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  VARIO OXYD SL #05


(14/11/2005)

La marque VARIO fait un peu partie de la légende du VTT. Né de la passion d’un des 1ers pratiquant de ce sport, Christian Guillet, elle dispose d’une très forte image et est très marquée « vélo de montagne ». Il faut dire que Vario est né entre Vercors, et Chartreuse, forcément cela a quelque chose à voir.

Pourtant l’entreprise, maintenant installée à Voiron prés de Grenoble, dispose d’une large gamme allant du XC à la descente. A la croisée des chemins du catalogue nous avons pu tester le VARIO OXYD un VTT typé XC marathon.

<REP|SITE/2005/oxyd>

Le VARIO OXYD fait parti de la gamme XC, qui comporte deux autres modèles semi-rigide, le DIABLO et le DIABLO El Pro, une véritable petite formule 1. Il est donc le seul tout-suspendu dans cette partie de la gamme et contrairement au modèle Mezkal qui se veut un tout-suspendu de sport/loisirs, l’Oxyd revendique haut et fort son statut de crosseur performant.

Dans le catalogue, l’OXYD se décline en 3 niveaux de finition, EL, SL et RC.

Les conditions du test

Nous avons profité d’un séjour semi-itinérant dans le Vercors pour soumettre nos deux Oxyd à la question. Les VTT ont donc roulés entre les mains de pilotes aux tempéraments et aux pratiques très différentes, dans des conditions là aussi très différentes, des chemins roulants des hauts plateaux du Vercors en passant par les descentes cassantes du Diois ou bien les sommets qui bordent Grenoble. Nous avons eu ces VTT en mains pendant prés d’une semaine, ce qui laisse de quoi voir ce qu’ils ont dans les tubes.

Petit tour du proprio...

Première constatation en déchargeant les vélos du camion ravitailleur qui accompagnait notre raid dans le Vercors : « boudiou c’est bien légers ce truc là ! » Deuxième constatation : « Vinzou c’est t’y pas travaillé ce spad là ! ».

Car il faut dire ce qui est, chez Vario on se donne de la peine et on ne fait pas dans la facilité. L’ensemble du cadre, d’un bel alu verni, présente un sacré beau boulot. Les soudures sont très propres et le travail sur les tubes est remarquable. En particulier le tube reliant la boite de pédalier à la douille de direction. Celui-ci est évasé et renforcé d’un gousset coté douille tandis que vers la boite, il forme un creux se prolongeant jusqu’à l’axe du bras oscillant. De la belle ouvrage.

Coté bras oscillant là aussi il y a du travail et le bras est formé de plusieurs tubes soudés via des douilles. Les pattes arrières sont elles aussi très travaillées et l’axe qui relie le bras et le système de biellettes est une belle pièce de tournage. Quand à l’ancrage sur le cadre c’est du maousse costaud, fait pour assurer la rigidité.

Le système de biellettes qui relie le bras à l’amortisseur respire le solide et le beau et là aussi tout est monté sur roulements. Cette cinématique est le cœur du système DLS développé par Vario. L’objectif est d’assurer une suspension efficace en toutes circonstances et de diminuer les effets de pompage au pédalage.

Et justement l’amortissement est assuré par un Rock Shock Ario réglable en compression, déclanchement et vitesse de rebond et possédant deux points d’ancrage, assurant ainsi deux débattements 80 et 100mm à la roue arrière.

La proue est reliée au reste du cadre par un jeu de direction intégré, une Rock Shock Reba SL offrant 100mm de débattement et réglable en compression et détente via une pompe HP, tandis qu’une molette permet de durcir la fourche pour les passages roulants. Cette dernière fonction peut être associée à une commande au guidon qui n’est pas livrée avec le vtt.

Pas de faute de goût coté transmission avec un groupe Sram X9/Xgen et des commandes Trigger pour mettre en mouvement les Mavic Xland disc. Pour assurer la fonction inverse ce sont des Hayes HFX9-xc qui se chargent du boulot, du moins sur la version française de l’Oxyd, les grands bretons ayant quand à eux droit à des Hopes, une petite touche british sur un vtt so frenchy.

Enfin coté composants c’est FSA qui équipe le poste de pilotage et la marque maison V compoments la partie assise.

Lorsque l’on prend 5 pas de recul, dans le petit matin qui éclaire notre départ du 1er jour, il faut bien dire que l’Oxyd a une bien belle gueule, avec sa déco très sobre, son verni brut, son triangle avant très classique et son bras arrière hight-tech. Il est donc temps de mettre les gants, le casque et d’attaquer le 1er chapitre de ce raid de 3 jours aux commandes du Vario.

Sur les chemins...

Lors de cette session de tests l’Oxyd a quelque peu dérouté ses pilotes lors du premier contact. En effet la potence est très longue et l’on est très couché sur le vélo. Par contre le cintre est large et relevé. Même pour un usage pur xc elle s’est révélé un brin trop longue, voir handicapante sur des passages un peu technique.

Ce problème mis à part , la géométrie du vtt est plutôt bonne et le vélo répond bien aux sollicitations du pilote, si tant est que le réglage de l’amortisseur est été fait avec soins pour le poids de celui-ci, sinon gare au pompage ! Pour obtenir un bon fonctionnement du système DLS il est indispensable de gonfler l’amortisseur assez fort, donnant ainsi une suspension assez ferme. Il faut donc prévoir de tâtonner un peu avant de trouver le réglage ultime vous transformant en avion de chasse. Car sur le roulant l’Oxyd est une bonne arme pour avionner et mettre la pression aux copains. Le vélo redistribue bien les watts et fourche bloqué on monte vite dans les tours, aidé en cela par la position un peu couchée.

En montée le vélo, d’un poids des plus raisonnables, grimpe bien et même très bien dans les terrains roulants. Mais sur le technique la position allongée n’aide pas, même si la suspension compense bien et colle au terrain. Le vélo offre un bon rendement et ne gaspille pas l’énergie de son pilote outre mesure.

La situation se gâte un peu dés que la pente s’inverse. La faute encore une fois à cette potence trop longue qui donne une position trop sur l’avant. Rien de très grave sur les chemins roulants mais dans les descentes techniques cela peut devenir handicapant. Le vélo se montre vif de l’avant, ce qui n’est pas anormal pour un xc, tandis que l’arrière est d’une très bonne rigidité. Mais dés que cela tabasse beaucoup, la suspension se montre là encore sèche voire dépassée parfois par les événements lorsque l’on allume fort dans un terrain très technique et elle manque alors cruellement de confort. Mais l’Oxyd se montre globalement stable en descente. Revers de la médaille il n’est pas très maniable dans les passages trialisants.

La transmission et le freinage sont quand à eux sans failles. Si les Hayes ont parfaitement fait leur boulot et ont été sans problèmes, les Hope du modèle anglais ont fait le régal de nos testeurs et ont été très appréciés.

Bref nous sommes bien en présence d’un pur vélo de xc, offrant du rendement mais un confort limité.

Note particulière sur la fourche L’Oxyd est équipé d’une fourche Rock Shock Reba dans les version SL et EL. Cette fourche dispose de 3 réglages : la compression, le rebond, le réglage du seuil de déclenchement. Elle peut aussi se bloquer. Lors de nos essais nous n’avons pas réussi à trouver les bons réglages pour cette fourche, par manque de temps et peut être aussi parce que le matériel arrivait en fin de cycle de test et méritait une petite révision. Résultat, le mauvais comportement de la fourche influait sur la perception que nous avions du vélo. Nos testeurs la trouvait rigide, précise, mais disposant d’un mauvais amortissement pouvant même conduire un des testeurs à juger le pilotage du vtt difficile en terrain cassant. Bref la Reba semblait avoir fait l’unanimité contre elle.

Lors d’une autre session de test en Alsace, nous avons testé une autre Reba neuve de la même version que celles qui équipaient nos Oxyd. Tous nos testeurs en ont apprécié le fonctionnement et certains ont été étonnés de son fonctionnement pour une fourche de XC. Bref un avis diamétralement opposé à celui de nos testeurs dans le Vercors.

Il apparaît donc évident aujourd’hui que le comportement et les qualités générales de l’Oxyd ont été entachés par le comportement de la fourche lors de cette série de tests et que les avis émis sur la Reba ne reflètent pas les qualités réelle de ce matériel.

En définitive...

A la suite de notre série d’essais, le Vario ne s’en sort pas trop mal, même si nos testeurs lui mettent quelques petits coups de griffes.

Rigide, stable, disposant d’une suspension anti-pompage efficace si tant est qu’elle soit réglé pil-poil, l’animal est une vrai bête de xc, plus fait pour rouler au taquet le nez dans le cintre, que de se coltiner de petits sentiers bien techniques. Sa géométrie ne le rend donc pas très polyvalent. Pourtant avec un réglage aux petits oignons de sa fourche, l’Oxyd doit être un bon candidat pour s’aligner sur de longues sortie ou des courses longues distances. Il faudra en ce cas changer la potence pour un modèle plus court.

Le mélange du triangle avant classique et du bras arrière très hight-tech, la robe alu servi par un choix judicieux de composants, donnent à l’ensemble un beau look et en font un vtt sobre et plutôt classieux.

Le VTT en bref

VARIO OXYD SL - 12.7 kg - 2450 €

Miam, miam : Look, poids, rigidité, anti-pompage, rendement pour un usage XC.

Pas glop, pas glop : Potence trop longue, coté exclusif et manque de polyvalence.

Programme : Xc marathon, rando sportive.

Pour qui ? : Il reste réservé à des pratiquants recherchant avant tout le rendement avec un vtt de xc et souhaitant introduire un peu de confort dans leur pratique sans perdre en rendement.

Post-Scriptum : L’OXYD 2006

Le modéle testé était un OXYD 2005. Au moment où nous mettons en ligne voilà que se pointe la gamme 2006.

L’Oxyd #06 ne se voit pas apporter de modifications sur la géométrie du cadre, qui n’offre plus qu’un seul débattement de 100mm. Seul la déco change avec l’apparition du nouveau logo de la marque. Le vélo amméliore encore son look soft et classieux.

Les plus gros changements interviennent au niveau des périphériques. Exit la fourche Reba qui nous avait posé quelques problémes. C’est Marzochi qui s’installe en lieu et place de le Rock Shox, offrant 100mm de débattement.

Exit aussi les composants FSA qui se voient remplacer par du Truvativ. Et bonne nouvelle, la potente est moins longue pour 2006.

Coté freinage c’est Avid qui s’intalle avec les nouveaux Juicy à la place des Hayes qui équipaient le modéle 2005.

Au final le vtt prend un peu d’embonpoint avec 800gr de plus sur la balance. Par contre cette cure lui est profitable coté portefeuille puisque l’Oxyd SL 2006 permet d’économiser 450 €. Comme disait si bien Riton IV :’Paris vaut bien une messe’ !

Cet effort sur les prix se retrouve sur toute la gamme Oxyd qui débute maintenant à 1549 €, tandis qu’apparaît un trés haut de gamme à 4799 € et 11.7 Kg.

Conclusions : Pas de trés grosses modifications pour 2006, un look plus séducteur peut être et une géométrie qui nous semble amméliorée. Avec un prix tout doux sans négliger l’équipement le VARIO OXYD SL apparaît comme un trés bon candidat pour qui cherche un tout suspendu de rando sportive ou de marathon.

Fiche technique 2006

-  Cadre varium triple butted
-  Fourche Marzochi gran fonda lock-up/100
-  Amortisseur RS Ario
-  Jeu de direction TH 11
-  Potence Truvativ xr 30 5° /100-120
-  Cintre Truvativ LE25.4/640/25
-  Tige de selle V compoments XC série
-  Selle fIZIK Nisene sport
-  Pédalier TRUVATIV Firex 23/32/44
-  Dérailleurs SRAM X9/Xgen
-  Commandes SRAM Trigger
-  Freins AVID Juicy 5-160mm
-  Roues DBO XC Disc pro
-  Pneus Maxxis Larsen Mino 2.0
- Poids 13.5 kg sans pédales
- Prix : 1 999 €

Tailles dispo S / M / L / XL

Autres modéles : Oxyd RACE 11.7 Kg / 4799 € et Oxyd EL 13.25 KG / 2499 € et Oxyd RC 13.7 KG / 1549 €

- Plus sur le site du constructeur www.vario-bikes.com



Auteur - RouelibrE




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