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  1ère manche de la coupe de France 2001


(/05/2001)

Les Herbiers : lavage, rinçage, séchage...


(l’ouverture de la coupe de France vue par JP Stephan)

Quel beau pays la Vendée, avec ses moulins... c’est qu’il y a beaucoup de vent. Et quelle belle contrée verdoyante... c’est qu’il pleut fort parfois. C’est ainsi que vendredi après-midi, nous nous sommes pris des trombes d’eau en approchant du site de cette 1ère manche de la coupe de France vtt nouvelle formule. Vous savez, celle qui rassemblera crosseurs, descendeurs, trialistes et autres dualistes en un lieu unique. Une bonne idée à mon avis, même si, plat pays oblige, l’ouverture se fera sans les descendeurs qui se rattraperont un peu plus tard avec une manche spécifique.

Le parcours


Plat pays disions-nous ? À voir... le tracé, sur le papier, n’a rien d’exceptionnel en matière de dénivelés. Il en est autrement sur le vélo, car la dizaine de bosses à grimper par tour est une succession de talus on ne peut plus raides, qu’il faut monter "à bloc" pour ne pas rester "pendu". Les pulsations s’en donnent à c ?ur joie, et à la longue, l’explosion peut survenir...
Mais ça ne sera pas si long que prévu, du moins en Elite.
En effet, voyant les quantités d’eau qui se sont abattues sur la campagne le vendredi, on s’inquiète de la durée de la course chez les décideurs. La course des masters, le samedi après-midi, les conforte dans leur point de vue. En effet ; le terrain est en train de commencer à sécher, ça colle à souhait, ça retiens, ça frustre... bref, on souffle comme des vaches pour réaliser une moyenne de 19km/h sur un parcours où je prévoyais 24 environ... pourtant, j’avais de bonnes jambes puisque je remporte la manche en laissant Fillaut à 1’10" et Vallin à 3’26. Et je n’aurais guère pu rouler plus vite dans la mesure où j’ai attaqué au 2ème km pour me lancer dans un contre la montre éprouvant... mais payant.

Bon lancement du team donc, ça fait toujours du bien au moral de voir un équipier gagner, d’autant que sur le papier, ce parcours (roulant et peu cassant), n’est pas fait pour le X- Control. Mais il est dit que rien de ce qui est "sur le papier" n’est fait pour les Herbiers. Car le X- Control va s’avérer très efficace. C’est sûrement son test le plus difficile depuis l’ouverture de la saison, et il s’en sort avec les honneurs une fois de plus.

Décidément, cette année, le team est composé de 6 éléments : 5 coureurs plus un vélo qui fait rêver tout le monde. Mais la victoire en masters, elle, est bien réelle.

Les favoris


Passons à la course Elite, et commençons par voir l’état des troupes :
· Gilles Delion est solide et affûté, même s’il affirme qu’il peut encore gagner de ce point de vue. Il sort du Ruban Granitier Breton, une des plus grosses courses à étapes du circuit route Elite 2. 7 jours de course, 8 étapes, environ 180km par jour, le vent et la pluie qui s’en mêlent, et une 6ème place au final qui veut dire beaucoup, quand on sait que des équipes comme la réserve de Mapei, de Rabobank ou d’autres du même acabit sont au départ (et à l’arrivée...). Il a flairé le bon coup le premier jour, puis le deuxième dans une échappée fleuve qui allait sceller le classement final en prenant 17 minutes d’avance. Une place de 4ème et une de 6ème aux étapes, il ne restait plus ensuite qu’à se maintenir, ce qu’il a réussi, non sans mal lors de la dernière étape d’ailleurs. Mais à ce niveau, il n’est pas facile de ne connaître aucune baisse de régime, c’est humain... à noter qu’avec lui, Guérard termine encore mieux, 3ème du général final. Leclère est aussi dans le coup, dans les 20 premiers. Bref, les Lapierre sont taillés pour le granit...
· J-Christophe Péraud revient pour sa part du Tour de Saône et Loire où il a ni plus ni moins remporté une étape, la dernière ! Un signe de bonne récupération, qui peut lui donner confiance pour cette manche assez roulante, d’autant qu’il a terminé en faisant 25km seul, sur un parcours difficile "agrémenté" de 2 cols de moyenne difficulté sur la fin. Bien sûr, J- Chri nous la joue "je ne suis pas terrible, et puis ce parcours n’est pas pour moi" etc. Mais on sait tous que "Péraud le modeste" se transforme en "Péraud le guerrier" dès le coup de sifflet du starter...
· Jérôme Chiotti se sent bien sans plus, il a un peu de mal à se remettre dans la peau d’un coureur pro, lui que ses activités d’écrivain ont plongé dans une vie très médiatique depuis quelques mois. Le week-end dernier, il participait à l’élection du vélo de route de l’année avec le magazine Le Cycle. Le sommeil manque un peu, il profite de ce week-end pour faire de grosses nuits, on partage la chambre, et je fais attention à ne pas faire trop de bruit quand je me lève, avec plus ou moins de succès. Le vendredi soir, il se "nettoie" l’organisme en mangeant seulement du raisin.
· Vincent Julliot a retrouvé un moral correct depuis sa deuxième étape (gagnée) au Mont Ventoux, néanmoins il a été gêné dans sa préparation finale par une espèce d’angine en milieu de semaine. La météo sélectionne dur en cette année 2001, les litres d’eau qui se déversent depuis quelques mois mettent certains organismes à rude épreuve. Mais Vincent aime les défis, alors...

Repérages... ça discute pneus, car tout le monde se demande si le terrain du dimanche sera similaire à celui du samedi ou plus roulant. Finalement, tout le monde optera pour des trains roulants à base de Pythons (on roule Hutchinson cette année). Bonne décision, les chemins ont séché en surface, et le rythme de la course va s’en trouver sensiblement augmenté.

Avant le départ des Elites, on a eu le temps de remarquer la 2ème place de Clément Lhotellerie en cadets, et l’autre de Damien Piquemal en juniors, deux coureurs évoluant sur Lapierre, et sur lesquels nous avons un ?il attentif ?c’est qu’il faut penser à l’avenir du team.

La course Elites


14h, départ des Elites. Quelques minutes avant, j’ai eu l’occasion de discuter avec le grand Thomas Dietsch, qui me dit rater ses "starts" depuis le début de saison. Il se sent néanmoins solide. Sa course sera à l’image de son point de vue, tout en remontée vers la tête... pour finir 4ème. Une manière de courir que va adopter aussi Ludovic Dubau, lui qui était adepte des départs canons il y a quelques années. Aux alentours de la 10ème place au premier tiers de course, il finit fort, 3ème à 10" de Dupouey, qui était parti avec Absalon mais s’est fait déposer de manière impressionnante dans le dernier tour : 1’48 à l’arrivée ! En passant à mon niveau à 5km de l’arrivée, Dupouey me confie : "si Absalon marche comme ça à Sarentino, il va exploser tout le monde !" Venant de lui, la remarque mérite d’être prise au sérieux...

Jérôme Chiotti est dans le bon coup au début, il s’est extrait d’un petit groupe, avec Dupouey justement, et les deux compères filent à toute allure avant que Jérôme ne connaisse un problème de ressort de rappel de dérailleur arrière qui aura tendance à l’énerver. Un problème que j’avais connu moi aussi à Manosque le 22 avril. Qu’est-ce qu’il se passe ? Le matériel Shimano est pourtant très fiable dans l’ensemble. Néanmoins, cette mésaventure va handicaper Jérôme qui ne dispose plus des plus gros braquets. Il continue néanmoins de lutter et termine 7ème, un bon résultat sur un parcours pas fait pour grimpeurs légers. D’ailleurs, J-Christophe Péraud, qui évolue un peu dans le même registre de qualités physiques, termine 8ème, après avoir défendu seul sa place pendant un tour. Pas facile sur un parcours où des petits groupes se formaient souvent et se relayaient efficacement. Donc J-Chri n’était pas si mal que ça !

Vincent Julliot marche fort pendant les deux premiers tiers de la course, il donne l’impression de partir pour une performance similaire à celle de Guérêt l’an passé (12ème), qui avait étonné tout le monde, dans la mesure où il cumule la course et le travail sur le site. Mais la dernière demi heure lui sera délicate. Elle ressemble à une panne sèche, il va faire les 5 derniers km au courage pour sauver de justesse une place de 20ème. C’est une bonne performance, qui donne encore plus de valeurs à celles qu’il avait réalisées en 2000... et rien ne dit qu’il ne va pas nous remettre ça.
Reste Gilles Delion, qui peut nourrir des regrets légitimes à l’issue de la course. En effet, il casse sa chaîne dès le 3ème km, répare en 3 minutes, se retrouve englué vers la 150ème place, et va terminer... 26ème. On le sentait très fort, mais quand la malchance s’en mêle ?d’ailleurs, il n’est pas le seul dans ce cas, Chevallier et Hérisset sombrent aussi sur ennuis mécaniques. Avant cela, Chevallier était très fort...

Et puis, "Lolo" Certain nous fait une course régulière pour terminer 18ème sur son X- Control blanc. Ça fait quand même 4 Lapierre dans les 20 premiers, 2 dans les 10, une victoire en masters, et la preuve que le X- Control est efficace aussi sur terrain roulant. On attendait tous ce type de test, le début de saison nous ayant plutôt "secoués"...

La course a été assez brève (2H03 pour Absalon grand vainqueur), mais beaucoup sont "rincés" quand même à l’arrivée. Ça tombe bien, on avait eu droit au lavage le vendredi et ensuite au séchage, avec tout ce vent...

Ensuite...


Acte 2 à Font- Romeu, le premier week-end de juin. Ça sera très différent, la course évoluera entre 1700 et 2100 mètres d’altitude, largement de quoi entrer dans la version "montagne" de la coupe de France, qui fera ensuite étape à Orcières Merlette et Pra Loup. On vous tient au courant !

Extrait du classement


1. Absalon
2. Dupouey
3. Dubau
4. Dietsch
5. Ravanel
6. Arnould
7. Chiotti
8. Péraud
9. Gordon
10. Lebreton
11. Céard
12. Filippi
13. Thiervoz
14. Pasqualetto
15. Achard
16. Hansen
17. Vachette
18. Certain
19. Demangeon
20. Julliot
21. Cabot
22. Maurin
23. Pimenta
24. Pauriol
25. Hérisset
26. Delion
27. Baras
28. Blain
29. Caestaker
30. Gayjean




Auteur - Jean-Paul STEPHAN




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