Accueil > Magazine > Tests et essais

  SURLY Karaté Monkey 29"


(13/11/2006)

Au début, la fourche suspendue fut tendance. Puis la suspension arrière. Ensuite, vinrent les 130mm de débattement suivis des 180 et des 230mm.

Aujourd’hui, pour être au top, ce qu’il vous faut, c’est un 29" ! Et en tout rigide, s’il vous plaît ! Essai par Anselme

"Je vais commencer tout simplement par remercier Vincent qui m’a permis de faire cet essai.

Quoi !! "quel essai ?" Et bien celui d’un Surly Karaté Monkey en roues de 29 pouces !
Je passe prendre l’engin chez lui en milieu de semaine.

Une bonne chose il est quasiment à ma taille, un L alors qu’il me faudrait du XL. Rien de dramatique, me permettant même de rouler sans trop souffrir.
Après avoir ajusté la selle, la position n’est pas trop mal.

La première prise en main se fait sur route.
C’est un tout rigide, le changement est important car je roule habituellement en SR ou TS.
Au moins on sait où l’on a posé la roue AV !
Cela aurait pu être pire. Je ne sais encore dire d’où provient ce confort relatif, des grandes roues ou du cadre acier ??
Les pavés sont bien gommés ainsi que les autres aspérités de la route.
Rapidement une chose apparaît. C’est la possibilité de prise d’angle. La surface de contact plus importante pneu/sol permet d’assurer et de ne pas décrocher au moindre gravillon.
Une certaine inertie peut être ressentie au niveau des roues mais par contre, une fois lancé, le Surly devient un super rouleau compresseur.

Souvent sur les 29 er une critique provient de la direction de camion. Ce n’est pas le cas ici du fait d’un angle de direction à 72° au lieu de 71° comme sur les Gary Fisher par exemple.
Le Surly a en prime une chasse judicieusement choisie. Il est donc très maniable surtout en ville.
Un VTT ce n’est pas trop fait pour ne faire que de la ville mais aussi du chemin voire plein de singles, cela promet !

Rendez-vous est pris pour une sortie que je fais régulièrement avec le SR.
Cette ballade a l’avantage d’être relativement facile et donc de pouvoir se faire a un rythme régulier.
Les premières sensations sur le roulant sont confirmées puis on rentre dans la forêt avec la joie de découvrir chemins et singles.
Un régal, bien que le manque de suspat se fasse ressentir surtout au niveau du confort lorsque cela commence à tabasser un peu. Par contre les grandes roues enroulent tout. C’est assez impressionnant ! Il y a un vrai plus.

Je ne pense pas qu’en 26’’ tout rigide j’aurais pu tenir.

Dans les petits singles c’est un jouet surtout si on le maintient à bon rythme. La gestion de l’inertie des roues est à prendre en compte et peut être un plus. Je ne pense pas que les roues montées soient au top tant au niveau montage mais surtout au niveau de la jante, une Speedcity de 13mm de large.
Parfois je sens un comportement curieux de la roue AR qui donne comme une impression de se décaler. Visiblement, un manque de rigidité de cet ensemble est en cause ainsi que l’étroitesse de la jante qui ne permet pas au pneu de bien travailler. Une jante plus large, en 36 rayons, avec une tension optimum devrait apporter un réel bénéfice.
Lors des descentes il avale tout. C’est un rail, sécurisant au possible tout en restant joueur.
Un petit test dans une piste cavalière avec du sable un peu dur montre rapidement l’intérêt des grandes roues. Elles passent franchement bien, sans être trop secoué. Pour faire un comparatif je prend le tout mou de mon compère de sortie. C’est le jour et la nuit. Le pneu du Surly s’enfonce moins et franchit avec moins de résistance les nombreux pas des chevaux. Cela se ressent directement au pédalage sans compter que le cap est plus facile à tenir.

Bilan plus que positif, mais bon un tout rigide même en 29’’ n’est pas un TS !!

Seulement, j’ai un carton chez moi avec une fourche dedans et....c’est une REBA 29’’ 85/100mm. Sans plus tarder, je la monte à la place de la fourche d’origine.
La REBA est un poil plus haute et possède un peu moins de déport que la rigide donc cela ne devrait pas être favorable en rendant la direction plus camionesque selon la théorie.

Un tour de test et cela saute aux yeux. Le vélo est transfiguré ! Au niveau de la direction je n’ai pas ressenti la différence mais pour le confort cela n’a plus rien à voir !
La fourche agit parfaitement sur la roue AV, mais aussi sur l’AR. En effet, une partie de l’énergie du choc est absorbée lorsque cette dernière tape un obstacle.

Il ne reste plus qu’à tester dans le dur pour voir.

Direction forêt de Meudon. Cette forêt est très vallonnée et comporte un tas de chemins bien sympathiques.
Le confort est bien là, les 85mm de débattement de la fourche apportent un vrai plus, la direction n’en devient que plus agréable. De plus, le surpoids est relativement modeste comparé à la rigide vu qu’il n’y a que 600 gr d’écart entre les 2 fourches.
Rapidement on arrive sur une bonne descente et là, j’hallucine. C’est un avion de chasse ce truc, une tuerie !!
Je tiens la roue sans problème à un TS, un LP en 130. Pourtant, il y a des marches à sauter et de la caillasse et cela passe à fond. Il faut juste les freins en bas pour stopper.
Je ne l’aurai pas passé comme cela sur mon SR, avec le TS oui et encore je n’en suis même pas sûr.
Certaines réceptions étaient loin d’être des plus académiques. J’ai pu ainsi goûter à l’avantage anti OTB des grandes roues.
Cela serait il un des terrains de prédilection du 29er ? Oui, assurément mais aussi les sols meubles comme la boue et le sable.
Il procure un grand plaisir dans les singles en prenant bien de l’angle.
Les relances sont plus dures donc il faut conserver une vitesse importante afin d’atténuer cette inertie.
Le 29er demande un engagement un peu supérieur comparé au 26, mais c’est aussi une question d’habitude.
D’autres diront : "perds 10Kg et arrêtes la clope" !!

On a tendance à être sur un ou deux pignons supérieurs du fait du développement des roues. En montée l’adhérence est bien plus importante ainsi que la moindre tendance au cabrage. S’il commence à cabrer, il suffit vraiment de pas grand-chose pour rétablir la stabilité. Je n’ai pas eu besoin de plaquer la poitrine au cintre. C’est un gros avantage au niveau respiratoire et permet de développer plus de puissance.
Les singles s’enchaînent avec un bon rythme, en particulier dans une zone à profil descendant. Le bonheur ! On s’engage dans du beaucoup plus pentu complètement raviné avec par endroit du sable. Cela passe sans broncher. Une seule ombre, je cherche le klaxon ! Oui, il y a encore le LP devant !! Pour lui les ravinements sont plus chauds à passer. Le 29’’ reste sûr et la roue AV ne se dérobe pas bref : t’occupe pas, ça passe !!

De nouveau sur du plat, tout en relance et là,je peux rassurer les fans d’OTB. Il est parfaitement possible d’en faire même avec un 29er. J’ai testé et c’est assez radical. Une erreur de pilotage et de position ! Pas de mal pour le matos et pas trop pour l’éjecté !

Un dernier point reste à aborder qui n’a rien à voir avec le 29’’ c’est le truc biscornu sur lequel on pose son fondement.
C’est curieux au début. Je me dis :" cela fait drôle", puis des petites gênes. Je vais la changer ou pas ? Au final je l’oublie complètement, pas la moindre douleur, même après 50 bornes, c’est un véritable fauteuil.
Pour les coups de cul, le bec bien dimensionné est super.
Vu que la selle est un poil large elle demande à être abaissée un peu pour les parties techniques. Le passage en arrière n’en sera que facilité mais sans pour autant être un réel handicap.
L’intérêt majeur de la Strike Pro est d’éviter toutes compressions pouvant comporter un risque à long terme sur nos capacités de reproduction, mais aussi éviter les fourmillements dus à un manque de circulation sanguine.

Pour conclure plus de 100km de pratique dans différentes conditions, le 29er, il faut avouer, est une variante fort intéressante. Il permet d’avoir une capacité de franchissement bien plus importante, un confort loin d’être négligeable. Les grandes roues y sont pour beaucoup avec leur angle d’attaque plus doux. L’acier contribue aussi au confort. Le plaisir est au rendez vous mais il faut accepter en contrepartie des relances plus physiques qui, une fois intégrées, ne procurent que du bonheur. Là où le 29er fait une grosse différence, c’est dans du cassant en descente où on bascule dans un autre univers.

La géométrie du SURLY est très compacte avec des bases AR extrêmement courtes. Les bases ne font que 431mm et un empattement de 1080mm pour un L, soit autant, voire moins qu’un 26’’. Ce n’est pas pour autant que le vélo n’est pas stable bien au contraire tout en restant très maniable.
Le poids du vélo est raisonnable, en tout rigide il fait 12.2Kg et moins de 13 avec la REBA. Ce qui n’est pas mal pour un acier. Les roues, gros point faible, demanderaient vraiment à être améliorées. Dommage que DT Swiss ne proposent pas une 5.1 en 29’’ ou Mavic une 717 ou plus large. Le seul choix fiable à ce jour en jante large est la Salsa Delgado qui fait 22.5mm. Pour le reste, rien à redire. Les freins en 180 mm sont parfaitement adaptés et permettent un freinage puissant.

Il faut le rendre vraiment ?
Dommage, allez, promis, le prochain essai sera avec le mien."

Plus :

Où l’on parle 29 pouces avec pleins d’infos :

- Le site

- le forum

A lire aussi notre test du Gary Fisher 29"


Descriptif de la bête :

Cadre : Karatemonkey acier de chez Surly (http://www.surlybikes.com)

Freins : Hayes 9 avec disques en 180 mm

Pédalier : Shimano XT boîtier de 73mm

Jantes : Speedcity 622*13

Moyeux : Speedcity

Pneus : Bontrager Jones XR Av:2.25 Ar :2.2

Der AR/AV : Shimano XT

Selle : SMP Strike Pro

TDS : carbone

Cintre : Syntance Vector

Potence : Ritchey WCS

Photos et texte Anselme CLAUDE







Nous contacter - Infos légales - rss - Copyright VTTnet 1997/2013