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  De l’Oberland bernois aux Alpes valaisannes


(/11/2000)

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Le 4 octobre 2000


Voici plusieurs années que le projet mûrit : atteindre Crans-Montana, célèbre station des Alpes valaisannes connue pour ses pistes de ski et son golf, en passant par les montagnes qui la dominent. En effet la route traditionnelle au départ de Sierre (à une vingtaine de kilomètres de Sion) est étroite et dangereuse pour les cyclistes, et une arrivée par un chemin inhabituel convient mieux à mes goûts de liberté.

Connaissant bien la station pour y passer des vacances depuis des années, en été avec mon VTT ou en hiver avec mon surf, j’ai repéré les accès possibles sur les cartes et de visu. Le grand défi est de passer la chaîne au nord de la vallée du Rhône, séparant les sommets de l’Oberland bernois de ceux du Valais. Plusieurs routes sont possibles à pied (col du Sanetch, col du Rawyl) mais demandent un portage plus conséquent avec un VTT.

La solution la plus réaliste est de passer par le col de la Gemmi qui sépare la vallée de Frutigen sur le flanc nord des Alpes bernoises de la vallée du Rhône en amont de Sierre. La plus grande partie du trajet semble roulable, avec quelques passages délicats au moment de déboucher sur le flanc sud de la chaîne.


La situation

En Suisse, dans les Alpes, entre le canton de Berne et le canton du Valais, plus ou moins entre Berne et Sion. Le passage se fait entre le massif du Wildstrubel (3243m) et celui du Balmhorn (3698m).

L’accès

Kandersteg, situé à l’entrée nord du tunnel ferroviaire du Lötschberg reliant le Plateau suisse au Valais, est à 65 km de Berne. La meilleure solution pour s’y rendre avec un VTT est de prendre le train à Berne ou à Thun en chargeant sa monture dans le fourgon à bagages. Sinon en voiture prendre l’autoroute de Berne à Thun puis Wimmis, ensuite prendre en direction de Frutigen et Kandersteg.

L’itinéraire

Cet itinéraire se décompose en deux parties dont l’une est très connue des marcheurs et randonneurs de moyenne montagne. Il s’agit du passage du col de la Gemmi, célèbre point de passage entre le canton de Berne et le Valais. Le second tronçon est moins connu car passant par une barre rocheuse qui n’est aménagée que depuis quelques années. Auparavant seuls les grimpeurs encordés pouvaient envisager ce passage entre la vallée de Loèche et la vallée du Rhône.

Cartes : feuilles 1247 "Adelboden", 1267 "Gemmi" et 1287 "Sierre" au 1:25’000 de l’Office topographique fédéral, en vente dans tous les kiosques et librairies de la région.

Départ : gare de Kandersteg

Arrivée : poste de Montana

Transports mécaniques : possibilité de prendre le téléphérique de Kandersteg au Stock, permettant d’éviter une terrible montée peu roulable de 730m, ainsi que le téléphérique du col de la Gemmi à Loèche-les-Bains (Leukerbad), la descente étant trop dangereuse avec un VTT (voir récit plus loin).

Au départ de la gare de Kandersteg suivre la rivière Kander jusqu’au fond de la vallée, puis attaquer la terrible montée (20-35%) jusqu’au Stock. Ensuite suivre le plateau jusqu’à la première moraine jusqu’à l’auberge de Schwarenbach, puis monter jusqu’au lac de Dauben, avant de rejoindre le col de la Gemmi (2346m) par un bon sentier roulant. Il est préférable de descendre sur Loèche-les-Bains en téléphérique car le sentier dans les rochers est extrémement dangereux, couvert de morceaux d’ardoise glissants et sans garde-fous. De Loèche remonter le flanc ouest de la vallée vers Larschi, en suivant l’itinéraire marqué "Montana". Puis aborder le délicat passage de Chällerflüe entre la vallée de Loèche et la vallée du Rhône. Remonter ensuite vers les pâturages d’altitude de Varneralp, suivre à flanc vers le fond de la vallée de la Tièche, avant de descendre sur Montana par le Cave du Sex et Aminona.

Partie 1 : le col de la Gemmi


Après un voyage par le train qui emprunte plusieurs tunnels tournants de 180 degrés dans le flanc de la vallée j’atteints Kandersteg au fond de la vallée de la Kander. La nuit a été froide et l’herbe est couverte de givre par endroits. Il doit faire au plus 5 à 6 degrés ! Mais le ciel tout bleu et les sommets baignés par le soleil levant annoncent un superbe jour de début d’automne. Bien habillé j’enfourche mon Cannondale allégé au maximum (tout est dans le sac à dos) et suit la rivière jusqu’au début du sentier qui permet de franchir la barre rocheuse fermant le fond de la vallée. La montée de plus de 700 mètres est très dure, la pente atteint par endroits 35%, autant dire qu’il faut pousser. Après une heure d’effort j’atteints la station supérieure du téléphérique au lieu dit Stock.



La vue est magnifique sur la vallée de Kandersteg, le Gasteretal et l’immense face enneigée de l’Altels (3629m), ainsi que toute la chaîne de l’Uschengrat que je vais longer. Le soleil commence de réchauffer l’atmosphère mais le vent frais qui descend du col de la Gemmi souffle de face. Quelques arrêts-photos permettent d’apprécier le magnifique paysage et l’odeur typique d’automne qui monte de la terre, un mélange d’humus, d’herbe mouillée et d’un peu de mystère.



Le premier plateau est traversé rapidement puis j’attaque une forte montée sur une ancienne moraine qui barre la vallée. Du sommet j’admire une dernière fois le chemin déjà parcouru puis continue vers l’auberge de montagne du Schwarenbach. Cet hôtel est typique de la région : construit au début du siècle lorsque les touristes montagnards anglais avaient fait de l’Oberland bernois leur destination favorite, il est tout en pierre, avec un toit en tôle zinguée bien accroché pour pouvoir supporter les terribles tempêtes d’hiver et surtout le poids de la neige (plusieurs mètres en janvier). Aujourd’hui je ne m’arrête pas, la route est encore longue et je redoute un peu les conditions que je vais trouver plus loin.

Le chemin se rétrécit en single de 40 cm montant régulièrement et coupé de nombreux ruisseaux aisément franchissables, mais qui laissent des sensations de fraîcheur sur les molets. Le vent est de plus en plus fort et le sommet du col se rapproche. Encore quelques virages très raides difficilement négociés et il faut mettre pied à terre : le revêtement en ardoise pilée et petits cailloux roulants rend l’accroche impossible. Le pneu décroche à chaque coup de pédale. Soudain j’arrive à un petit col appellé Seestutz et qui domine un lac glaciaire, le Daubensee. Situé à 2206m il est le résultat de la fonte du glacier du Wildstrubel, le grand sommet qui domine toute la région à 3243m. En cette fin d’automne sa couleur est grise-verte, indiquant une forte présence de sable microscopique partiellement en suspension dans l’eau. Son aspect est assez sinistre et l’envie de me baigner ne m’effleure pas ! Il faut dire que tous les sommets environnants sont couverts de neige fraîche et qu’il fait à peine 10 degrés sous le soleil resplendissant.



Une petite halte pour prendre quelques photos et ça repart sur un bon chemin d’ardoise, fréquenté à cette heure pas de nombreux promeneurs montés de Loèche-les-Bains en téléphérique et rejoignant Kandersteg en chemin inverse de ma route. Ils n’ont qu’à descendre, eux ! Je roule en respectant ces gens, un petit bonjour par-ci par-là. La neige commence de recouvrir le chemin par endroits, avec des plaques de glace traîtresses, il faut rouler en douceur, sans coups de pédales intempestifs. Je n’ai surtout pas envie de m’étaller lamentablement au milieu de ces marcheurs pour l’instant admiratifs de mes efforts, mais qui pourraient vite se révéler de terribles moqueurs en cas de chute de ma part. Et quelle honte de se retrouver les quatre fers en l’air sur la précieuse péllicule d’un touriste japonais !


Au bout du lac la pente remonte fortement pour les derniers 500m avant le col et je dois tirer fort sur les bar-ends, en évitant les pièges de la neige gelée. Et soudain je suis au col de la Gemmi, à 2346m, point d’arrivée du téléphérique venant de Loèche-les-Bains (Leukerbad en allemand). La vue sur le Valais coupe le souffle. Loèche est 900m plus bas au pied de la falaise qui forme le col. Toute la zone est encaissée, avant de rejoindre l’immense vallée du Rhône. Plus au sud tous les sommets de plus de 4000m des Alpes valaisannes se découpent sur le ciel d’un bleu parfait : le Cervin, le Mont-Rose, le Rothorn de Zinal, le massif des Mischabel, le Grand Combin, le Mont Blanc,...





Partie 2 : la vallée de Loèche-les-Bains

Il est près de midi et malgré le spectacle magnifique il faut continuer, la route est encore longue. La descente sur Loèche-les-Bains est extrêmement dangereuse à VTT. Même les marcheurs descendent très prudemment sur un chemin couvert d’ardoise pilée qui plonge en épingles dans les rochers, sans même un garde-fou ou une main courante ! D’ailleurs les autorités locales déclinent toutes responsabilités pour les accidents qui pourraient survenir dans cette descente infernale. Comme père de famille soucieux de ma vie je ne prends pas de risques inutiles et achète un billet de descente en téléphérique. Et les photos que je fais depuis la cabine qui plonge vers le fond de la vallée sont là pour confirmer ma sage décision : la pente extrême, le revêtement instable et les nombreuses chutes de pierres déclenchées par les marcheurs rendent le tronçon terriblement dangereux, à plus forte raison à VTT.


Arrivé dans la célèbre station thermale, la température est nettement plus élevée, plus de 20 degrés. Anorak et manches amovibles rejoignent le fond du sac. Le temps du casse-croûte permet encore quelques prises de vue contre la falaise coiffée du col de la Gemmi. Cela paraît encore plus impressionant depuis le bas.

Le contraste entre le haut et le bas est frappant : alors qu’il y a quelques minutes je me trouvais sur un col balayé par un vent frais, entouré de sommets rocheux couverts de la dernière neige de la nuit, je suis maintenant dans un fond de vallée à la végétation encore estivale, aux fortes odeurs d’herbe, avec des vaches dans les pâturages et des touristes encombrant les rues ! Il faudra faire attention dans la station, les nombreux curistes sont peu adeptes de la vitesse.


Rechargé en calories et la tenue allégée je me remets en selle et descends les magnifiques chemins entourant Loèche, bien balisés et entretenus comme une montre suisse. Un panneau indicateur donne six heures de marche jusqu’à Montana par l’itinéraire que je vais emprunter. Il ne faudra pas traîner si je veux arriver au milieu de l’après-midi. Je me dirige vers le sud en montant en lacets, les promeneurs se font plus rares, les moutons et les chèvres remplacent les vaches et leurs sonnailles.

Cette partie du Valais est de langue allemande (la limite français-allemand est à quelques kilomètres) et les quelques hameaux traversés ont des noms très locaux et parfois difficiles à prononcer : Aenneriel, Rüemu, Kluscheten, Larschi. La pente est de plus en plus raide, je mouline avec peine sur un chemin devenant de plus en plus étroit. La végétation se modifie très vite à cette altitude et les feuillus font place à des mélèzes et des aroles, les éboulis de plus en plus nombreux sous les rochers à pic n’incitent pas à musarder. Le panorama est splendide, la température agréable et mon F4000 tourne comme une mécanique bien huilée : quelle superbe journée, le premier jour de mes vacances automnales est une vraie réussite.


Partie 3 : un passage de falaise



Soudain au détour de la forêt la principale difficulté de la journée apparait dans l’ombre : la falaise du Chällerflüe. Cette paroi presque verticale marque la frontière entre la vallée de Loèche et la vallée du Rhône. Haute de 400m, formée d’une roche peu stable et friable, elle était franchissable par de bons grimpeurs encordés jusque dans les années 80. Depuis un sentier étroit a été taillé directement dans la roche, avec une pente de 35% et une simple corde fixée à la paroi comme main courante... Si le passage pour un marcheur demande un pied sûr, du courage et de la concentration, le même trajet avec un VTT en portage ou en "poussage" va devenir acrobatique et particulièrement dangereux. Le moindre faux-pas, la moindre inattention et c’est la chute dans le vide. Un dernier arrêt pour tirer sur le Camelbak, une barre énergétique engloutie rapidement et quelques secondes de concentration et c’est parti pour 400m du portage le plus difficile et dangereux de mes 10 ans de VTT alpin. La pente est très raide, les chaussures de XC accrochent tant bien que mal sur ce revêtement caillouteux et les grosses pierres qui parsèment la sente témoignent des nombreux éboulements. L’impression de force qui se dégage du paysage grandiose ne doit pas faire oublier que la moindre hésitation, le plus petit faux-pas peuvent être fatals. Je transpire abondamment, tant par l’effort que par la concentration. Soudain à la moitié du passage j’entends des voix venues du haut : trois randonneurs descendent en sens contraire. Le croisement s’avère difficile. Je m’agrippe d’une main à un piton tenant la corde et de l’autre cramponne le cadre de mon vélo. Les trois courageux font une manoeuvre acrobatique pour me croiser à l’endroit un peu plus large que j’ai choisi. Ils sont stupéraits de rencontrer un vététiste poussant sa monture dans un coin aussi perdu et casse-g...le ! Encore dix minutes de calvaire et de sueur et j’arrive déjà à la barrière qui garde le haut du passage. Je suis sauf et heureux de retrouver un sentier plat, au revêtement sûr et bordé d’une belle pente herbue et plantée d’aroles sécurisants !!!

Partie 4 : les alpages vers Montana

Je débouche sur un balcon d’où la vue est absolument prodigieuse. Toute la partie centrale de la vallée du Rhône valaisanne est à mes pieds, 1200m plus bas. On voit Viège au pied de la vallée qui mène à Saas-Fee et Zermatt, le Val d’Anniviers avec ses villages célèbres accrochés à la pente (Chandolin, Saint-Luc,...), Vercorin, une partie du parcours du Grand Raid Cristalp, Sierre, Sion. Et beaucoup des plus célèbres 4000 des Alpes : le Weissmies, les Mischabel, le Mont Rose, Castor et Pollux, le Breithorn, le Cervin, le Bishorn, le Weisshorn, le Zinalrothorn, l’Ober Gabelhorn, la Dent Blanche, la Dent d’Hérens, le Grand Combin et tout le Massif du Mont Blanc. Fabuleux ! La température estivale me permet de m’asseoir un moment dans ce pâturage idéalement situé. En cet instant j’oublie tous les soucis professionnels qui m’ont assailli ces derniers jours pour savourer ce moment exceptionnel, ce panorama fabuleux et cette atmosphère de début d’automne chargée de senteurs typiques, avec dans l’air un je-ne-sais-quoi de mystérieux et d’alchimique.


L’endroit s’appelle Pfarschong (je sais, cela sonne tibétain, mais nous sommes bien dans le Valais, en Suisse !) et permet d’accéder aux alpages de haute altitude des communes du fond de la vallée. Pour l’instant je pousse à nouveau mon VTT car la pente est rude et le sentier totalement inroulable. Je traverse les alpages de Varen que les troupeaux ont quittés depuis quelques jours après les premières averses de neige de la saison. Les pâturages permettent de rouler à nouveau et d’admirer ce cadre alpestre impressionant. Le trajet emprunte un sentier pedestre d’altitude (entre 2000 et 2200m) qui serpente entre des rochers, des prairies et des bâtiments d’alpages désertés. Pas âme qui vive à l’horizon, heureusement que j’ai mon téléphone mobile en cas d’accident, car seul l’hélicoptère pourrait me tirer d’une telle situation. L’après-midi est bien avancé maintenant et il me reste 6km de single à rouler et à pousser avant d’atteindre un meilleur chemin. La fatigue se fait sentir mais j’ai mon but (Montana) en point de mire. Mon C’bak est vide et je trouve facilement un ruisseau d’eau pure pour le remplir à nouveau. Les bovins qui viennent de quitter ces hauteurs (on appelle cela la désalpe) ont laissé un nombre impressionnant de souvenirs odorants sous forme de beaux étrons bien frais. Plus d’une fois j’évite d’y enfoncer le pied au dernier moment ! L’endroit est sans dangers mais la concentration est au max...


Une dernière descente très raide et j’atteints le ruisseau de la Tièche, marquant l’entrée sur le domaine de Montana. Je connais bien l’endroit pour y surfer souvent en hiver. Pour l’instant le terrain au fond de ce petit vallon est très humide et boueux. Une dernière montée rude et je débouche sur le Cave du Sex, un superbe alpage près d’un bisse (sorte de mini-canal d’irrigation construit il y a plusieurs siècles, typique du Valais) au pied d’une petite cascade. L’endroit est superbe et très fréquenté des touristes.Le but est proche et je prends mon temps avant d’enfourcher mon C’dale pour une dernière descente d’enfer sur Aminona, la station la plus à l’est du domaine de Montana-Crans. Comme je connais tous les raccourcis empruntés en surf sauvage l’hiver, la descente est un vrai régal de singles et de sentiers sinueux sur une pente raide. Après plus de 35km de sentiers très durs et 2200m de dénivelé positif je pose enfin le pied devant la maison de vacances que nous louons en famille. Fourbu mais heureux de cette superbe traversée je retrouve ma famille et les amis contents de voir que je suis entier ! Une bonne bière panachée me remet vite en forme. Cette habitude prise lors de mon raid en Ethiopie en 1998 (voir
AbyssiRaid98 sur VTTnet) ne m’a plus quitté depuis, un bon mélange mousse-limonade a un pouvoir régénérateur sur mon organisme (n’en déplaise à certains) autant que sur mon psychisme. Une douche tiède achève ensuite de me remettre en forme, avant une excellente raclette et un bon verre de fendant !

D’autres projets

Quelle fabuleuse journée de VTT, que je compléterai ces jours prochains avec de belles sorties sur les hauteurs de Montana. Mais cette traversée réussie d’une partie de la chaîne des Alpes me permet d’envisager d’autres projets du même style. Pour avoir pas mal bourlingué à VTT en Valais je sais que les possibilités sont quasi inépuisables. Deux trajets intéressants permettraient de joindre le nord des Alpes Bernoises à la Vallée du Rhône : par le col du Sanetch ou par le col du Rawyl. Alors que le premier est relativement connu et courru, le deuxième est peu roulable, mais permet d’atteindre la région de la Plaine Morte à 3000m au-dessus de Montana et de terminer le parcours par une superbe descente de plus de 1500m. Bref, plein d’idées se bousculent dans ma tête et je n’aurai pas trop de l’hiver pour mettre sur le papier quelques projets réalisables en 2001, pourquoi pas sous forme de RandoNet !






Auteur - Daniel Voisard




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