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  La Transvolcanique 2006


(26/09/2006)

Cet article a failli s’appeler « le puy de dôme en pente douce », tant il est vrai que la chaîne des puys offre à la fois une vision de montagnes joliment arrondies au regard et des pentes souvent peu escarpées.
Mais les apparences sont souvent trompeuses et ce serait faire offense aux 1400 randonneurs qui se sont avalés près de 4000 mètres de dénivelé positif et négatif. Retour sur ces 2 jours.

JOUR 1 : Blanzat - Le Mont-Dore

Je profite des quelques instants avant le départ pour m’imprégner de l’ambiance. Le ton est clairement annoncé par les organisateurs : la Transvolcanique est une randonnée et pas une course . Il n’y a d’ailleurs pas de chronométrage officiel malgré un départ groupé en ce premier jour. Cet état d’esprit se fait sentir chez les participants parmi lesquels de nombreux groupes ont fait des efforts pour égayer leurs tenues !

Le départ se fait par de larges pistes qui permettent d’étirer peu a peu le peloton. Pourtant, dès le premier rétrécissement, un bouchon se forme où je resterai scotché pendant 25 minutes. J’en profite pour faire connaissance et papoter avec mes « collègues » d’un week-end. On se découvre une connaissance en commun avec l’un, on parle matériel avec l’autre, on découvre la diversité des participants venus de 64 départements, ainsi que des pays frontaliers. (Un expatrié de Michelin a même fait le voyage depuis la Chine pour l’occasion ! )

Je suis étonné par la progression des dénivelés qui s’affichent sur mon compteur. Habitué aux rudes montées des Alpes, cette première partie qui nous offre pourtant plus de 700 mètres d’ascension se fait finalement « presque » facilement.

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le puy de côme

Après un premier ravitaillement, nous nous laissons entraîner par une mauvaise rubalise aux abords du puy de Côme et faisons une erreur de parcours. Un coup de fil à l’organisation permet de confirmer l’erreur et nous pouvons repartir sur la bonne trace. Mais le ravitaillement ayant un peu regroupé le monde, ce sont plusieurs centaines de vttistes qui vont devoir faire demi-tour dans une joyeuse pagaille.

Les terrains rencontrés sont assez variés. Du large chemin forestier au petit singletrack en sous-bois. La spécialité locale est la pouzzolane, une pierre d’origine volcanique dont la perméabilité a limité les effets des grosses pluies précédentes. Plus inattendu, nous passons près d’une ancienne carrière de sable visiblement désaffectée et au milieu de nulle part. Le bâtiment encore bien préservé nous laisse imaginer l’ancienne exploitation.

Le chemin se poursuit et nous avons droit à ce qui restera pour moi le plus beau panorama du week-end. Alors que nous sommes en plein milieu d’une grosse montée et que tout le monde sue sang et eau le nez dans le guidon, je me retourne pour apercevoir toute la chaîne des puys sous un angle inhabituel et sous un franc soleil. Tant pis pour le temps qui passe, le point de vue mérite largement de couper un peu le rythme .

C’est la première fois que je participe à une rando entrecoupée par un repas du midi. A titre personnel, cette option ne me paraît pas indispensable, mais comme on dit « faut pas gâcher », d’autant plus que le gâteau au chocolat du samedi midi est déjà entré dans les instants cultes de la Transvolcanique.
C’est aussi l’occasion de profiter d’un nouveau moment de convivialité offert par les nombreux bénévoles qui gèrent efficacement le flux des participants affamés.
Des jets d’eau ont été prévus, qui permettent de décrasser le vélo.

Même si nous roulons au sec, certains chemins ont été copieusement arrosés la veille, un des grands moments de cette édition restera cette descente sur un singletrack littéralement transformé en ruisseau. Autant prendre les choses du bon côté et goûter au plaisir de la chose

Après bientôt 65 kilomètres et 5 heures de pédalage un coup de lassitude se fait sentir, mélange de fatigue, de digestion et d’une portion relativement monotone. A ce moment, les quelques encouragements au bord de la route et une pause au dernier ravitaillement sont les bienvenus, avant d’attaquer la dernière difficulté de la journée.
La montée du col de Guéry, s’avère être la plus raide de la journée et finit d’absorber les quelques forces qui nous restent. Placée plus tôt sur le parcours, elle aurait pu se faire entièrement sur le vélo, mais à ce moment

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le puy de Sancy

de la journée, comme beaucoup, je suis un peu limite et alterne les séances de pédalage et de poussage.

Une fois arrivés, nous sommes récompensés par la vue sur le lac et le Sancy et la satisfaction d’avoir passé le point haut de la journée ; il ne reste plus qu’une descente rapide dans la foret du Mont-Dore en passant à coté de la cascade du Queureuilh

L’arrivée se profile enfin après 6h30 d’efforts pour 85 kilomètres. Un passage au ravitaillement et je retrouve un vttiste venu de Nice avec qui j’avais discuté ce matin en attendant de laver les vélos.

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le chef de sentier
Malgré l’effort du jour, tout le monde a le sourire à l’arrivée

Compte tenu des locaux qui ont un pied à terre sur place et de ceux qui ont choisi l’option de rouler une seule journée, ce sont 900 bikers et leurs accompagnants que l’équipe d’organisation a réussi la prouesse de loger au Mont-Dore.

Pour mon cas, ce sera dans un hôtel du centre ville. J’ai juste le temps de me faire une petite séance de récupération avant de passer à table. Chez certains, cette première journée va laisser des traces puisque les derniers bikers arrivent vers 19h30 à l’accueil.

Nous avons droit à un solide repas pour nous reconstituer, agrémenté par les flonflons d’une joueuse de vielle en costume folklorique.
Du côté de l’organisation, tout se passe bien, les secours ont eu peu de bobos à traiter, hormis ce biker malheureux qui a effectué la plus courte Transvolcanique de l’histoire en se coinçant un pied dans sa roue 500 mètres après le départ et s’est fracturé la clavicule dans sa chute.

Je fais la connaissance d’un couple du Loiret qui roule en tandem. Ils se sont offert un modèle monté spécialement sur mesure avec les changements de vitesses intégrés au moyeu. On évoque la belle aventure d’un autre tandem venu faire la Transvolcanique il y a 2 ans avec les frappadingues et dont le compte-rendu est là.

JOUR 2 : Le Mont Dore - Blanzat

« Pluie du matin n’arrête pas l’ouvrier Michelin ». Malgré des jours précédents particulièrement arrosés, les participants n’ont pas eu à mettre en oeuvre le fameux dicton Clermontois. Faute de grand soleil, le départ se fait dans les nuages par un morceau de bravoure, puisque nous attaquons par l’ascension du col de la Croix Morand. Rien de tel qu’un bon 400 mètres de dénivelé pour bien digérer le plantureux petit-déjeuner.

La première partie est plutôt raide et je mets un point d’honneur à la passer sur le vélo. Au bout d’une demi-heure, je profite d’un petit bouchon à l’occasion du passage d’une clôture pour essuyer mes lunettes qui se sont bien embuées. L’ascension se poursuit à découvert maintenant et les racines glissantes obligent la plupart à mettre pied à terre.

Arrivés au Col, les nuages commencent à se lever et l’on peut entrevoir un superbe panorama et entamer la descente dans les bruyères. Le large chemin se transforme en piste ludique où l’on s’amuse à tester plusieurs trajectoires tout en s’en mettant plein les mirettes.


Tant qu’à faire, les organisateurs nous récompensent de nos efforts de la veille et nous avons droit à quasiment une heure de descente à peine interrompue par le premier ravitaillement, il faut rester dans le flow !

Le parcours reprend ensuite une forme plus « classique » après la traversée de St Bonnet d’Orcival avec une succession de montées bien casse-pattes et de petites descentes rapides qui ne permettent qu’à peine de se reposer. Mine de rien, cet enchaînement va pourtant nous infliger 450 nouveaux mètres de dénivelé avant de nous amener enfin au repas de Pontgibaud.

La plaquette nous avait prévenus, et il nous faut regagner le plateau par une difficulté « non négligeable ». Effectivement, il faut mettre la digestion de coté pour avaler une nouvelle bosse en direction de Saint-Ours.

Après un dernier au revoir au puy de Louchadière, je fais durer un peu le plaisir au dernier ravitaillement avant de me lancer dans la descente finale.

Rien qu’à elle seule, cette portion vaut le déplacement. A classer dans la catégorie des « singletracks hautement ludiques », elle est faite d’enchaînements rapides entre les arbres, de passages plus techniques dans les racines.... Cerise sur le gâteau, le parcours est complètement dégagé et je peux lâcher les chevaux à vive allure. Bref un grand moment de plaisir pour rallier Blanzat avec une bonne impression finale.

Comme sur toutes les épreuves au long cours, une grosse condition physique est indispensable, ainsi qu’un matériel en parfait état. En revanche, les chemins étant dans l’ensemble larges et roulants, on obtient une randonnée peu sélective techniquement parlant.

La transvolcanique est une randonnée qui se mérite. Afin de préserver la qualité de l’accueil des participants, le nombre d’inscriptions est limité.
Il vous faudra donc être rapide aux premiers jours de juin pour décrocher votre sésame et profiter des nombreux atouts : la qualité d’une organisation bien rôdée, la gentillesse des bénévoles tout au long du parcours , le souci permanent de la sécurité et du confort des participants, ainsi que la beauté des paysages traversés.

Plus

- La galerie photos de Philippe

- Le site de l’organisateur


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Auteur - Philippe Rossi




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