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  Lapierre 420 Xcontrol evo2 e-lite


(2/12/2005)

<REP|SITE/2005/lapierre>

Le X-Control est un VTT qui a fait couler pas mal d’encre dans la presse et de pixels sur le Net à sa naissance. Un VTT tout suspendu, qui ne pompait pas grâce à sa suspension à point de pivot virtuel s’articulant en partie autour d’une plaque de carbone... On demandait à voir,d’autant que la marque Lapierre, si elle avait la réputation de faire des VTT fiables et sérieux, ne passait pas pour donner dans l’originalité à outrance. Ce X-Control première génération lançait l’ère de la suspension « intelligente » pour la marque.

Après quelques sourires narquois et autres commentaires pisse-froids envers ce VTT « so frenchy » il a bien fallu se rendre à l’évidence : le Xcontrol était efficace et bien né. La meilleure preuve en a été le succès commercial. En quelques saisons, l’engin a été décliné de la pure bête de XC à des machines typées enduros. Bref, le Xcontrol était devenu un classique incontournable.

En 2004 la marque bourguignonne présente le X-Control evo2, un VTT qui vient remplacer le X-Control, alors en pleine gloire. Sacré challenge, puisque celui-ci est chargé de remplacer son aîné devenu une référence.
Pour la gamme 2006, Lapierre enfonce le clou en remplaçant les X-Ride, des VTT enduros directement inspirés du Xcontrol 1ere génération, par les X-Control 130 directement issus des evo2. Le roi est mort, vive le roi...

Le récipiendaire :

C’est donc le 420 X-Control evo2 e-lite qui a eu le privilège de subir les assauts de nos testeurs. 3 jours en mode « full VTT » en Alsace ont été le prétexte à cette séance de torture du Lapierre. Un terrain de jeu bien en phase avec le programme de ce VTT, avec de longues montées, des singles joueurs et des descentes à négocier au taquet. 1000m de D+ minimum par jour, histoire de bien vérifier les aptitudes de notre vélo à monter et descendre et 4 testeurs aux profils variés, histoire d’en savoir plus sur le caractère de notre machine de test.

Le 420 X-Control evo2 e-lite est un modèle milieu de gamme dans la famille evo2 qui compte 5 modèles. Les evo2 sont des VTT qui jouent dans la cour des marathoniens et des randonneurs sportifs. Leur credo ? Efficacité et confort sur tous les terrains. Attention, ces vélos ne sont pas des VTT d’enduro, pour cela il y a les X-Control 130, une évolution « long travel » des evo2. Quand aux purs crosseurs, ils se tourneront vers les X-Race, des bêtes de course, utilisées par le team Lapierre et disposant d’une cinématique différente ne faisant pas appel au point de pivot virtuel avec un amortisseur en prise directe sur le bras oscillant.

Les modèles evo2 adoptent une nouvelle cinématique de suspension (FPS2), à l’allure plus « conventionnelle ». Exit la plaque de carbone. Maintenant tout se passe au cœur du triangle avant. C’est une première biellette qui relie le triptyque tube de selle/bras oscillant/amortisseur, et une seconde qui fait la liaison bras oscillant/boîtier de pédalier.

Les conditions du test

Notre test a constitué en 3 jours de randonnées en Alsace dans la région de Wisenbourg, sorties de 60 km en moyenne sur des dénivellées de +1000m chaque jour.

Notre équipe de tortionnaires était contituée de :

- Fabrice dit Fab’X : Habite Lobbes (Be), randonneur sportif tendance explosif, roule sur un Specialized, semi-rigide.
- Fabrice dit Fab’dale : Habite Lyon, randonneur sportif tendance « touche à tout », roule sur un Cannondale Prophet SL, tout suspendu.
- Stéphane : Habite la région de Lille, randonneur sportif, roule sur un Commençal VIP, semi-rigide.
- Frédo : Habite l’Isére entre Lyon et Grenoble, randonneur, free-rider, roule sur un Rocky Mountain Stratos, semi-rigide et un Yeti ASX.

Un petit tour du proprio

L’allure générale de ce Lapierre est plutôt agréable et homogéne, avec un triangle avant classique. La teinte du cadre est très sobre mais les inscriptions sont trop nombreuses, même si cela reste tout à fait subjectif. Le bras oscillant est de la belle ouvrage ; fluide il est néanmoins très travaillé avec le logo Lapierre en relief. Le systéme de biellettes est constitué de belles piéces assemblées avec soin et il faut noter que toutes les articulations sont sur roulements.

L’équipement est homogène, sans réelle fausse note ou grosse tare. Les éléments les plus soumis aux mauvais traitements sont d’une gamme suffisante pour assurer un pédalage sans souci.

La fourche Rock Shok Reba SL avec blocage au guidon et les freins Formula Oro ont été d’agréables découvertes pour l’ensemble des testeurs. Ces deux éléments fortement appréciés dans la presse papier et sur les forums n’ont pas fait défaut à leur réputation. Bien sûr, cet avis ne peut en aucun remplacer un essai longue durée, mais pour un premier contact, c’est un 20/20.

Sur le terrain

Avant de rouler, il faut régler... Nous sommes en présence d’un amortisseur haute pression. A défaut d’avoir le manuel, nous nous sommes contentés de faire coïncider l’indicateur pour régler le SAG. Lapierre préconise de ne pas dépasser les 200 psi ou 14 bar, mais pour ma part, il y a eu un peu plus. La règle simple est de convertir son poids en livre, ce chiffre correspond à peu de chose près à la pression à mettre en psi dans l’amortisseur. Pour information, si vous appliquez cette méthode au X-Race, vous roulerez en semi-rigide. Ici, la biellette permet de conserver un amorti onctueux, mais avant d’aller plus avant, en selle...

Lorsque l’on enfourche ce VTT, on a l’impression de rouler sur son propre vélo, la position est équilibrée. On se sent bien, mais le buste est assez relevé, même pour moi qui suis le moins grand (1.71 m). Nous sommes en présence d’un vélo de randonnée, pas d’un pur produit de XC où la position du buste est orientée vers la recherche de performance. Cette position peut facilement se changer en remplaçant la potence par un modèle plus long.

Bien que la pression dans l’amortisseur soit importante, le confort est présent et fortement appréciable pour la sortie du jour lorsque la veille on a finit en ayant du mal à s’asseoir sur la selle. Toutes les petites aspérités du terrain sont gommées sans qu’il soit nécessaire de forcer sur le pédalage. Je trouve même que la suspension est plus sensible que sur le X-Control première génération que j’avais pu essayer, elle gomme plus facilement les défauts du terrain. En montée, la roue colle littéralement au sol, faisant que le pneu ne décroche jamais, sauf sur des surfaces peu adhérentes comme les dalles de pierre, mais le vélo ne peut être incriminé pour celà.

Un des testeurs a été perturbé par cette sensation de confort qui dénotait trop de ses impressions en semi-rigide. Il a beau avoir surgonflé son amortisseur, il ressentait une perte d’énergie par pompage alors que la suspension ne bougeait pas d’un iota lors du pédalage. Il déplore que l’amortisseur ne soit pas blocable, mais c’est à mon avis une option qui ferait perdre tout le gain apporté par cette suspension. J’ai moi même fait le test avec une relance en danseuse, la suspension ne bouge pas sous les coups de pédales alors que l’evo2 est équipé d’un amortisseur classique, c’est-à-dire sans fonction anti-pompage. Ce ’défaut’ en terme de rendement est le manque de « nervosité », où du moins, une certaine sensation d’inertie à la roue arrière, tient probablement son origine de la longueur des bases qui est de 429 mm. C’est plus long que pour un vélo de XC (environ 420 mm), mais c’est en revanche un atout pour la stabilité en descente. Cette sensation peut également avoir été accentuée par les pneus qui ne sont pas des plus légers et des plus faciles à tirer.

Néanmoins, ce vélo permet de rouler à un bon rythme sans avoir une condition olympique, et de finir la sortie en bien meilleur état physique qu’avec un semi-rigide.

En descente, le X-Control se révèle très agréable. Il tient le cap sans batailler et l’amorti arrière est vraiment très progressif. On se surprend à se rappeler que le vélo ne dispose que de 95 mm, tant il donne l’impression d’en avoir 110. En outre, la sensation de talonnement de l’amortisseur est totalement gommée. Le comportement du vélo est aidé par l’amorti de la fourche qui a aussi été sans faille lors de ce test. Il est progressif et la rigidité permet de placer la roue où l’on veut.

Le vélo est relativement maniable, bien qu’il faille parfois un peu le violenter pour jouer dans les pif-paf à partir d’une certaine vitesse. C’est encore une histoire de compromis entre stabilité et maniabilité au niveau de l’angle de direction (qui est de 70,5°). En revanche, il est facile de le cabrer pour avaler les ornières et on se prend vite au jeu de le pousser dans ses derniers retranchements. Manifestement il n’attend que ça !

Ce test a permis de constater que le cadre est très rigide. Il n’y aucune sensation de flou induite par la souplesse du triangle avant ou au niveau des articulations de la suspension.

Les freins Formula Oro furent une des révélations de ce week-end de test. Ce sont les premiers freins à réellement avoir la capacité d’arrêter mes 100 kg en ne freinant qu’avec un doigt et avec des disques de 160 mm. Ils sont très puissants mais également très faciles à doser. A l’heure actuelle, ce sont les freins qui ont peut-être le meilleur rapport performance/poids/prix.

Conclusion

Ce X-Control seconde génération est plaisant à rouler, maniable (normal pour un VTT typé rando-sport) et, pour autant que les descentes ne soient pas trop cassantes ni pentues, stable.

Quid de la suspension FPS2 ? Et bien ça marche ! L’arrière travaille lorsque l’on pédale assis sur la selle mais sans pompage et j’ai eu beau relancer plusieurs fois en danseuse pour voir, ça ne bouge quasiment pas, j’avais l’impression d’être sur mon rigide. Le semi-blocage de la Reba s’active facilement et permet de gagner encore en rendement lorsque ça grimpe, on peut même oublier de l’enlever dans les descentes (ce qui m’est arrivé plusieurs fois).

Ce 420 X-Control evo2 e-lite est un excellent vélo de randonnée qui ne paraît pas conçu pour affoler les chronos. Ce n’est bien sûr pas un modèle compé-client, pour cela il faudra aller regarder du coté de la gamme X-race, mais il vous permettra d’aller sans souci à la fin de vos randonnées, même les plus longues et quelque soit le terrain, dans un confort optimum et en prenant un plaisir énorme.

Il n’y a rien à jeter sur ce modèle, qui est doté, comme il est de coutume chez Lapierre, d’un rapport qualité/prix alléchant, sauf peut être les grips vraiment durs et trop fins pour filtrer correctement les remontées du terrain (mais c’est un détail qui se change facilement). Il offre donc un équipement qui est une très bonne base pour ne pas avoir à investir suite à la défaillance d’éléments au bout de quelques mois d’utilisation. Ici, vous risquez de changer de matériel plus par envie que par obligation.

Si vous disposez d’un vélo équipé avec soin, il vous est possible de n’acquérir que le cadre. Soit le ultimate pour 1550 euros, où le cadre du 440 pour la somme de 1250 euros. Ils sont équipés d’un amortisseur plus haut de gamme, le Fox Float R. En outre, par rapport à notre vélo d’essai, ils disposent d’une biellette basse qui est allégée afin de grappiller quelques grammes supplémentaires.

Alors pratiquement aucun défaut ce vélo ? Aujourd’hui, et à moins d’être hyper pointu et pour certaines disciplines exigeantes comme la DH, le 4X ou le Xc pur et dur, les vélos sont de plus en plus aboutis. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’un modèle éprouvé comme le X-Control. Alors oui, les vélos sont presque parfaits, surtout pour le commun des vététistes dont beaucoup d’entre nous sont. Avec des machines telles que le X-Control Evo 2 nos randos du week-end ont de beaux jours devant elles.

Le VTT en Bref

Lapierre 420 X-Control evo2 e-lite - 1900 Eur - 12 Kg (donnée constructeur)

Miam-miam : Look, poids, confort, efficacité de la suspension, équipement, rapport qualité prix excellent.

Pas glop, pas glop : Grips trop fins, manque d’explosivité.

Pour qui ? : randonneurs polyvalents, recherchant un matériel fiable et bien fini pour un bon prix, afin de rouler dans le confort et avec du rendement, partout, des plaines aux montagnes, sans notion de compétition.

Fiche technique 2006

- Cadre : Alu 7005 SuperLight - FPS2 - SDP - biellette supérieur magnésium 100 g - 95 mm de débattement
- Fourche : Rock Shox Reba SL 100 mm, blocage au guidon
- Amortisseur : LP air/huile 165 mm - 38 mm de course
- Freins : Formula Oro K18 160/160
- Roues : Shimano M525/Mavic XM317
- Pneus : Hutchinson Bulldog R-Light 26x2.1
- Manettes de vitesse : Shimano LX
- Dérailleur avant/arrière : Shimano LX/XT
- Pédalier : Shimano FCM540 22x32x44
- Pédales : sans
- Potence : Ritchey Comp V2
- Cintre : LP light low rizer
- Tige de selle : Ritchey Logic
- Selle : Fi’zi:k new Nisene
- Poids : 12.0 Kg (donnée constructeur)
- Tailles dispo : 41/46/51/56
- Prix : 1900 euros

Autres modéles : 450 Ultimate - 4500 € / 440 team - 3200 € / 430 SL - 2450 € / 410 comp - 1500 €

- Plus sur le site du constructeur www.cycles-lapierre.fr



Auteur - Fredo




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