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  Trip en Colombie Britanique


(15/01/2006)

Combien d’entre-nous, n’ont pas rêvé devant des images venues du Canada ? Whistler et ses passerelles, des spots où des singles sans fins se déroulent dans des forêts peuplées d’ours et de vététistes...Francky et Sylvaine ont décidé un beau jour de partir là-bas, non sans mettre dans la soute de l’avion leur VTT. Histoire de rouler un peu de légende en vrai...Journal de bord.

"Après une première partie de séjour passée à visiter l’île de Vancouver, qui ne représente que peu d’intérêt pour le VTT, (il est même impraticable) mais qui recèle d’autres trésors naturels à découvrir soit en randonnées pédestres soit en Canoë, la deuxième quinzaine s’annonce exceptionnelle et devrait être riche en sensation, et un peu plus chaude car les 12° en plein mois d’août ça fait bizarre...
Je ne peux résister à vous raconter mon itinéraire, préparé par mon frère, qui je pense, montre un bon apperçu de la pratique canadienne du vélo de montagne. Plus qu’un sport, c’est un véritable art de vivre en Colombie Britanique (BC).

Jour 1 : premier contact

Après un passage express à Vancouver, nous partons en direction de Pemberton en prenant la route 99. Nous passons devant Squamish, un premier nom qui fait déjà bien rêver mais vu sa proximité avec Vancouver, nous gardons cette destination pour la fin si il reste du temps.
Première arrêt camping au sud de Whistler. Nous partons le lendemain matin pour une rando VTT avec pour objectif les Alexanders Falls. Au début, nous empruntons le fameux « Sea to Sky Trail ».

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Sur le Sea to Sky...

Un single de 130 kilomètres qui relie Birkenhead Lake à Squamish, Whistler étant exactement situé au milieu. Une course est d’ailleurs organisée sur ce parcours.
Le single « BrandyWine », du nom de la cascade, longe la rivière, sur un tapis d’aiguille de pin, on s’en écarte, la nature du terrain change et devient plus rocailleux. Le single est assez aménagé par endroit mais reste naturel. Au détour d’un virage on découvre une bombe volcanique, énorme rocher de plusieurs mètres de diamètre, strié comme une grenade. Un pont en bois nous permet de traverser la rivière puis nous nous enfonçons en forêt par une large piste forestière. Tout est grand ici et cette piste est à l’image du pays. Elle doit faire 12 mètres de large ce qui rend la montée assez monotone. Heureusement de courte durée nous attaquons une pente plus raide qui ressemble plus à un chemin. Nous ne sommes pas trop sur de notre route, aussi nous décidons de continuer un peu à l’aveuglette.

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Perdus ?

Après 35 kilomètres, nous ne sommes pas exactement là ou nous voulions mais le décor est magnifique. Nous abandonnons les chutes et profitons pleinement des 2 lacs avant de retourner sur Whistler. La descente est rapide et nous reprenons le « Sea to Sky Trail » mais direction nord cette fois. Nous devions un peu de notre trajectoire et faisons le début de la « Riverside ». Un single d’anthologie qui tourne, monte, descend, retourne et remonte. Il ne se passe pas 2 mètres sans devoir s’arracher pour passer ce raidillon, éviter cette branche ou encore contourner ce rocher. Du Cross de rêve.
Nous devons faire demi-tour et rattrapons un petit groupe de VTTistes. L’arrivée dans Whistler par la piste cyclable qui traverse les terrains de golf est plutôt sympa. Au lieu de rendez-vous se trouve un champ de bosses avec pas moins de cinq lignes d’une certaine longueur, et des ateliers en bois en tout genre. Pas assez de jus pour faire le pitre après les 60 kilomètres et 1000m de dénivelé. De toute façon on repasse plus tard et nous devons reprendre la route pour arriver à Birkenhead Lake. Nous arriverons d’ailleurs assez tard dans la nuit, au pays du moustique...

Jour 2 : Pemberton

Pemberton, où le mot FreeRide prend tout son sens...
On charge les VTT dans la voiture et on reprend la route direction Pemberton.
Nous mettons un certain temps avant de trouver le seul magasin VTT qui pourra nous indiquer l’endroit où il faut aller rouler. Pemberton est une petite ville très rurale située au beau milieu d’une plaine entourée de petites collines. Il n’y a aucun touriste et la principale activité est l’agriculture. Je suis assez interrogatif quand au potentiel du coin car les alentours n’ont rien d’attrayant. L’avenir me donnera tort ! Enfin nous trouvons le magasin. Dans une ruelle, à moitié cachée, on trouve une cabane et deux hippies rescapés de Woodstock en train de faire un peu de mécanique sur des VTT de descente. On récupère donc le plan de la région de Mosquito Lake, et on se rend au pied de la colline. Aucun parking, on pénètre dans un chantier où l’on essaye de garer la voiture en espérant qu’on ne la retrouvera pas broyé par un engin. Le temps n’est pas très beau et l’orage menace. On attaque la montée par une large piste très défoncée. Un pick-up de VTTistes nous double. Le dénivelé n’est pas très important mais les pistes sont dessinées sur une photo aérienne et il n’y a aucune indication d’altitude ou de sens de la pente. On ne sait donc pas dans quel sens prendre les chemins ni où nous en sommes.

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MI (Pemberton)

Aucun balisage non plus, si ce n’est quelques mots provoc’ invitant à prendre le single. Arrivé au (supposé) sommet, nous pique-niquons et l’orage éclate. On s’abrite du mieux que l’on peut sous les arbres en attendant que ça se passe. Avec de telles conditions, nous décidons de redescendre et faisons la « mission impossible ». La difficulté technique est au rendez-vous. Des singles où il faut chercher la trajectoire, entre les arbres, les rochers, des marches énormes. Gros vélos recommandés. Des variantes à l’infinis car la végétation est plutôt éparse et bien souvent, il y a plusieurs passages pour chaque difficulté. La météo nous empêche de faire une autre descente. Les singles sont très engagés et la pluie ne permet pas de s’y aventurer davantage. Nous rentrons à Birkenhead Lake un peu frustré mais demain une grosse journée nous attend.

Jour 3 : Birkenhead Lake - Pemberton

L’objectif de la journée est de trouver et suivre le « Sea to Sky Trail » de Birkenhead Lake à Pemberton.
Le verbe trouver a toute son importance car il n’existe aucun balisage au cours des 65 kilomètres et nous n’avons que très peu d’infos en notre possession. Pas de carte. L’orientation n’est pas très compliquée car nous devons simplement suivre le sud, et le fond de la vallée dans laquelle nous allons nous trouver une fois arrivé de l’autre coté du lac.

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Bientot à l’eau :o)

Le début est plutôt roulant, quelques petits ponts ou troncs pour permettre de traverser les cours d’eau, des effondrements à contourner. Le paysage est superbe, et prend une autre dimension avec l’impression d’être seul car il n’y a rien pour vous rappeler l’existence de la civilisation. Le choix à certaines intersections est trivial, d’autres fois plus aléatoire. Les montées et descentes se succèdent et l’heure tourne. Une descente exceptionnelle s’offre à nous. Un single d’une belle largeur, tout en terre battue très légère, tantôt sinueu tantôt avec des virages serrés. Après quelques courbes, tout passe en glisse. Un véritable régal. Après un certain moment nous cherchons notre chemin et nous sommes coincé entre, d’un coté, la route et la rivière vraiment infranchissable, et de l’autre, la montagne bien verticale. Aucun chemin et nous devons nous résigner à prendre la route. Cette portion nous fait sans doute rater un bout de l’itinéraire et de ce fait nous sommes un peu en avance sur l’horaire de rendez-vous. On se retrouve donc proche de Pemberton mais cette colline dont nous n’avons pas pu profiter la veille nous tend les bras. Nous pouvons nous situer sur la photo aérienne et nous avons le choix entre la contourner par la gauche ou prendre la piste de droite pour atteindre le sommet. On prend à droite. La piste est raide et se transforme rapidement en montée impossible mais c’est de courte durée. Le sommet semble proche est on rattrape le single souhaité « Meat Grinder ». Le début est excellent. Virage sur virage, racines, souches, rondins... pas de répit. La pente est globalement nulle est on s’attend à bientôt attaquer la descente. En fait, ça commence à monter, d’abord sur le VTT puis ça devient de plus en plus raide et technique. On fini rapidement par pousser les vélos, et par endroit nous sommes obligés de les porter. Des traces de freinages sur la mousse nous indiquent que certains passent dans l’autre sens. Ce n’est pas choquant vu que les chemins partent dans tous les sens. En fait, il nous faudra près d’une heure trente de montée avant de commencer à redescendre. C’est le piège de la photo aérienne.

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Meat Grinder (Pemberton)

On ne sait pas ou est le sommet et à moins de partir avec un local...L’avance se transforme donc rapidement en retard et la descente qui suit de va pas nous aider. Je mettrais pied à terre devant 2 passages car je n’ai pas les protections intégrales. Un mur d’une vingtaine de mètres sur une dalle en léger dévers... des marches où l’erreur ne pardonne pas. Le reste c’est du chaud voir du très chaud (ndlr : Quand on connait le niveau de Francky sur un vtt, quand il dit "chaud" c’est chaud). Un toboggan naturel en terre qui serpente entre les arbres, des rochers, des marches. C’est varié, c’est beau, c’est technique. Mon frère plutôt XC n’est pas très à l’aise en descente et portera son VTT sur presque la totalité de la descente, fatigué de monter dessus et de devoir en redescendre 3 mètres plus loin. Sylvaine, après un coup de barre à cause de cette interminable montée, tente pas mal de passages avec succès et s’accommode bien de la technicité du terrain.
La fin est de plus en plus chaude et se termine par un passage où nous devrons nous passer les vélos. On rentre en roulant sur la voie ferré avec un certain retard mais un sourire jusqu’au oreille. La journée a tenu ses promesses : 6h20 de roulage, un petit 1000m positifs et plus de 1300 négatifs. Il faut reprendre la route.

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Railroad (Pemberton)

Jour 4 : Cache Creak

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Cache Creak

Journée de repos à Cache Creak. Nous allons faire pas mal de route pour arriver à Sun Peaks où nous resterons 2 jours. On prend le temps de faire le tour du lac en rando tranquille, mon frère emmenant son fils Sylvain derrière. Cache Creak est perdu au milieu de nulle part. Nous sommes dans le territoire indien traversée par le célèbre « Gold Rush Trail », La nature vous envahi des pieds à la tête. Le paysage est flamboyant de couleurs et pourtant il n’y a que du vert : de l’herbe, de la végétation, des arbres mais dans des nuances dont je n’imaginais pas l’existence.

Jour 5 : Sun Peaks

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VTTnet is Every Partout... (Sun Peaks)

Sun Peaks se situe aux alentours de Kamloops. C’est une petite station de ski toute récente, réputée pour les sports d’hiver, et qui cherche à développer les activités estivales, dont bien sûr le VTT. La station est plutôt déserte à cette période de l’année. Nous cherchons le RV Park décrit sur le site de la station : en vain. Le seul endroit où l’on peut stationner est un vulgaire parking où il est impossible de planter la tente. Après un scandale au responsable de la station et quelques rudes négociations, Jill arrive à obtenir une suite pour 10 personnes dans le grand hôtel de la station et les forfaits VTT à l’œil. Le lendemain matin, après une nuit super confortable passé dans un lit « king size » 2m40 sur 2m, les connaisseurs apprécieront :o) direction les pistes.

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Sun Peaks

Les remontées n’ouvrant qu’à 11 heures, la journée commence par du Cross-Country et l’on va tester les pistes les plus faciles. Le balisage est d’une précision exemplaire. Il est constitué d’un chiffre (1à 7) pour la pente et d’une lettre (A à F) pour la technicité. Nous commençons par une 2A/2B et la progression est assez laborieuse. On se fait pas mal secouer, le chemin est technique. Je me pose des questions sur le niveau que je vais trouver sur les autres pistes. L’explication viendra une fois arrivée en bas : La piste était fermée car en cours de traçage. Ca me rassure un peu. Les télésièges ouvrent et une fois arrivé en haut, je me délecte en regardant le plan des pistes. Un peu plus d’une vingtaine, et même si la descente se fait en empruntant 2 ou 3 pistes différentes, le potentiel est là ! On attaque doucement par des 3C à 4D. Le terrain alterne entre de la terre bien tassé, de la roche et quand la pente augmente, on trouve un épais matelas de terre très légère, qui favorise la glisse et met bien en confiance en cas de chute...sans oublier les traditionnels passage en bois, plus moins nombreux suivant la topologie de la piste et le niveau de technicité. C’est ludique à souhait et très varié. Nous devons être 10 bikers sur la station. Inutile de préciser qu’il n’y a pas d’attente en bas de la remontée mécanique. Après quelques descentes avec Sylvaine je pars de mon côté pour tester les cotations plus ardues.

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Sun Peaks

C’est le bonheur ! C’est très technique, il faut se battre à chaque instant, surtout lors du premier passage. Les obstacles s’enchaînent sans répit, et avec une vitesse modérée, pour éviter les mauvaises surprises, je suis à la peine et doit mon salut, à plusieurs reprises, a un tirage désespéré du cintre pour éviter l’OTB. Le deuxième passage est fabuleux. Avec plus de vitesse, et le travail des suspensions, les singles donnent la banane. C’est physique, sauf sur les courtes portions de larges pistes qui permettent de changer de parcours. La fatigue se fait sentir et je décide d’en garder pour demain. La nuit va être bonne.

Jour 6 : Sun Peaks

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je commence la journée. Avec le plaisir pris la veille, je sais ce qui m’attend. On commence doucement par quelques 3 et 4 (route 66 excellent ! Gummy Bear, Mach...) mais rapidement je suis attiré pour faire le tour des pistes les plus difficiles. 5 E, 6 D , 6 E (Cat Trax, Insanity One, Hi-Octane, Sweet Home : le pied !, Arm Pump) Je m’attarde sur les passages les plus délicats qui réclament plusieurs tentatives. Ici, un tronc qui slalome sur une vingtaine de mètres. Là, une poutre de 3 mètres de long mais l’appui pour y monter ne fait pas plus que la largeur du pneu, etc...La frayeur de la journée sera sur une passerelle que je prendrais prudemment lors du premier passage, mais lors du deuxième, je pensais être davantage freiné lors de la montée, je me retrouve avec une vitesse déraisonnable à plus de 2 mètres de haut et la passerelle plonge avec un angle de plus de 45°. Je me jette de toutes mes forces dans la pente pour coller le vélo aux planches...Ouf. C’est passé. Il en reste une. La seule 7F. Je ne peux pas partir sans la tenter. Je n’ai vu personne y mettre les crampons dans la journée mais il n’y a vraiment pas grand monde dans la station donc ce n’est pas significatif. Le début est assez raide, un toboggan qui débouche sur un virage à plat à 90 à gauche, fait en bois. Pas de visibilité, j’aborde donc le virage à pied pour voir ce qu’il y a derrière.

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"L’ardoisière" de Sun Peaks

Ou plutôt, ce qu’il n’y a pas... La construction s’arrête devant un trou béant, un 6C... mais cotation escalade cette fois !! 3 mètres plus bas et après un supposé transfert à 90 à droite, en ayant pris un éventuel appui sur le rocher saillant sur la gauche, on peut supposer une zone ou atterrir... Bref, de la science fiction, et pas de Chicken Way. Je remonte donc en poussant le VTT sur les 50 mètres descendus. Cette piste a accueilli 15 jours auparavant les nationaux canadiens, ceci explique sans doute cela. Je termine la journée par une Sweet Home, qui est le plus dans l’esprit North Shore car le single traverse à plusieurs reprise une petite rivière, mais avec des passerelles suffisamment larges pour se sentir en confiance. (40cm de large à 3 mètres de haut, ca fait quand même bizarre et heureusement qu’on le fait progressivement et qu’on ne s’en rend compte une fois dépassé la première moitié)

Jour 7 : Stanley Park

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Stanley Park (Vancouver)

Retour à Vancouver. Le périple en RV est fini et nous en profitons pour prendre un peu de repos et faire la ballade familiale de Vancouver. Stanley Park est le parc touristique par excellence ; Jogger, Roller, à deux pas du centre ville et des plages, une vue superbe sur le Lions Gate, ceinturé par la piste cyclable très fréquentée qui longe la baie. Il nous reste encore quelques jours pour découvrir le North Shore et l’incontournable Whistler.

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Lion’s Gate (Vancouver)

Jour 8 : Seymour

Après 2 heures de voiture, dont une bonne partie à traverser la ville, nous voilà à Deep Cove, au pied de Seymour Mountain, fief des Cove Bike. Seymour, Grouse et Cypress sont les trois montagnes principales au nord de Vancouver et qui constituent le fameux « North Shore ». Armé des cartes et descriptifs, je pense en faire un sacré paquet dans la journée. En effet, beaucoup font moins d’un kilomètre. Le dénivelé total est de 400 à 500 mètres. Ce n’est pas excessif pour remonter en spad. Comme la matinée est bien avancée, on décide d’ailleurs de commencer par la descente. On attaque par une bleue. Mais rapidement la progression est très lente. Le single est hyper technique : c’est un enchaînement de passages sur des troncs, des planches, des marches. La trace est difficile à trouver car il y a plein de gros cailloux. Il n’y a pas l’air d’y avoir beaucoup de passages.

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relevé en bois... (Seymour)

Dans l’ignorance, on continue à descendre. Sur mon TS, je m’amuse mais Sylvaine avec son semi-rigide n’a pas eu l’occasion d’aligner 5 mètres assise sur la selle. Après 50m de dénivelé, c’est l’abandon. Il faut du bon niveau pour rouler ici. Je décide de poursuivre pour vérifier si c’est tout le long du même niveau. Celà sera pareil. Je termine la première partie de la descente et je n’ai pas souvent dépassé les 10 km/h ! Les sorties par ici ne se comptent pas en kilomètres mais en temps. Je rejoins une piste transversale et je prends une noire. Pas très sérieux alors que j’étais déjà bien limite sur la bleue précédente, mais celle-là a l’air beaucoup plus fréquentée et les premiers virages sont bien marqués, sans le moindre caillou qui traîne. Effectivement, la technicité est au rendez-vous mais visiblement, la fréquentation du chemin le rend plus ludique que le précédent. Je découvrirais par la suite que les plans et cartes ne suffisent pas. Il faut savoir quels sont les singles entretenus et ouverts. Avec le travail que cela représente, et le fait que les canadiens sont soucieux de préserver l’environnement, il y a une rotation régulière de l’entretien des trails. Je croise deux locaux, dont un borgne, sur une piste parallèle mais d’un autre niveau. Les passerelles sont à 3 mètres de haut et ne font pas plus de 10 centimètres de large, avec de la pente. Je suis sidéré d’imaginer un borgne se jouer de tels passages. Je n’attendrais pas de les voir partir car je suis pressé. Arrivé en bas c’est la remontée par la route. Avec la Dainese et la différence de température des jours précédents c’est particulièrement pénible et usant.

Jour 9 : Burnaby Park

Ce matin direction Burnaby. Situé à l’Ouest de Vancouver, Burnaby est une colline très verte isolée au milieu de la périphérie. Une route unique nous amène au sommet, qui accueille l’université de Burnaby. Avec un dénivelé de 300m on se demande si cet endroit peut vraiment être un spot VTT... Quelques heures après, je me suis dit qu’être étudiant à Burnaby ça doit vraiment être le panard total ! Ici le Shore est bien plus accessible que ses grands frères du Nord. La population de VTTiste est très variée. Du crosseux qui aime le technique au descendeur engagé, tout le monde y trouve son compte. Les gros obstacles peuvent souvent et facilement être contournées. Je laisserais quand même une côte sur un tronc interminable. Tous les singles débouchent sur un large trail qui longe le bas de la colline et qui remonte tranquillement au sommet. Quelques zones faciles à moyennes aménagées par-ci par-là pour s’initier au franchissement.

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Burnaby

Une journée bien remplie pendant laquelle on fera trois descentes, donc trois montées. Ce spot est une destination idéale lors d’un passage rapide à Vancouver, ou pour se roder avant des destinations plus ardues. On quitte le petit parking avec la banane même si on croise, un peu envieux, les habitués qui viennent faire leur petite sortie d’après boulot. Bande de veinards !

Jour 10 : Whistler Village

Après s’être installé au camping à quelques kilomètres et une petite visite des rues commerçantes en fin de matinée, on prend les vélos pour faire des parcours à deux pas du centre ville. Car Whistler ce n’est pas que le bike park et les singles aux alentours recèlent de petits trésors, plus typés XC très technique. Direction Alta Lake pour faire une partie du très long « Rainbow », que l’on ne trouvera pas. On se rabattra sur le très fréquenté, et bien fréquenté :o) « A River runs through it » puis « Beaver Pass » et « Blueberry Trail ».

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Whistler Village

Ces singles sont aussi l’occasion de visiter les beaux quartiers de Whistler avec de somptueux chalets. On croisera deux jeunes perchés à trois mètres de haut en train de construire des passerelles suicidaires et de creuser une ligne de bosses en plein milieu d’un joli single et apparemment sans que cela crée de problème avec les passants. La cotation est plus facile que dans le North Shore. Ici un balisage noir est relativement accessible. J’échapperais à une belle gamelle, peut être par excès de confiance, en prenant un itinéraire sur une passerelle sans avoir vu que la réception de la marche, qui était 80cm plus bas, était aussi très éloignée. Mais ce n’est pas sur les singles que l’on croise le plus grand nombre. Par contre les pistes cyclables ou les larges trails sont très fréquentés.

Jour 11 : Whistler Bike Park

Le grand jour. Sylvaine ne souhaite pas m’accompagner et préfère aller rouler sur les parcours de X-country.
Je démarre doucement par une piste facile et ici elles offrent vraiment tous les niveaux imaginables. Du débutant au pro, tout le monde à de quoi s’éclater. C’est même assez familial et on est assez loin de l’ambiance des stations françaises. Le VTT se conjugue aussi au féminin en BC : Beaucoup de filles roulent aussi ce qui n’est pas pour déplaire... Je découvre les pistes et les ateliers répartis entre celles-ci. Là les gaps, ici les passerelles. Premier passage sur la A-line. Une piste de BMX géante où les bosses sont progressives et extrêmement bien dessinées. Certaines sont de vrais billards, d’autres comme la Oh Shi Minh portent bien leur nom.
C’est le paradis de la descente. Paradis dont je ne pourrais pas profiter très longtemps. Grisé par le site, j’attaque sans doute un peu trop dans un double relevé. La roue avant se dérobe et après un roulé-boulé et un triple ciel-terre je me retrouve en mauvaise posture. Après quelques minutes j’arrive à me sortir de là. Je prends le temps de consulter la carte que j’ai glissé sous le cuissard. Curieusement, (le passage qui suit peut choquer les âmes sensibles) j’ai un trou en plein milieu de celle-ci, qui a pris une légère coloration rouge et je découvre des petits lambeaux de chairs en la dépliant. Je regarde ma cuisse et comprends que la semaine se termine prématurément pour moi. J’ai un relief de type volcanique au niveau du quadriceps et une douleur se fait sentir. Je comprends encore plus l’urgence de la situation en voulant jeter en œil sur la plaie. Je remonte sur le vélo direction le poste de secours par la piste de service. Après rien d’intéressant. Ce sera une succession d’attentes. Pas trop de stress dans l’hôpital. Je ressortirais 4 heures plus tard avec 14 points de suture dont 4 pour recoudre le quadriceps. Je suis le troisième de la semaine à s’être ouvert la cuisse avec le serrage de selle !

Jour 12 : Riverside

On ne pouvait pas partir aussi vite. Après avoir fait le début de « riverside », on voulait revoir ce coin très sympa. Sylvaine partît seule, avec une certaine peur (justifiée) de croiser un ours, qu’elle m’avouera à la fin de la sortie. Les derniers jours seront donc remplacés par de la farniente sur la plage et Sylvaine trouvera des joueuses de beach volley à son niveau pour bien terminer ses vacances."

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Riverside (Whistler)

- PLUS : la galerie photos de ce séjour



Auteur - Frank Plouvier




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