. Puis on bascule dans la pente. Plus d’arbres, rien que du caillou et une trace brune, celle laissée par les vélos. Un peu de terre pour le grip, le regard portant loin, il faut rester dans la trace et oublier les freins. Lorsque la pente diminue, je vois Tom sauter de son vélo. « bon sang, regardes comme c’est beau ! ». Il a raison le gars Tom, à force de rester les naseaux dans le guidon on en oubli de regarder autour de soi. A cet endroit le brouillard a disparu. Il y a même du ciel bleu. Nous sommes au fond d’une combe profonde, entourés de falaises et d’une mer de caillasses blanches. Disséminés dans la pente des bouquets d’arbres roux et verts éclatent dans le blanc des pierres et le bleu du ciel. C’est sauvage. On se lave les neurones à cette vue et à ce silence.

On retrouve le groupe un peu plus bas avant de continuer à arsouiller dans le chemin qui devient un peu plus large. Lorsque qu’après de longues minutes de descente nous parvenons à une clairière, tout le monde à la banane. Même les plus exigeants et les plus blasés sont conquis ; « Ce truc là c’est de l’anthologie, c’est que du bonheur ! ».

On repart dans un passage très technique, puis 30m de piste, un petit saut, avant de replonger dans le bois par un dévers bien vicieux. Là le chemin serpente entre les arbres, des courbes bien marquées, parfois agrémentées de petites marches. Le passage des vélos a orienté les appuis, comme des petits relevés, mais le chemin reste intègre, quasi naturel, rien à voir avec une piste de descente. Les virages se succèdent avant un plongeon dans un petit pierrier. C’est ludique et technique.

Dernier regroupement. Nous sommes tous enthousiastes. Le final est composé d’un long single en terre qui courre d’arbres en arbres dans une forêt de résineux. La pente est moins accentuée et il faut parfois relancer. On voit apparaître au sol des petites souches d’arbrisseaux coupés en biés. De véritables pieux en cas de chute et accessoirement une arme à déchirer les pneus. Tout à coup devant moi je vois un Doudou-volant. Son cintre a heurté un petit arbre en sortie d’une courbe, et projeté le vélo contre une pierre et le bonhomme en l’air. Heureusement à cet endroit le terrain est meuble et pas de bobo pour notre Toulousain. Par contre la roue avant du Marin est crevé et bien voilée.

Nous terminons en mode cool après cette chute et finissons de déguster ce single. Nous retrouvons le groupe et quelques centaines de mètres plus loin entrons dans le village où nous nous sommes garés. Fin de l’histoire.

Le Mont Ventoux a tenu ses promesses une fois de plus. Malgré le brouillard, malgré les galéres du matin. Ce fut juste trop court. Et puis la fête a été gâchée par l’abandon de Fab’ et la pluie du lendemain qui a empêchée les sorties du dimanche . Mais ce ne sont que de très bonnes raisons pour remettre le couvert la saison prochaine avec cette fois-ci une visite de la face nord en prime.

Alors des volontaires pour le DH-rencontre Tour 2006 ?


Plus :

- La galerie photos de Man’
- La vidéo de cette journée (Format .wmv - 36Mo) et un post-scriptum vidéo de Brup (Format .wmv - 35Mo)

Et aussi

- Le site de l’AS Cagnes VTT
- Le site des VAROULER


Photos : Man’ Darlix

Zique vidéo : Akouphën - à découvrir sur www.akouphen.net



Auteur - RouelibrE




Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013