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  Le Jura de Haut en Bas


(/05/2000)

<REP|SITE/2000/Jura>

Depuis 1996, chaque jeudi de l’Ascension
Randonnée de 105, 75 et 50 kms, organisée par les
Cyclos de l’A.L.L. (Amicale Laique Lédonienne) de Lons le Saunier (39), qui traverse le département
d’est en ouest.

Pour 2000 : 5ème édition le jeudi 1er juin
Départ du village de Lamoura, arrivée à Lons
le Saunier (105 kms)
Renseignements au 03.84.43.34.84



Intro

La première fois, c’était en 1997. Histoire de pimenter une semaine de vacances dans le Jura,
j’avais repéré cette rando dans le calendrier d’une revue VTT chlorophyllée (pour ne pas la
nommer). Le temps de convaincre un copain d’être du voyage (facile) et ma tendre moitié de la venue
du même et du sacrifice d’une journée de vacances (moins facile) et l’affaire était conclue. 100
bornes planifiées pour l’Ascension (chacun sa messe).
Après l’envoi du bulletin d’inscription
et de la substantielle participation puis réception de la confirmation, y’avait plus qu’à attendre
le mois de mai et se préparer au mieux pour ce rendez-vous.


Météo

Mai. Les deux premiers jours de vacances (à J-4) sont presque estivaux. Super c’est sec, on va
pouvoir rouler ce jeudi’ Ben non, dès le lendemain pluie et baisse des températures au programme
pour toute la semaine. Ce sera donc gras !
Ca change beaucoup de choses aussi car qui dit gras
dit efforts supplémentaires. Et, comme je n’ai jamais fait une telle distance, que mon entraînement
(je n’ose pas dire préparation) est plutôt limite (manque de temps et concurrence de la course à
pied), vais je tenir le kilométrage ’
Pour nous rassurer, les gens du coin nous disent qu’il a
dû neigé aux Rousses. Là, je me souviens tout à coup du slogan de la rando : "Quitter les derniers
frimas de l’hiver pour rejoindre le printemps". Dans le Ch’Nord d’où je viens, les derniers frimas
de l’hiver en mai sont déjà des souvenirs. Visiblement ici pas encore !
Qu’à cela ne tienne, à
c’ur vaillant’

Le jour J

4h du mat’ j’ai des ’ J’ai sommeil surtout. Pas une heure à se lever quand on est en vacances. Je
réveille mon copain (qui dort comme un nouveau né’). Gros déj’ (qui sera déjà digéré avant même le
départ !), ficelage des montures sur la voiture et, vers 5h15, départ pour Lons le Saunier, à
presque 100 bornes de notre gîte. C’est beau le Jura la nuit !
Une bonne heure plus tard, après
quelques tours et demi-tours dans Lons pour trouver le lieu de rendez-vous (P’ c’est où ce " B’uf
sur le Toit " dont ils parlent ’ Et pas un passant pour demander ’ à 6h30 un jour férié, tu
m’étonnes ! ’ Là, un gars en MTB, on le suit’), nous découvrons le point de départ de la journée.
C’est l’effervescence un peu partout : au retrait des plaques, sur le parking et surtout à
l’arrière des trois camions qui commencent à se remplir de bikes de toutes sortes.
Le temps de
fixer sa plaque, de voir charger d’un ’il méfiant son VTT à bord d’un camion et de rejoindre les
bus, il est 7h et nous voilà partis pour une heure trente de route, jusqu’au départ de la rando,
aux Rousses.

Neige

Après avoir entendu, revécu et parfois senti les blagues, les randos passées et les quelques oublis
odorants des bouts en train du voyage (c’est statistique, y’en a toujours au moins un), c’est la
fin de la transhumance, tout le monde descend.
Ah oui, détail important : en montant vers Les
Rousses, la neige a fait son apparition.
Y’a (seulement) entre 10 et 15 cm partout ! !
Trois choses à faire avant le départ (dans l’ordre) :
- se soulager la vessie
- récupérer
sa monture (dans quel camion je l’ai laissé ’)
- vérifier ce qui doit encore l’être et se
poster pas trop loin de la ligne (pas pour le chrono - y’en a pas mais pour éviter les bouchons).


C’est parti

A 9h, après avoir retrouver mon vélo abandonné entre deux camions (M’, je m’était gouré de bahut
 !), lâché des fauves derrière le Pace Car local qui nous fait visiter le village avant de
s’effacer. Rendez-vous à Lons’

A la sortie du village, on entre dans le vif du sujet. Première constatation : ça glisse, gaffe à
ne pas tomber ! ! (quand je pense que je n’ai toujours pas investi dans un casque. Malin ça).
Pendant plus de 25 kilomètres, c’est une succession de montées et descentes, plus ou moins
techniques et assez grasses, le plus souvent dans des sous-bois de sapins enneigés (un décor de
Noel en mai), avec ici ou là quelques gamelles (entre autre, le " team crosser " qui arrive à fond
en gueulant " Gauche " et qui se vautre lamentablement dix mètres plus loin. MDR)


Manger

Au premier ravitaillement, la neige a disparue. Tout le monde se rue sur les tables bien garnies
avec comté et accueil chaleureux à volonté (faut-il le rappeler, nous sommes dans le Jura). Y’en a
même un (un habitué ’) qui demande : " Y’a pas de Côtes du Jura cette année ’ Non ’ Ben pourtant
y’en avait l’année dernière ! ".
Une fois le plein (re)fait, on repart et quelques centaines de
mètres plus loin, on se prend une méchante côte qui nous fait regretter (pas qu’à nous d’ailleurs)
d’avoir autant ingurgité quelques minutes auparavant (les autres ravitos nous feront le même coup
et on se fera prendre à chaque fois).


Nature et SNCF

Arrive le passage du premier tunnel ( le descriptif de la rando précisait qu’il y en avait trois
sur le parcours et préconisait l’éclairage ad’hoc) ; ancienne voie ferrée déclassée, il fait
environ 400m de long en courbe. On y rentre à vitesse réduite et mettons pied à terre au bout de
quelques dizaines de mètres seulement, complètement perdus dans le noir total. L’unique repère qui
nous empêche d’aller embrasser les parois consiste en de petits tubes phosphorescents disposés ça
et là de chaque côté. Pas évident de jouer les taupes.
Les kilomètres défilent, les paysages
aussi. Forêts, près, villages typiques, lacs (de Bonlieu, d’Islay, de Chalain) nous en mettent
plein les yeux et la tête. Le " peloton " du départ a laissé place à des groupes épars, ce qui leur
permet d’apprécier cette presque solitude et ce silence. Chut’
Aux deux tiers du parcours, un
panneau nous signale que l’on approche du spot " photo souvenir ". Juste le temps de préparer son
plus beau sourire et de simuler l’attitude compét’ et c’est dans la boîte. Ce sera le " on y était
" qui alimentera les discussions rétrospectives.



Erreur

Ensuite, la fatigue aidant, les distances se font plus longues, les difficultés s’avalent moins
vite et notre lucidité s’amoindrit ; c’est là qu’arrive le fléchage approximatif (ou modifié par le
plaisantin du coin). Toujours est il que l’on plonge dedans et que l’on entreprend la descente d’un
étroit chemin surplombant le lac de Chalain, pour se rendre compte qu’il ne mène nulle part.
Résultat : une demi-heure de perdu et des jambes douloureuses (il a fallu remonter ce maudit chemin
en poussant les bikes). Dur de repartir après cette pause forcée.
Je commence à sentir les
crampes tandis que mon coéquipier joue les stockers mais devant (1m97,+90kg, ça déménage !). Moi
qui n’aime pas les gros braquets, je m’accroche tant bien que mal. Allez, encore un gros 10km de
sentiers roulants et ce sera Lons le Saunier.

Arrivée

Le dernier sentier a laissé place au bitume de la ville, quelques ronds points et feux tricolores
plus loin et voici le tant attendu " B’uf sur le toit ". Ouf !
On se jette sur les tables du
ravitaillement et on entame la classique discussion post-rando (qui agrémentera d’ailleurs la
totalité du trajet retour) avant de chercher et trouver son profil-photo de vététiste béat en plein
effort. Nous sommes morts de fatigue après avoir pédalés pendant près de sept heures mais
franchement heureux.
Heureux, des souvenirs pleins la tête et déjà une sacrée envie de
revenir.

Bon plan

Gîte de France 3 épis à Saligney, à 25 kms au nord est de Dôle.
Accueil des propiétaires 4 épis
(!!)
Calme et tranquillité.
Massif de la Serre à proximité (accidenté à souhait pour le
VTT),
lieu d’une randonnée et manche de coupe du Jura vers la mi-mai (50 kms bien techniques).

Circuit VTT balisé autour du village (16 kms).
Réservation à Loisir Accueil Jura ’
03.84.87.08.88




Auteur - Steph’




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