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  A mon dieu que c’est embêtant d’être toujours patraque


(13/09/2006)

Parodiant Gaston Ouvrard, le (provisoirement) dernier vainqueur du tour de France, Floyd Landis tente de trouver une explication à la présence de ces étranges substances mises en évidences dans ses urines lors d’un contrôle antidopage.

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Evidemment il est facile et confortable de tirer sur Landis. A moins qu’un gros défaut de procédure ne viennent à être mis en évidence par la probable cohorte d’avocats qui se penchent sur ses soucis on ne voit pas très bien comment les accusations qui pèsent sur lui pourront encore se transformer en autre chose qu’une condamnation.

Si d’un côté la triche est inexcusable et se doit d’être très sévèrement punie surtout si la faute est commise par le premier de la classe, d’un autre côté on ne peut s’empêcher de comprendre l’amertume du coureur. D’abord parce que les efforts qu’il lui a fallu produire pour être là ou il est sont bien réels. Encore que tout compte fait cela doit être le lot de tout coureur cycliste professionnel qu’il soit connu ou anonyme. Mais surtout c’est le vide qui est en train de se créer autour de lui. Sous prétexte de découvrir avec effroi que le dopage gangrène encore la course, Landis se voit lâché par son équipe, abandonné par la fédération, menacé de perdre son titre, dénoncé par la presse, et se retrouve bien esseulé pour se défendre et se justifier.

Comment dans un sport réputé de très haut niveau où la forme et la santé de ses coureurs est un facteur critique, surveillé par des bataillons de médecins, étroitement encadré par la structure d’un team, ausculté continuellement par des nuées de journalistes, et piloté par une puissante fédération quasi omnipotente, est-il possible d’en arriver à un tel fiasco. Une vingtaine de coureurs écartés au départ dont les favoris, et un vainqueur pris la main dans le sac à l’arrivée. Et toute cette fraude se produisant bien entendu à l’insu du plein gré de tout ce beau monde.

Soit le milieu du cyclisme est animé par une armée de demeurés incapables de gérer la situation, soit ils sont complices et se débarrassent de la patate chaude sur le lampiste de service en jouant les vierges effarouchées. Par respect pour l’intelligence de ces professionnels, je préfère penser qu’ils nous prennent pour des imbéciles capables de gober quelques vannes hypocrites de plus.



Auteur - Roudou




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