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  Vacances et vtt


(5/02/2006)

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Comment concilier vtt et vacances mer/plage sans se retrouver à rouler sur des sentiers à l’intérêt vététistique moyen (les bords de mer sont plutôt plats !).
L’avantage des côtes méditerranéennes et françaises c’est que lorsqu’on s’enfonce de seulement quelques dizaines de kilomètres dans les terres, et même moins à certains endroits, on se retrouve vite dans des paysages plus propices au vtt, que ce soit pour les sentiers qu’on y rencontre comme de la densité moindre de population, surtout en pleine période estivale !

Quand en plus la découverte de nouveaux chemins se triple de rencontres historiques et humaines tout aussi nouvelles, que demander de plus ?

Préparatifs

La région m’est coutumière, principalement le bord de mer et, pour les avoir arpentés en pneus de 700x23, les routes asphaltées des alentours aussi. Quelques sorties sur les proches Albères m’ont aussi donné un aperçu du potentiel vtt de la région.

D’ailleurs, les reliefs tout proches qu’indique ma carte Michelin © me confirment, si besoin était, qu’il y a facilement moyen de trouver mieux. Par contre, même si c’est toujours intéressant de découvrir seul de nouveaux lieux, rien ne vaut le partage.

Me voici donc à la recherche de clubs locaux et à travers eux de quelques membres prêts à me faire découvrir leurs terrains de jeu.
Quelques recherches « googliennes » plus tard, je tombe sur le site presque idéal, biking66, le portail vtt des Pyrénées Orientales. Cerise sur le gâteau, y’a même un forum. Un formulaire plus tard, me voici inscrit et ma P.A. passée ! Ne reste plus qu’à attendre les réponses...

C’est chose faite quelques jours plus tard, un « local » est partant pour quelques sorties. Bingo, le vtt sera donc du voyage !

Congés

La mi-août arrive et avec elle trois semaines de repos bien venues (et tout autant méritées !). On se la joue cool les premiers jours, histoire de vraiment passer en mode full vacances (apéros, siestes et autres activités estivales ;)
Une fois bien détendu (!), petit coup de fil à Janick, le « local » en question et prise de rendez-vous pour la fin de semaine. Au programme, une quarantaine de kilomètres autour du lac de Caramany, session freeride paraît-il...

Caramany

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Le village est connu pour son vignoble et son rosé de bonne réputation mais aussi pour son lac artificiel qui date de 1994.

Après avoir rejoint Janick au point de rendez-vous et être passé prendre Patrice, son complice, en plein remontage de vélo matinal, nous arrivons tous les trois à proximité du lac. Contraste avec la côte, on n’a pas croisé beaucoup de monde sur les routes, il faut dire aussi que c’est dimanche 9h !

On laisse la voiture à l’entrée d’un vignoble, on remonte les vélos et après un casquage en règle, nous voici parti. On commence tranquille par dix minutes d’ascension sur une piste large suivie d’un descente rapide pour arriver au bord du lac que l’on traverse en empruntant la départementale faisant office de pont (ou l’inverse ;)

Nous passons sous le village, accroché à son flanc de colline puis nouvelle montée à travers le maquis (qui pourrait presque être corse !) pour gagner les crêtes. Pause-photo pour admirer la vue sur le lac et au loin les Corbières. En scrutant un peu, on aperçoit même le château de Quéribus, un des hauts lieux de la tragédie cathare.
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Quelques kilomètres plus loin, Patrice et Janick sortent les protecs et moi...je baisse juste ma selle. Ma seule protection sera ma prudence ! S’ensuit une petite descente très sympathique, tantôt rapide, tantôt technique au milieu des buis et des chênes. Celle-ci se termine par quelques épingles pierreuses. Rien à faire, les descentes passent vraiment trop vite !

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En fond de vallée, nous rejoignons maintenant le village d’Ansignan et son aqueduc romain datant, excusez du peu, du IIIe siècle et surplombant la rivière l’Agly. Il ne servait pas seulement à acheminer l’eau mais aussi à franchir le cours d’eau en permettant le passage en son intérieur même. Pas si fous que ça ces romains ! Nos vtts du XXe siècle roulent donc sur des pavés presque deux fois millénaires !
Une fois de l’autre côté, il faut à nouveau gravir quelques courbes de niveau pour aller chercher une autre descente. Un quart d’heure plus tard nous sommes en haut sous un ciel de plus en plus menaçant et orageux. C’est là que le pneu arrière de Patrice décide de se dégonfler pendant qu’on se ravitaille en discutant. On répare alors fissa et on attaque la descente alors que tombent les premières gouttes de pluie.

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Cette seconde descente est plus technique que la première, la pente y est plus prononcée et le chemin étroit et aussi instable, avec quelques belles marches en rupture. Même constat que précédemment : on arrive trop vite en bas !
Comme la météo ne s’est pas améliorée entre temps, nous discutons de la descente tout en prenant le chemin du retour. Nous passons un nouveau guet et regagnons les bords du lac sous l’averse. Patrice nous abandonne (lâchement ;) pour finir par la route tandis que Janick et moi longeons le lac jusqu’à le traverser à nouveau par le même pont qu’en début de sortie. Une portion de route après, on prend à droite sur un sentier caillouteux, dernière montée avant la voiture qui se trouve derrière la colline. Il pleut toujours et on commence à être bien humide ! C’est à ce moment là que Patrice arrive en voiture. Sympa, il est venu à notre rencontre pour nous éviter la douche. On « remballe » rapidement montures et pilotes puis direction l’apéro chez Patrice (on est dans le sud ;) après 35 kms et presque 5h de vtt (enduro Janick, enduro ;)

Autour d’un verre, on prend le temps de commenter la sortie et d’en évoquer d’autres. Finalement, rendez-vous est pris pour la semaine suivante, même jour et heure, du côté du château de Quéribus cette fois.

Sentier cathare

C’est à nouveau dimanche. Je retrouve Janick et Patrice sur le parking « presque » habituel d’Estagel. Aujourd’hui nous serons quatre, Julien, un « collègue », nous rejoint. Le gaillard en impose physiquement et jouait encore il y a peu au rugby !

Au complet, nous gagnons le village tranquille de Paziols. Au programme de la matinée le château de Quéribus que l’on va gagner par les crêtes, une belle descente sur Cucugnan puis remontée au château (par la route cette fois) avant une nouvelle descente et un final empruntant le célèbre (au moins auprès des marcheurs) sentier cathare, soit 35 à 40 kms au total et une bonne sortie en perspective.

Aujourd’hui pas de pluie mais un vent assez violent et donc rafraîchissant voire frais, comme en connaît souvent la région. Go !

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Nous montons vers les vignobles à travers les ruelles du village puis nous prenons un single à travers le maquis avec toujours l’omniprésence du buis et d’agréables senteurs de thym sauvage. Arrivés sur les crêtes, le sentier se change en une piste par laquelle nous rejoignons facilement le château de Quéribus. C’est assez impressionnant de voir grandir la silhouette de ce vestige, accroché à son piton rocheux. Pas de visite pour nous aujourd’hui (pas grave chacun connaît déjà) mais celle-ci est à faire pour qui passe à proximité !

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Une fois au pied du château nous remontons le parking visiteurs pour trouver le début du sentier pédestre qui descend vers le village de Cucugnan que l’on aperçoit en bas, baigné par le soleil. Le sentier est annoncé difficile par un panneau et Patrice et Janick me refont le coup des protecs (enfin nous parce que Julien est aussi protégé que moi !), pas que ce soit indispensable (quoique) mais ça rassure !

Effectivement, on entre très vite dans le vif du sujet et les passages chauds se multiplient. Y’a de la pente et du caillou !

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Personnellement, j’en ch... et je ne compte plus les pieds posés (ça compte comme excuse d’avoir un SR de XC ? ;) tandis que Patrice et Janick me donne la leçon (vu qu’ils sont instits/profs des écoles, ça doit être une déformation professionnelle ;)

Julien, plutôt néophyte sur un vtt, avec une forme soi-disant petite (qu’est ce que ça doit être quand elle est grande !) et un vélo plus fait pour aller chercher le « pain/croissants » dominical, fait dans le volontaire. Quelque soit la difficulté, il part du principe que ça passe et se retrouve à plusieurs reprises empêtré dans les buis et les genêts. Les rugbymens n’ont peur de rien ! N’empêche qu’il pourrait en remontrer à plus d’un vététiste aguerri (à commencer par moi)...
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Cette partie la plus technique de la descente nous prend pas loin d’une demi-heure pour en venir à bout (avec essais multiples par endroits). Le dernier tiers, un peu moins pentu, se négocie assez tranquille et finalement, après presque une heure, nous regagnons l’asphalte. Il n’est pas loin de 11h et il fait déjà chaud, même avec ce vent qui souffle toujours. Bien que déjà en retard sur notre horaire théorique (qui est déjà rentré à l’heure prévue lors d’une sortie en vtt ??), nous décidons tout de même de remonter au château de Quéribus pour aller cherche l’autre belle descente prévue. Par contre, il faut se « farcir » les 4 kms montants de route jusqu’à la forteresse, dont 2 à plus de 10% !

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Chacun monte « à sa main » et après une bonne suée, on s’accorde une pause-terrasse en sirotant un verre bien frais (pas de bol, la petite boutique du château n’a qu’eau et sodas ;). Y’a pas ça fait du bien !

Réhydratés, nous prenons à nouveau la large piste qui nous avait conduit quelques heures plus tôt à Quéribus. Dans ce sens-là, il n’y a qu’à se laisser rouler, vent dans le dos. On la quitte quelques kms plus loin pour une courte montée puis on attaque la dernière descente du jour. Celle-ci est plus abordable que la première mais pas moins agréable. Julien en profite pour s’en remettre une belle sur une partie rapide (tant qu’à faire !) avec tapis de gravier en entrée de virage et décrochage de l’avant. Après un freinage en règle sur le dos, il se dépoussière presque comme si de rien n’était. Ce n’est pas pire qu’un maul viril entre gentlemens ;) C’est ensuite à mon tour de m’illustrer en crevant deux fois par pincement à 300m d’intervalle, Patrice n’est pas en reste et s’en paie une aussi ! L’horaire de retour, déjà mal en point, est explosé !

On termine cette dégringolade par un mini-spot « terres rouges », digne du Colorado provençal. Janick tente d’ouvrir quelque passage tandis que Julien, encore lui, nous démontre à nouveau que ce n’est pas le vélo qui fait tout. Avec ses 50mm de débattement avant (grand max !), il s’envoie la série de marches ocres comme pour rire !
Fini de jouer, on arrive une fois encore sur la route, direction les voitures, non sans se payer une tranche du sentier cathare jusqu’à Paziols. Après un kilomètre, on emprunte donc ce fameux chemin en débutant par un bon pierrier des familles. On peine un peu, la fatigue et la soif se faisant sentir (et Julien qui ne parle que de bières fraîches !). Les « dos de chameau » sont vides et le soleil cogne, pas l’ombre d’une ombre pour espérer s’abriter un peu. Tant pis, la fin de rando est proche de toute façon et l’aspect ludique du sentier prend le dessus, il est excellent à rouler, une fois le pierrier passé !

Quelques kilomètres après, nous regagnons le village en terminant, comme à Caramany, par des vignes (il faut dire que la région est plutôt pourvu en la matière). Il est plus de 14h30, nous avons presque 40 kms au compteur et 2h30 de retard, sans compter le trajet du retour. On a intérêt à trouver de bonnes excuses à présenter à nos dames ;)
On prend tout de même le temps de revenir sur la sortie XXL qu’on vient de faire puis on se sépare, Patrice et Julien d’un côté, Janick et moi de l’autre. De retour à mon véhicule, je remercie chaleureusement Janick de m’avoir fait découvrir le coin de cette façon.

Découverte et partage

Ca n’est pas nouveau mais le vtt est bien un formidable outil à découvrir et partager, qu’il s’agisse de sentiers, de paysages ou de tranches de vie.

Les Pyrénées Orientales quant à elles, en matière de vtt, constituent un superbe et vaste terrain de jeu sur lequel il est possible de pratiquer toutes les disciplines du vtt, même dans une seule journée. Pour qui cherche une destination sportive, il n’y a pas à se tromper, qu’on soit mer et/ou montagne et en toutes saisons.

Un grand merci au trio de profs qui m’ont fait découvrir leurs sentiers. Très certainement à une prochaine fois.

Janick « le freeride ce n’est pas QUE marketing »

Patrice « Je fais gaffe à mon genou et à ma technique »

Julien « Les rugbymens n’ont peur de rien »

Liens

La galerie photos

le portail Biking66

Le village de Caramany

L’aqueduc d’Ansignan

Les châteaux cathares

Comité Départemental du Tourisme des Pyrénées Orientales



Auteur - Steph’




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